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27/02/2017

La main tendue de François Bayrou

Publié initialement le 22 février sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris. Bonne lecture !


Nouvelle surprise dans la campagne. Sa décision était très attendue. Après la publication de son livre Résolution française et une présence médiatique constante ces dernières semaines, une majorité de commentateurs prédisaient sa candidature à la présidentielle. Prenant tout le monde à contrepied, François Bayrou a annoncé en fin d’après-midi sa proposition d’alliance à Emmanuel Macron pour la présidentielle et en vue d’une majorité parlementaire.

Au siège du Modem, devant une centaine de journalistes français et internationaux, François Bayrou a expliqué avoir « examiné tous les éléments qui permettent de juger de l’état du pays » et devoir tenir compte de la « gravité de la situation » et de la « décomposition politique« . Puis il s’est placé entre une gauche menée par un opposant au bilan du gouvernement socialiste sortant et une droite « immorale et aveuglée« .

Le président du Modem a ensuite expliqué avoir eu des échanges – non-fructueux – avec François Fillon suite à la défaite de son ami et favori Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre. Bien entendu, un rapprochement avec le candidat Fillon s’avérait impossible suite à l’éclatement public du système d’emplois présumés fictifs – donc potentiellement illégal – mis en place depuis des décennies par l’ancien premier ministre pour ses p(r)oches.

Dans le but de « rendre l’espoir aux français déboussolés« , face à la montée des périls, et de pouvoir « faire de grandes choses ensemble« , François Bayrou tend ainsi la main à Emmanuel Macron. Il fixe quatre conditions à cette alliance : la reconnaissance du centre par le candidat d’En Marche ; la défense d’une approche économique moins libérale ; une loi de moralisation de la vie politique et la mise en place de la proportionnelle.

La définition précise de ces mesures reste floue. Cependant, étant donné leur contenu et la réponse très rapide d’Emmanuel Macron, tout laisse à croire que ce dernier acceptera cette alliance sans problème. La décision politique de François Bayrou ressemble en fait plus à un coup stratégique d’un homme politique en bout de course qu’à une main tendue d’égal à égal.

En effet, le triple candidat à la présidentielle s’est retrouvé dans une impasse politique. Suite à la défaite inattendue d’Alain Juppé, sa stratégie est tombée à l’eau. Il aurait pu annoncer sa candidature, mais son espace politique était très restreint. Crédité de quelques pourcentages dans les sondages, à la tête d’un parti famélique, déboussolé et apparemment sans le sou, il était difficile pour le centriste de jouer un rôle clé dans cette présidentielle inédite par ses incertitudes et nombreux rebondissements.

Le stratège Bayrou, adepte des décisions surprenantes et doté d’un certain courage politique a néanmoins trouvé le moyen de peser dans cette campagne. Il apparaît aujourd’hui comme une sorte de faiseur de rois dans cette course d’obstacles pour accéder à la monarchie présidentielle française.

Enfin, cette décision surprenante a le mérite d’éclaircir les fronts politiques. Quatre blocs vont se faire face : un bloc d’extrême droite autour de Marine Le Pen, au plus haut dans les sondages ; un bloc de droite conservatrice qui s’accroche au bateau Fillon en perdition ; un bloc réunissant les libéraux allant du centre-gauche au centre-droit ; et enfin un bloc de gauche qui tente de se rassembler autour de la 6ème république et de l’écologie politique.

Ces quatre blocs idéologiques peuvent gagner cette présidentielle – probablement la plus importante depuis 20 ans. La question de la majorité parlementaire sera bien évidemment centrale. Sa construction dépendra du résultat de la présidentielle et, bien sûr, de l’unité réelle ou non de ces alliances politiques.

La campagne s’annonce des plus incertaines. Espérons qu’elle puisse enfin commencer, au delà purement des personnes et des petites phrases. Les enjeux auxquels la France est confrontée l’exigent. Nous y reviendrons.

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24/12/2016

Faire face à la «contre-information»

« Donnez vingt-quatre heures d'avance à un mensonge et la vérité ne le rattrapera jamais. Autrement dit, il faut toujours affronter la malhonnêteté intellectuelle immédiatement et sans équivoque. »
Michael Moore


Les récentes actualités ont fait ressurgir un florilège de thèses conspirationnistes ciblant en particulier la prétendue désinformation des médias « mainstream ». De nombreux événements ont provoqué ce type de réactions. J'en retiendrai deux en particulier : le siège tragique d'Alep Est et l'odieux attentat de Berlin.

Dans le cas de Berlin, suite à la publication de l'identité du criminel suspect, une thèse conspirationniste a rapidement circulé en masse sur les réseaux sociaux. Pourquoi un terroriste aurait-il, au moment de commettre un attentat, ses papiers d'identité sur lui ?

En moins de deux, diverses thèses évoquant la manipulation des médias et d'un scénario orchestré par on ne sait trop qui fleurissent sur les réseaux sociaux. « On nous ment, une fois de plus » ; « C'est encore l’œuvre des services secrets » ; « Comment pourrait-il être aussi stupide et avoir ses papiers sur lui ».

Déjà évoquée au moment de l'attentat de Nice – et d'autres, ce scénario complotiste n'est pas nouveau et guère étonnant. En se penchant un minimum sur la question, un élément de base devrait rapidement apparaître dans la réflexion, quand réflexion il y a. Identifier précisément l'auteur est nécessaire pour revendiquer un attentat.

En effet, le soi-disant État islamique – en particulier après son appel de septembre 2014 appelant partout à cibler des européens de n'importe quelle manière – ne peut plus avoir un contrôle précis et un suivi global des actions criminelles commises par celles et ceux qui s'en revendiquent. S'assurer que l'identité de l'auteur du crime soit rapidement diffusée publiquement permet au soi disant État islamique de revendiquer rapidement et de réagir en détail – ou non – à l'attentat en question.

L'autre événement récent qui a mis en évidence cette « contre-information » qui désinforme est bien entendu le siège d'Alep Est. Tournant majeur dans la crise syrienne, le pilonnage aux barils d'explosifs des derniers quartiers rebelles de la ville a aussi marqué un tournant dans la guerre de l'information et l'analyse du conflit, en particulier à gauche de l'échiquier politique où une ligne de fracture claire s'est hélas affirmée. Sur ce dernier point d'analyse politique, j'y reviendrai en détail dans un autre article.

Ainsi l'avancée des forces du régime syrien, dirigées par des officiers russes et renforcées par des miliciens chiites iraniens, afghans et du Hezbollah, sur Alep Est a fait ressortir les thèses les plus farfelues sur la prétendue désinformation de masse véhiculée par les grands médias occidentaux. De la présence de l’État Islamique à Alep Est, alors qu'il en a été chassé par les rebelles syriens dès 2014 à la prétendue présence des seuls milices islamistes sur place en passant par le soi-disant soutien total de la population syrienne au régime de la dynastie Assad.

Bon nombre d'informations mensongères furent véhiculées sur les réseaux sociaux, en grande partie appuyées par la propagande du Kremlin que constitue Russia Today, média étendard des tenants de la « contre-information ».

Sans refaire toute l'histoire du conflit et l'influence complexe des nombreux acteurs de la répression du régime et de la guerre qui a suivi, un élément déterminant change maintenant la donne de l'information. Celui des témoignages en direct des citoyen-ne-s d'Alep et d'autres villes eux mêmes grâce aux réseaux sociaux.
Sur Twitter et Facebook, ou sur des blogs, il est possible à tout un chacun de suivre au quotidien les bombardements, la vie de tous les jours dans une ville sous siège et les conditions de vie qui se durcissent jusqu'à devenir intenables.

Personne ne peut brandir l'excuse de ne pas avoir su ce qu'il se passait. Se réfugier derrière l'excuse de l'impérialisme et de la géopolitique des grandes puissances dans la région afin de ne pas avoir à dénoncer des crimes de guerre s'avère être de la pure lâcheté. Oser se revendiquer de l'internationalisme a quelque chose d’écœurant après avoir fait preuve de tant d'indignation sélective.

Pourquoi s’appuierait-on sur les témoignages sur les réseaux sociaux de personnes en Palestine occupée ou au Yémen bombardée par l'Arabie Saoudite avec la bénédiction des puissances occidentales ? Le contexte est le même. 

Partir du contexte des printemps arabes et des formidables mobilisations populaires qu'a connu tout le Moyen-Orient et le Maghreb nous oblige à toujours considérer les luttes populaires locales avant la géopolitique des puissances et leurs intérêts. Sous prétexte de lutter contre le seul impérialisme américain et occidental via la machine de guerre de l'OTAN, bon nombre de militant-e-s politiques se revendiquant de la gauche balayent d'un revers de la main près de 6 ans de mobilisation populaire en Syrie.
Un véritable affront à toutes celles et ceux qui ont été tués et emprisonnés pour avoir osé revendiquer la démocratie, la justice sociale et la liberté.

Qu'en est-il de la formidable résistance et mobilisation des habitant-e-s de Homs, l'un des bastions de la révolution ? des rebelles syriens qui ont chassé l'Etat islamique d'Alep Est en 2014 ? de tous les jeunes qui vont au secours quotidiennement des victimes des bombardements russes et du régime ? de celles et ceux qui documentent depuis des années la banalité du mal qui sévit dans le pays ?

Enfin, par rapport à la crise syrienne, dénoncer l'impérialisme des États-Unis et des pays européens & arabes membres de la coalition en faisant fi de l'intervention russe et iranienne dans le pays relève soit de l'hypocrisie, soit d'une bêtise sans nom.

À toutes celles et ceux qui défendent le régime de Bachar Al Assad car il garantirait la stabilité dans la région et serait une réponse laïque face aux rebelles islamistes, remballez votre pseudo discours sur le nationalisme arabe et posez-vous une seule question : sans même parler de la répression et des massacres dont il est responsable, en quoi le régime alaouite d'Assad, soutenu militairement par l'armée russe et ses officiers formés lors du massacre de Grozny, financé directement par le régime chiite iranien et renforcé militairement par des dizaines de milliers de combattants du Hezbollah et des pasdarans, serait-il une alternative laïque et indépendante ?

Plus généralement, il est bien plus facile de sortir du chapeau l'excuse de la « désinformation » et de crier à la conspiration à chaque occasion que de se frotter à une situation complexe en dépassant l'analyse simpliste de la vérité face au(x) mensonge(s). À un moment historique où les démagogues de droite sont au sommet de la vague, il est urgent de ne rien lâcher sur un principe qui a articulé les mouvements progressistes, celui de l'internationalisme.

Il est inquiétant et aberrant de voir le peu de réactions pesées et internationalistes entendues ces dernières semaines dans la campagne pour les élections présidentielles en France. À part les positions constantes du Nouveau Parti anticapitaliste et la ligne claire des écologistes français - dont le candidat Yannick Jadot co-signe une bonne tribune "Alep crève" avec l'essayiste Raphaël Glucksmann - une dérive à gauche se confirme. La réponse vidéo de Jean-Luc Mélenchon à cette tribune est le symbole de son embarras et de sa distanciation vis à vis des luttes internationalistes (dès 13'30'').

À l'heure où tant d'informations succinctes circulent sur les réseaux sociaux, ne nous contentons pas de lire les simples titres, nous fier à une seule source ou de considérer par défaut toute information « anti-système » comme vrai, fiable car elle irait à contre-courant.

Sans cela, le pire est à prédire. Un exemple me frappe toujours autant : au moment de l'élection de 2004 et de la campagne de réélection de Georges W. Bush, selon un sondage une majorité d'américains pensaient que Saddam Hussein avait organisé les attentats du World Trade Center. Cela alors que tout l'avait contredit et que le gouvernement de Bush lui même avait infirmé ses propres propos. Ce type d'exemples extrêmes devient de plus en plus courant. La récente campagne présidentielle aux États-Unis en a été un exemple parlant, qui a laissé sans voix bon nombre d'entre nous.

Ne pas réagir et laisser ces mensonges s'installer dans le débat public met en péril nos démocraties et, j'en ai bien peur, toute possibilité de renverser le système néolibéral actuel vers une alternative solidaire, démocratique et écologiste.

Belles fêtes à toutes et tous, et une bonne année à venir, pleine de santé, de réflexion active, de découvertes et de projets engagés. Ne l'oubliez jamais : un autre monde est possible !

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14/12/2016

Alep : la Suisse doit agir !

Pendant que les combats font rage dans la ville syrienne d’Alep, des rapports relatifs à des massacres perpétrés dans la population civile sont rendus publics. Les Jeunes Vert-e-s ont organisé à Berne une veillée rassemblant environ 100 participant-e-s afin de demander une acceptation rapide et sans bureaucratie de 50'000 demandeurs d’asile provenant de zones de guerre.

En outre, la Suisse doit user de sa diplomatie pour ouvrir un couloir humanitaire des Nations Unies dans la zone touchée. «C’est seulement si un grand nombre de pays fait pression sur le plan international que les souffrances liées à la malnutrition et aux sans-abris pourront être atténuées.» explique Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Vert-e-s Suisses, pour justifier les exigences du parti.

Le Conseil fédéral a décidé cette semaine d’accueillir un nouveau contingent de 2'000 syrien-ne-s. Les Jeunes Vert-e-s saluent cet engagement humanitaire, mais déplorent cependant le faible nombre articulé. «Un pays riche comme la Suisse est capable d’assurer la protection de 50'000 réfugiés» rajoute Ilias Panchard. De plus, la Suisse dispose de moyens de secours conséquents pour aider en zone sinistrée.

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19/02/2016

Exportations d'armes: les partis bourgeois jouent avec les vies humaines

La commission de la politique de sécurité décide de voter contre un moratoire sur les exportations de matériel militaire à destination des pays qui sont impliqués dans des conflits armés avec le Yémen. Cependant, les exportations vers l’Arabie saoudite se sont élevées à 5,5 millions de francs en 2015.

Selon la déclaration de la CPS-N, la raison principale pour faire des affaires avec les pays arabes est que le marché intérieur est trop petit pour sécuriser et enduiguer la baisse de fabrication des armes suisses. En outre, les règles actuelles, qui prévoient un examen individuel, sont strictes. Les restrictions de la réglementation suisse seront révélées ce mois lorsque le Conseil fédéral se sera réuni une seconde fois au sujet des livraisons d’armes à destination du Qatar. « Il est contraire à la tradition humanitaire de la Suisse de s’enrichir sur la misère et la guerre » estime Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Verts. 

La décision prise hier par la CPS-N montre l’attitude cynique de la Suisse dans les conflits mondiaux. Alors que l’engagement humanitaire, comme le processus d’asile en ambassade, a été aboli, l’exportation de matériel de guerre vers des régions en conflit continue.
Par soucis de rentabilité et d’intérêts économiques, la majorité bourgeoise vend volontiers la violation des droits humains et les décès qui s’ensuivent. « Celui qui sème les armes récolte les réfugiés » dénonce Ilias Panchard.

Les exportations de matériel de guerre vers les pays qui sont impliqués dans un « conflit armé interne ou international » étaient, de part la réglementation sur l’exportation de matériel de guerre, déjà interdites. Par conséquent, les Jeunes Verts Suisses appellent à une interdiction totale des exportations d’armes. Une attention particulière doit être portée sur les exportations d’armes à destination des pays autocratiques qui violent les droits humains, et celles-ci doivent être signalées immédiatement.

01/07/2015

La Suisse prête à extrader un réfugié politique

La Suisse compte un prisonnier politique. Le 15 avril dernier, Mehmet Yesilçali, réfugié politique turc, a été arrêté dans le cadre d'une vague d'arrestations d'opposants politiques en Europe commanditée par la Turquie et exécutée par la justice allemande.

L'État turc, dont la dérive répressive n'est plus à prouver, utilise la justice allemande pour exiger l'extradition de membres de l'opposition démocratique turc en Europe. Ainsi, en l'espace de quelques jours, douze militant-e-s de la Confédération des travailleurs de Turquie (ATIK) ont été arrêtés, en Allemagne, en Grèce, en France et donc Mehmet Yesilçali en Suisse.

Le motif d'arrestation invoqué est le soupçon d'appartenance à une organisation terroriste, sans aucune preuve quant à d'éventuelles actions répréhensibles. ATIK est une confédération syndicale menant des actions politiques légales dans différents pays d'Europe.

L’État allemand exige leur extradition pour des motifs inexistants, au mépris du droit et de la loi. Le ministère de la justice n'apporte aucune preuve à l’appui de ses accusations. Ces méthodes ne peuvent être tolérées.

Bien que cette situation soit connue de la Suisse, le département fédéral de Justice et police a décidé le 19 juin 2015, en violation de la Convention de Genève, sans recourir aux tribunaux helvétiques et contrairement aux pratiques normalement en vigueur, d'extrader Mehmet Yesilçali, actuellement incarcéré en Suisse sans aucun motif valable.

Cette décision est purement politique et contraire à la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit toute condamnation pour des actions ou omissions qui ne constituent pas un acte délictueux au moment où elles ont été commises. Selon la loi, personne ne peut être condamné ou extradé pour des actions qui ne sont pas punissables dans l'État dans lequel elles ont été commises.

D'un point de vue du droit d'asile, comment peut on utiliser les motifs d'asile reconnus pour décider, sans aucune base légale, d'extrader un réfugié politique ? Depuis quand le pays dépositaire des conventions de Genève se met à extrader des opposants politiques ?
C'est une décision arbitraire, lâche en terme de souveraineté politique et inacceptable au niveau juridique !

Mehmet Yesilçali est incarcéré illégalement depuis le 15 avril dans le canton de Fribourg. Son extradition vers l'Allemagne serait le symbole de la criminalisation dont les organisations de migrants sont parfois victimes. Le droit à s'organiser collectivement et démocratiquement doit leur être garanti.

La Suisse ne doit pas céder aux pressions du gouvernement turc et agir indépendamment. Nous ne pouvons être complice de la répression des opposants politiques démocrates turcs. Le département de la justice doit annuler l’extradition de Mehmet Yesilçali et le libérer immédiatement !


Merci de partager ce texte au maximum, la Suisse n'a pas à extrader un opposant politique démocrate.

Site web : http://www.atik-online.net/english/2015/05/freedom-and-political-asylum-to-the-turkish-militants-of-atik/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Libert%C3%A9-pour-mehmet-yesilcali/468813123273303

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11/06/2015

Politiser à nouveau le débat sur l'Europe

Politiques d'austérité, déficit démocratique, référendum anglais annoncé (Brexit), cimetière migratoire en Méditerannée. L'Europe est à un tournant de son histoire. Les prochaines années s'annoncent décisives dans la lutte pour une Europe au projet collectif retrouvé.

La votation sur l'immigration nous oblige à redéfinir nos rapports avec l'Union européenne. Appliquer l'initiative de manière euro-compatible est prioritaire à mes yeux : pourquoi pas nous inspirer, par exemple, de la suite données à l'initiative des Alpes avec sa redevance poids-lourds.

Mon engagement en faveur des bilatérales s'inscrit dans une analyse politique critique. La situation de la Grèce, en pleine crise humanitaire face au cynisme de ses créanciers, nous oblige à réformer le projet européen en direction d'une Europe sociale, démocratique, porteuse de projets citoyens et solidaire des mouvements sociaux des pays du Sud.

Si je suis élu au Conseil national, j'aiderai à politiser à nouveau cette question. Expliquer l'importance de nos relations avec les membres de l'UE : notamment la question énergétique vu l'interdépendance des productions nationales, la question migratoire pour enfin créer un droit d'asile européen, la question des transports, en particulier à travers les lignes alpines, enfin la question agricole vu notre dépendance face aux importations.

Les politiques qui défendent une ligne pro-européenne, critique mais constructive, doivent enfin se saisir de ce thème et oser mener le combat des idées qu’il exige.
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Article paru dans le magazine Europa du Nouveau Mouvement Européen Suisse (NOMES)

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