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12/03/2017

Marine Le Pen aux portes du pouvoir

Publié initialement le 12 mars sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris. Bonne lecture !

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L’Europe entière a les yeux rivés sur l’hexagone. Dans moins de deux mois, la France élira un nouveau président de la République. Ou une nouvelle présidente, pour la première fois dans l’histoire du pays. Il faut le dire, Marine Le Pen est en mesure de gagner l’élection présidentielle du 7 mai prochain. De nombreux éléments récents et des tendances de long terme font penser que le risque d’une victoire de l’extrême droite dans le pays de Jaurès et de Gaulle est bien réel.

Tout d’abord, la France sort d’un quinquennat désastreux. Tant sur la politique menée que sur la forme. La politique menée par François Hollande s’est avérée bien éloignée des promesses de la campagne de 2012 : politique fiscale et économique en faveur des grandes entreprises sans contreparties, aucun bras de fer européen pour sortir de l’austérité et renégocier les traités budgétaires, abandon des promesses du droit de vote des étrangers et de la proportionnelle, aucune ambition pour l’agriculture paysanne, mesures peu ambitieuses sur la transition énergétique, affreux débat sur la déchéance de nationalité et j’en passe. Une liste exhaustive serait bien trop longue.

La perte de repères est bien visible sur le terrain. Comment différencier la gauche et la droite après un quinquennat prétendument de gauche, dont le premier ministre utilise les mots de la droite ?

Il s’avère par exemple difficile, voire impossible de trouver des différences politiques entre un ministre PS comme Jean-Marie Le Guen, lieutenant de Manuel Valls, et l’ancien ministre sarkozyste de l’économie François Baroin. Même programme économique libéral, approche sécuritaire des problématiques sociales et discours de repli sur l’immigration. Ainsi le pamphlet « UMPS » utilisé par le Front National se retrouve renforcé par ces symétries politiques. Et s’avère ainsi difficile à contrer.

Conséquence logique de ces errements politiques, la recomposition de la gauche et des écologistes s’opère enfin avec et suite à la victoire de Benoît Hamon. La fracture s’opère entre celles et ceux qui veulent changer la vie des gens, réformer le système en profondeur et en finir enfin avec les politiques gestionnaires. Le plus dur reste à faire : débattre, rassembler et créer une dynamique populaire.

De l’autre côté de l’échiquier politique, il n’échappe à personne que l’affaire Fillon précipite la droite dans une impasse. Son camp était promis à une victoire facile. La situation est toute autre à l’heure actuelle. Une partie des centristes hésite à rejoindre le camp Macron et, en cas d’élimination au 1er tour du candidat Fillon, il est certain que des élu-e-s Les Républicains vont se poser des questions et négocier leur soutien au Front national.

Enfin, au niveau des forces en présence, l’analyse doit bien entendu se porter sur l’ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron. Porté par une dynamique certaine et, malgré la difficulté du moment à sonder les opinions, il se retrouve systématiquement qualifié pour le second tour dans les sondages. L’optique d’un 2ème tour opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron – hyper favorable de mon point de vue à un excellent score, voire une victoire, de la candidate du Front National – m’a poussé à écrire cet article.

Pour la première fois dans l’histoire française, tous les acteurs du monde politique ont acté le fait que Marine Le Pen serait d’office au 2ème tour de l’élection présidentielle. C’est comme si cette qualification de l’extrême droite était d’ores et déjà actée, sans même avoir mené la bataille sur le terrain du programme politique.

Cela s’explique par les résultats des derniers scrutins politiques. En effet, les dernières élections européennes et régionales ont montré la force électorale du Front national. Lors des régionales, tant Marine Le Pen que sa nièce Marion-Maréchal Le Pen se sont qualifiées pour le 2ème tour et y ont dépassé les 40% face aux candidats de la droite. Dans les régions gagnées par le Parti Socialiste, le parti frontiste dépassait aussi les 30% au 2ème tour, au delà de ses scores du 1er tour. Le vote frontiste s’est définitivement ancré.

Au parlement européen, le Front National compte depuis 2014 autant d’élu-e-s que Les Républicains (LR), plus que le Parti socialiste et les écologistes réunis. Ce qui en fait la délégation française la plus importante. Les élections proportionnelle à un tour – le système électoral le plus démocratique de mon point de vue, mais c’est un autre débat – réussissent tout particulièrement au parti de la députée européenne Marine Le Pen.

Deux choses ne sauraient évidemment être oubliées : le niveau de mobilisation ou d’abstention des électeurs-trices ainsi que le profil « renouvelé » de Marine Le Pen.

De nombreux articles y ont été consacrés. Le nouveau profil de Marine Le Pen s’inscrit dans sa stratégie en vue d’accéder à l’Élysée. Passé de « Oui, la France » en 2012, le slogan de Marine Le Pen est devenu « la France apaisée » jusqu’à fin 2016 puis le parti frontiste a opté pour « Au nom du peuple« . Ces deux slogans successifs illustrent le message recherché : le « vote Marine » est une évidence, un choix tout autant légitime que les autres.

Notons enfin que la candidate fait tout pour s’éloigner de l’image clivante du Front national en n’affichant plus le logo du parti, ni même le nom de famille « Le Pen » sur ses éléments de communication. Elle s’efforce aussi de se construire une stature présidentielle en restreignant ses apparitions médiatiques et, elle même empêtrée dans des affaires d’emplois fictifs, a bien veillé à ne pas surréagir à l’affaire Fillon pour se placer au dessus de son concurrent de droite. Lui éliminé et distancé, elle visant la tête au soir du 1er tour. Tout est organisé pour mettre en scène la rencontre entre la femme politique et un peuple.

Pour finir, une grande partie du résultat de la présidentielle dépendra de la participation, et donc du taux d’abstention. L’extrême droite fait traditionnellement du camp politique le plus mobilisé au 1er tour de l’élection. Il n’est ainsi pas étonnant de voir les sondages constater que l’immense majorité des électeurs de 2012 savent déjà qu’ils voteront à nouveau Le Pen cette année.

Maintenant, il est difficile de savoir ce que feront les personnes intitulées récemment dans un livre les PRAF (« Plus rien à faire » / « plus rien à f…« ). Soit les citoyennes et citoyens qui considèrent que la politique ne permet plus de changer la vie. Et pour toutes celles et ceux  qui considèrent n’avoir « plus rien à perdre », cela pourrait se concrétiser par un vote qui envoie valser le système.

En conclusion, Marine Le Pen et ses conseillers politiques semblent avoir parfaitement compris un élément. Pour gagner, elle devra dépasser son propre camp politique et transformer le 2ème tour en un vote pour ou contre le système, l’Europe et les élites. Ainsi la candidate du Front national doit se réjouir en vue de l’éventualité – qui semble probable – d’affronter Emmanuel Macron. Difficile pour elle de trouver meilleur candidat pour thématiser un duel entre « la candidate du peuple » et celui « des élites qui bénéficient de la mondialisation ».

Les élections néerlandaises de mercredi prochain enverront elles aussi un signal pour toute l’Europe. Une victoire de Geert Wilders, malgré son impossibilité probable de gouverner (aucun parti ne voulant former une coalition avec son parti), serait un nouvel accélérateur pour les démagogues nationalistes dans le monde.

Une victoire de Marine Le Pen dépasse ainsi le stade de la menace ou de l’éventualité. C’est un scénario dont il faut très sérieusement tenir compte. Ni le front républicain, ni les appels à « faire face au fascisme » ne seront à eux seuls suffisants en cas de qualification de Marine Le Pen pour le second tour.

Le monde a définitivement passé un nouveau cap politique. Au moment où les nationalistes s’imposent aux quatre coins du globe, seul un retour aux fondamentaux de la politique permettra de résister à cette vague. Tout le reste ne sert qu’à retarder l’échéance. Jusqu’au jour où…

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27/02/2017

La main tendue de François Bayrou

Publié initialement le 22 février sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris. Bonne lecture !


Nouvelle surprise dans la campagne. Sa décision était très attendue. Après la publication de son livre Résolution française et une présence médiatique constante ces dernières semaines, une majorité de commentateurs prédisaient sa candidature à la présidentielle. Prenant tout le monde à contrepied, François Bayrou a annoncé en fin d’après-midi sa proposition d’alliance à Emmanuel Macron pour la présidentielle et en vue d’une majorité parlementaire.

Au siège du Modem, devant une centaine de journalistes français et internationaux, François Bayrou a expliqué avoir « examiné tous les éléments qui permettent de juger de l’état du pays » et devoir tenir compte de la « gravité de la situation » et de la « décomposition politique« . Puis il s’est placé entre une gauche menée par un opposant au bilan du gouvernement socialiste sortant et une droite « immorale et aveuglée« .

Le président du Modem a ensuite expliqué avoir eu des échanges – non-fructueux – avec François Fillon suite à la défaite de son ami et favori Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre. Bien entendu, un rapprochement avec le candidat Fillon s’avérait impossible suite à l’éclatement public du système d’emplois présumés fictifs – donc potentiellement illégal – mis en place depuis des décennies par l’ancien premier ministre pour ses p(r)oches.

Dans le but de « rendre l’espoir aux français déboussolés« , face à la montée des périls, et de pouvoir « faire de grandes choses ensemble« , François Bayrou tend ainsi la main à Emmanuel Macron. Il fixe quatre conditions à cette alliance : la reconnaissance du centre par le candidat d’En Marche ; la défense d’une approche économique moins libérale ; une loi de moralisation de la vie politique et la mise en place de la proportionnelle.

La définition précise de ces mesures reste floue. Cependant, étant donné leur contenu et la réponse très rapide d’Emmanuel Macron, tout laisse à croire que ce dernier acceptera cette alliance sans problème. La décision politique de François Bayrou ressemble en fait plus à un coup stratégique d’un homme politique en bout de course qu’à une main tendue d’égal à égal.

En effet, le triple candidat à la présidentielle s’est retrouvé dans une impasse politique. Suite à la défaite inattendue d’Alain Juppé, sa stratégie est tombée à l’eau. Il aurait pu annoncer sa candidature, mais son espace politique était très restreint. Crédité de quelques pourcentages dans les sondages, à la tête d’un parti famélique, déboussolé et apparemment sans le sou, il était difficile pour le centriste de jouer un rôle clé dans cette présidentielle inédite par ses incertitudes et nombreux rebondissements.

Le stratège Bayrou, adepte des décisions surprenantes et doté d’un certain courage politique a néanmoins trouvé le moyen de peser dans cette campagne. Il apparaît aujourd’hui comme une sorte de faiseur de rois dans cette course d’obstacles pour accéder à la monarchie présidentielle française.

Enfin, cette décision surprenante a le mérite d’éclaircir les fronts politiques. Quatre blocs vont se faire face : un bloc d’extrême droite autour de Marine Le Pen, au plus haut dans les sondages ; un bloc de droite conservatrice qui s’accroche au bateau Fillon en perdition ; un bloc réunissant les libéraux allant du centre-gauche au centre-droit ; et enfin un bloc de gauche qui tente de se rassembler autour de la 6ème république et de l’écologie politique.

Ces quatre blocs idéologiques peuvent gagner cette présidentielle – probablement la plus importante depuis 20 ans. La question de la majorité parlementaire sera bien évidemment centrale. Sa construction dépendra du résultat de la présidentielle et, bien sûr, de l’unité réelle ou non de ces alliances politiques.

La campagne s’annonce des plus incertaines. Espérons qu’elle puisse enfin commencer, au delà purement des personnes et des petites phrases. Les enjeux auxquels la France est confrontée l’exigent. Nous y reviendrons.

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22/02/2017

L'impasse Fillon

Publié initialement le 17 février sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris. Bonne lecture !

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Un coup de tonnerre. Les révélations chocs du Canard Enchaîné sur le système de rémunération familial mis en place par François Fillon marquent bel et bien un tournant de la présidentielle. Depuis plus de trois semaines, sous la pression de nouvelles révélations et plombé par une défense cacophonique, le candidat de la droite et du centre voit sa campagne stoppée net.

Tout d’abord, un bref récapitulatif s’impose. Le Canard Enchaîné publie tout d’abord le 25 janvier un papier sur les montants perçus par Penelope Fillon comme attachée parlementaire de son mari ou de son suppléant Marc Joulaud. Chiffrés tout d’abord à 500’000 euros brut. La réalité du travail effectué est mise en cause, jamais justifié avec précision par François Fillon lui même.

Avant que d’autres chiffres et emplois ne soient publiés. De mai 2012 à décembre 2013, elle aurait ainsi été salariée comme conseillère littéraire à « la Revue des deux mondes » pour un montant de 5000 euros brut par mois. Soit 100’000 euros au total. Le hic est, au delà du montant important du salaire, que l’ancien directeur de la revue remet en question l’engagement réel de l’épouse Fillon et affirme ne jamais avoir eu d’échanges de travail avec elle. Rien n’expliquerait en effet un tel salaire pour la seule rédaction de deux courtes notes de lecture en plus de 18 mois.

Dans son édition suivante, le journal satirique revient sur ses chiffres initiaux et affirme que Penelope Fillon a touché au total plus de 900’000 euros brut. Un montant étalé sur une période, non-continue, d’une douzaine d’années.

Pas en reste, les deux enfants de François Fillon auraient perçu 84’000 euros brut entre 2005 et 2007 lorsque leur père était sénateur de la Sarthe. Le cas de sa fille Marie est emblématique : alors qu’elle était embauchée par son père comme assistante parlementaire à temps plein, elle terminait sa formation et effectuait un stage d’avocate payé 11’035 euros bruts par an. Se pose la question du cumul des activités, et de l’usage de l’argent public par les élu-e-s. Elle aurait aidé son père dans la rédaction de son livre, dont le titre fait aujourd’hui sourire : « La France peut supporter la vérité« .

C’est en résumé les accusations auxquelles l’ancien premier ministre doit faire face. Mais ce n’est sûrement pas tout. Probablement aussi concerné par l’affaire des « chèques du Sénat » et ayant touché 200’000 euros de l’assureur AXA, non seulement son image d’homme politique honnête a explosé en vol mais il risque de continuer à devoir répondre de faits graves ces prochaines semaines. À moins qu’il n’ait été mis en examen avant, ou mis sur la touche suite aux prochaines mobilisations citoyennes.

Au niveau de la justice, cela se précise. Le parquet national financier, après avoir reçu le rapport de police concernant l’enquête et les perquisitions à l’Assemblée nationale, annonçait hier qu’il n’envisage pas « en l’état » de classement sans suite et que « les investigations vont se poursuivre« . La suite est difficile à prévoir, une mise en examen pourrait être prononcée tout comme un report post-campagne de ce feuilleton juridique fort dommageable pour les institutions démocratiques.

Un élément fait néanmoins sourire ; la ligne de défense choisie par Fillon et ses avocats. Ou plutôt les défenses successives. Deux semaines après les premières révélations, il se livre à un exercice de communication devant les médias et publie sur son site internet un résumé des salaires reçues par sa femme. Coincé devant ses propres contradictions et incapable d’expliquer par exemple pourquoi son épouse touchait un salaire bien plus important auprès de son suppléant (plus de 6000 euros par mois, contre 3677 auprès de F. Fillon). Ni de justifier son niveau de rémunération – 5000 euros par mois- à la revue des deux mondes pour seulement deux notes de lecture produites.

Coincé entre une justice qui agit rapidement et une opinion publique exaspérée, François Fillon, ses soutiens politiques et ses avocats se réfugient derrière leur seule porte de sortie. Il s’agirait d’un « coup d’État institutionnel du pouvoir » et les français doivent comprendre que « le parquet national financier nous vole l’alternance« . Une défense qui peut sembler ahurissante, mais c’est la seule qui leur reste.

De manière générale, difficile de ne pas être médusé devant ce système de détournement d’argent public au bénéfice de ses intérêts et de sa famille. Le chantre de l’exemplarité, annonciateur des « efforts » auxquels les français-es devraient consentir s’il était élu, voit sa crédibilité réduite à néant.

Maintenant, la mobilisation citoyenne s’organise, partout en France. Ce dimanche, des rassemblements seront organisés dans des villes des quatre coins du pays. Le rassemblement parisien sur la Place de la République devrait réunir des milliers de personnes. Il faut maintenant organiser ce ras-le-bol et faire tomber tous les élu-e-s corrompus et qui profitent des failles des institutions.

À ce niveau là, François Fillon n’est pas le seul concerné. Emmanuel Macron, le candidat médiatique dont le programme change au fil de la campagne, se voit concerné par un mélange des genres dans l’utilisation des frais de bouche lorsqu’il était ministre.
Bien plus grave, les eurodéputé-e-s du FN, dont sa candidate à la présidentielle Marine le Pen sont accusés d’avoir payé des employés en France avec de l’argent destiné aux assistants parlementaires basés à Bruxelles.

Les conséquences de « l’affaire Fillon » sont encore dures à prévoir. Il est sûr que Marine le Pen, malgré les accusations portées contre elle, s’en retrouve quelque peu renforcée. Mais face à cela, fort heureusement, les discussions en vue d’une grande aventure unitaire et citoyenne à gauche avancent. Ces deux prochaines semaines seront décisives et peuvent provoquer une dynamique historique capable de porter une alternative sociale, écologiste, européenne et démocratique au pouvoir.

Quant à François Fillon, il n’est même plus en mesure de faire campagne. Il passe en trombe, sous les sifflets, lors de ses déplacements, ne s’adresse qu’à des militant-e-s LR et se voit contraint de prévoir son agenda au jour le jour. Impossible de faire 6 semaines de campagne dans ces conditions.

Son quotidien ressemble à celui d’un président de la République impopulaire en fin de mandat ou faisant face à une mobilisation populaire contre une réforme de casse sociale. Sauf qu’il ne l’est pas encore, président. Il est bien entendu impossible d’y arriver sans faire campagne auprès des gens. Il va maintenant devoir affronter le terrain et assumer les conséquences de ses actions frauduleuses. Cela tombe bien, étant donné qu’il dit s’en remettre maintenant « au seul jugement des urnes ».

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21/02/2017

La "révolution" Macron

Publié initialement sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris.

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Été 2014, il débarque sur le devant de la scène. En remplaçant d’Arnaud Montebourg, viré du gouvernement suite à sa
cuvée du redressement, il reprend le Ministère de l’économie et des finances. Après avoir été le conseiller économique de François Hollande, Emmanuel Macron entre dans la cour des grands.
Deux ans plus tard, il fait la une de tous les magazines et, fort de son profil de nouveau venu, la coqueluche des médias se voit propulsée par les sondages au 3ème rang potentiel, en tête du camp progressiste.

Mais qui est vraiment le « révolutionnaire » Emmanuel Macron ? Quel est son parcours ? Son programme ? Et surtout, qu’apporte-t-il de novateur dans une 5ème République française à l’agonie ?

Né à Amiens il y a 40 ans dans une famille de médecins, Emmanuel Macron fait son lycée dans un établissement privé catholique. Il étudie ensuite la philosophie à Paris puis rejoint l’École nationale d’administration (ENA) à Strasbourg, dont il sort diplômé en 2004.

Après un passage par l’inspection des finances, il travaille 4 ans comme banquier d’affaires chez Rothschild & Cie dont il devient associé fin 2010. Une période difficile à assumer pour un homme politique se définissant, parfois, « de gauche ». Soutien de François Hollande pendant la primaire socialiste, il devient secrétaire général adjoint de l’Élysée après sa victoire en mai 2012. La suite est connue.

Mais comment cet énarque devenu banquier d’affaires a-t-il pu, après avoir été au cœur de l’échec économique du gouvernement Hollande, se retrouver parmi les favoris de la Présidentielle alors qu’il était encore inconnu il y a 2 ans ?

Le premier élément de réponse se trouve dans le système politique français. Un aspect difficile à comprendre depuis un autre pays, en particulier depuis la Suisse et sa démocratie semi-directe – souvent soporifique – mais l’élection présidentielle emporte tout sur son passage. Symbole de la monarchie présidentielle française, cette recherche permanente du sauveur nuit à toute réforme du système politique.
En effet, l’immense majorité des hommes et femmes politiques semblent nourrir en eux l’ambition de devenir, un jour, président-e de la République, à la tête de la 5ème économie mondiale et chef des armées d’une des dix puissances nucléaires au monde.

Le pourquoi pas moi explique aussi la recherche permanente dans les médias de la prochaine star politique. Mais nous reviendrons quelque peu sur le rôle des médias.

Emmanuel Macron a parfaitement compris une chose : la population française a envie de se débarrasser de la génération de politicien-ne-s qui occupe l’espace politique depuis près de 30 ans. En particulier celle qui gouverne depuis l’époque de Mitterrand.

Le coup de balai sévère infligé à Nicolas Sarkozy puis Alain Juppé, celui en passe d’arriver à Manuel Valls, dépassé par les propositions nouvelles et innovantes de Benoît Hamon, l’abandon obligé de François Hollande ou l’élimination de Cécile Duflot, bien qu’il s’explique différemment, en sont autant d’illustrations récentes. Et ce dans divers courants politiques.

Cette recherche de nouvelles têtes, et le jeune âge du candidat d’en Marche explique ainsi l’intérêt autour d’Emmanuel Macron. L’engouement et la curiosité des français-es pour le débat politique explique aussi la forte présence à ses meetings. En effet, cela s’est vu lors de la primaire de la droite, et plus modestement avec celle du Parti Socialiste, les français-es ont soif de participation à la vie démocratique. Un système de consultations populaires fréquentes y rencontrerait à coup sûr un franc succès et permettrait, de mon point de vue, de nombreuses réformes et avancées sociales, mais cela est un autre débat qu’il serait intéressant d’ouvrir ici pendant cette campagne.

L’engouement pour un-e candidat-e s’explique souvent en premier lieu par des caractéristiques éloignés des idées : nouveau venu, côté « normal », franc parler, doté d’épaules larges ou courageux. Puis, seulement, viennent les qualificatifs liés au programme et aux idées. Et cela, Emmanuel Macron l’a parfaitement compris. Occuper le vide « centriste », ne fâcher personne, rencontrer tout le monde et se construire une image de présidentiable. Il fait tout juste.

Jusqu’au moment où son programme devra être clarifié et débattu dans les détails. En effet, après 5 années de réformes social-libérales du gouvernement Hollande, les électeurs et électrices français voudront-ils aller plus loin et appliquer le programme des socio-démocrates allemands sous Schröder à la sauce française ?

Il emploie lui même le terme de troisième voie avec les résultats que ce courant a connu en Angleterre et en Allemagne. Hantise absolue pour les militant-e-s de gauche de toute l’Europe, dont les classes populaires et moyennes de ces deux États font encore les frais aujourd’hui. Affirmer son idéologie libérale lui coûtera des voix et resserrera son électorat potentiel.

Hormis quelques bonnes idées, progressistes et de bon sens, sur l’organisation territoriale (suppression des départements dans les zones urbanisées), l’éducation (investir massivement et baisser le nombre d’élèves par classe dans les quartiers prioritaires) ou la santé (remboursement des lunettes et des prothèses dentaires et auditives), le programme du candidat d’En Marche n’est pas d’une grande inventivité. C’est le mot.

Sans étonnement, il reprend le squelette de pensée de la doxa libérale : baisse de l’impôt sur la fortune, nouvelle baisse de charges pour les entreprises sans contreparties (CICE augmenté) et réduction des dépenses publiques. Sans préciser bien entendu, pour cette dernière mesure, dans quelle domaine il faudrait couper. Difficile, et exclu, de faire des choix clivants pour le candidat Macron.

On ne compte plus les « unes » qui lui sont consacrées. Même le service public, en particulier le JT de France 2 semble être sous le charme de ce « ministre à part », « électron libre » qui « dit les vérités ». Chacun-e se rendra compte du soutien énorme apporté par une telle couverture média. Le site ACRIMED y a consacré un excellent article que je vous recommande.

Il est impossible de ne pas parler de la primaire du PS, dont il a été le grand absent, au grand dam des dirigeants solfériniens. Son absence fut d’ailleurs souvent au cœur des débats. Il lui fallait éviter cette primaire de la gauche aux allures de bal des anciens ministres de François Hollande, voire de Congrès du Parti socialiste. S’enfermer dans cette lutte entre les différentes tendances d’un parti duquel il a toujours essayé de se distancier aurait pu le tuer politiquement. Il en est bien conscient et a d’ailleurs tout fait pour en diminuer la portée. Il renforce ainsi en ce moment sa stature présidentielle en tournée au Liban, soutenu discrètement par l’Élysée.

De plus, son mouvement En Marche – dont le nombre de « membres » se mesure simplement au nombre d’adresses emails récoltées – lui permet de se placer par delà des partis, au dessus des étiquettes politiques traditionnelles. En faisant peau neuve, sans être, une nouvelle fois, inquiété par le bilan politique de Hollande, auquel il a œuvré.

Maintenant, le résultat du 1er tour qui a vu l’écolo-socialiste Benoît Hamon créer la surprise en virant en tête, devant Manuel Valls, risque bien entendu de lui ouvrir un boulevard dans cette course pour la tête du camp progressiste. Condition indispensable, potentiellement synonyme de qualification pour le 2ème tour.

Bien avant la fin de la primaire PS, les ralliements du courant socialiste affluent déjà : Thomas Hollande, dont le père est un des fils spirituels de Macron, le soutient déjà discrètement, de même que Jacques Attali, pour qui le jeune énarque François Hollande a travaillé sous la présidence Mitterrand. Ségolène Royal se dit déjà prête à faire de même. On imagine aisément de nombreux ministres, député-e-s et sénateurs/trices faire de même si la percée de Benoît Hamon se confirme dimanche.

La stratégie retenue semble être celle de suivre le parcours  de François Bayrou en 2007. La configuration politique à gauche, avec un Parti socialiste au bord de l’explosion en cas de victoire de Hamon, risque de lui être favorable. Une situation bien plus avantageuse que celle vécue par Bayrou il y a dix ans.

Ces prochaines semaines, au moment où la campagne présidentielle aura réellement commencé, vont montrer si Emmanuel Macron continue sur cette lancée ou si sa jeune machine politique subit des coups de frein suite aux attaques et clarifications. Au delà des couvertures de magazines, le personnage, son parcours et son programme vont enfin être mis à nu.

En effet, qui semble aujourd’hui se rappeler qu’il a été l’un des piliers de la politique économique du quinquennat Hollande ? L’artisan des baisses fiscales inconditionnelles en faveur des entreprises et de la loi travail qui a vu la mobilisation déterminée de millions de personnes contre elle ?

Son lancement de campagne a été un coup de maître. Il faut le dire. Cependant, son discours déconnecté de la vie des gens, souvent accompagné de mépris – l’affaire du costard face à des grévistes résume tout – et son programme libéral ne semblent pour l’instant pas prendre auprès des couches populaires.

La création d’un nouveau mouvement, le soutien de personnalités politiques du centre et la communication habile aidée par les médias qui participent à la création d’un mythe Macron l’aident pour l’instant à faire oublier son passage au gouvernement. Reste à savoir pour combien de temps.

Le plus dur lui reste à faire. Il devra présenter un programme complet, assumer sa vision économique libérale et subir la mobilisation opposée au bilan économique désastreux du quinquennat dont il a été la pierre angulaire. Le récent soutien du libéral Alain Minc de même que celui de Jacques Attali, l’un de ses modèles politiques, devrait l’aider, si ce n’est l’obliger, à assumer son programme économique libérale. À ce moment, la vraie campagne aura commencé. Et nous verrons qu’Emmanuel Macron fait du neuf avec du vieux et ne propose rien de « révolutionnaire ».

 

21/01/2017

Regard suisse sur la présidentielle française

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Depuis plusieurs mois, l’actualité politique française est rythmée par la campagne présidentielle : primaires de la droite, puis celles de l’écologie, mobilisation du mouvement « En Marche » autour d’Emmanuel Macron et des insoumis derrière Jean-Luc Mélenchon ou primaires du Parti socialiste et les alliés qu’il lui reste.

Et ce n’est là que le début des hostilités. L’intensité va aller crescendo car la vraie campagne n’a pas encore commencé. Elle promet son lot de rebondissements, de surprises, dans un contexte politique plus qu’incertain. Les éliminations des Sarkozy, Duflot, Juppé tout comme l’abandon de François Hollande illustrent ce moment unique.

Étant installé à Paris pour quelques mois, je vais en profiter pour suivre et commenter la campagne à travers ce blog. Mon but est d’apporter un regard extérieur, d’analyser l’évolution de la campagne, ses dynamiques et de donner autant que possible la parole à des personnes qui ne l’ont pas souvent.

Beaucoup d’entre vous connaissent mon engagement comme militant écologiste et altermondialiste. Ce blog ne se prétend ainsi pas « objectif » ou journalistique. Son contenu évoluera en fonction des envies et de la campagne, je reste ouvert à toutes vos suggestions et me réjouis de les lire.

Enfin, l’idée est aussi d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser et analyser, étant donné que les commentaires et l’échange y sont plus pratiques que sur un blog. Je continuerai aussi à publier directement sur Facebook et Twitter, sur ce thème comme sur d’autres.

Bonne(s) lecture(s) !

24/12/2016

Faire face à la «contre-information»

« Donnez vingt-quatre heures d'avance à un mensonge et la vérité ne le rattrapera jamais. Autrement dit, il faut toujours affronter la malhonnêteté intellectuelle immédiatement et sans équivoque. »
Michael Moore


Les récentes actualités ont fait ressurgir un florilège de thèses conspirationnistes ciblant en particulier la prétendue désinformation des médias « mainstream ». De nombreux événements ont provoqué ce type de réactions. J'en retiendrai deux en particulier : le siège tragique d'Alep Est et l'odieux attentat de Berlin.

Dans le cas de Berlin, suite à la publication de l'identité du criminel suspect, une thèse conspirationniste a rapidement circulé en masse sur les réseaux sociaux. Pourquoi un terroriste aurait-il, au moment de commettre un attentat, ses papiers d'identité sur lui ?

En moins de deux, diverses thèses évoquant la manipulation des médias et d'un scénario orchestré par on ne sait trop qui fleurissent sur les réseaux sociaux. « On nous ment, une fois de plus » ; « C'est encore l’œuvre des services secrets » ; « Comment pourrait-il être aussi stupide et avoir ses papiers sur lui ».

Déjà évoquée au moment de l'attentat de Nice – et d'autres, ce scénario complotiste n'est pas nouveau et guère étonnant. En se penchant un minimum sur la question, un élément de base devrait rapidement apparaître dans la réflexion, quand réflexion il y a. Identifier précisément l'auteur est nécessaire pour revendiquer un attentat.

En effet, le soi-disant État islamique – en particulier après son appel de septembre 2014 appelant partout à cibler des européens de n'importe quelle manière – ne peut plus avoir un contrôle précis et un suivi global des actions criminelles commises par celles et ceux qui s'en revendiquent. S'assurer que l'identité de l'auteur du crime soit rapidement diffusée publiquement permet au soi disant État islamique de revendiquer rapidement et de réagir en détail – ou non – à l'attentat en question.

L'autre événement récent qui a mis en évidence cette « contre-information » qui désinforme est bien entendu le siège d'Alep Est. Tournant majeur dans la crise syrienne, le pilonnage aux barils d'explosifs des derniers quartiers rebelles de la ville a aussi marqué un tournant dans la guerre de l'information et l'analyse du conflit, en particulier à gauche de l'échiquier politique où une ligne de fracture claire s'est hélas affirmée. Sur ce dernier point d'analyse politique, j'y reviendrai en détail dans un autre article.

Ainsi l'avancée des forces du régime syrien, dirigées par des officiers russes et renforcées par des miliciens chiites iraniens, afghans et du Hezbollah, sur Alep Est a fait ressortir les thèses les plus farfelues sur la prétendue désinformation de masse véhiculée par les grands médias occidentaux. De la présence de l’État Islamique à Alep Est, alors qu'il en a été chassé par les rebelles syriens dès 2014 à la prétendue présence des seuls milices islamistes sur place en passant par le soi-disant soutien total de la population syrienne au régime de la dynastie Assad.

Bon nombre d'informations mensongères furent véhiculées sur les réseaux sociaux, en grande partie appuyées par la propagande du Kremlin que constitue Russia Today, média étendard des tenants de la « contre-information ».

Sans refaire toute l'histoire du conflit et l'influence complexe des nombreux acteurs de la répression du régime et de la guerre qui a suivi, un élément déterminant change maintenant la donne de l'information. Celui des témoignages en direct des citoyen-ne-s d'Alep et d'autres villes eux mêmes grâce aux réseaux sociaux.
Sur Twitter et Facebook, ou sur des blogs, il est possible à tout un chacun de suivre au quotidien les bombardements, la vie de tous les jours dans une ville sous siège et les conditions de vie qui se durcissent jusqu'à devenir intenables.

Personne ne peut brandir l'excuse de ne pas avoir su ce qu'il se passait. Se réfugier derrière l'excuse de l'impérialisme et de la géopolitique des grandes puissances dans la région afin de ne pas avoir à dénoncer des crimes de guerre s'avère être de la pure lâcheté. Oser se revendiquer de l'internationalisme a quelque chose d’écœurant après avoir fait preuve de tant d'indignation sélective.

Pourquoi s’appuierait-on sur les témoignages sur les réseaux sociaux de personnes en Palestine occupée ou au Yémen bombardée par l'Arabie Saoudite avec la bénédiction des puissances occidentales ? Le contexte est le même. 

Partir du contexte des printemps arabes et des formidables mobilisations populaires qu'a connu tout le Moyen-Orient et le Maghreb nous oblige à toujours considérer les luttes populaires locales avant la géopolitique des puissances et leurs intérêts. Sous prétexte de lutter contre le seul impérialisme américain et occidental via la machine de guerre de l'OTAN, bon nombre de militant-e-s politiques se revendiquant de la gauche balayent d'un revers de la main près de 6 ans de mobilisation populaire en Syrie.
Un véritable affront à toutes celles et ceux qui ont été tués et emprisonnés pour avoir osé revendiquer la démocratie, la justice sociale et la liberté.

Qu'en est-il de la formidable résistance et mobilisation des habitant-e-s de Homs, l'un des bastions de la révolution ? des rebelles syriens qui ont chassé l'Etat islamique d'Alep Est en 2014 ? de tous les jeunes qui vont au secours quotidiennement des victimes des bombardements russes et du régime ? de celles et ceux qui documentent depuis des années la banalité du mal qui sévit dans le pays ?

Enfin, par rapport à la crise syrienne, dénoncer l'impérialisme des États-Unis et des pays européens & arabes membres de la coalition en faisant fi de l'intervention russe et iranienne dans le pays relève soit de l'hypocrisie, soit d'une bêtise sans nom.

À toutes celles et ceux qui défendent le régime de Bachar Al Assad car il garantirait la stabilité dans la région et serait une réponse laïque face aux rebelles islamistes, remballez votre pseudo discours sur le nationalisme arabe et posez-vous une seule question : sans même parler de la répression et des massacres dont il est responsable, en quoi le régime alaouite d'Assad, soutenu militairement par l'armée russe et ses officiers formés lors du massacre de Grozny, financé directement par le régime chiite iranien et renforcé militairement par des dizaines de milliers de combattants du Hezbollah et des pasdarans, serait-il une alternative laïque et indépendante ?

Plus généralement, il est bien plus facile de sortir du chapeau l'excuse de la « désinformation » et de crier à la conspiration à chaque occasion que de se frotter à une situation complexe en dépassant l'analyse simpliste de la vérité face au(x) mensonge(s). À un moment historique où les démagogues de droite sont au sommet de la vague, il est urgent de ne rien lâcher sur un principe qui a articulé les mouvements progressistes, celui de l'internationalisme.

Il est inquiétant et aberrant de voir le peu de réactions pesées et internationalistes entendues ces dernières semaines dans la campagne pour les élections présidentielles en France. À part les positions constantes du Nouveau Parti anticapitaliste et la ligne claire des écologistes français - dont le candidat Yannick Jadot co-signe une bonne tribune "Alep crève" avec l'essayiste Raphaël Glucksmann - une dérive à gauche se confirme. La réponse vidéo de Jean-Luc Mélenchon à cette tribune est le symbole de son embarras et de sa distanciation vis à vis des luttes internationalistes (dès 13'30'').

À l'heure où tant d'informations succinctes circulent sur les réseaux sociaux, ne nous contentons pas de lire les simples titres, nous fier à une seule source ou de considérer par défaut toute information « anti-système » comme vrai, fiable car elle irait à contre-courant.

Sans cela, le pire est à prédire. Un exemple me frappe toujours autant : au moment de l'élection de 2004 et de la campagne de réélection de Georges W. Bush, selon un sondage une majorité d'américains pensaient que Saddam Hussein avait organisé les attentats du World Trade Center. Cela alors que tout l'avait contredit et que le gouvernement de Bush lui même avait infirmé ses propres propos. Ce type d'exemples extrêmes devient de plus en plus courant. La récente campagne présidentielle aux États-Unis en a été un exemple parlant, qui a laissé sans voix bon nombre d'entre nous.

Ne pas réagir et laisser ces mensonges s'installer dans le débat public met en péril nos démocraties et, j'en ai bien peur, toute possibilité de renverser le système néolibéral actuel vers une alternative solidaire, démocratique et écologiste.

Belles fêtes à toutes et tous, et une bonne année à venir, pleine de santé, de réflexion active, de découvertes et de projets engagés. Ne l'oubliez jamais : un autre monde est possible !

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