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14/12/2016

Alep : la Suisse doit agir !

Pendant que les combats font rage dans la ville syrienne d’Alep, des rapports relatifs à des massacres perpétrés dans la population civile sont rendus publics. Les Jeunes Vert-e-s ont organisé à Berne une veillée rassemblant environ 100 participant-e-s afin de demander une acceptation rapide et sans bureaucratie de 50'000 demandeurs d’asile provenant de zones de guerre.

En outre, la Suisse doit user de sa diplomatie pour ouvrir un couloir humanitaire des Nations Unies dans la zone touchée. «C’est seulement si un grand nombre de pays fait pression sur le plan international que les souffrances liées à la malnutrition et aux sans-abris pourront être atténuées.» explique Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Vert-e-s Suisses, pour justifier les exigences du parti.

Le Conseil fédéral a décidé cette semaine d’accueillir un nouveau contingent de 2'000 syrien-ne-s. Les Jeunes Vert-e-s saluent cet engagement humanitaire, mais déplorent cependant le faible nombre articulé. «Un pays riche comme la Suisse est capable d’assurer la protection de 50'000 réfugiés» rajoute Ilias Panchard. De plus, la Suisse dispose de moyens de secours conséquents pour aider en zone sinistrée.

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19/02/2016

Exportations d'armes: les partis bourgeois jouent avec les vies humaines

La commission de la politique de sécurité décide de voter contre un moratoire sur les exportations de matériel militaire à destination des pays qui sont impliqués dans des conflits armés avec le Yémen. Cependant, les exportations vers l’Arabie saoudite se sont élevées à 5,5 millions de francs en 2015.

Selon la déclaration de la CPS-N, la raison principale pour faire des affaires avec les pays arabes est que le marché intérieur est trop petit pour sécuriser et enduiguer la baisse de fabrication des armes suisses. En outre, les règles actuelles, qui prévoient un examen individuel, sont strictes. Les restrictions de la réglementation suisse seront révélées ce mois lorsque le Conseil fédéral se sera réuni une seconde fois au sujet des livraisons d’armes à destination du Qatar. « Il est contraire à la tradition humanitaire de la Suisse de s’enrichir sur la misère et la guerre » estime Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Verts. 

La décision prise hier par la CPS-N montre l’attitude cynique de la Suisse dans les conflits mondiaux. Alors que l’engagement humanitaire, comme le processus d’asile en ambassade, a été aboli, l’exportation de matériel de guerre vers des régions en conflit continue.
Par soucis de rentabilité et d’intérêts économiques, la majorité bourgeoise vend volontiers la violation des droits humains et les décès qui s’ensuivent. « Celui qui sème les armes récolte les réfugiés » dénonce Ilias Panchard.

Les exportations de matériel de guerre vers les pays qui sont impliqués dans un « conflit armé interne ou international » étaient, de part la réglementation sur l’exportation de matériel de guerre, déjà interdites. Par conséquent, les Jeunes Verts Suisses appellent à une interdiction totale des exportations d’armes. Une attention particulière doit être portée sur les exportations d’armes à destination des pays autocratiques qui violent les droits humains, et celles-ci doivent être signalées immédiatement.

01/07/2015

La Suisse prête à extrader un réfugié politique

La Suisse compte un prisonnier politique. Le 15 avril dernier, Mehmet Yesilçali, réfugié politique turc, a été arrêté dans le cadre d'une vague d'arrestations d'opposants politiques en Europe commanditée par la Turquie et exécutée par la justice allemande.

L'État turc, dont la dérive répressive n'est plus à prouver, utilise la justice allemande pour exiger l'extradition de membres de l'opposition démocratique turc en Europe. Ainsi, en l'espace de quelques jours, douze militant-e-s de la Confédération des travailleurs de Turquie (ATIK) ont été arrêtés, en Allemagne, en Grèce, en France et donc Mehmet Yesilçali en Suisse.

Le motif d'arrestation invoqué est le soupçon d'appartenance à une organisation terroriste, sans aucune preuve quant à d'éventuelles actions répréhensibles. ATIK est une confédération syndicale menant des actions politiques légales dans différents pays d'Europe.

L’État allemand exige leur extradition pour des motifs inexistants, au mépris du droit et de la loi. Le ministère de la justice n'apporte aucune preuve à l’appui de ses accusations. Ces méthodes ne peuvent être tolérées.

Bien que cette situation soit connue de la Suisse, le département fédéral de Justice et police a décidé le 19 juin 2015, en violation de la Convention de Genève, sans recourir aux tribunaux helvétiques et contrairement aux pratiques normalement en vigueur, d'extrader Mehmet Yesilçali, actuellement incarcéré en Suisse sans aucun motif valable.

Cette décision est purement politique et contraire à la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit toute condamnation pour des actions ou omissions qui ne constituent pas un acte délictueux au moment où elles ont été commises. Selon la loi, personne ne peut être condamné ou extradé pour des actions qui ne sont pas punissables dans l'État dans lequel elles ont été commises.

D'un point de vue du droit d'asile, comment peut on utiliser les motifs d'asile reconnus pour décider, sans aucune base légale, d'extrader un réfugié politique ? Depuis quand le pays dépositaire des conventions de Genève se met à extrader des opposants politiques ?
C'est une décision arbitraire, lâche en terme de souveraineté politique et inacceptable au niveau juridique !

Mehmet Yesilçali est incarcéré illégalement depuis le 15 avril dans le canton de Fribourg. Son extradition vers l'Allemagne serait le symbole de la criminalisation dont les organisations de migrants sont parfois victimes. Le droit à s'organiser collectivement et démocratiquement doit leur être garanti.

La Suisse ne doit pas céder aux pressions du gouvernement turc et agir indépendamment. Nous ne pouvons être complice de la répression des opposants politiques démocrates turcs. Le département de la justice doit annuler l’extradition de Mehmet Yesilçali et le libérer immédiatement !


Merci de partager ce texte au maximum, la Suisse n'a pas à extrader un opposant politique démocrate.

Site web : http://www.atik-online.net/english/2015/05/freedom-and-political-asylum-to-the-turkish-militants-of-atik/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Libert%C3%A9-pour-mehmet-yesilcali/468813123273303

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23/06/2015

Pétition pour empêcher le renvoi de H.Ruhani et sa famille

Le 13 novembre 2013, deux ressortissants du Kosovo furent percutés à la rue de Lyon, à Genève, par deux voitures roulant à 150km/h. Samir Dulaku est mort sur le coup, alors que Hayrush Ruhani a survécu, malgré 4 jours passés dans le coma et un lourd traitement médical qui se poursuit encore aujourd'hui.

Les deux hommes avaient déposé une demande d'asile en Suisse, rejetée par les autorités. Comme l'explique cet article (http://www.lematin.ch/faits-divers/frere-samir-pilier/sto...), Samir Dulaku s'apprêtait à retourner rejoindre sa famille au Kosovo: il n'a jamais eu l'occasion de leur dire au revoir.

Hayrush Ruhani doit prendre une quinzaine de pilules chaque jour pour "ses séquelles neurologiques, ses insupportables maux de tête, ses douleurs au niveau de la gorge, du nez, sa baisse de l’acuité visuelle, ses troubles de la mémoire et de l’attention" (http://www.lematin.ch/faits-divers/hayrush-ruhani-vis-sur...).

Son état de santé ne pourrait qu'empirer s'il était renvoyé au Kosovo, pays qui ne dispose pas des infrastructures médicales nécessaires. Il n'a du reste commis aucun crime, aucun délit lors de son séjour en Suisse.

C'est pourquoi nous, témoins solidaires de l'événement dramatique du 13 novembre 2013, demandons aux autorités de ne pas renvoyer Hayrush Ruhani et sa famille au Kosovo, tant que son rétablissement n'est pas entier. Genève et la Suisse devront garantir la protection de sa santé.

Diego Alan Esteban
Ilias Panchard

Pétition adressée au Conseiller d'Etat Pierre Maudet et à la Conseillère Fédérale, Simonetta Sommaruga.

À signer et partager !
--> https://www.change.org/p/pierre-maudet-conseiller-d-etat-...

 

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15/09/2014

Cessons les renvois vers l'Italie !

En 2013, plus de 4000 demandeurs d'asile ont été renvoyés vers l'Italie par la Confédération et les cantons. Plusieurs familles se trouvent actuellement sous la menace d'un renvoi.
Ces renvois s'appuient sur le règlement Dublin qui stipule que la demande d'asile doit être traitée par le premier pays européen avec lequel le requérant est entré en contact. Ce système met une pression excessive sur les pays frontaliers, dont le système d'asile ne permet plus d'accueillir autant de réfugiés.

Cela n'empêche pas la Suisse de continuer à renvoyer en masse, alors même que le règlement de Dublin autorise les États à ne pas transférer les requérants d'asile et à traiter les demandes sur leur territoire. La marge de manœuvre politique existe bel et bien. Comme le règlement Dublin permet à la Suisse de renvoyer bien plus de demandeurs d'asile qu'elle n'en accueille, la politique du chiffre chère à l'ODM trouve en Dublin un allié précieux.

Au vu de la situation en Italie et dans les pays frontaliers, Simonetta Sommaruga devrait soutenir une répartition plus équitable entre les États européens. Sans cela, l'Italie, dépassé par la situation migratoire – près de 100'000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l'année, continuera à laisser une partie de ces personnes vulnérables à la rue, sans assistance.

À plus court terme, la Confédération et les cantons doivent suspendre les renvois vers l'Italie afin d'éviter de plonger de nouvelles personnes dans des situations de détresse. Au lieu d'accélérer les procédures de renvois, le département de Simonetta Sommaruga doit travailler à traiter plus rapidement les dossiers des réfugiés susceptibles de voir leur demande d'asile acceptée.

Les discours creux de Simonetta Sommaruga ne suffisent plus. Derrière les décisions de renvoi, il y a des êtres humains, souvent des familles avec enfants. Elle doit enfin faire de la politique en reprenant le dessus sur la machine administrative et ses décisions arbitraires.

 

 

 

07/08/2014

Palestine: le statu quo n'est plus possible

Je partage ici mon analyse (concise) du conflit israélo-palestinien parue sur Politeia.

Version originale : http://politeia.ch/2014/08/07/palestine-statu-quo-nest-po...

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Après une offensive terrestre de deux semaines, l'armée israélienne a retiré ses soldats de la bande de Gaza. Dix jours de bombardements avaient précédé cette offensive et causé la mort de plus de 1800 palestiniens, civils pour la plupart, dont 200 enfants. Plus de 9000 blessés et environ 250'000 déplacés sont à déplorer. Côté israélien, trois civils sont décédés ainsi qu'une quarantaine de soldats.

Censé s'attaquer aux tunnels du Hamas – utilisés pour la contrebande et les incursions armées en territoire israélien – l'armée israélienne a déjà pris pour cible plusieurs hôpitaux, des enfants jouant dehors ainsi que trois écoles gérées par l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens où vivent des milliers de déplacés.

Le président Netanyahu a lancé cette offensive sur Gaza suite à l'odieux assassinat de trois jeunes israéliens, en affirmant que de nouvelles menaces s'y développaient. Après le crime, le gouvernement israélien n'a en effet pas tardé à accuser des groupes proches du Hamas, et ce sans aucune preuve. Le crime n'est toujours pas élucidé et même le gouvernement Netanyahu s'accorde maintenant à dire que la responsabilité du Hamas n'est pas engagée.

L'offensive israélienne est survenue alors que le Hamas et le Fatah avaient trouvé un consensus en formant un gouvernement d'union nationale ainsi qu'au moment où le Hamas était affaibli financièrement et isolé sur la scène internationale.

On l'aurait presque oublié, mais en novembre 2012, après l'adhésion de la Palestine au statut d'observateur à l'ONU et ce malgré les sanctions israéliennes (gel du transfert des taxes), un nouveau souffle politique semblait s'ouvrir pour le gouvernement de Mahmoud Abbas. Le dialogue au sein des forces politiques palestiniennes pu enfin reprendre et, après de longues négociations, un consensus autour de la formation d'un gouvernement d'union nationale a été trouvé.

L'offensive israélienne a elle affaibli le gouvernement d'union en permettant au Hamas de devenir l'interlocuteur dictant ses conditions et prendre ainsi le dessus politiquement sur le Fatah.
Ces offensives militaires et la politique de colonisation sont systématiquement utilisées par le gouvernement israélien pour affaiblir les organisations palestiniennes prêtes à discuter, négocier et construire un futur commun et pacifié. Renforcer les mouvements les plus radicaux, partisans de la résistance armée, permet à l'État d'Israël de prétendre que les palestiniens ne veulent pas la paix, justifiant ainsi le blocus de Gaza et la poursuite de la colonisation à Jérusalem et en Cisjordanie.

Le Hamas sert d'alibi au gouvernement israélien et, sans lui et les menaces relatives qu'il fait peser sur la population du sud d'Israël, sa politique ultra-droitière, perdrait son sens. Depuis la victoire électorale du Hamas en 2006, il s'attelle à le renforcer politiquement à chaque fois que le mouvement islamiste fait face à des problèmes politiques et perd en influence. Dans le même temps, il évite tout débat sur la poursuite de la colonisation et s'insurge à l'ONU des avancées vers la reconnaissance officielle de l'État palestinien.

Pendant les bombardements sur les villes gazaouies, il y a une dizaine de jours, plus de 10'000 hommes et femmes palestiniens, partis d'un camp de réfugiés Ramallah, défilaient vers Jérusalem. Cette mobilisation sans précédent dépasse le cadre politique classique Fatah-Hamas. Les palestiniens eux mêmes, jeunes dans leur majorité, font part de leur ras-le-bol du statu quo et de la corruption, ne supportent pas de voir leurs projets freinés par la situation politique et font entendre leur vision de l'avenir.
Par rapport à ces jeunes, j'ai bien peur que, peu importe les consignes des mouvements politiques, la situation dans les Territoires occupés échappe à tout contrôle et mène à une situation difficile. Les appels à une nouvelle Intifada risquent hélas de se faire rapidement entendre si la situation n'évolue pas rapidement.

Après plus de 47 ans d'occupation, de colonisation accélérée et la poursuite du vol des terres, il ne faut pas oublier qu'une grande majorité de palestiniens sont nés sous l'occupation israélienne. Cette situation est unique au monde, de par sa durée et son ampleur. Imaginez un jeune de 20 ans dont les rêves, les ambitions, les projets s'avèrent irréalisables simplement parce qu'il est né « au mauvais endroit, au mauvais moment ». Nombre d'entre eux s'engagent dans des projets géniaux, comme le Gaza Youth Breaks Out, et veulent contribuer à sortir leur pays de cette situation qui dure depuis bien trop longtemps. Enfin, il m'arrive souvent de me demander, sans pouvoir y répondre, ce que je ferai à leur place. J'imagine que je m'engagerai et mettrai tout mon espoir dans le processus de paix, les « avancées pas à pas » et la résistance non-violente. Cependant, si la situation stagne voire régresse comme c'est le cas depuis de nombreuses années, je serai probablement le premier, après avoir tout tenté pacifiquement, à aller occuper la rue pour défendre ma dignité, pierres à la main, face aux soldats occupants et leurs balles réelles.