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10/06/2015

Bourses d'études : passons des paroles aux actes

Avec plus ou moins de facilité et de plaisir, nous avons tous fréquenté les bancs de l'école. Étonnement, malgré sa portée universelle et le fait qu'il concerne tout le monde, le peuple suisse n'est que peu appelé à s'exprimer sur ce thème. La complexité du système de formation peut expliquer son absence au menu des votations. D'ici trois semaines, une fois n'est pas coutume, il en sera autrement.

En effet, le 14 juin prochain l'initiative sur les bourses d'études sera soumise au peuple. Déposée par l'Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) en 2012, elle vise à harmoniser le système de bourses d'études et à lui garantir un financement suffisant.

La qualité du système de formation est reconnue hors de nos frontières. Le système dual, couplant formation professionnelle et universitaire, permet de former des jeunes compétents dans les métiers qui les intéressent.

Cependant, en matière d'aides à la formation, les lacunes sont nombreuses. Ces vingt dernières années, alors que le nombre d'étudiants a fortement augmenté, le montant global des bourses a lui diminué de près de 25%. Les différences entre les cantons sont telles qu'elles s'avèrent injustifiables, tant au niveau des critères d'octroi que des montants, pouvant aller du simple au triple selon le canton d'origine.

Comment expliquer qu'un étudiant neuchâtelois touche, en moyenne, quelques 4000 francs par année alors que sa camarade vaudoise bénéficie elle d'une aide à la formation de près de 10'000 francs ?

Ces dernières années, au lieu d'opter pour une harmonisation du système et une revalorisation des montants des bourses, la Confédération s'est progressivement retirée du financement.
Les subventions fédérales sont ainsi passées de 115 millions en 1995 à seulement 25 millions. Cela aux dépens des conditions de vie de de formation des jeunes en formation.

L'initiative de l'UNES concerne l'ensemble de la formation supérieure, universitaire et professionnelle. Ainsi, le titulaire d'un CFC qui souhaite passer un brevet professionnel pourra bénéficier d'une bourse afin de l'aider à financer sa formation continue.
La formation professionnelle, aujourd'hui moins favorisée que les autres cursus d'études, a beaucoup à gagner avec cette initiative. Les domaines concernés sont par ailleurs ceux où l'on manque de personnel qualifié,en particulier dans les domaines techniques ou de la santé.

C'est bien pour cela que les milieux professionnels, premiers concernés par la pénurie de main d'oeuvre, voient l’harmonisation du système d'un bon oeil, et ce malgré la position idéologique, en cette année électorale, des partis bourgeois.

En effet, la pénurie de personnel qualifié coûte annuellement plus de 4 milliards de francs aux PME de ce pays. En permettant à plus de personnes de suivre une formation dans les domaines concernés, l'initiative s'avère être un moyen efficace de palier à cette pénurie.

L'investissement demandé par l'initiative, soit 120 millions de plus que le coût du contre-projet du parlement, est plus que raisonnable étant donné qu'actuellement les dépenses dans les bourses d'études représentent moins de 1 % du budget total dédié à la formation.

Le choix politique est simple. D'un côté un texte pragmatique, porté sur l'avenir et défendu conjointement par l'ensemble des milieux de la formation supérieure depuis plusieurs années. De l'autre un contre-projet indirect – initialement intéressant – tellement vidé de sa substance lors du processus parlementaire qu'il fut qualifié de « coquille vide » par plusieurs élus, de gauche comme de droite.

Enfin, cette initiative envoie un signal clair aux jeunes. Soutenir ce projet revient à leur dire que ce pays compte sur eux, croît en leurs projets et les soutient concrètement dans leur cheminement professionnel et personnel. C'est important. Plutôt que de se désengager, la Confédération doit prendre ses responsabilités et tout faire pour que désormais, dans ce pays, aucun jeune ne renonce à une formation pour des raisons financières.

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Texte paru dans le dernier numéro de l'Hebdo.

Ilias Panchard, 23 ans, co-président des Jeunes Verts, membre du forum des 100 de l'Hebdo. Actif dans la défense du droit d'asile et sur des questions internationales, il s'est aussi engagé suite au vote sur les quotas migratoires en défendant le maintien de la libre-circulation des personnes et une application euro-compatible.

 

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07/07/2014

Pétition pour une rémunération décente des stages

 Les Jeunes vert-e-s vaudois-e-s lancent une pétition pour une rémunération décente des stages.

Le constat est alarmant ! Faute de cadre juridique, le stage est victime d’un usage abusif et toujours plus courant, prétéritant largement tant ses objectifs que ses résultats. Passage obligé pour tout étudiant soucieux de construire un avenir professionnel, il implique très souvent de longues périodes de travail non rémunérées, alors qu’il ne contient parfois aucun aspect de formation ou dans d’autres cas, remplace un véritable emploi.

Ces pratiques contreproductives nuisent gravement :

  • au marché du travail, car le stage non-rémunéré cache parfois un véritable poste, supprimant un emploi potentiel du marché
  • à la situation personnelle du stagiaire, car l’absence de rémunération fait obstacle à son indépendance financière et économique
  • à la situation, le cas échéant, de celui qui subvient aux besoins du stagiaire, qu’il s’agisse d’un parent ou de l’Etat, celui-ci doit financer le stagiaire à la place de l’employeur
  • à la qualité du travail en général, car de telles conditions entraînent forcément une perte de motivation chez le stagiaire

Alors que le stage devrait être une expérience enrichissante, il suscite un mal-être général. Les Jeunes vert-e-s vaudois-e-s constatent cet abus et entendent lutter pour l’instauration d’un cadre juridique qui puisse y mettre fin. Nous revendiquons à ce titre une rémunération du stage :

  • dès la 5ème semaine de travail, la période d’observation étant alors dépassée
  • d’un montant mensuel minimum de 1'100 fr. jusqu’à l’obtention d’un Bachelor ou diplôme équivalent et de 2'200 fr. par la suite
  • d’un montant de, respectivement, 600 fr. et 1'200 fr. si le stage est effectué dans une PME
  • qui vienne s’ajouter dans tous les cas au défraiement des repas, ceci quelle que soit la durée du stage

Si toi aussi tu es contre cette pratique déloyale, qui nuit à tout un chacun et compromet l’avenir des prochaines générations.

--> La pétition peut être signée en ligne ICI.

04/02/2014

Immigration : envoyons un signal à l'UDC !


Ce dimanche, nous sommes amenés à nous prononcer sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse. Ce texte remet en question la libre circulation des personnes et veut remettre en place le système des contingents avec l'UE, longtemps utilisé par la Suisse.

Tout au long de cette campagne, il a été question de l'économie suisse et des conséquences potentielles d'une acceptation de l'initiative. En somme, plusieurs scénarios quant à la complication de nos relations bilatérales avec l'Union Européenne sont imaginables mais il est impossible de prévoir ce futur bilatéral. 

La politique des contingents a été utilisé dans les années 1960 pour faire venir des milliers de travailleurs étrangers, principalement italiens, pour travailler sur nos chantiers ou construire nos barrages. "L'avantage" de ce système est qu'il n'était lié à aucune mesure d'accompagnement et à aucun salaire minimum. Il permettait ainsi d'embaucher à bas coûts des travailleurs saisonniers corvéables, sans aucun droit et logés dans des baraques. 

Cette initiative menace ainsi les mesures d'accompagnement alors que nous devons les renforcer. Ces mesures permettent par exemple de lutter contre le dumping en sanctionnant un employeur ne respectant pas les salaires minimaux obligatoires prévus par les CCT concernées.
De plus, l'initiative exige une limitation drastique du regroupement familial, des prestations sociales et du droit au séjour. En somme, si l'initiative est acceptée, la politique d'asile perdrait la substance qu'il lui reste. 

Je comprends les craintes quant à l'emploi, le ras-le-bol quant à la pénurie de logements ou encore la grogne face à certaines lignes CFF bondées. Sincèrement, je partage une partie d'entre elles.
Et c'est bien pour cela que je m'engagerai dans la campagne pour l'instauration d'un salaire minimum, l'un des moyens efficaces de lutte contre le dumping et pour la dignité du travail. À l'heure des scandales sur de nombreux chantiers, parfois publics, augmenter les contrôles est une nécessité absolue. 
Il nous faut aussi, au niveau des cantons et des communes, axer en priorité sur la construction de logements à loyer contrôlés et abordables. La politique doit décider de la politique du logement, pas seulement les régies immobilières !
Enfin, en matière de transports, seul accepter le projet FAIF ce dimanche aura un effet positif en investissant dans le réseau ferroviaire, ce qui n'est pas le cas de l'initiative UDC. Ces mesures concrètes sont combattues farouchement par l'UDC et la droite car il est bien plus facile, à coups de millions, de crier "gare à l'étranger" ou "laissons faire le libre marché" que d'agir. 
 
Ne tombons pas dans le piège du "vote signal", il serait plus que compliqué de revenir en arrière en cas d'acceptation. Renforçons ensemble les mesures d'accompagnement, mettons en place une véritable protection des travailleuses et des travailleurs, défendons nos services publics et osons poursuivre une politique d'aménagement du territoire crédible. La globalisation doit être bénéfique à toutes et tous, aidez-nous, par des mesures politiques, à partager ces richesses et à protéger notre environnement commun !

Le 9 février, un NON massif à l'initiative contre l'immigration de masse.

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11/10/2013

Un avion de combat parmi nos priorités politiques ?

Il y a deux semaines, le parlement a finalement accepté de financer l'achat de nouveaux avions de combat, en votant le fonds d'acquisition du Gripen. 

3 milliards 126 millions de francs sur 10 ans pour acheter 22 avions suédois (Saab) qui stationneraient aux côtés des 33 F/A-18 que compte actuellement l'armée suisse. Cela afin de protéger l'espace aérien et d'assurer la police du ciel.

L'achat de ces avions, dont l'entretien et le développement coûterait près de 9 milliards, est vivement combattu par référendum afin qu'il soit soumis à la décision de la population, en toute transparence. Les Jeunes Verts, aux côtés des partis de gauche et d'un comité bourgeois formé par les Vert'libéraux, participent avec entrain à cette récolte de signatures et s'engageront dans la campagne politique qui suivra, afin de montrer l'aberration, économique et sécuritaire, que constitue un tel achat. 

En 2010, le Conseil Fédéral lui même ne considérait pas utile et d'actualité l'achat de nouveaux avions de combat et déclarait que la protection de l'espace aérien était pleinement assurée par les F/A-18. 
La version E/F du Gripen, celle que la Suisse veut se procurer, n'existe pas encore et nécessite un investissement conséquent pour son développement. Ainsi, notre pays devra verser un acompte de plus d'un milliard (40% du prix d'achat) afin de participer au développement de l'avion. Somme qui devra être versée à l'avance pour financer un avion qui n'existe, en l'état, que sur papier.

A ce propos, notre pays a déjà fait l'expérience des « avions de papier » avec le Mirage dans les années 1960¹. Rappelez-vous, où consultez les archives de la Confédération, cet avion français avait été préféré à d'autres modèles de par son prix plus avantageux. Au vu des nombreuses améliorations commandées, le Conseil Fédéral a du demander un crédit supplémentaire de 576 millions de francs au parlement. Le budget final dépassant même le prix des autres modèles, jugés trop chers.
L'achat du Gripen risque, comme ce fut le cas avec les Mirages, de nous coûter bien plus que les 3 milliards actuellement avancés par le gouvernement. 
Évitons de retomber dans un gouffre financier ! 

Enfin, consentir à une telle dépense alors que différents domaines nécessitent des investissements conséquents au niveau fédéral est scandaleux. Au moment même où le Conseil des EPF envisage d'augmenter les taxes d'études, où des cantons coupent dans les bourses d'études, où le tournant énergétique nécessite des investissements courageux, où le corridor ferroviaire entre Bâle et Chiasso doit être financé, où les agriculteurs ont besoin de moyens, où Mühleberg doit être rapidement démantelée et où de nombreux projets d'agglomérations attendent un financement. 

Cet achat fait-il réellement partie des priorités politiques de notre pays ?


Signez et faites signer le référendum, afin que ces milliards puissent être investis dans des domaines réellement prioritaires et bénéfiques pour toutes et tous !

Pour signer ---> http://www.jeunesverts.ch/news-des-jvs/signez-maintenant-...

 


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1) http://www.bar.admin.ch/dokumentation/00445/01508/01558/?...

21/05/2013

Intérêt des jeunes pour la politique, une réflexion à mener !


La Suisse a de nombreuses particularités : sa « neutralité », ses langues et cultures différentes, son sens du travail ou encore son système de démocratie directe. Concernant ce dernier point, qui étonne, fascine ou rend sceptique l
es pays qui nous entourent, j'aimerai souligner brièvement quelques unes de ses forces, et faiblesses. 

Les outils de l'initiative populaire et du référendum permettent de (re)lancer des idées dans le débat public ou de contester une décision du parlement, choses indispensables pour le fonctionnement démocratique (mesures "urgentes" mises à part...). Le défaut principal de notre démocratie directe est qu'elle dépend fortement de la participation de la population aux nombreux scrutins. C'est ici qu'il nous faut trouver un bon équilibre : à force d'être trop sollicité (plusieurs fois sur le même objet p.ex.), une partie de l'électorat se désintéresse de la politique et diminue ainsi la légitimité des décisions populaires. 

Je mettrai ici le point sur un élément qui me tient particulièrement à cœur : la participation et l'engagement des jeunes. Ces dernières années, la participation des 18-29 ans est en constante diminution, tant aux élections qu'aux votations populaires. Cette baisse générale de la participation à la politique m'inquiète par bien des aspects : résultats ne représentant plus l'ensemble de la population, risque de « perte » d'une génération ou le fait que de nombreuses décisions ne prennent pas en compte les intérêts d'une partie de la population.

Je ne vais pas m'attarder ici sur les causes et les conséquences de cette faible participation mais compte plutôt lancer le débat sur ce que nous, jeunes engagés en politique, pouvons faire, ensemble, pour contrecarrer cette tendance générale.

Il convient aussi de souligner le fort engagement d'une multitude de jeunes en politique. Les dernières campagnes, et celles à venir, montrent bien cet engagement, dans le cadre de la campagne contre la révision de la loi sur l'asile, co-lancée par les Jeunes Verts, la campagne 1:12, l'initiative contre la spéculation alimentaire de la jeunesse socialiste ainsi que lors des élections cantonales. De plus, de nombreux jeunes romands, à gauche comme à droite, occupent des postes à responsabilité au sein des partis cantonaux ou nationaux, avec passion et engagement.

Le but de ce court article est de commencer une réflexion quant aux moyens de sensibilisation des jeunes à l'importance de la politique, en les incitant à voter et à s'engager, et ce par de jeunes politicien-ne-s. De nombreuses initiatives existent et font leurs preuves (parlement de jeunes, session fédérale des jeunes), mais je pense qu'un engagement, sous une forme ou une autre, de la part de jeunes qui le vivent de l'intérieur, peut être intéressant et apporter sa pierre à l'édifice.

Se pose la question de la forme : stands communs ? conférence/débats dans les écoles/gymnases ? Campagne romande ? Idées plus originales ? Toutes vos idées sont les bienvenues.

Plus les partis de jeunes intéressés par l'idée seront nombreux, plus nous pourrons réaliser une action efficace, au niveau cantonal et/ou romand.

Le débat est ouvert, à nous de trouver les bons moyens d'entretenir une participation représentative des jeunes, sous peine de voir une génération entière se désintéresser de la politique sur le long terme. 

Au plaisir de vous lire et d'en discuter avec vous toutes et tous. Merci pour votre engagement !
 

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Session fédérale des jeunes

29/11/2012

La jeunesse se doit de mener ses propres luttes !

 

 

"Apolitique", "pragmatique""projet de vie bourgeois" : le baromètre de la jeunesse 2012 du Crédit Suisse nous présente une jeunesse qui sait ce qu'elle veut, ne s'intéressant pas vraiment à la politique et qui n'a pas d'élan "révolutionnaire".

En effet, il ressort de ce rapport que les jeunes de Suisse ont, pour la plupart, une vision assez pragmatique. Acheter un logement, épargner et disposer d'un patrimoine personnel font en effet partie des objectifs de la majorité des jeunes interrogés.

 

Ce constat, comme d'autres avant lui, ne provoque apparemment pas (encore) de débat sur la question de la jeunesse et de son engagement dans nos sociétés. Pour ma part, cela me fait vraiment réfléchir quant à son rôle et quant à l'implication des jeunes, en ayant quelques craintes à ces propos.

En terme de participation des jeunes, un aspect m'interpelle : deux groupes distincts ont l'air de se former. Un groupe de personnes qui se désintéresse de la politique, vote peu et ne désirant pas tellement s'engager pour faire évoluer la société, tel que présenté par le baromètre du Crédit Suisse.

L'autre groupe englobe plutôt des gens qui se sentent concernés par les questions de société, qui s'engagent de diverses manières, dans des associations et/ou en politique. Si la formation de ces deux groupes paraît inquiétante en ces temps de crise, alors l'écart grandissant qui les séparent devrait nous faire bondir de notre chaise, littéralement ! 

 

En effet, un désintérêt marqué de la chose publique risque de maintenir, voire d'augmenter le taux d'abstention lors des votations, qu'elles soient communales, cantonales ou fédérales. Or, une démocratie comme la nôtre ne vit que par la participation de ses citoyens. Quand l'abstention atteint des sommets alpins, l'intérêt et l'implication de ceux qui se sont rendus aux urnes, aussi grands soient-ils, fait office de massage cardiaque. Or voulons-nous d'une démocratie directe proche de l'encéphalogramme plat, qui plus est dans un pays de pics montagneux ?

 

Cependant, évitons de tomber dans la consternation ou de partir dans un jugement biaisé. En effet, de nombreux jeunes s'engagent, avec motivation et réussite. Dernier exemple en date, il y a deux semaines, plus de 200 jeunes de toute la Suisse ont participé à une conférence qui traitait des défis futurs de l'ONU et du "bilan" des 10 ans de participation de la Suisse à l'organisation onusienne. Le sujet peut sembler loin de nos considérations quotidiennes ou alors inaccessible pour des non-initiés. Cependant, malgré la complexité, si nous voulons que nos préoccupations soient entendues et discutées, il faut les présenter, les défendre et proposer des pistes de solutions !

 

L'Histoire nous montre aussi que les jeunes se doivent d'intervenir sur la place publique, malgré les risques. Sophie Scholl et les étudiants membre de la Rose blanche se sont opposés au régime nazi, les milliers de jeunes qui ont participé aux contestations estudiantines dans les années 60 (Allemagne, France, États-Unis et Mexique entre autres) ou encore les étudiants chinois qui, en 1989, ont exigé des réformes politiques, malgré la répression. Lors de ces mouvements, il y eut des morts, des blessés et des gens condamnés, mais cela ne doit pas nous pousser à réfréner nos envies de changement, ne serait-ce que par respect pour ceux qui sont tombés. Ainsi, il vaut mieux pour la cause que ceux qui ne sont pas prêts à tout quitter pour lutter optent pour une vie plus bourgeoise, sans écarts flagrants malgré leurs convictions politiques de jeunesse...

 

L'engagement pour un idéal, parfois "au détriment" de sa vie future, n'est bien sûr pas évident, ni sans risques, mais c'est le choix le plus cohérent (avec soi même) et humaniste à mon avis. Je mentionne ici un humanisme de coeur, de terrain, non pas un humanisme d'universitaire à l'abri du danger ! Ne vous inquiétez pas, les problèmes ne manquent pas, il est ainsi facile de trouver une cause qui en vaille la peine.

Notre génération se doit de trouver ses propres repères dans la société d'aujourd'hui. Nos parents se sont opposés à la guerre du Vietnam, à nous de réagir devant le siège de Gaza ou la répression militaire en Syrie. Ils se sont mobilisés contre les essais atomiques puis se sont inquiétés du trou de la couche d'ozone, à nous de nous opposer à la privatisation des réseaux de distribution de l'eau et à la dissémination des OGM. Le pire, moi je vous le dis, c'est que nous sommes au courant de ces problèmes, tous. Pensez aux questions de vos petits-enfants, et surtout à vos réponses, désemparés et évasives. 

 

Pour le moment, ne regardons pas en arrière et concentrons-nous sur les défis présents et à venir. La jeunesse se doit de secouer la société et de mettre le doigt là où ça fait mal afin de la réveiller. Si elle n'apporte pas sa vision de la chose publique et ne prend pas part aux débats, la société se construira sans elle et sur des idées en inadéquation totale avec ses aspirations.

Le plus important est de se rendre compte que la démocratie n'est pas quelque chose de figé et n'est jamais acquise, surtout en Suisse. De plus les décisions politiques ont un impact plus que concret, à nous de choisir la société dans laquelle nous voulons vivre.

En effet, voulons-nous habiter dans un pays où les multinationales qui ne respectent pas les droits humains et environnementaux sont accueillies sur le tapis rouge, alors que, au même moment, à des milliers kilomètres de là, des réfugiés Syriens voient leur demande de séjour refusée, suite aux durcissements successifs de la loi sur l'asile, que nous n'aurions pas (tous) combattus à l'automne 2012... (merci Jo Lang pour cette "perle" !)

 

Pour terminer, dans le cadre d'une association que j'ai co-fondée avec une amie, je parlais avec un journaliste du Courrier. Pour lui expliquer la raison qui nous poussait à créer un projet malgré notre jeune âge, je lui dis simplement : Je n'ai pas besoin d'attendre la crise de la quarantaine pour agir !

Et vous ?

 

 

Ilias Panchard

Vert pastèque

 Baromètre du CS : https://infocus.credit-suisse.com/app/article/index.cfm?f...