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21/02/2017

La "révolution" Macron

Publié initialement sur mon blog Regard suisse sur la présidentielle française. Suivi et commentaire de la campagne depuis Paris.

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Été 2014, il débarque sur le devant de la scène. En remplaçant d’Arnaud Montebourg, viré du gouvernement suite à sa
cuvée du redressement, il reprend le Ministère de l’économie et des finances. Après avoir été le conseiller économique de François Hollande, Emmanuel Macron entre dans la cour des grands.
Deux ans plus tard, il fait la une de tous les magazines et, fort de son profil de nouveau venu, la coqueluche des médias se voit propulsée par les sondages au 3ème rang potentiel, en tête du camp progressiste.

Mais qui est vraiment le « révolutionnaire » Emmanuel Macron ? Quel est son parcours ? Son programme ? Et surtout, qu’apporte-t-il de novateur dans une 5ème République française à l’agonie ?

Né à Amiens il y a 40 ans dans une famille de médecins, Emmanuel Macron fait son lycée dans un établissement privé catholique. Il étudie ensuite la philosophie à Paris puis rejoint l’École nationale d’administration (ENA) à Strasbourg, dont il sort diplômé en 2004.

Après un passage par l’inspection des finances, il travaille 4 ans comme banquier d’affaires chez Rothschild & Cie dont il devient associé fin 2010. Une période difficile à assumer pour un homme politique se définissant, parfois, « de gauche ». Soutien de François Hollande pendant la primaire socialiste, il devient secrétaire général adjoint de l’Élysée après sa victoire en mai 2012. La suite est connue.

Mais comment cet énarque devenu banquier d’affaires a-t-il pu, après avoir été au cœur de l’échec économique du gouvernement Hollande, se retrouver parmi les favoris de la Présidentielle alors qu’il était encore inconnu il y a 2 ans ?

Le premier élément de réponse se trouve dans le système politique français. Un aspect difficile à comprendre depuis un autre pays, en particulier depuis la Suisse et sa démocratie semi-directe – souvent soporifique – mais l’élection présidentielle emporte tout sur son passage. Symbole de la monarchie présidentielle française, cette recherche permanente du sauveur nuit à toute réforme du système politique.
En effet, l’immense majorité des hommes et femmes politiques semblent nourrir en eux l’ambition de devenir, un jour, président-e de la République, à la tête de la 5ème économie mondiale et chef des armées d’une des dix puissances nucléaires au monde.

Le pourquoi pas moi explique aussi la recherche permanente dans les médias de la prochaine star politique. Mais nous reviendrons quelque peu sur le rôle des médias.

Emmanuel Macron a parfaitement compris une chose : la population française a envie de se débarrasser de la génération de politicien-ne-s qui occupe l’espace politique depuis près de 30 ans. En particulier celle qui gouverne depuis l’époque de Mitterrand.

Le coup de balai sévère infligé à Nicolas Sarkozy puis Alain Juppé, celui en passe d’arriver à Manuel Valls, dépassé par les propositions nouvelles et innovantes de Benoît Hamon, l’abandon obligé de François Hollande ou l’élimination de Cécile Duflot, bien qu’il s’explique différemment, en sont autant d’illustrations récentes. Et ce dans divers courants politiques.

Cette recherche de nouvelles têtes, et le jeune âge du candidat d’en Marche explique ainsi l’intérêt autour d’Emmanuel Macron. L’engouement et la curiosité des français-es pour le débat politique explique aussi la forte présence à ses meetings. En effet, cela s’est vu lors de la primaire de la droite, et plus modestement avec celle du Parti Socialiste, les français-es ont soif de participation à la vie démocratique. Un système de consultations populaires fréquentes y rencontrerait à coup sûr un franc succès et permettrait, de mon point de vue, de nombreuses réformes et avancées sociales, mais cela est un autre débat qu’il serait intéressant d’ouvrir ici pendant cette campagne.

L’engouement pour un-e candidat-e s’explique souvent en premier lieu par des caractéristiques éloignés des idées : nouveau venu, côté « normal », franc parler, doté d’épaules larges ou courageux. Puis, seulement, viennent les qualificatifs liés au programme et aux idées. Et cela, Emmanuel Macron l’a parfaitement compris. Occuper le vide « centriste », ne fâcher personne, rencontrer tout le monde et se construire une image de présidentiable. Il fait tout juste.

Jusqu’au moment où son programme devra être clarifié et débattu dans les détails. En effet, après 5 années de réformes social-libérales du gouvernement Hollande, les électeurs et électrices français voudront-ils aller plus loin et appliquer le programme des socio-démocrates allemands sous Schröder à la sauce française ?

Il emploie lui même le terme de troisième voie avec les résultats que ce courant a connu en Angleterre et en Allemagne. Hantise absolue pour les militant-e-s de gauche de toute l’Europe, dont les classes populaires et moyennes de ces deux États font encore les frais aujourd’hui. Affirmer son idéologie libérale lui coûtera des voix et resserrera son électorat potentiel.

Hormis quelques bonnes idées, progressistes et de bon sens, sur l’organisation territoriale (suppression des départements dans les zones urbanisées), l’éducation (investir massivement et baisser le nombre d’élèves par classe dans les quartiers prioritaires) ou la santé (remboursement des lunettes et des prothèses dentaires et auditives), le programme du candidat d’En Marche n’est pas d’une grande inventivité. C’est le mot.

Sans étonnement, il reprend le squelette de pensée de la doxa libérale : baisse de l’impôt sur la fortune, nouvelle baisse de charges pour les entreprises sans contreparties (CICE augmenté) et réduction des dépenses publiques. Sans préciser bien entendu, pour cette dernière mesure, dans quelle domaine il faudrait couper. Difficile, et exclu, de faire des choix clivants pour le candidat Macron.

On ne compte plus les « unes » qui lui sont consacrées. Même le service public, en particulier le JT de France 2 semble être sous le charme de ce « ministre à part », « électron libre » qui « dit les vérités ». Chacun-e se rendra compte du soutien énorme apporté par une telle couverture média. Le site ACRIMED y a consacré un excellent article que je vous recommande.

Il est impossible de ne pas parler de la primaire du PS, dont il a été le grand absent, au grand dam des dirigeants solfériniens. Son absence fut d’ailleurs souvent au cœur des débats. Il lui fallait éviter cette primaire de la gauche aux allures de bal des anciens ministres de François Hollande, voire de Congrès du Parti socialiste. S’enfermer dans cette lutte entre les différentes tendances d’un parti duquel il a toujours essayé de se distancier aurait pu le tuer politiquement. Il en est bien conscient et a d’ailleurs tout fait pour en diminuer la portée. Il renforce ainsi en ce moment sa stature présidentielle en tournée au Liban, soutenu discrètement par l’Élysée.

De plus, son mouvement En Marche – dont le nombre de « membres » se mesure simplement au nombre d’adresses emails récoltées – lui permet de se placer par delà des partis, au dessus des étiquettes politiques traditionnelles. En faisant peau neuve, sans être, une nouvelle fois, inquiété par le bilan politique de Hollande, auquel il a œuvré.

Maintenant, le résultat du 1er tour qui a vu l’écolo-socialiste Benoît Hamon créer la surprise en virant en tête, devant Manuel Valls, risque bien entendu de lui ouvrir un boulevard dans cette course pour la tête du camp progressiste. Condition indispensable, potentiellement synonyme de qualification pour le 2ème tour.

Bien avant la fin de la primaire PS, les ralliements du courant socialiste affluent déjà : Thomas Hollande, dont le père est un des fils spirituels de Macron, le soutient déjà discrètement, de même que Jacques Attali, pour qui le jeune énarque François Hollande a travaillé sous la présidence Mitterrand. Ségolène Royal se dit déjà prête à faire de même. On imagine aisément de nombreux ministres, député-e-s et sénateurs/trices faire de même si la percée de Benoît Hamon se confirme dimanche.

La stratégie retenue semble être celle de suivre le parcours  de François Bayrou en 2007. La configuration politique à gauche, avec un Parti socialiste au bord de l’explosion en cas de victoire de Hamon, risque de lui être favorable. Une situation bien plus avantageuse que celle vécue par Bayrou il y a dix ans.

Ces prochaines semaines, au moment où la campagne présidentielle aura réellement commencé, vont montrer si Emmanuel Macron continue sur cette lancée ou si sa jeune machine politique subit des coups de frein suite aux attaques et clarifications. Au delà des couvertures de magazines, le personnage, son parcours et son programme vont enfin être mis à nu.

En effet, qui semble aujourd’hui se rappeler qu’il a été l’un des piliers de la politique économique du quinquennat Hollande ? L’artisan des baisses fiscales inconditionnelles en faveur des entreprises et de la loi travail qui a vu la mobilisation déterminée de millions de personnes contre elle ?

Son lancement de campagne a été un coup de maître. Il faut le dire. Cependant, son discours déconnecté de la vie des gens, souvent accompagné de mépris – l’affaire du costard face à des grévistes résume tout – et son programme libéral ne semblent pour l’instant pas prendre auprès des couches populaires.

La création d’un nouveau mouvement, le soutien de personnalités politiques du centre et la communication habile aidée par les médias qui participent à la création d’un mythe Macron l’aident pour l’instant à faire oublier son passage au gouvernement. Reste à savoir pour combien de temps.

Le plus dur lui reste à faire. Il devra présenter un programme complet, assumer sa vision économique libérale et subir la mobilisation opposée au bilan économique désastreux du quinquennat dont il a été la pierre angulaire. Le récent soutien du libéral Alain Minc de même que celui de Jacques Attali, l’un de ses modèles politiques, devrait l’aider, si ce n’est l’obliger, à assumer son programme économique libérale. À ce moment, la vraie campagne aura commencé. Et nous verrons qu’Emmanuel Macron fait du neuf avec du vieux et ne propose rien de « révolutionnaire ».

 

04/12/2016

Nucléaire : une courte défaite, et après ?

 

Après quelques jours à tête plus reposée, j'aimerai revenir brièvement sur la votation à propos de la sortie programmée du nucléaire. La campagne a été longue, intense et pleine d'événements imprévus. Tout ceci dans un contexte énergétique inédit et en pleine transition.

Vous le savez peut être, je faisais partie de l'équipe de campagne et l'ai coordonnée en Suisse romande, avec une équipe du tonnerre composée de Christian van Singer, mon collègue porte-parole de Sortir du nucléaire ainsi que Mathias Schlegel et Regula Guevara, respectivement porte-parole et responsable des bénévoles chez Greenpeace.
Sans oublier bien sûr les personnes qui ont coordonné cette campagne dans les différents cantons, sans qui rien n'aurait été possible. Elles et ils se reconnaîtront, les bons résultats dans les régions francophones leur doivent beaucoup. Nous nous appuierons sur ces majorités pour accélérer la transition énergétique locale vers le 100% renouvelable.

Centrales à l'arrêt et déficitaires, symboles d'un modèle énergétique en fin de vie

La campagne aura fait connaître la situation sécuritaire inquiétante des centrales nucléaires suisses. Apprendre que Beznau I, plus vieille centrale en activité au monde, et Leibstadt, la plus « jeune » et plus puissante centrale du pays, sont à l'arrêt tout l'hiver montre que notre parc nucléaire vieillissant déraille. Le pari irresponsable des exploitants de les faire tourner pendant 60 ans ou plus va très probablement s'avérer intenable.

Le contexte énergétique européen, de surproduction électrique égal à 30 fois la production nucléaire suisse, modifie la donne pour le business model helvétique. L'opération qui consiste à importer du courant bon marché, et sale, afin d'exporter notre hydraulique vers l'étranger et réaliser une marge financière, n'est plus rentable vu le bas niveau historique des prix de l'électricité.

Ce qui se joue maintenant est une lutte entre hydraulique et nucléaire. Ce n'est pas pour rien qu'après avoir essayé de vendre ses centrales nucléaires à des électriciens étrangers puis à la Confédération, Alpiq annonce maintenant être prêt à céder ses participations dans les barrages.

Brader le patrimoine hydraulique alors que, quand elles fonctionnent et produisent du courant, les centrales sont déficitaires ? Il n'en est pas question.
L'engagement des exploitants hydrauliques grisons en faveur de l'initiative et le score plutôt bon obtenu en Valais illustrent bien cet enjeu crucial pour l'approvisionnement électrique du pays.

Les promesses rendent les fous joyeux

Il y aurait beaucoup à dire sur la teneur des débats. Dans l'argumentation des opposant-e-s à l'initiative, deux éléments principaux sont à souligner. Premièrement, tous les opposant-e-s à l'initiative ont affirmé à longueur de débats et interviews que la sortie du nucléaire à terme – sans savoir lequel – était un fait acquis. Deuxièmement, l'attachement, feint ou bien réel, à une production électrique faiblement émettrice en CO2 a été au centre du débat. À nous de rappeler ces promesses à l'avenir et ce dès le vote sur la stratégie énergétique probablement en mai 2016. Cependant, et c'est bien connu, les promesses rendent les fous joyeux. Personne n'est naïf. Nous restons vigilants.

Sécurité à renforcer et transition énergétique par le bas

Un renforcement drastique de la surveillance des centrales est maintenant indispensable. La présence, à confirmer, de l'organe de sécurité des centrales (IFSN) aux prochaines séances de la commission de l'énergie serait encourageante à ce niveau là. Le redémarrage de la centrale de Leibstadt, dont les barres de combustible sont sévèrement rouillés, ne peut se faire que si elle est accompagnée de mesures strictes et d'une transparence totale. Quant à Beznau I, son redémarrage ne peut être autorisé par l'IFSN. La plus vieille centrale en activité au monde, à l'arrêt depuis bientôt deux ans, n'a qu'une seule place digne de ce nom : dans un musée !
Après une campagne axé sur la crédibilité de l'organe de sécurité et le sérieux du suivi des centrales en Suisse, le redémarrage de Beznau I serait une provocation inacceptable.

Enfin, les plébiscites en faveur de l'initiative dans les grandes et moyennes villes souligne une volonté claire. Celle d'une transition énergétique ambitieuse, construite par le bas. Les engagements et réussites d'ores et déjà réalisés par les villes romandes montre que cela est possible.

Nous nous engagerons afin que la transition vers un approvisionnement électrique 100% renouvelable et la nécessaire réduction drastique de la dépendance aux énergies fossiles s'accélère encore ces prochains mois et années.

Alors que le nucléaire décline partout, la transition énergétique est en marche. Sur le marché européen, chaque 18 jours se construit l'équivalent en capacité de production renouvelable de la centrale de Mühleberg. La Suisse a pris du retard vis à vis de la plupart de ses voisins. Ne loupons pas, de manière définitive, le train de la transition vers les renouvelables !

La décision de la commission du Conseil des États d'aller dans le sens, encore timide, d'une moins grande largesse vis à vis des importations de courant sale est positive. La prochaine étape est simple : une taxe sur l'importation de courant sale, nucléaire et charbon, doit être mise en place. Cela aiderait à financer la transition énergétique en Suisse et donnerait un coup de pouce important aux barrages en difficulté. Vu la campagne climat friendly faites par nos opposant-e-s pendant des mois, cela ne devrait être qu'une formalité...

Vous vous en doutez, les prochains temps vont être intenses et décisifs. Gagner le vote probable sur la stratégie énergétique 2050 sera la première étape à ne pas manquer.

Un énorme merci à toutes et tous pour votre engagement dans cette campagne. Nous n'avons pas gagné, malgré les scores positifs dans les régions francophones. La prochaine fois sera la bonne, une nouvelle génération a repris le flambeau !

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11/06/2015

Politiser à nouveau le débat sur l'Europe

Politiques d'austérité, déficit démocratique, référendum anglais annoncé (Brexit), cimetière migratoire en Méditerannée. L'Europe est à un tournant de son histoire. Les prochaines années s'annoncent décisives dans la lutte pour une Europe au projet collectif retrouvé.

La votation sur l'immigration nous oblige à redéfinir nos rapports avec l'Union européenne. Appliquer l'initiative de manière euro-compatible est prioritaire à mes yeux : pourquoi pas nous inspirer, par exemple, de la suite données à l'initiative des Alpes avec sa redevance poids-lourds.

Mon engagement en faveur des bilatérales s'inscrit dans une analyse politique critique. La situation de la Grèce, en pleine crise humanitaire face au cynisme de ses créanciers, nous oblige à réformer le projet européen en direction d'une Europe sociale, démocratique, porteuse de projets citoyens et solidaire des mouvements sociaux des pays du Sud.

Si je suis élu au Conseil national, j'aiderai à politiser à nouveau cette question. Expliquer l'importance de nos relations avec les membres de l'UE : notamment la question énergétique vu l'interdépendance des productions nationales, la question migratoire pour enfin créer un droit d'asile européen, la question des transports, en particulier à travers les lignes alpines, enfin la question agricole vu notre dépendance face aux importations.

Les politiques qui défendent une ligne pro-européenne, critique mais constructive, doivent enfin se saisir de ce thème et oser mener le combat des idées qu’il exige.
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Article paru dans le magazine Europa du Nouveau Mouvement Européen Suisse (NOMES)

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10/06/2015

Bourses d'études : passons des paroles aux actes

Avec plus ou moins de facilité et de plaisir, nous avons tous fréquenté les bancs de l'école. Étonnement, malgré sa portée universelle et le fait qu'il concerne tout le monde, le peuple suisse n'est que peu appelé à s'exprimer sur ce thème. La complexité du système de formation peut expliquer son absence au menu des votations. D'ici trois semaines, une fois n'est pas coutume, il en sera autrement.

En effet, le 14 juin prochain l'initiative sur les bourses d'études sera soumise au peuple. Déposée par l'Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) en 2012, elle vise à harmoniser le système de bourses d'études et à lui garantir un financement suffisant.

La qualité du système de formation est reconnue hors de nos frontières. Le système dual, couplant formation professionnelle et universitaire, permet de former des jeunes compétents dans les métiers qui les intéressent.

Cependant, en matière d'aides à la formation, les lacunes sont nombreuses. Ces vingt dernières années, alors que le nombre d'étudiants a fortement augmenté, le montant global des bourses a lui diminué de près de 25%. Les différences entre les cantons sont telles qu'elles s'avèrent injustifiables, tant au niveau des critères d'octroi que des montants, pouvant aller du simple au triple selon le canton d'origine.

Comment expliquer qu'un étudiant neuchâtelois touche, en moyenne, quelques 4000 francs par année alors que sa camarade vaudoise bénéficie elle d'une aide à la formation de près de 10'000 francs ?

Ces dernières années, au lieu d'opter pour une harmonisation du système et une revalorisation des montants des bourses, la Confédération s'est progressivement retirée du financement.
Les subventions fédérales sont ainsi passées de 115 millions en 1995 à seulement 25 millions. Cela aux dépens des conditions de vie de de formation des jeunes en formation.

L'initiative de l'UNES concerne l'ensemble de la formation supérieure, universitaire et professionnelle. Ainsi, le titulaire d'un CFC qui souhaite passer un brevet professionnel pourra bénéficier d'une bourse afin de l'aider à financer sa formation continue.
La formation professionnelle, aujourd'hui moins favorisée que les autres cursus d'études, a beaucoup à gagner avec cette initiative. Les domaines concernés sont par ailleurs ceux où l'on manque de personnel qualifié,en particulier dans les domaines techniques ou de la santé.

C'est bien pour cela que les milieux professionnels, premiers concernés par la pénurie de main d'oeuvre, voient l’harmonisation du système d'un bon oeil, et ce malgré la position idéologique, en cette année électorale, des partis bourgeois.

En effet, la pénurie de personnel qualifié coûte annuellement plus de 4 milliards de francs aux PME de ce pays. En permettant à plus de personnes de suivre une formation dans les domaines concernés, l'initiative s'avère être un moyen efficace de palier à cette pénurie.

L'investissement demandé par l'initiative, soit 120 millions de plus que le coût du contre-projet du parlement, est plus que raisonnable étant donné qu'actuellement les dépenses dans les bourses d'études représentent moins de 1 % du budget total dédié à la formation.

Le choix politique est simple. D'un côté un texte pragmatique, porté sur l'avenir et défendu conjointement par l'ensemble des milieux de la formation supérieure depuis plusieurs années. De l'autre un contre-projet indirect – initialement intéressant – tellement vidé de sa substance lors du processus parlementaire qu'il fut qualifié de « coquille vide » par plusieurs élus, de gauche comme de droite.

Enfin, cette initiative envoie un signal clair aux jeunes. Soutenir ce projet revient à leur dire que ce pays compte sur eux, croît en leurs projets et les soutient concrètement dans leur cheminement professionnel et personnel. C'est important. Plutôt que de se désengager, la Confédération doit prendre ses responsabilités et tout faire pour que désormais, dans ce pays, aucun jeune ne renonce à une formation pour des raisons financières.

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Texte paru dans le dernier numéro de l'Hebdo.

Ilias Panchard, 23 ans, co-président des Jeunes Verts, membre du forum des 100 de l'Hebdo. Actif dans la défense du droit d'asile et sur des questions internationales, il s'est aussi engagé suite au vote sur les quotas migratoires en défendant le maintien de la libre-circulation des personnes et une application euro-compatible.

 

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17/02/2015

JDC et JVerts contre la fracturation hydraulique

Les deux partis de jeunes veulent interdire la recherche de ressources fossiles par la fracturation hydraulique (fracking). La technologie fait courir des risques incontrôlables pour le château-d'eau sensible qu'est la Suisse. Actuellement la législation suisse apparait comme rafistolée, l'incertitude juridique existe. Jeunes Verts et Jeunes démocrates chrétiens appellent la Confédération et les cantons à une intervention coordonnée.

L'intérêt pour le procédé dit de „fracturation hydraulique“ dans la recherche de gaz de schiste a atteint la Suisse. D'un point de vue juridique, la Suisse n'est pas préparée à cet assaut. Quelques cantons ont réagi avec des interdictions ou des moratoires. Cependant la fracturation ne tient pas compte des frontières cantonales ou nationales, comme le projet du lac de Constance l'a montré.
Les deux partis de jeunes demandent par conséquent que les cantons, dans le cadre d'un concordat, réalisent une interdiction commune et que la Confédération ait la possibilité d'intervenir dans les régions proche des frontières. La géothermie ne doit pas être concernée par l'interdiction.

Lors de la fracturation hydraulique de grandes quantités d'eau et de produits chimiques sont injectés sous haute pression dans le sous-sol. Grâce aux fissures provoquées dans la roche, le gaz enfoui peut être extrait. Ce cocktail chimique menace fortement les naphes phréatiques et les eaux de surface. Vu la dimension de la Suisse un seul „faux-pas“ pourrait avoir des conséquences gravissimes. Le château d'eau suisse ne peut se permettre des pratiques aussi risquées pour l'environnement naturel.

Une interdiction conséquente garantirait une sécurité juridique et d'investissement pour les Cantons, les sociétés d'extraction et la population. De plus, une motion de Martin Neukom (Verts) sera bientôt débattue au Grand conseil zurichois. Le gouvernement recommande son rejet avec des arguments cousus de fil blanc.

Pour les Jeunes Verts et les JDC, il est clair que le thème doit encore franchir une étape et être discuté sur la scène politique nationale. Début décembre une étude de la Commission fédérale de géologie CFG a écarté le Fracking. Elle plaide aussi pour une solution globale à l'échelle fédérale. Jusqu'à maintenant le Conseil fédéral ne s'est pas exprimé à ce propos.
Les partis de Jeunes exigent une prise de parole du Conseil fédéral qui exclut la technologie de la fracturation hydraulique comme élément de la stratégie énergétique 2050.
En plus des risques de pollution des eaux, la recherche de ressources fossiles va totalement à l'encontre du tournant énergétique. Une motion de la conseillère nationale Aline Trede relayera expressément cette demande aux chambres.

Ilias Panchard, Co-Président Jeunes Vert-e-s Suisse: „Les dommages catastrophiques causés par la fracturation hydraulique sont visibles aux Etats-Unis. Seule une vaste interdiction peut empêcher que la Suisse fasse, elle aussi, cette erreur dramatique.“

Jean-Pascal Ammann, Président des JDC Suisse: „Nous sommes convaincus que les partis de jeunes doivent faire plus d'alliances. Pour l'environnement, la sécurité doit être la priorité et nous nous engageons ensemble dans ce but.“

Martin Neukom, député Vert Zurich: „Les systèmes incitatifs représentent une solution appropriée à de nombreux problèmes environnementaux. Le fracking est par contre tellement dommageable que seule une interdiction s'avère conséquente.“

Adrian Moser, président des JDC Canton de Zurich: „L'extraction de ressources fossiles va totalement à l'encontre du tournant énergétique. La ressource la plus importante de la Suisse est l'eau, il faut s'en soucier en conséquence !

01/02/2015

Bike to Paris: pédaler pour le climat

Agir avant que le climat ne change: la conférence de l’ONU à venir sur le climat en décembre 2015 à Paris offre une dernière chance pour un traité remplaçant le protocole de Kyoto qui expire bientôt. Les effets du changement climatique sont dévastateurs et la réponse politique est lente. Les Jeunes Vert-e-s donnent l’exemple pour une protection active du climat et, en décembre, pédaleront ensemble jusqu’à Paris.

L’objectif est ambitieux, le message est clair: un tour en vélo avec au minimum 50 personnes en décembre 2015 comporte un certain défi logistique. Afin de prévenir d’un réchauffement planétaire de 2°, il y a un grand besoin d’innovations et d’idées créatives et la Suisse doit mettre en oeuvre d’ici à 2050 un approvisionnement en énergie renouvelable. En outre, la Suisse doit soutenir les pays qui ont peu contribué au changement climatique, mais agir fortement sur ses conséquences.

Papier de position climat des Jeunes Vert-e-s Suisses


Il y a besoin de tout le monde

Des déclarations claires au sujet des changements climatiques ont été faites au cours des derniers jours au WEF de Davos par de nombreux responsables politiques et économiques. Par exemple, l’ancien vice-président Al Gore annonçait, conjointement avec le musicien Pharell Williams, une série de concerts „Live Earth“ uniques en 2015. Avec ça ils veulent envoyer dans le monde entier un signe contre le changement climatique.

Pour combattre les difficultés liées au changement climatique et les maintenir sous contrôle, il faut l’effort de toutes et tous. Cela inclut, aux côtés des politiques et des organisations environnementales, l’action de chaque individu. „Bike to Paris“ ne représente donc pas uniquement une action des Jeunes Vert-e-s, c’est l’engagement de tous les citoyen-nes qui s’engagent activement pour une protection efficace du climat. Sont planifiées, en plus du tour de Suisse, des excursions à vélo dans plus de dix autres pays européens.

Les Jeunes Vert-e-s font maintenant part de leur projet à d’autres organisations pour faire avancer l’idée de "Bike to Paris".

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