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31/07/2013

Pour un service volontaire et citoyen !

Mon intervention au nom des Jeunes Vert-e-s Suisse lors de la conférence de presse du Comité "Oui à l'abrogation du service militaire obligatoire". 

Berne, centre des médias, 30.07.2013

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Mesdames, Messieurs,

Je vais axer mon intervention sur un élément en particulier : l’engagement des jeunes et leur droit à l'autodétermination dans ce domaine. On entend souvent cette vieille rengaine qui dit que « de nos jours, on ne s’engage plus ». On nous fait croire que les jeunes ne veulent plus s’engager, ne s’intéressent à rien et ne pensent qu’à faire la fête.

Mes expériences personnelles et les nombreux projets créés par des jeunes nous montrent le contraire : tant au niveau politique, associatif que bénévole, de nombreux jeunes s'engagent sérieusement, et ce sur leur temps libre, à côté de leur travail ou études.

La Suisse est ancré dans une vision passéiste du service au pays, où l’engagement se veut obligatoire et forcé. Le conscrit est hélas vu comme un probable fainéant, que l'armée va booster afin d'en faire un « vrai homme ».
Au niveau de l'engagement militaire, seule une minorité de conscrits accomplit la totalité de ses jours de service. En effet, seulement 52% des jeunes en âge de servir sont incorporés à l’armée et à peine un tiers d’entre eux y accomplissent tous leurs jours de service. Tous les autres sont congédiés sans avoir effectué la totalité de leur service militaire. Ces chiffres montrent que l’armée n’a actuellement besoin que d’une toute petite partie des hommes d’une même classe d’âge. Selon nous, l’engagement pour le bien commun doit évoluer avec son temps et, enfin, se détacher du fusil militaire !

Les jeunes s’engagent de différents manières pour la société. Cet engagement est reconnu par la Confédération, à travers, par exemple, le congé jeunesse et les 5 jours de congé supplémentaires qu'il comporte. La fin de l’obligation de servir permettra aux jeunes, femmes et hommes, de s’engager sur une base volontaire, dans des domaines qui les intéressent et où ils ont des capacités et se sentent particulièrement à l’aise.

Enfin, La mise en place d’un service volontaire représenterait un changement du rapport à la société et aux devoirs du citoyen. Les jeunes décideraient ainsi d’eux-mêmes comment ils veulent se rendre utiles, sans être poussés et infantilisés par l’État. Le fait que chacun d'entre eux puisse choisir la forme de son engagement aiderait à responsabiliser les jeunes et donnerait un sens plus fort à leur engagement. 

Ainsi, l'autodétermination en matière d'engagement est clairement indispensable et n'est rien d'autre que la pierre angulaire du développement de l'engagement des jeunes.
Voter Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire c’est faire enfin confiance aux jeunes et en leur volonté d'engagement citoyen.

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Quelques liens suite à cette conférence : 

http://www.rts.ch/info/suisse/5101521-la-campagne-pour-l-initiative-visant-la-fin-du-service-obligatoire-est-lancee.html

 
 http://www.arcinfo.ch/fr/suisse/campagne-contre-l-obligation-de-servir-en-marche-566-1205515

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1de3893e-f931-11e2-a6c4-1... 

 

21/05/2013

Intérêt des jeunes pour la politique, une réflexion à mener !


La Suisse a de nombreuses particularités : sa « neutralité », ses langues et cultures différentes, son sens du travail ou encore son système de démocratie directe. Concernant ce dernier point, qui étonne, fascine ou rend sceptique l
es pays qui nous entourent, j'aimerai souligner brièvement quelques unes de ses forces, et faiblesses. 

Les outils de l'initiative populaire et du référendum permettent de (re)lancer des idées dans le débat public ou de contester une décision du parlement, choses indispensables pour le fonctionnement démocratique (mesures "urgentes" mises à part...). Le défaut principal de notre démocratie directe est qu'elle dépend fortement de la participation de la population aux nombreux scrutins. C'est ici qu'il nous faut trouver un bon équilibre : à force d'être trop sollicité (plusieurs fois sur le même objet p.ex.), une partie de l'électorat se désintéresse de la politique et diminue ainsi la légitimité des décisions populaires. 

Je mettrai ici le point sur un élément qui me tient particulièrement à cœur : la participation et l'engagement des jeunes. Ces dernières années, la participation des 18-29 ans est en constante diminution, tant aux élections qu'aux votations populaires. Cette baisse générale de la participation à la politique m'inquiète par bien des aspects : résultats ne représentant plus l'ensemble de la population, risque de « perte » d'une génération ou le fait que de nombreuses décisions ne prennent pas en compte les intérêts d'une partie de la population.

Je ne vais pas m'attarder ici sur les causes et les conséquences de cette faible participation mais compte plutôt lancer le débat sur ce que nous, jeunes engagés en politique, pouvons faire, ensemble, pour contrecarrer cette tendance générale.

Il convient aussi de souligner le fort engagement d'une multitude de jeunes en politique. Les dernières campagnes, et celles à venir, montrent bien cet engagement, dans le cadre de la campagne contre la révision de la loi sur l'asile, co-lancée par les Jeunes Verts, la campagne 1:12, l'initiative contre la spéculation alimentaire de la jeunesse socialiste ainsi que lors des élections cantonales. De plus, de nombreux jeunes romands, à gauche comme à droite, occupent des postes à responsabilité au sein des partis cantonaux ou nationaux, avec passion et engagement.

Le but de ce court article est de commencer une réflexion quant aux moyens de sensibilisation des jeunes à l'importance de la politique, en les incitant à voter et à s'engager, et ce par de jeunes politicien-ne-s. De nombreuses initiatives existent et font leurs preuves (parlement de jeunes, session fédérale des jeunes), mais je pense qu'un engagement, sous une forme ou une autre, de la part de jeunes qui le vivent de l'intérieur, peut être intéressant et apporter sa pierre à l'édifice.

Se pose la question de la forme : stands communs ? conférence/débats dans les écoles/gymnases ? Campagne romande ? Idées plus originales ? Toutes vos idées sont les bienvenues.

Plus les partis de jeunes intéressés par l'idée seront nombreux, plus nous pourrons réaliser une action efficace, au niveau cantonal et/ou romand.

Le débat est ouvert, à nous de trouver les bons moyens d'entretenir une participation représentative des jeunes, sous peine de voir une génération entière se désintéresser de la politique sur le long terme. 

Au plaisir de vous lire et d'en discuter avec vous toutes et tous. Merci pour votre engagement !
 

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Session fédérale des jeunes

29/11/2012

Référendum contre la dernière révision de la loi sur l'asile - faire le jeu de la droite dure ?


Fin septembre dernier, les chambres fédérales ont accepté une nouvelle révision de la loi sur l'asile, malgré l'oppositon de la gauche parlementaire. Selon la droite libérale (UDC en tête), la situation est alarmante et le flux migratoire se doit d'être endigué au plus vite.

     Ainsi, le gouvernement pourra tester de nouvelles procédures en matière d'asile, même en dehors du cadre légal. Ce pouvoir sera limité à deux ans, on a

Asyl Referendum !!.jpgeu chaud ! De plus, la désertion ne sera plus reconnu comme un motif pour se voir accorder l'asile. Tout le monde sait que l'Érythrée ne réprime pas durement ses déserteurs... la Suisse et sa belle tradition humanitaire ! La possibilité de déposer une demande d'asile dans une ambassade est aussi enterrée. Une autre particularité suisse qui hélas s'envole. En terme d'hebergement des requérants, la Confédération pourra transformer ses bâtiments en centres pour requérants sans devoir obtenir l'autorisation des cantons ou des communes!

 

      Les partis de gauche, Parti Socialiste et écologistes en tête, se sont battus contre cette révision honteuse, en vain. On pourrait se dire que maintenant qu'elle a été acceptée, nous pouvons vivre avec cette n-ème révision. Le Parti Socialiste est dans cette logique : "Non seulement le PS ne lancera pas le référendum, mais il ne participera pas non plus à une éventuelle récolte de signatures" indique Christian Levrat, président du PS Suisse.

Ainsi, le Parti Socialiste ne soutiendra pas le référendum lancée aujourd'hui par les Verts, la jeunesse socialiste, les jeunes verts, le Forum pour l'intégration des Migrantes et des Migrants, le Parti suisse du travail de Berne, le mouvement de la gauche anticapitaliste, les Juristes démocrates de Suisse et le Centre social protestant de Genève. En somme, le PS ne veut pas faire le jeu de la droite dure et lui offrir une publicité de plus au niveau national. De peur que ce soit "une passe en or pour l'UDC" toujours selon son président, tout juste réellu à l'applaudimètre.

      Mais, en tant que membre d'un parti de gauche, gouvernementale ou non, ne devons-nous pas nous battre contre une loi innacceptable au niveau humain peu importe les considérations tactico-politiciennes ?

 

     La politique est, à mon avis, d'abord question de valeurs et de vision de la société, avant d'être une question de poids et de calcul politique. Hélas, j'ai l'impression que, chez certains politiciens, cette idée de la politique change en même temps que l'accès à des responsabilités politiques.Sachant que cet hiver, les chambres décideront du maintien ou non de l'octroi de l'aide sociale aux requérants, il convient de se demander quelle politique d'asile la gauche veut-elle soutenir, et vite !! 

      Pour ma part, comme militant associatif et membre des Jeunes Verts, je soutiens pleinement le référendum et participerai à la récolte des signatures. Malgré les dernières victoires de la droite dure, je suis convaincu que le référendum, une fois le quorum atteint, a une vraie chance d'être accepté par le peuple. Mais, pour cela, toute la gauche, hormis le parti socialiste apparemment, se doit d'être uni et présente dans la rue avec une présentation concrète des décisions ignobles prises par le parlement à majorité bourgeoise.

       Espérons que les jeunesses des partis politiques de gauche puissent plus influencer les politiques de leurs partis adultes. Cela permettrait peut être d'éviter que la politique nationale du PS et des Verts ne devienne de plus en plus "consensuelle" et ne s'éloigne encore plus des visions de leurs bases militantes respectives. Finalement, ce référendum permettra, j'en suis sûr, de préparer la lutte de terrain contre la nouvelle initiative de l'UDC visant à encore durcir la loi sur l'asile.

      J'espère simplement que le PS n'aura pas, en cas d'acceptation par le peuple, à se sentir en partie coupable de la création de camps d'internement fermés pour les réfugiés prévus dans cette nouvelle initiative dégueulasse... 

À vos stylos camarades !