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11/10/2013

Un avion de combat parmi nos priorités politiques ?

Il y a deux semaines, le parlement a finalement accepté de financer l'achat de nouveaux avions de combat, en votant le fonds d'acquisition du Gripen. 

3 milliards 126 millions de francs sur 10 ans pour acheter 22 avions suédois (Saab) qui stationneraient aux côtés des 33 F/A-18 que compte actuellement l'armée suisse. Cela afin de protéger l'espace aérien et d'assurer la police du ciel.

L'achat de ces avions, dont l'entretien et le développement coûterait près de 9 milliards, est vivement combattu par référendum afin qu'il soit soumis à la décision de la population, en toute transparence. Les Jeunes Verts, aux côtés des partis de gauche et d'un comité bourgeois formé par les Vert'libéraux, participent avec entrain à cette récolte de signatures et s'engageront dans la campagne politique qui suivra, afin de montrer l'aberration, économique et sécuritaire, que constitue un tel achat. 

En 2010, le Conseil Fédéral lui même ne considérait pas utile et d'actualité l'achat de nouveaux avions de combat et déclarait que la protection de l'espace aérien était pleinement assurée par les F/A-18. 
La version E/F du Gripen, celle que la Suisse veut se procurer, n'existe pas encore et nécessite un investissement conséquent pour son développement. Ainsi, notre pays devra verser un acompte de plus d'un milliard (40% du prix d'achat) afin de participer au développement de l'avion. Somme qui devra être versée à l'avance pour financer un avion qui n'existe, en l'état, que sur papier.

A ce propos, notre pays a déjà fait l'expérience des « avions de papier » avec le Mirage dans les années 1960¹. Rappelez-vous, où consultez les archives de la Confédération, cet avion français avait été préféré à d'autres modèles de par son prix plus avantageux. Au vu des nombreuses améliorations commandées, le Conseil Fédéral a du demander un crédit supplémentaire de 576 millions de francs au parlement. Le budget final dépassant même le prix des autres modèles, jugés trop chers.
L'achat du Gripen risque, comme ce fut le cas avec les Mirages, de nous coûter bien plus que les 3 milliards actuellement avancés par le gouvernement. 
Évitons de retomber dans un gouffre financier ! 

Enfin, consentir à une telle dépense alors que différents domaines nécessitent des investissements conséquents au niveau fédéral est scandaleux. Au moment même où le Conseil des EPF envisage d'augmenter les taxes d'études, où des cantons coupent dans les bourses d'études, où le tournant énergétique nécessite des investissements courageux, où le corridor ferroviaire entre Bâle et Chiasso doit être financé, où les agriculteurs ont besoin de moyens, où Mühleberg doit être rapidement démantelée et où de nombreux projets d'agglomérations attendent un financement. 

Cet achat fait-il réellement partie des priorités politiques de notre pays ?


Signez et faites signer le référendum, afin que ces milliards puissent être investis dans des domaines réellement prioritaires et bénéfiques pour toutes et tous !

Pour signer ---> http://www.jeunesverts.ch/news-des-jvs/signez-maintenant-...

 


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1) http://www.bar.admin.ch/dokumentation/00445/01508/01558/?...

21/05/2013

Intérêt des jeunes pour la politique, une réflexion à mener !


La Suisse a de nombreuses particularités : sa « neutralité », ses langues et cultures différentes, son sens du travail ou encore son système de démocratie directe. Concernant ce dernier point, qui étonne, fascine ou rend sceptique l
es pays qui nous entourent, j'aimerai souligner brièvement quelques unes de ses forces, et faiblesses. 

Les outils de l'initiative populaire et du référendum permettent de (re)lancer des idées dans le débat public ou de contester une décision du parlement, choses indispensables pour le fonctionnement démocratique (mesures "urgentes" mises à part...). Le défaut principal de notre démocratie directe est qu'elle dépend fortement de la participation de la population aux nombreux scrutins. C'est ici qu'il nous faut trouver un bon équilibre : à force d'être trop sollicité (plusieurs fois sur le même objet p.ex.), une partie de l'électorat se désintéresse de la politique et diminue ainsi la légitimité des décisions populaires. 

Je mettrai ici le point sur un élément qui me tient particulièrement à cœur : la participation et l'engagement des jeunes. Ces dernières années, la participation des 18-29 ans est en constante diminution, tant aux élections qu'aux votations populaires. Cette baisse générale de la participation à la politique m'inquiète par bien des aspects : résultats ne représentant plus l'ensemble de la population, risque de « perte » d'une génération ou le fait que de nombreuses décisions ne prennent pas en compte les intérêts d'une partie de la population.

Je ne vais pas m'attarder ici sur les causes et les conséquences de cette faible participation mais compte plutôt lancer le débat sur ce que nous, jeunes engagés en politique, pouvons faire, ensemble, pour contrecarrer cette tendance générale.

Il convient aussi de souligner le fort engagement d'une multitude de jeunes en politique. Les dernières campagnes, et celles à venir, montrent bien cet engagement, dans le cadre de la campagne contre la révision de la loi sur l'asile, co-lancée par les Jeunes Verts, la campagne 1:12, l'initiative contre la spéculation alimentaire de la jeunesse socialiste ainsi que lors des élections cantonales. De plus, de nombreux jeunes romands, à gauche comme à droite, occupent des postes à responsabilité au sein des partis cantonaux ou nationaux, avec passion et engagement.

Le but de ce court article est de commencer une réflexion quant aux moyens de sensibilisation des jeunes à l'importance de la politique, en les incitant à voter et à s'engager, et ce par de jeunes politicien-ne-s. De nombreuses initiatives existent et font leurs preuves (parlement de jeunes, session fédérale des jeunes), mais je pense qu'un engagement, sous une forme ou une autre, de la part de jeunes qui le vivent de l'intérieur, peut être intéressant et apporter sa pierre à l'édifice.

Se pose la question de la forme : stands communs ? conférence/débats dans les écoles/gymnases ? Campagne romande ? Idées plus originales ? Toutes vos idées sont les bienvenues.

Plus les partis de jeunes intéressés par l'idée seront nombreux, plus nous pourrons réaliser une action efficace, au niveau cantonal et/ou romand.

Le débat est ouvert, à nous de trouver les bons moyens d'entretenir une participation représentative des jeunes, sous peine de voir une génération entière se désintéresser de la politique sur le long terme. 

Au plaisir de vous lire et d'en discuter avec vous toutes et tous. Merci pour votre engagement !
 

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Session fédérale des jeunes

13/05/2013

Complice de noyades ?

 

Cet après-midi, plus de 60 personnes se sont réunies sur la place de l'Europe, à Lausanne, pour dénoncer la révision de la loi sur l'asile, soumise au peuple le 9 juin prochain. L'action critiquait en particulier la fin de la possibilité de déposer une demande d'asile depuis une ambassade, à l'étranger, mesure en place depuis 1981. Cette procédure a permis, depuis sont entrée en vigueur, à plus de 2500 personnes menacées de venir se réfugier en Suisse, sans devoir passer par des réseaux de passeurs ou traverser la Méditérannée. 

Concernant cette procédure, plusieurs récits, entendus et lus pendant cette campagne, m'ont fortement marqué. Un plus particulièrement : la semaine passée, on m'a raconté le parcours d'un père somalien pour tenter de faire venir ses enfants, orphelins de mère et séjournant en Éthiopie avec leur tante, en Suisse. La procédure en ambassade a été suivie et, au bout d'une année de démarches, l'office des migrations refuse d'accorder l'asile, même provisoire, aux enfants en considérant qu'ils ne sont pas menacés en Éthiopie et qu'ils n'ont pas de... liens cuturels avec la Suisse (Non ce n'est pas une blague...). Des enfants à qui l'on refuse le regroupement familial alors que leur père vit ici et que leur mère a été tué par des islamistes en Somalie. 
Après avoir entendu ce récit, je n'ai pas pu arrêter de m'imaginer tous ceux à qui l'ODM a refusé et refuse son aide sous couvert de raisons plus arbitraires et inadmissibles les unes que les autres. Si ces enfants, au parcours bien compliqué, se sont vu refoulés, il est difficile d'imaginer quels sont les parcours de vie des 2500 personnes accueillis suite à une demande d'asile déposée en ambassade. 

Notre pays se doit de développer cette procédure et travailler au niveau local pour informer des conditions, des risques et des opportunités rencontrés en Europe et en Suisse, ainsi que lors du long et périlleux voyage qui y mène. En parallèle, dans un domaine qui me tient particulièrement à coeur, la Suisse doit continuer à travailler en coopération avec des partenaires locaux dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture ou encore de la prévention des conflits. 

Au lieu de cela, cette procédure aux ambassades a été froidement supprimée. Mme Sommaruga nous promet déjà des visas humanitaires pour remplacer, partiellement, cette procédure. Premièrement, pourquoi vouloir remplacer cette procédure pour la remplacer par une autre qui lui ressemble (d'apparence en tout cas), autant ne pas la supprimer pardi!
Ensuite, en l'entendant parler de ces visas reglementés, mes pensées vont aux réfugiés syriens à qui la Suisse refuse d'accorder l'asile, sous prétexte qu'ils ne sont plus dans un pays menacé, malgré les contextes locaux très difficiles, en Jordanie, en Turquie, en Irak ou au Liban. En somme, ce ne sont pas les deux maigres contingents (36 et 37 réfugiés syriens) accueillis jusqu'à maintenant qui vont me faire croire aux vertus de ces "visas humanitaires". 

Ces solutions de rechange ne sont que des fumisteries, du vent pour détendre l'atmosphère politique et se donner bonne conscience. Un seul mot d'ordre valable : votez NON le 9 juin !
 
 

web-flashmob-asile-lausanne-1.jpgPhoto : Jean-Sébastien Monzani

10/05/2013

Des mesures indignes de la Suisse

Le 2 mai dernier, les Églises chrétiennes ont rejeté les durcissements prévus par les mesures urgentes de la loi sur l'asile. Lors d'une conférence de presse au centre pour requérants d'asile de Köniz, elles ont affirmé leur opposition commune à cette révision, ne pouvant se taire lorsque "l'humanité est en jeu". 
Martin Werlen, 
Abbé d'Einsiedeln et intervenant en tant que représentant de la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses, résume très bien, par ces quelques mots, le climat "de peur" , tout aussi réelle qu'artificiel, qui règne dans notre pays : "
Les requérants d’asile ne sont pas un problème, mais ils ont un problème."

Cette solidarité des Églises s'ajoute aux nombreux autres soutiens, tant politiques qu'institutionnels : les femmes PDC, les Jeunes démocrates-chrétiens vaudois et genevois ainsi que les sections PDC des cantons de Genève et Vaud se sont prononcés contre la révision, à de larges majorités. De plus, bon nombre d'écrivains, médecins et juristes ont exprimé leurs critiques face à ces durcissements du droit d'asile. Ainsi, une liste de soutien "bourgeois" a été créée et rassemble déjà des personnalités importantes.¹  

Les critiques et incompréhensions exprimées concernent des mesures inadamissibles : fin des procédures aux ambassades, non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile et déni des droits de recours. Les deux premières s'attaquant aux réfugiés les plus menacés et, la troisième, bafouant l'équité des procédures juridiques. Même aux seins des partis pro-révision, ces mesures choquent  passablement et sont considérées comme indignes d'un pays comme le nôtre !

Ces soutiens et ces réserves internes sont aussi, à mon avis, l'expression de la Suisse d'Henry Dunant, cette Suisse humaniste, celle des Conventions de Genève, à l'oreille attentive et, historiquement, ouverte sur le monde. Celle qui doit combattre cette révision, se faire entendre le 9 juin prochain et tout faire pour aider à construire, ensemble, un pays solidaire, conscient de ses choix et actif positivement sur la scène internationale. La lutte sera longue, mais ensemble, nous y arriverons. 

Ces prochaines semaines, et ce au moyen d'actions de terrain, de stands et d'interventions lors de conférences, nous allons entrer dans le cœur de la révision afin d'informer la population des drames humains qui risquent de se jouer selon notre décision, dans l'urne

 

 1 : http://www.grundwerte-appell.ch/

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26/03/2013

Défendre le droit d'asile : la campagne est lancée !

 63'666 signatures, on l'a fait !
Les modifications de la loi sur l'asile votées par le parlement en septembre de l'année passée seront soumises au peuple le 9 juin prochain. En effet, le référendum contre les durcissements du droit d'asile a abouti avec plus de 63'000 signatures valables déposées à la chancellerie fédérale en janvier. Une première étape rondement menée, à tous les niveaux !

La relative facilité avec laquelle les paraphes ont été réunies indique clairement qu'une partie de la population s'oppose à ces mesures et se rend compte qu'elles ne serviront qu'à précariser ceux qui ont le plus besoin de l'aide de la Suisse, déserteurs et réfugiés politiques en tête. Ceux dont notre pays se veut, à travers ses engagements internationaux et sa tradition humanitaire, le grand défenseur.

Dans cette optique, la deuxième étape a commencé, avec le lancement de la campagne référendaire au niveau national et dans les régions. Les Jeunes Vert-e-s suisse y jouent un rôle important, comme nous l'avons fait tout au long de la récolte de signatures. Au niveau romand, une coordination a d'ores et déjà été créée avec des représentants des différents cantons, partis et organisations, comptant elle aussi une présence verte, jeune et moins jeune.

La question du but de la campagne se pose : Nous voulons convaincre un maximum de citoyens de l'inefficacité de ces mesures de durcissement et des dégâts humains qu'elles vont engendrer. En effet, ces restrictions ne rendent pas la Suisse « moins attractive », mais coupable de graves restrictions en matière d'aide aux réfugiés (Voir le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés1). Le but, plus large, est la mobilisation des opposants à cette révision afin de s'organiser en vue des prochaines échéances dans le domaine du droit d'asile (2ème paquet de révisions, initiative contre la discrimination et camps pour y enfermer les requérants récalcitrants).

Certains, en particulier dans les médias, se demandent comment la campagne sera menée sachant que notre budget risque d'être relativement faible. Nous serons inventifs et très actifs, comme nous l'avons été pendant la récolte de signatures, avec à la clé, une première étape réussi, malgré les doutes de certains. Et, n'oublions pas que nous sommes nombreux, motivés et avons derrière nous un soutien non négligeable (plus de 60'000 signataires) dans différentes régions du pays. Pendant cette campagne, l'engagement de terrain et les idées originales seront nos meilleurs alliés pour convaincre largement.

Ainsi, en terme d'engagement, les jeunes vert-e-s vaudois sont actifs à tous les niveaux de la campagne. Ainsi, nous faisons partie de la coordination vaudoise, de la coordination romande et nous nous rendons aux réunions nationales afin, entre autres, d'y représenter la romandie.

Cette présence aux différents échelons de la campagne est indispensable pour mieux coordonner les actions de terrain, communiquer entre les coordinations et construire ainsi une campagne globale et cohérente des deux côtés de la Sarine, de Genève à Saint-Gall.

Pour la campagne de terrain, nous avons besoin d'aide, en matière d'idées, de présence sur les stands, d'organisation politique et d'engagement en général. Contactez-nous si vous êtes motivés à participer à cette aventure de 3 mois, pour le droit d'asile, que ce soit dans le cadre d'une action ponctuelle ou à plus long terme, vous êtes les bienvenu-e-s !

Il faut voir cette campagne comme le début d'un engagement national plus global dans la défense du droit d'asile, des réfugiés et des requérants d'asile. Peu importe le résultat du 9 juin prochain, nous serons, suite à cette campagne, organisés, motivés et prêts à mener les prochains combats politiques difficiles qui s'annoncent ces prochaines années.

Finalement, attardons-nous quelques instants sur les conséquences possibles et probables de ces durcissements du droit d'asile et, permettons-nous une pensée de solidarité envers les déserteurs érythréens clairement visés par ces durcissements et gravement menacés dans leur pays. Une pensée amicale à toutes celles et ceux qui se battent aux quatre coins du monde pour la démocratie, la liberté et la justice, malgré les risques qu'ils encourent, difficilement imaginables dans notre démocratie parlementaire. Bravo à vous toutes et tous pour votre courage, et sachez qu'en défendant le droit d'asile en Suisse, nous sommes à vos côtés dans la lutte !

(article paru dans OuVERTure en mars 2013, le journal des jeunes vert-e-s romand-e-s)

1http://www.unhcr.ch/droit/droit-dasile-suisse.html?L=1 (2ème prise de position).

 

Pour participer à la campagne : Site de stopexclusion (Rubrique "Dans votre canton")

  

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12/02/2013

On ne joue pas avec la nourriture !

 

Après la crise alimentaire de 2007-2008, une ruée sur les terres arables du continent africain a eu lieu. La superficie acquise annuellement par des groupes étrangers a été multiplié par quinze, passant de 4 millions d'hectares par année entre 2000 et 2008 à plus de 60 millions pendant l'année 2009. Hélas ce phénomène s'installe et s'amplifie durablement. Ainsi, le Sud-Soudan a vendu 600'000 hectares de terres arables à une société texane en 2008, soit la superficie du canton de Berne. Que dis-je, les terres ont été bradés, à 3 centimes l'hectare, on vise le cadeau du siècle. Avec agriculture et exploitation de ressources ( bois, agrocarburants, eau) à la clé, dans un pays venant d'accéder à son indépendance sur fond de conflit quant aux ressources pétrolières.

Les pays concernés par ces ventes de terres arables et ces investissements dans les produits agricoles vont du Soudan, au Guatemala en passant par Madagascar ou le Congo. Ces contrats, malgré les promesses des groupes étrangers, ne servent que très peu les intérêts locaux. En effet, même dans le cas de terrains non-utilisés au préalable pour l'agriculture, ces groupes étrangers emploient très peu de personnel local, usent abondamment de pesticides et ne font guère attention aux réserves aquifères, souvent problématiques dans les pays de ces régions du monde, en particulier au Sahel. De plus, le contrat de « location » parle ici d'un bail long d'un siècle. Tout cela pour que cette « vente » bradée n'en soit juridiquement pas une. Mieux ne vaut pas imaginer, une fois infertiles et abandonnés, l'état des terrains et de la nappe phréatique après une si longue période d'agriculture intensive...

Les effets du changement climatique sont de plus en plus visibles. La Fonte des glaciers, les montées des océans, des températures plus élevées ou encore les dégâts dans la couche atmosphérique. Ces effets, couplées au fait que les réserves mondiales de pétroles et de gaz diminuent rapidement et à la raréfaction des nouveaux gisements, alarment la communauté internationale. Des solutions doivent être trouvées au plus vite afin d'éviter une augmentation trop catastrophique des températures terrestres. Une solution énergétique « évidente » s'est imposée et s'impose encore. Elle ne consiste ni dans un investissement important dans les transports publics, ni dans la diminution de notre dépendance aux produits pétrolifères et encore moins dans une remise en cause de nos modes de consommation. La solution consiste à remplir le réservoir de la voiture familiale avec un produit « écologique », à base de végétaux, nommé « agrocarburant ». Une belle idée, de prime abord...

Encore faut-il savoir quels végétaux sont utilisés dans la fabrication de ces carburants « d'avenir », d'où proviennent-ils et dans quels conditions sont-ils produits. Il faut préciser que, en majorité, des céréales (oui oui, celles destinées à l'alimentation, en temps normal...) sont brûlées pour produire ces carburants « verts ». Quand on sait qu'un plein de bioéthanol (50 litres) nécessite la combustion de 352 kilos de maïs, soit la consommation annuelle moyenne d'un enfant sud-américain, cet odieux green-washing a don d'en dégoûter plus d'un. Les agrocarburants, quand faire le plein devient un véritable acte criminel...

En 2008, suite à des augmentations insoutenables des prix des denrées de base (le prix du blé a par exemple doublé entre février 2007 et février 2008), des émeutes de la faim ont éclaté dans de nombreux pays. Malgré la sécheresse et l'augmentation de la consommation mondiale de viandes, ces augmentations ont, en partie, été la conséquence de spéculations sur les céréales au niveau mondial. Certaines compagnies ont maximisé leurs profits en « influençant » les prix mondiaux des matières alimentaires. De plus, certaines compagnies comme Cargill ont agi et agissent à différents niveaux sur les prix des matières agricoles. En effet, elle possède des entrepôts dans le monde entier et peut ainsi stocker de grandes quantités de riz, blé, maïs et soja lorsque le prix de vente est à la baisse. Dès que les prix augmentent, souvent à cause de la spéculation où Cargill joue aussi un rôle non négligeable, elle peut vendre ses stocks à prix d'or en utilisant son propre réseau de transport et de distribution. Un système tellement bien rodé qu'il peut paraitre irréel, et nous renvoie un parfait exemple du dit processus de la « maximisation du profit ». Pas étonnant dès lors que le chiffre d'affaires de Cargill soit parmi les plus élevés au monde, dépassant largement celui de géants sans aucuns scrupules tels que « The Coca-Cola Company » ou « McDonald's ».

Cette spéculation ayant un impact direct sur la vie de millions de personnes, elle doit cesser au plus vite. Nous devons la faire cesser, par la politique et le militantisme. Dans cette optique politique, je ne peux que vous inciter à signer et faire signer l'initiative « Stop à la spéculation » lancée par la Jeunesse Socialiste Suisse (échéance en mars 2014) qui demande l'interdiction de la spéculation sur les biens alimentaires en Suisse, ainsi qu'un engagement actif de notre pays dans la lutte au niveau mondial contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires . C'est une étape nécessaire, et le début d'un long combat. Ce combat passera aussi par des approches latérales tels que la réduction massive du gaspillage alimentaire, sur laquelle travaillent actuellement les Jeunes Vert-e-s Suisses (Thème de campagne actuel, voir article ci-dessous, me contacter pour plus d'infos) ou par une coopération au développement axée sur la suffisance alimentaire nationale et une gestion durable des ressources locales.

Il ne serait pas honnête intellectuellement de parler de « géopolitique de la faim » sans s'attarder un instant sur la dette des pays du Sud. Là est, à mon avis, une des clés du problème. Ces pays devant des sommes colossales au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale, ils se retrouvent, malgré une volonté, souvent réelle, d'investir, bloqué par le remboursement de la dette et de ses intérêts. L'exemple du Mali et de la question touareg dans la région est frappant. L'Algérie a, contrairement au Mali, développé la ville de Tamanrasset, construit des infrastructures et investi dans une université. Dans le même temps, le (Sud) Mali, croulant sous les dettes des créanciers , a progressivement abandonné le Nord du pays et, dans le même temps, les touaregs y habitant et leurs revendications sociales. Le FMI et la Banque Mondiale ont une responsabilité dans la crise malienne et la rébellion touarègue actuelle. Le développement de l'Afrique passe ainsi par une annulation, partielle ou complète, de la dette nationale des pays concernés. Une conversion de cette dette en projets de développement ou de coopération économique est aussi envisageable. L'autonomie alimentaire de ces pays passera en grande partie par un débat continental (je parle ici du continent africain) sur l'annulation de la dette, lancée en son temps par Thomas Sankara devant les délégués au congrès de l'Organisation de l'Union Africaine (Addis-Abeba, Juillet 1987).

Pour finir, la faim dans le monde doit être aussi relié à des problématiques plus globales, telles que les échanges commerciaux entre les pays du Nord et du Sud. En effet, est-il normal de continuer à utiliser l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie comme de gigantesques marchés où nous pouvons nous servir « comme à la maison » et produire nos gadgets jetables à bas prix, sans aucune responsabilité écologique et social.
Cessons enfin de cautionner le secret bancaire suisse et mondial alors que les sommes déposées illégalement par les dirigeants africains dans notre pays avoisineraient les 6 milliards de francs, soit 3 fois plus que l'aide au développement engagée par la Suisse dans ces mêmes pays...
Notre richesse ne doit plus se faire sur le dos de centaines de millions de personnes, ça n'a que trop duré !

 

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Gaspillage alimentaire - Jeunes Vert-e-s : Lien ici

Initiative JUSO - Spéculation alimentaire : Lien ICI


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