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12/02/2013

On ne joue pas avec la nourriture !

 

Après la crise alimentaire de 2007-2008, une ruée sur les terres arables du continent africain a eu lieu. La superficie acquise annuellement par des groupes étrangers a été multiplié par quinze, passant de 4 millions d'hectares par année entre 2000 et 2008 à plus de 60 millions pendant l'année 2009. Hélas ce phénomène s'installe et s'amplifie durablement. Ainsi, le Sud-Soudan a vendu 600'000 hectares de terres arables à une société texane en 2008, soit la superficie du canton de Berne. Que dis-je, les terres ont été bradés, à 3 centimes l'hectare, on vise le cadeau du siècle. Avec agriculture et exploitation de ressources ( bois, agrocarburants, eau) à la clé, dans un pays venant d'accéder à son indépendance sur fond de conflit quant aux ressources pétrolières.

Les pays concernés par ces ventes de terres arables et ces investissements dans les produits agricoles vont du Soudan, au Guatemala en passant par Madagascar ou le Congo. Ces contrats, malgré les promesses des groupes étrangers, ne servent que très peu les intérêts locaux. En effet, même dans le cas de terrains non-utilisés au préalable pour l'agriculture, ces groupes étrangers emploient très peu de personnel local, usent abondamment de pesticides et ne font guère attention aux réserves aquifères, souvent problématiques dans les pays de ces régions du monde, en particulier au Sahel. De plus, le contrat de « location » parle ici d'un bail long d'un siècle. Tout cela pour que cette « vente » bradée n'en soit juridiquement pas une. Mieux ne vaut pas imaginer, une fois infertiles et abandonnés, l'état des terrains et de la nappe phréatique après une si longue période d'agriculture intensive...

Les effets du changement climatique sont de plus en plus visibles. La Fonte des glaciers, les montées des océans, des températures plus élevées ou encore les dégâts dans la couche atmosphérique. Ces effets, couplées au fait que les réserves mondiales de pétroles et de gaz diminuent rapidement et à la raréfaction des nouveaux gisements, alarment la communauté internationale. Des solutions doivent être trouvées au plus vite afin d'éviter une augmentation trop catastrophique des températures terrestres. Une solution énergétique « évidente » s'est imposée et s'impose encore. Elle ne consiste ni dans un investissement important dans les transports publics, ni dans la diminution de notre dépendance aux produits pétrolifères et encore moins dans une remise en cause de nos modes de consommation. La solution consiste à remplir le réservoir de la voiture familiale avec un produit « écologique », à base de végétaux, nommé « agrocarburant ». Une belle idée, de prime abord...

Encore faut-il savoir quels végétaux sont utilisés dans la fabrication de ces carburants « d'avenir », d'où proviennent-ils et dans quels conditions sont-ils produits. Il faut préciser que, en majorité, des céréales (oui oui, celles destinées à l'alimentation, en temps normal...) sont brûlées pour produire ces carburants « verts ». Quand on sait qu'un plein de bioéthanol (50 litres) nécessite la combustion de 352 kilos de maïs, soit la consommation annuelle moyenne d'un enfant sud-américain, cet odieux green-washing a don d'en dégoûter plus d'un. Les agrocarburants, quand faire le plein devient un véritable acte criminel...

En 2008, suite à des augmentations insoutenables des prix des denrées de base (le prix du blé a par exemple doublé entre février 2007 et février 2008), des émeutes de la faim ont éclaté dans de nombreux pays. Malgré la sécheresse et l'augmentation de la consommation mondiale de viandes, ces augmentations ont, en partie, été la conséquence de spéculations sur les céréales au niveau mondial. Certaines compagnies ont maximisé leurs profits en « influençant » les prix mondiaux des matières alimentaires. De plus, certaines compagnies comme Cargill ont agi et agissent à différents niveaux sur les prix des matières agricoles. En effet, elle possède des entrepôts dans le monde entier et peut ainsi stocker de grandes quantités de riz, blé, maïs et soja lorsque le prix de vente est à la baisse. Dès que les prix augmentent, souvent à cause de la spéculation où Cargill joue aussi un rôle non négligeable, elle peut vendre ses stocks à prix d'or en utilisant son propre réseau de transport et de distribution. Un système tellement bien rodé qu'il peut paraitre irréel, et nous renvoie un parfait exemple du dit processus de la « maximisation du profit ». Pas étonnant dès lors que le chiffre d'affaires de Cargill soit parmi les plus élevés au monde, dépassant largement celui de géants sans aucuns scrupules tels que « The Coca-Cola Company » ou « McDonald's ».

Cette spéculation ayant un impact direct sur la vie de millions de personnes, elle doit cesser au plus vite. Nous devons la faire cesser, par la politique et le militantisme. Dans cette optique politique, je ne peux que vous inciter à signer et faire signer l'initiative « Stop à la spéculation » lancée par la Jeunesse Socialiste Suisse (échéance en mars 2014) qui demande l'interdiction de la spéculation sur les biens alimentaires en Suisse, ainsi qu'un engagement actif de notre pays dans la lutte au niveau mondial contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires . C'est une étape nécessaire, et le début d'un long combat. Ce combat passera aussi par des approches latérales tels que la réduction massive du gaspillage alimentaire, sur laquelle travaillent actuellement les Jeunes Vert-e-s Suisses (Thème de campagne actuel, voir article ci-dessous, me contacter pour plus d'infos) ou par une coopération au développement axée sur la suffisance alimentaire nationale et une gestion durable des ressources locales.

Il ne serait pas honnête intellectuellement de parler de « géopolitique de la faim » sans s'attarder un instant sur la dette des pays du Sud. Là est, à mon avis, une des clés du problème. Ces pays devant des sommes colossales au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale, ils se retrouvent, malgré une volonté, souvent réelle, d'investir, bloqué par le remboursement de la dette et de ses intérêts. L'exemple du Mali et de la question touareg dans la région est frappant. L'Algérie a, contrairement au Mali, développé la ville de Tamanrasset, construit des infrastructures et investi dans une université. Dans le même temps, le (Sud) Mali, croulant sous les dettes des créanciers , a progressivement abandonné le Nord du pays et, dans le même temps, les touaregs y habitant et leurs revendications sociales. Le FMI et la Banque Mondiale ont une responsabilité dans la crise malienne et la rébellion touarègue actuelle. Le développement de l'Afrique passe ainsi par une annulation, partielle ou complète, de la dette nationale des pays concernés. Une conversion de cette dette en projets de développement ou de coopération économique est aussi envisageable. L'autonomie alimentaire de ces pays passera en grande partie par un débat continental (je parle ici du continent africain) sur l'annulation de la dette, lancée en son temps par Thomas Sankara devant les délégués au congrès de l'Organisation de l'Union Africaine (Addis-Abeba, Juillet 1987).

Pour finir, la faim dans le monde doit être aussi relié à des problématiques plus globales, telles que les échanges commerciaux entre les pays du Nord et du Sud. En effet, est-il normal de continuer à utiliser l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie comme de gigantesques marchés où nous pouvons nous servir « comme à la maison » et produire nos gadgets jetables à bas prix, sans aucune responsabilité écologique et social.
Cessons enfin de cautionner le secret bancaire suisse et mondial alors que les sommes déposées illégalement par les dirigeants africains dans notre pays avoisineraient les 6 milliards de francs, soit 3 fois plus que l'aide au développement engagée par la Suisse dans ces mêmes pays...
Notre richesse ne doit plus se faire sur le dos de centaines de millions de personnes, ça n'a que trop duré !

 

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Gaspillage alimentaire - Jeunes Vert-e-s : Lien ici

Initiative JUSO - Spéculation alimentaire : Lien ICI


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26/01/2013

La politique d'asile à la merci des charognes électoralistes

 En septembre, l'assemblée fédérale a modifié, une fois de plus, la loi fédérale sur l'asile. L'idée de base, partagée par beaucoup, est de mettre en place les outils nécessaires à une politique d'asile plus efficace et plus rapide. En effet, tout le monde est d'accord pour dire qu'il n'est pas souhaitable qu'un requérant doive attendre plus d'une année avant d'être fixé sur son sort et, parfois, sur celui de sa famille. 

Cependant, le parlement considère la loi sur l'asile comme un outil de régulation et de dissuasion, et non comme un cadre clair, efficace et humain. Ce qu'elle devrait être. Les parlementaires ne le conçoivent pas, mais leur travail n'est pas de décider à la place des exécutifs, cantonaux en particulier. Quand un législatif veut faire le travail d'un éxecutif, c'est l'échec assuré. Ce ne sont pas les ministres cantonaux qui me contrediront...

Ainsi, ces décisions, qui ont été suivis par d'autres, vont de l'aberrante suppression de la possibilité de déposer une demande d'asile en ambassade à la non-reconnaissance du statut de déserteur comme motif d'asile en passant par la carte blanche donnée au conseil fédéral pour des "phases de test" dans les trois prochaines années. 

A ces trois mesures assez médiatisées, relayées et discutées, ajoutons celle qui a vu les élu-e-s se chamailler sur un "vulgaire" adjectif, entre "spéciaux" et "spécifiques". Je fais ici référence aux fameux centres pour requérants récalcitrants, crées par le parlement. Selon les élu-e-s, sont définis comme « récalcitrants », les requérants qui "par leur comportement, portent sensiblement atteinte au fonctionnement des centres d’enregistrement". De plus, la liste établie par les parlementaires laisse pantois : ceux qui se querellent, ceux qui boivent trop, ceux qui ne veulent pas être renvoyés, ceux qui dérangent (!) ou encore ceux qui ne veulent pas adopter nos habitudes de vie. La liste est aberrante, subjective, imprécise, laissant ainsi clairement place à l'arbitraire. Cette subjectivité n'a pas sa place dans une loi !

Le découpage de la loi sur l'asile a continué en décembre et continuera probablement lors des prochaines sessions, quelque soit l'issue du référendum soumis au peuple le 9 juin prochain. D'autres décisions inadmissibles ont été prises depuis, telles que la mise en place d'un entretien obligatoire avant toute procédure d'asile ou l'interdiction d'exercer des activités politiques ou militantes soumise aux requérants d'asile. Ces mesures ne serviront qu'à augmenter le nombre de déboutés (d'office), pousser à la criminalité et élargir le fossé séparant déjà les requérants de la société suisse. 

En matière de distanciation des requérants de la population, le canton des Grisons a fait fort : il a mis en place, il y a plus de 3 ans, un centre pour les requérants dits "récalcitrants". Enfin, un centre serait trop dire, il s'agit de cinq containers de 12 mètres carrés posés sur un terrain interdit d'accès aux personnes non autorisées.

Reprenons ici quelques éléments mis en évidence par le Courrier dans ce "Minimalzentrum" de la Waldau, situé à 1300 mètres d'altitude et 20 kilomètres au sud de Vaduz (article ci-dessous). Les requérants y reçoivent une aide d'urgence de 7 francs par jour, ne bénéficie d'aucune surveillance et y sont livrés à eux même. Un résident a déjà mis le feu au centre, avant qu'on daigne y installer un extincteur, et les portes des containers ne peuvent point être fermées, pas même de l'intérieur... 

Suite aux durcissements du parlement, la politique grisonne en matière d'asile risque bien d'être reprise dans d'autres cantons. Ou d'en inspirer plus d'un. C'est, apparemment, le cas du canton de Vaud qui, dans le cadre d'un projet de durcissement de l'aide d'urgence (pas encore assez dure selon certains...), a envoyé ses hauts fonctionnaires dans les Grisons pour y étudier leur « gestion » des requérants dits récalcitrants. Ainsi, selon ces touristes de l'asile, l'intérêt pour ce type de centres existe et est étudié. Ainsi, les contreforts du Jura seraient une piste pour y installer un centre pour requérants déboutés. L'aide d'urgence, des centres éloignés des habitants, du village le plus proche et de tout rapport social, ainsi sera fait le quotidien qui attend les requérants récalcitrants. Dans le respect, évident, des Conventions de Genève, cela va de soi...

 

L'exemple grison vu par le Courrier : Laboratoire de la désintégration

Commande de la brochure de Vivre Ensemble : Commande Brochure

Brochure à consulter ici (en PDF) : Brochure Vivre Ensemble

page facebook contre les centres spéciaux : Enfermez-nous avec !


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13/12/2012

L'indifférence tue le vivre-ensemble

Ces dernières nuits, les températures négatives sont de mise dans la région. Au matin, le gel est visible sur les trottoirs ou les voitures. Et avec le vent, la température ressentie descend encore de quelques degrés. Une situation normale pour un mois de décembre vous allez me dire, même si notre climat n'est plus vraiment dans la norme ces temps. Je ne suis pas météorologue et ceci n'est pas le sujet de la discussion de pendulaire que j'ai eu dans le train avec l'inconnu de la banquette d'en face. 

Il est difficile de s'imaginer dormir dehors par des températures pareilles, et pourtant, chacun de nous a l'occasion, plus ou moins fréquemment, de croiser des gens qui n'ont pas d'autre choix. Cette "occupation" des trottoirs, des bancs publics, des parcs ou des abords de transport (gare, aéroport) ne suscite, c'est le cas de le dire, pas d'émoi collectif. Au contraire, certains ne trouvent pas normal qu'on aide un peu ces gens dont la santé est menacée, et exigent la fermeture des abris PCi qui accueille une partie des non-logés, aberrant !

Ces "faits d'hiver" passent relativement inaperçus, dans une quasi indifférence. Autant pour moi, pas plus tard que ce matin, un journal genevois a publié un article sur un SDF "découvert" dans un quartier cossu de Genève. Preuve qu'il existe encore des humanistes parmi nous, un habitant du quartier s'est soucié de son sort et lui a apporté de quoi se réchauffer quelque peu, tandis que la majorité des gens ignoraient tout bonnement cette homme et sa situation...

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Alors que, et nous le savons, dans bien des situations, un sourire sincère, un regard non condescendant apporte un peu de réconfort. Un bonjour, un café, une poignée de mains, c'est déjà beaucoup ! En cette période de préparation des fêtes, de grands achats, de consumérisme, ne devrait-on pas partager un peu de notre temps et de notre gentillesse autour de nous ?

Cette indifférence gangrène notre société et menace le vivre-ensemble. Plus nous laisserons les riches être placés face aux pauvres, les verts face aux rouges et les suisses face aux moins-suisses, plus la vie sera difficile pour tout le monde. En particulier pour les moins bien lotis. Il est clair qu'il n'est pas simple de construire une société plus égalitaire, plus tolérante et qui laisserait une chance à chacun, mais ce combat politique n'est-il pas plus intéressant que celui qui consiste en des larmoiements perpétuels et en un rejet de tout ce qui est différent et nouveau ?

Les problèmes économiques étant de plus en plus nombreux, il serait facile de mettre la faute sur les étrangers, les frontaliers, les jeunes, les bénéficiaires de l'AI ou les politiciens. Il est de notre devoir citoyen de ne rejeter personne, de construire ensemble des majorités intéressantes en allant voter et, passons le pas, de partager nos expériences personnelles pour apprendre de l'autre. Pour cela, il faut faire l'effort d'aller vers l'autre, vers l'inconnu. Essayons, la vie devient tout de suite plus belle à vivre, pour nous et les générations futures. Ces générations qui, si nous ne stoppons ce rejet grandissant, devront vivre avec les fractures sociales et environnementales que nous créeons maintenant. À nous de nous opposer à cette indifférence grandissante, par tous les moyens...



L'article mentionné au 3ème paragraphe : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/sdf-decouvert-malagnou-dormant-neige/story/14447621

01/12/2012

La Palestine n'est plus au ban des nations, enfin !

 

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Tout d'abord, j'ai une pensée pour Yasser Arafat et j'aurai tellement voulu qu'il puisse vivre ce moment de l'histoire palestinienne à laquelle il a tant contribué par son combat de longue haleine, jusqu'à la mort, shukran Camarade !! 


Hier soir la Palestine a obtenu le statut d'État observateur à l'ONU !


Il aura fallu attendre et lutter pendant trois générations pour cette reconnaissance (partielle) de la part de l'organisation des Nations Unies, il n'est jamais trop tard. 138 pays ont courageusement soutenu la demande de Mahmoud Abbas, président de l'autorité palestinienne. Le score est sans appel, malgré un nombre non négligeable d'abstentions (41), seul 9 pays ayant voté contre la résolution. 

L'émotion était forte, l'ampleur de l'évenement se faisait sentir, malgré la distance nous séparant de New York. Les interventions des ministres des affaires étrangères indonésien et turc ont suscité l'approbation bruyante de la salle. Ahmet Davutoglu, ministre des affaires étrangères turc, a réitéré, avec la verve qu'on lui connait et après sa visite à Gaza sous les bombes, le soutien sans faille de la Turquie à la lutte pour un État palestinien. Lorsqu'il a parlé des célébrations à venir, sa mention de différentes villes palestiniennes a, j'en suis sûr, touché et ému de nombreuses personnes, dans la salle et derrière leur écran. 

C'était un grand jour, une belle soirée, un moment d'émotion pour beaucoup de gens. C'est peu dire ! 

Politiquement parlant, Mahmoud Abbas retrouve et va retrouver une présence politique à l'internationale, qui lui manquait ces derniers temps. Dès à présent, la question des négociations va être remise sur la table et on verra quelles parties sont prêtes à négocier pour de bon. Sur ce point, le gouvernement israélien n'a plus le choix, la décision qu'il redoutait ayant été prise par le concert des Nations. 

Nous verrons donc qui a un semblant de courage politique, au niveau israélien et palestinien. La suite risque d'être compliquée, voire douloureuse, mais vu le morcellement de la Cisjordanie, il est grand temps de s'y (re)mettre dès aujourd'hui...

Quasi chaque intervenant, peu importe sa position, a souligné la nécessité de négociations bilatérales. Cela prouve, une fois de plus, que de nombreux pays sont prêts à faciliter, autant que possible, le processus de paix. J'ajouterai que, pour avoir une chance à terme, ces négociations se doivent de réunir tous les acteurs concernés, du Fatah au gouvernement israélien en passant bien sûr par le Hamas, avec en toile de fond, les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. 

Pour finir, une avancée dans le conflit israélo-palestinien passe aussi par une mobilisation internationale, une meilleure compréhension de l'autre, malgré son opinion radicalement différente.     À mon avis, nous nous devons de nous mobiliser en Suisse pour une société plus juste, fière de son multiculturalisme, qui laisse une place à tout un chacun. La lutte contre le racisme, l'exclusion et les amalgames qui en découlent font bien entendu partie prenante de la lutte pour le dialogue des peuples et la paix au Proche-Orient. 

29/11/2012

Référendum contre la dernière révision de la loi sur l'asile - faire le jeu de la droite dure ?


Fin septembre dernier, les chambres fédérales ont accepté une nouvelle révision de la loi sur l'asile, malgré l'oppositon de la gauche parlementaire. Selon la droite libérale (UDC en tête), la situation est alarmante et le flux migratoire se doit d'être endigué au plus vite.

     Ainsi, le gouvernement pourra tester de nouvelles procédures en matière d'asile, même en dehors du cadre légal. Ce pouvoir sera limité à deux ans, on a

Asyl Referendum !!.jpgeu chaud ! De plus, la désertion ne sera plus reconnu comme un motif pour se voir accorder l'asile. Tout le monde sait que l'Érythrée ne réprime pas durement ses déserteurs... la Suisse et sa belle tradition humanitaire ! La possibilité de déposer une demande d'asile dans une ambassade est aussi enterrée. Une autre particularité suisse qui hélas s'envole. En terme d'hebergement des requérants, la Confédération pourra transformer ses bâtiments en centres pour requérants sans devoir obtenir l'autorisation des cantons ou des communes!

 

      Les partis de gauche, Parti Socialiste et écologistes en tête, se sont battus contre cette révision honteuse, en vain. On pourrait se dire que maintenant qu'elle a été acceptée, nous pouvons vivre avec cette n-ème révision. Le Parti Socialiste est dans cette logique : "Non seulement le PS ne lancera pas le référendum, mais il ne participera pas non plus à une éventuelle récolte de signatures" indique Christian Levrat, président du PS Suisse.

Ainsi, le Parti Socialiste ne soutiendra pas le référendum lancée aujourd'hui par les Verts, la jeunesse socialiste, les jeunes verts, le Forum pour l'intégration des Migrantes et des Migrants, le Parti suisse du travail de Berne, le mouvement de la gauche anticapitaliste, les Juristes démocrates de Suisse et le Centre social protestant de Genève. En somme, le PS ne veut pas faire le jeu de la droite dure et lui offrir une publicité de plus au niveau national. De peur que ce soit "une passe en or pour l'UDC" toujours selon son président, tout juste réellu à l'applaudimètre.

      Mais, en tant que membre d'un parti de gauche, gouvernementale ou non, ne devons-nous pas nous battre contre une loi innacceptable au niveau humain peu importe les considérations tactico-politiciennes ?

 

     La politique est, à mon avis, d'abord question de valeurs et de vision de la société, avant d'être une question de poids et de calcul politique. Hélas, j'ai l'impression que, chez certains politiciens, cette idée de la politique change en même temps que l'accès à des responsabilités politiques.Sachant que cet hiver, les chambres décideront du maintien ou non de l'octroi de l'aide sociale aux requérants, il convient de se demander quelle politique d'asile la gauche veut-elle soutenir, et vite !! 

      Pour ma part, comme militant associatif et membre des Jeunes Verts, je soutiens pleinement le référendum et participerai à la récolte des signatures. Malgré les dernières victoires de la droite dure, je suis convaincu que le référendum, une fois le quorum atteint, a une vraie chance d'être accepté par le peuple. Mais, pour cela, toute la gauche, hormis le parti socialiste apparemment, se doit d'être uni et présente dans la rue avec une présentation concrète des décisions ignobles prises par le parlement à majorité bourgeoise.

       Espérons que les jeunesses des partis politiques de gauche puissent plus influencer les politiques de leurs partis adultes. Cela permettrait peut être d'éviter que la politique nationale du PS et des Verts ne devienne de plus en plus "consensuelle" et ne s'éloigne encore plus des visions de leurs bases militantes respectives. Finalement, ce référendum permettra, j'en suis sûr, de préparer la lutte de terrain contre la nouvelle initiative de l'UDC visant à encore durcir la loi sur l'asile.

      J'espère simplement que le PS n'aura pas, en cas d'acceptation par le peuple, à se sentir en partie coupable de la création de camps d'internement fermés pour les réfugiés prévus dans cette nouvelle initiative dégueulasse... 

À vos stylos camarades !