UA-88487629-1

09/05/2014

Le traité transatlantique menace nos acquis sociaux et environnementaux

Exceptionnellement, je me permets de partager ici un communiqué de presse que nous avons publié aux Jeunes Vert-e-s à propos du traité transatlantique. Bien que j'ai plutôt l'habitude de publier des notes personnelles, au vu de l'importance de cette issue, j'y fais une exception.
Bonne lecture et au plaisir d'en débattre!

--
(Lien vers le communiqué

Les négociations TAFTA (Transatlantic Free Trade Area, appelées aussi TTIP), menées dans la plus grande opacité, visent à mettre en place une zone de libre-échange transatlantique, ce qui en ferait la plus grande au monde en réunissant près de 50 % du PIB mondial. Les Jeunes Vert-e-s s'opposent à ce traité de dérégulation néolibérale qui vise à donner encore plus d'outils aux entreprises supranationales face aux normes sociales et environnementales.

Le but du traité est d'aligner les réglementations sociales, techniques, sanitaires et environnementales de part et d'autre de l'océan ainsi que d'éliminer les obstacles aux échanges commerciaux. Ce projet bénéficie hélas d'un soutien confortable au parlement européen et, en dehors des écologistes et de la gauche unitaire, aucun groupe politique ne se prononce véritablement contre le principe même de dérégulation à la base du projet. La position est la même parmi les candidat-e-s à la présidence de la Commission Européenne où seuls José Bové, eurodéputé français, et Ska Keller, candidate des Jeunes Verts européens, mènent campagne sur ce thème dans toute l'Europe.

Au niveau suisse, ce traité pourrait avoir des conséquences tout aussi désastreuses que dans le reste de l'Europe. Les services publics sont directement touchés étant donné la possibilité donnée aux entreprises d'attaquer en justice les États qui entraveraient leur course au profit. Procédure employée par Veolia contre l'État égyptien pour avoir mis en place un salaire minimum qui allait contre l'intérêt de ses actionnaires. Ce traité menacerait ainsi le fonctionnement même de notre système démocratique et judiciaire.

Au niveau de l'alimentation, les risques sont doubles et concerneraient tant la production indigène que l'importation de produits homologués aux États-Unis ou en Europe. Le Cassis-de-Dijon permet ainsi à des produits répondant aux normes européennes d'être commercialisés sur notre marché et ce même si ils ne correspondent pas à nos exigences sociales et environnementales.
Il y a ainsi un risque réel de voir débarquer des produits nord-américains tels que du poulet nettoyé à l'aide de produits chimiques, de la viande de boeuf bourrée d'hormones ou encore des aliments OGM, malgré l'interdiction de ces produits dans notre pays.

« Nous devons enfin reprendre le dessus sur le libre-échange et fixer des règles contraignantes afin d'empêcher les entreprises transnationales et les marchés financiers de décider du contenu de notre assiette, du prix de l'envoi d'une lettre ou de nos conditions de travail ! » considère Ilias Panchard, co-président des Jeunes Vert-e-s.

Deux réponses politiques semblent indispensables : continuer à nous opposer à cet accord de libre-échange transatlantique, tant au niveau européen que suisse, et fixer des exigences plus élevées pour les produits importés et vendus dans notre pays.

L'initiative populaire pour des aliments équitables (Fair Food), lancée prochainement par les Verts, répond à cet objectif en permettant la fixation des règles du jeu équitables et réalistes. Elles permettront aux consommateurs d'acheter des aliments sains, produits dans des conditions écologiquement et socialement responsables ainsi qu'aux paysans de lutter contre cette concurrence déloyale faite sur le dos d'ouvrières et d'ouvriers agricoles exploités pour des salaires de misère. 

 

18/03/2014

Ecopop ou le retour de Malthus

Thomas Malthus, économiste britannique, développa en son temps une analyse économique incluant les questions démographiques. Il soutient que, contrairement aux ressources qui ne croissent que linéairement, la population, elle, augmente de façon exponentielle. Ainsi, selon lui, les guerres et les épidémies ne jouant plus leur rôle de régulateurs démographiques, il convient de trouver de nouveaux moyens pour contenir l'augmentation de la population. 

À priori, la théorie malthusienne peut paraître cohérente : plus nombreux nous sommes, plus nous aurons besoin de ressources, limitées en nombre. Cependant, Malthus n'a pas tout prévu dans son analyse économique « pessimiste » : la productivité a augmenté, de nouvelles ressources ont été découvertes (charbon, pétrole) et de nouveaux moyens d'échanges ont été créés.

Ainsi, en terme de pauvreté, les prévisions de Malthus ne se vérifient pas non plus. La population est passée de 2 milliards d'habitants en 1960 à 6 milliards à l'aube de l'an 2000 alors que dans le même temps la proportion de personnes souffrant de malnutrition est passé de 66% à 14% (2 milliards en 1960, 800 millions en 2000).

Mais, vous allez me dire, pourquoi citer Malthus alors que l'histoire lui a donné tort ?
Car ses théories de limitation de l'accroissement de la population ont été officiellement appliquées dans certains pays d'Asie, comme la Chine ou le Viêt Nam. Ces essais continuent d'être décriés suite, entre autres, à leur impact négatif sur l'évolution de la proportion de femmes et d'hommes.

Malthus et sa théorie de maitrise de la croissance démographique rencontrent aussi un certain écho et sont portées en Suisse par l'association Ecopop depuis une trentaine d'années. Cette association porte les questions de démographie depuis les échecs des brunes initiatives Schwarzenbach. Leurs idées sont sur le devant de la scène suite au dépôt, en nov.2012, de l'initiative « Halte à la surpopulation- oui à la préservation durable des ressources naturelles », prochainement soumise au vote populaire.

Cette initiative défend deux mesures censées préserver les ressources naturelles. La première, dans le but de limiter l'accroissement de la population, stipule que le solde migratoire annuel ne doit plus dépasser 0.2%. Cela équivaut à diviser par cinq le nombre de personnes venant s'installer en Suisse chaque année, en passant d'environ 70'000 à 15'000 personnes.

Cette mesure prétend protéger les ressources naturelles sans toutefois oser s'attaquer au vrai problème : notre impact sur l'environnement par tête d'habitant bien trop élevé. Si chaque habitant de la Terre consommait comme un suisse moyen, il nous faudrait 3 planètes pour subvenir à nos besoins globaux. Il est question de mode de vie et de politique publique, et non d'immigration.

Si ils sont sincères, les initiants devraient aller au bout de leur raisonnement et oser demander la réduction par deux de la population présente dans notre pays. On voit bien le non-sens de leur approche qui pourtant souligne des problématiques sérieuses.

La deuxième mesure veut financer, à travers la coopération internationale, des programmes de planification familiale. Cette mesure, comme la première d'ailleurs, me choque profondément. Les initiants nous font croire que le manque de ressources serait de la responsabilité des habitants des pays du Sud et de leur démographie trop importante alors que l'impact écologique moyen y est bien plus faible qu'en Suisse.

De plus, étant actif dans la coopération internationale depuis quelques années, je peux vous dire qu'Ecopop se trompe en liant de la sorte démographie et pauvreté. Au contraire, l'accès aux soins, à l'éducation et à un minimum de confort a tendance à faire baisser le taux de fécondité.

Bref, la planification familiale n'a rien d'une solution et le budget de la coopération doit être efficacement utilisé, dans les domaines de l'éducation, de la santé ou de soutien à des projets de petites entreprises.

Selon l'association Ecopop, la solution serait simplement de limiter drastiquement l'immigration en Suisse et de contrôler la natalité des pays du Sud. Sans toucher mot des réformes nécessaires en matière d'aménagement du territoire, au niveau de la fiscalité, des milliers de nouvelles villas individuelles construites chaque année, de l'agriculture ou encore de notre consommation d'énergie encore bien trop élevée. Ces problématiques nécessitent des politiques globales et volontaristes auxquelles les Verts s'attellent depuis 30 ans. Il est bien sûr plus simple de poser un chiffre sur l'immigration et de faire croire que ces problèmes en seraient résolus.

Pour finir, les initiants veulent nous faire croire que leur initiative est une solution écologiste à la problématique des ressources et de notre impact sur l'environnement. Ils se trompent totalement et je réfute ce lien fait entre ce projet nationaliste et les mouvements se réclamant de l'écologie politique.

Historiquement, le mouvement écologiste a toujours été à la pointe de l'engagement pour la solidarité internationale et il trouve en partie son origine dans les mouvements anti-impérialistes de par le monde. Contre la guerre du Vietnam, l'invasion en Afghanistan, la répression à Pékin, la solidarité avec les peuples en lutte ou encore l'engagement pour les droits des réfugiés.

Au niveau suisse, nous nous engageons avec force pour une Suisse ouverte et solidaire, dans les parlements et dans la rue. Pour une Suisse qui ne scinde pas des familles en limitant leur regroupement. Celle qui ne menace pas les droits fondamentaux des centaines de milliers de concitoyens sans passeport à croix blanche. Celle qui se remémore les années Schwarzenbach et fera tout pour empêcher le retour de statut de saisonnier. Celle qui, enfin, reconnait la contribution essentielle et historique des immigrés au bien-être commun, à la qualité de vie et au vivre-ensemble.

Hélas, cette Suisse là est de plus en plus menacée et elle se voit, une nouvelle fois, attaquée. Il est de notre responsabilité, nous écologistes, de nous engager pour que ce projet brunâtre qui mêle malthusianisme et politique néocoloniale soit balayé démocratiquement !


04/02/2014

Immigration : envoyons un signal à l'UDC !


Ce dimanche, nous sommes amenés à nous prononcer sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse. Ce texte remet en question la libre circulation des personnes et veut remettre en place le système des contingents avec l'UE, longtemps utilisé par la Suisse.

Tout au long de cette campagne, il a été question de l'économie suisse et des conséquences potentielles d'une acceptation de l'initiative. En somme, plusieurs scénarios quant à la complication de nos relations bilatérales avec l'Union Européenne sont imaginables mais il est impossible de prévoir ce futur bilatéral. 

La politique des contingents a été utilisé dans les années 1960 pour faire venir des milliers de travailleurs étrangers, principalement italiens, pour travailler sur nos chantiers ou construire nos barrages. "L'avantage" de ce système est qu'il n'était lié à aucune mesure d'accompagnement et à aucun salaire minimum. Il permettait ainsi d'embaucher à bas coûts des travailleurs saisonniers corvéables, sans aucun droit et logés dans des baraques. 

Cette initiative menace ainsi les mesures d'accompagnement alors que nous devons les renforcer. Ces mesures permettent par exemple de lutter contre le dumping en sanctionnant un employeur ne respectant pas les salaires minimaux obligatoires prévus par les CCT concernées.
De plus, l'initiative exige une limitation drastique du regroupement familial, des prestations sociales et du droit au séjour. En somme, si l'initiative est acceptée, la politique d'asile perdrait la substance qu'il lui reste. 

Je comprends les craintes quant à l'emploi, le ras-le-bol quant à la pénurie de logements ou encore la grogne face à certaines lignes CFF bondées. Sincèrement, je partage une partie d'entre elles.
Et c'est bien pour cela que je m'engagerai dans la campagne pour l'instauration d'un salaire minimum, l'un des moyens efficaces de lutte contre le dumping et pour la dignité du travail. À l'heure des scandales sur de nombreux chantiers, parfois publics, augmenter les contrôles est une nécessité absolue. 
Il nous faut aussi, au niveau des cantons et des communes, axer en priorité sur la construction de logements à loyer contrôlés et abordables. La politique doit décider de la politique du logement, pas seulement les régies immobilières !
Enfin, en matière de transports, seul accepter le projet FAIF ce dimanche aura un effet positif en investissant dans le réseau ferroviaire, ce qui n'est pas le cas de l'initiative UDC. Ces mesures concrètes sont combattues farouchement par l'UDC et la droite car il est bien plus facile, à coups de millions, de crier "gare à l'étranger" ou "laissons faire le libre marché" que d'agir. 
 
Ne tombons pas dans le piège du "vote signal", il serait plus que compliqué de revenir en arrière en cas d'acceptation. Renforçons ensemble les mesures d'accompagnement, mettons en place une véritable protection des travailleuses et des travailleurs, défendons nos services publics et osons poursuivre une politique d'aménagement du territoire crédible. La globalisation doit être bénéfique à toutes et tous, aidez-nous, par des mesures politiques, à partager ces richesses et à protéger notre environnement commun !

Le 9 février, un NON massif à l'initiative contre l'immigration de masse.

1798174_271960506293519_1829694881_n.jpg

 

22/12/2013

La Suisse doit apprendre des erreurs du passé

Le Conseil Fédéral persiste et signe. Comme prévu, Ueli Maurer se rendra bien aux JO de Sochi en février prochain, tout comme Didier Burkhalter, futur président de la Confédération, pour y représenter la Suisse. Alain Berset devrait s'y rendre également, dans le cadre des Jeux paralympiques.

Dans le même temps, Barack Obama, François Hollande ou encore Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne, ont annoncé qu'ils ne feront pas le déplacement de Sochi. De plus, l'administration américaine a annoncé que Billie Jean King, ancienne joueuse de tennis et militante de la cause homosexuelle, fera partie de la délégation officielle. De vrais signaux politiques sont ainsi envoyés par bon nombre d'États.

En politique, la symbolique est importante et permet de marquer l'Histoire. Au niveau de l'actualité, le fait d'ouvrir les archives suisses quelques jours après le décès de Nelson Mandela aurait eu une portée immense et aurait permis de tourner la page sur cet épisode honteux de notre histoire. Épisode ayant impliqué le sommet de l'administration, de nombreuses banques et des personnalités politiques en devenir, tels que Merz et Blocher, futurs conseillers fédéraux.

Ces décisions symboliques font cruellement défaut à la politique suisse. Cela ne nous aide pas à assumer le rôle qui devrait être le nôtre : un pays modèle, progressiste et qui assume l'héritage des Conventions dont nous sommes porteurs.

En politique, pouvoir débattre de l'Histoire de notre pays m'intéresse tout particulièrement et me semble indispensable. Lors de la campagne pour la fin de l'obligation de servir à l'automne dernier, j'ai souligné, lors de plusieurs débats, le rôle joué par notre pays lors de la 2ème Guerre Mondiale. Un affront généralisé et une fin de non-recevoir face à ce jeune de gauche osant salir l'image de la patrie s'en est suivi. 
Mon grand-père, militant socialiste, s'est retrouvé face aux mêmes non-réponses lorsqu'il servait sous les drapeaux en 1941. La situation de l'époque peut l'expliquer. Cependant, il est inadmissible qu'avec le recul historique actuel, nous ne soyons pas capables de débattre de ces événements. Les partis bourgeois continuent hélas leur travail de sape. 

Dans le domaine fiscal (entendez : secret bancaire et évasion fiscale), les mêmes questions se posent. Prendrons-nous enfin les devants ou allons-nous attendre de nous retrouver devant le fait accompli pour réagir enfin ?

Il ne suffit pas de rejeter la faute sur nos voisins, à l'économie soi-disant mal gérée et confiscatoire, pour éviter ces questionnements fondamentaux. Il nous faut remettre en question notre propre politique fiscale, où la concurrence à la baisse règne. Oser poser la question de l'évasion fiscale, celle de la spéculation sur les matières premières ou celle de l'impact environnemental et social de certaines entreprises installés, fiscalement, sur notre territoire.

À force de faire preuve d'attentisme, la Suisse se brûle de plus en plus dangereusement les doigts et laisse son image se ternir durablement. Le scandale des fonds en déshérence nous l'a bien montré, de même que notre soutien financier et économique à l'Afrique de Sud de l'Apartheid.

En politique, il est nécessaire d'être réactif : négocier, comprendre la position et les attentes des autres, faire des concessions, et anticiper le monde de demain. La politique de l'autruche ne sert qu'à retarder l'échéance du couperet et continue à faire du tort à notre pays.  
 

web_Schlumpf Botha--672x359.JPG

Rencontre entre le président sud-africain Pietr Botha et le conseiller fédéral Léon Schlumpf

12/12/2013

Défendre le droit à l'avortement


Le 9 février prochain, nous nous prononcerons sur l'initiative des conservateurs chrétiens et de la droite dure intitulée « financer l'avortement est une affaire privée ». Oui, en Suisse, au 21ème siècle, nous voterons une nouvelle fois sur le droit à l'avortement.

Alors qu'en 2002, presque trois-quarts des votant-e-s ont soutenu le régime des délais et ont balayé l'initiative anti-avortement «pour la mère et l’enfant», les milieux fondamentalistes reviennent sous couvert cette fois de faire baisser les coûts de la santé.

L'argument financier est mensonger : l'ensemble des avortements représentent seulement 0.03% des coûts de l'assurance maladie de base. Par comparaison, la grippe coûte 10 fois plus cher et personne ne demande le non-remboursement des dépenses qui lui sont liées.

Cette initiative s'attaque aussi à un point central de notre système maladie, la solidarité entre assuré-e-s. Même si j'ai la chance de ne pas avoir été malade ces dernières années, mes primes maladies servent néanmoins à couvrir les dépenses d'autres assuré-e-s recourant plus à des soins médicaux. Remettre en question cet aspect là c'est remettre en question le fondement même de la LAMal.

De plus, en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base, cette initiative discriminerait les femmes les plus précarisées en dégageant encore plus les hommes de toute responsabilité financière. Cette question nous concerne toutes et tous, hommes et femmes.

Avec les Jeunes Verts, j'affirme ici clairement nos valeurs féministes et progressistes en vous recommandant de voter clairement NON à cette initiative rétrograde et dangereuse qui devrait plutôt, au vu de ses implications, s'intituler « l'avortement est l'affaire des femmes – qu'elles se débrouillent ! ». 

 

935607_10153583705345022_914955925_n.png

19/11/2013

Ne participons plus à Frontex !

Avec les Jeunes Verts Suisse, nous avons lancé aujourd'hui à 13h une campagne visant à cesser la participation de la Suisse à l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.
Pour ce faire, chacun peut aller sur notre site et y envoyer une lettre à la Conseillère Fédérale Sommaruga et à Mario Gattiker, chef de l'ODM.
 

Pour participer : http://www.jeunesverts.ch/frontex/ 

C'est l'affaire de 2 minutes, partagez le lien dans vos cercles !
 

Pour une politique d'asile responsable et humaniste. 
 

--

La lettre : 

Chère Madame Sommaruga
Cher Monsieur Gattiker

Il y a quelques semaines, l'indignation suscitée par le décès tragique de centaines de réfugiés au large de Lampedusa laissait espérer un changement dans la politique d'asile de l'UE et de ses partenaires à travers le continent européen. L'espoir demeurait que les politiciennes et les politiciens de toute l'Europe se battraient finalement ensemble et, face aux tragédies sans fin, décideraient de se prononcer pour un cap libéral. Rien ne s'est passé.
La Suisse en est aussi responsable. La récente suppression des procédures d'asile aux ambassades pousse encore plus de personnes à tenter d'atteindre l'Europe par bateau pour accéder à un meilleur avenir. En plus, la Suisse participe financièrement et au niveau opérationnel au programme Frontex. Cette agence est directement responsable du fait que l'Europe devient de plus en plus clairement une forteresse.

Les méthodes utilisées par Frontex pour lutter contre les embarcations de réfugiés sont plus que douteuses. En 2008, le chef des secours de la police militaire italienne de Rome, Saverio Manozzi, déclarait à Amnesty International : « Lors de rencontres officielles […] Face aux immigrants illégaux, la défense consiste à aller à bord des bateaux afin de saisir les provisions et le carburant pour qu'ils soient obligés de continuer leur route dans ces conditions ou, et c'est mieux, de faire demi-tour. »

Cette politique occulte cependant un élément : La migration est un fait. Peu importe les lois promulguées par la Suisse ou l'UE et ses États Membres – cela ne change pas les conditions difficiles dans certaines parties du monde. Et cela nous concerne tous ! En particulier en Suisse, où nous profitons plus que d'autres pays de la globalisation économique et où, dans notre faste consommation, nous oublions parfois qu'en dehors de ce petit pays des souffrances incroyables sont courantes.
Les migrations ont toujours eu lieu et elles existeront toujours. La question est simplement : comment l'abordons-nous ?

Madame Sommaruga, Monsieur Gattiker, nous vous le demandons instamment : la Suisse ne doit plus participer à l'Europe de l'isolation. Nous avons besoin d'une globalisation qui soit bénéfique à toutes et tous, pas seulement à quelques-uns.

Ainsi, stoppez la participation tant financière qu'opérationnelle de la Suisse à Frontex. Un pays qui se réfère en permanence à sa tradition humanitaire ne peut pas collaborer main dans la main avec de telles agences.

Merci beaucoup pour votre attention et cordiales salutations

--

immigrationeurope.jpg