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13/05/2013

Complice de noyades ?

 

Cet après-midi, plus de 60 personnes se sont réunies sur la place de l'Europe, à Lausanne, pour dénoncer la révision de la loi sur l'asile, soumise au peuple le 9 juin prochain. L'action critiquait en particulier la fin de la possibilité de déposer une demande d'asile depuis une ambassade, à l'étranger, mesure en place depuis 1981. Cette procédure a permis, depuis sont entrée en vigueur, à plus de 2500 personnes menacées de venir se réfugier en Suisse, sans devoir passer par des réseaux de passeurs ou traverser la Méditérannée. 

Concernant cette procédure, plusieurs récits, entendus et lus pendant cette campagne, m'ont fortement marqué. Un plus particulièrement : la semaine passée, on m'a raconté le parcours d'un père somalien pour tenter de faire venir ses enfants, orphelins de mère et séjournant en Éthiopie avec leur tante, en Suisse. La procédure en ambassade a été suivie et, au bout d'une année de démarches, l'office des migrations refuse d'accorder l'asile, même provisoire, aux enfants en considérant qu'ils ne sont pas menacés en Éthiopie et qu'ils n'ont pas de... liens cuturels avec la Suisse (Non ce n'est pas une blague...). Des enfants à qui l'on refuse le regroupement familial alors que leur père vit ici et que leur mère a été tué par des islamistes en Somalie. 
Après avoir entendu ce récit, je n'ai pas pu arrêter de m'imaginer tous ceux à qui l'ODM a refusé et refuse son aide sous couvert de raisons plus arbitraires et inadmissibles les unes que les autres. Si ces enfants, au parcours bien compliqué, se sont vu refoulés, il est difficile d'imaginer quels sont les parcours de vie des 2500 personnes accueillis suite à une demande d'asile déposée en ambassade. 

Notre pays se doit de développer cette procédure et travailler au niveau local pour informer des conditions, des risques et des opportunités rencontrés en Europe et en Suisse, ainsi que lors du long et périlleux voyage qui y mène. En parallèle, dans un domaine qui me tient particulièrement à coeur, la Suisse doit continuer à travailler en coopération avec des partenaires locaux dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture ou encore de la prévention des conflits. 

Au lieu de cela, cette procédure aux ambassades a été froidement supprimée. Mme Sommaruga nous promet déjà des visas humanitaires pour remplacer, partiellement, cette procédure. Premièrement, pourquoi vouloir remplacer cette procédure pour la remplacer par une autre qui lui ressemble (d'apparence en tout cas), autant ne pas la supprimer pardi!
Ensuite, en l'entendant parler de ces visas reglementés, mes pensées vont aux réfugiés syriens à qui la Suisse refuse d'accorder l'asile, sous prétexte qu'ils ne sont plus dans un pays menacé, malgré les contextes locaux très difficiles, en Jordanie, en Turquie, en Irak ou au Liban. En somme, ce ne sont pas les deux maigres contingents (36 et 37 réfugiés syriens) accueillis jusqu'à maintenant qui vont me faire croire aux vertus de ces "visas humanitaires". 

Ces solutions de rechange ne sont que des fumisteries, du vent pour détendre l'atmosphère politique et se donner bonne conscience. Un seul mot d'ordre valable : votez NON le 9 juin !
 
 

web-flashmob-asile-lausanne-1.jpgPhoto : Jean-Sébastien Monzani

02/05/2013

L'équité des procédures est bafouée !


La semaine passée, un comité bourgeois de soutien aux modifications de la loi sur l'asile a lancé la campagne pro-révision. Regroupant des élu-e-s du PLR, du PBD, du PDC ou encore des Verts'libéraux, il a commencé sa campagne par des 
mensonges, donnant ainsi un aperçu de la tactique que les pro-révision utiliseront pendant la campagne. 

Je désire ici apporter quelques précisions, de la substance et, je l'espère, un peu de clarté quant aux enjeux de cette révision. D'autres articles plus détaillés suivront.

Il n'est clairement pas normal qu'un requérant doive attendre plus d'une année avant que sa procédure touche à son terme. Cependant, dans cette révision, la seule accélération concrète et chiffrée des procédures touche au droit de recours. Dans le cadre des procédures tests, il peut être réduit de 30 à 10 jours. Et, sachant qu'une part importante des recours déposés au TAF aboutissent, cette mesure vise à les limiter pour pouvoir refouler plus de requérants, quelque soit la raison de leur venue. L'équité des procédures est ouvertement bafouée.

Martin Landolt (PBD/GL) affirme ensuite que les honnêtes demandeurs d'asile tirent profit de cette révision. Sa déclaration est malhonnête : Il oublie que la suppression de la désertion comme motif d'asile précarise le sort des déserteurs érythréens en ne leur accordant plus qu'un permis provisoire au lieu d'une autorisation de séjour. 
En regard du droit international, notre pays ne pourra, heureusement, pas renvoyer ces déserteurs et décide, malgré les critiques du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), de précariser la situation de ceux qui refusent de tuer.

Enfin, Isabelle Moret (PLR/VD) souligne que « la Suisse était le seul État européen à reconnaitre encore cette voie » de la procédure aux ambassades. Cela n'a rien d'un argument. Cette procédure mais elle concernait un faible pourcentage des réfugiés accueillis, à qui la Suisse a offert sa protection, conformément à sa tradition humanitaire (2572 personnes accueillies depuis 1980). Sans cette procédure, Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de ces personnes menacées...


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06/04/2013

Inscrire la protection du climat à l'agenda politique

La semaine passée, les Jeunes Vert-e-s Suisse ont lancé leur pétition pour le climat à Berne. L'action a eu lieu sur la Place Fédérale et a vu une vingtaine de jeunes politiciens déguisés en pingouins et en ours braver le froid pour lancer la récolte de signatures. 

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La pétition demande au Conseil Fédéral, et en particulier à Doris Leuthard, d'entreprendre les démarches pour que le climat suisse soit classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La demande est sérieuse et les signatures seront collectés jusqu'en octobre prochain afin de déposer la pétition lors de la session d'hiver des chambres fédérales. 

A l'aide de cette pétition nous avons pour but d'inscrire la lutte contre les changements climatiques à l'agenda politique, à travers des projets concrets. En effet, notre pays n'est pas menacé par la hausse du niveau des océans, mais de multiples menaces pèsent sur notre environnement, en particulier alpin : fonte des glaciers, inondations, chutes de pierres, coulées de boue, sécheresses estivales et hausse des tempêtes violentes font partie des conséquences prévisibles et déjà visibles actuellement. 

L'Unesco n'inscrivant que des patrimoines nationaux, notre demande ne concerne ainsi que le climat suisse. Cependant, nous avons demandé à nos camarades écologistes d'autres pays d'entreprendre la même démarche afin de créer un mouvement plus global. Les Global Young Greens vont par exemple partager notre démarche avec leurs membres, à travers leur newsletter et leur site internet. Les petits ruisseaux font les grands fleuves !

La protection du climat et de notre environnement passera, à mon avis, par une politique énergétique ambitieuse et d'avenir, un développement des transports publics ainsi qu'une consommation plus locale. Pas mal de pistes sont à méditer, tels que l'économie sociale et solidaire et les circuits courts, domaines que je vous conseille tout particulièrement. 

N'oublions pas le lien vers la dite pétition qui peut être signée indépendamment de l'âge, du domicile ou de la nationalité.     
---> http://www.petitionclimat.ch/

Merci de votre engagement citoyen pour les générations futures !

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Liens vers quelques articles en lien avec la pétition :

26/03/2013

Défendre le droit d'asile : la campagne est lancée !

 63'666 signatures, on l'a fait !
Les modifications de la loi sur l'asile votées par le parlement en septembre de l'année passée seront soumises au peuple le 9 juin prochain. En effet, le référendum contre les durcissements du droit d'asile a abouti avec plus de 63'000 signatures valables déposées à la chancellerie fédérale en janvier. Une première étape rondement menée, à tous les niveaux !

La relative facilité avec laquelle les paraphes ont été réunies indique clairement qu'une partie de la population s'oppose à ces mesures et se rend compte qu'elles ne serviront qu'à précariser ceux qui ont le plus besoin de l'aide de la Suisse, déserteurs et réfugiés politiques en tête. Ceux dont notre pays se veut, à travers ses engagements internationaux et sa tradition humanitaire, le grand défenseur.

Dans cette optique, la deuxième étape a commencé, avec le lancement de la campagne référendaire au niveau national et dans les régions. Les Jeunes Vert-e-s suisse y jouent un rôle important, comme nous l'avons fait tout au long de la récolte de signatures. Au niveau romand, une coordination a d'ores et déjà été créée avec des représentants des différents cantons, partis et organisations, comptant elle aussi une présence verte, jeune et moins jeune.

La question du but de la campagne se pose : Nous voulons convaincre un maximum de citoyens de l'inefficacité de ces mesures de durcissement et des dégâts humains qu'elles vont engendrer. En effet, ces restrictions ne rendent pas la Suisse « moins attractive », mais coupable de graves restrictions en matière d'aide aux réfugiés (Voir le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés1). Le but, plus large, est la mobilisation des opposants à cette révision afin de s'organiser en vue des prochaines échéances dans le domaine du droit d'asile (2ème paquet de révisions, initiative contre la discrimination et camps pour y enfermer les requérants récalcitrants).

Certains, en particulier dans les médias, se demandent comment la campagne sera menée sachant que notre budget risque d'être relativement faible. Nous serons inventifs et très actifs, comme nous l'avons été pendant la récolte de signatures, avec à la clé, une première étape réussi, malgré les doutes de certains. Et, n'oublions pas que nous sommes nombreux, motivés et avons derrière nous un soutien non négligeable (plus de 60'000 signataires) dans différentes régions du pays. Pendant cette campagne, l'engagement de terrain et les idées originales seront nos meilleurs alliés pour convaincre largement.

Ainsi, en terme d'engagement, les jeunes vert-e-s vaudois sont actifs à tous les niveaux de la campagne. Ainsi, nous faisons partie de la coordination vaudoise, de la coordination romande et nous nous rendons aux réunions nationales afin, entre autres, d'y représenter la romandie.

Cette présence aux différents échelons de la campagne est indispensable pour mieux coordonner les actions de terrain, communiquer entre les coordinations et construire ainsi une campagne globale et cohérente des deux côtés de la Sarine, de Genève à Saint-Gall.

Pour la campagne de terrain, nous avons besoin d'aide, en matière d'idées, de présence sur les stands, d'organisation politique et d'engagement en général. Contactez-nous si vous êtes motivés à participer à cette aventure de 3 mois, pour le droit d'asile, que ce soit dans le cadre d'une action ponctuelle ou à plus long terme, vous êtes les bienvenu-e-s !

Il faut voir cette campagne comme le début d'un engagement national plus global dans la défense du droit d'asile, des réfugiés et des requérants d'asile. Peu importe le résultat du 9 juin prochain, nous serons, suite à cette campagne, organisés, motivés et prêts à mener les prochains combats politiques difficiles qui s'annoncent ces prochaines années.

Finalement, attardons-nous quelques instants sur les conséquences possibles et probables de ces durcissements du droit d'asile et, permettons-nous une pensée de solidarité envers les déserteurs érythréens clairement visés par ces durcissements et gravement menacés dans leur pays. Une pensée amicale à toutes celles et ceux qui se battent aux quatre coins du monde pour la démocratie, la liberté et la justice, malgré les risques qu'ils encourent, difficilement imaginables dans notre démocratie parlementaire. Bravo à vous toutes et tous pour votre courage, et sachez qu'en défendant le droit d'asile en Suisse, nous sommes à vos côtés dans la lutte !

(article paru dans OuVERTure en mars 2013, le journal des jeunes vert-e-s romand-e-s)

1http://www.unhcr.ch/droit/droit-dasile-suisse.html?L=1 (2ème prise de position).

 

Pour participer à la campagne : Site de stopexclusion (Rubrique "Dans votre canton")

  

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07/03/2013

Faire la fête, un projet politique ?

Les établissements genevois menacés de fermeture dès minuit ont obtenu leur dérogation d'ouverture prolongée au-delà de l'heure tant redoutée. Le Service du commerce a en effet estimé qu'ils ont depuis "fourni des garanties concrètes pour lutter contre les nuisances sonores". Parmi ces mesures, l'engagement de chuchoteurs a du être jugée positive par les autorités. 

Pour ma part, j'apprécie que des solutions constructives aient été trouvées, malgré le couac lors de l'annonce aux bistrotiers, alors en pleine discussion avec la Ville au sujet de la lutte contre le bruit. 

Ce problème "résolu", je me pose plutôt des questions sur l'engagement des partis de jeunes et sur les priorités de la jeunesse. En terme d'engagement, il est difficile et inintéressant d'en juger de manière généralisée. Je ne m'aventure pas trop en affirmant qu'on entend peu certains d'entre eux. Cependant, la mobilisation de ces partis a eu lieu contre la fermeture de ces 28 bars du bout du lac. Le thème est, il est vrai, bien plus porteur chez les jeunes que la libéralisation des horaires de travail ou l'élévation de l'âge de la retraite des femmes...

Cette mobilisation, que je respecte, m'a néanmoins fait bien sourire. Le fait que des jeunes se soient mobilisés ne m'étonne pas et me paraît assez normal. Cependant, en tant que jeunes partis politiques, n'avons-nous pas d'autres thèmes à défendre et à proposer à la jeunesse ?

Nous nous plaignons souvent du manque de place accordée à la jeunesse dans la société, dans la politique ou dans les médias. Cela n'est pas étonnant quand on se profile, le plus souvent, sur des thèmes "stéréotypé jeunesse". À quand une manifestation de la jeunesse en soutien aux sans-papiers ? Pour revendiquer un salaire minimal et une réelle égalité salariale hommes/femmes? En opposition à l'augmentation des taxes d'études ?

Le rôle des partis de jeunes est là : développer une vison et un projet global pour la société dans son ensemble, jeunes compris. Toutefois, à quoi bon risquer d'opposer encore plus les jeunes aux vieux, les chômeurs aux actifs professionnellement ou les étudiants aux apprentis. 

Je terminerai ce "coup de gueule" en mentionnant, au risque de paraître moralisateur, quelques uns des défis urgents et luttes qui nous attendent, nous la génération du Game Boy et des plats prêts à consommer.

Nous allons au devant d'une impasse énergétique globale, dont nous nous devons d'entreprendre le tournant dès maintenant. Notre pays accepte d'enfermer des gens innocents, en attente de renvoi forcé et risqué sans que la population ne s'en égosille réellement. On se dirige vers une société où les magasins se doivent d'être ouvrir en permanence, au détriment des employés et de notre environnement. Les multinationales irresponsables et criminelles continuent d'avoir pignon sur rue sans être inquiétées par la justice. L'armement mondial continue d'augmenter, la Suisse refait aussi son arsenal à des coûts exorbitants. Les inégalités augmentent, notre pays comptant plus de 200'000 working poors (500'000 personnes concernées au total).  


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26/02/2013

Libéralisation des horaires de travail : personne n'est dupe !

« Travailler plus pour gagner plus ! ». La formule, désormais célèbre, en a motivé plus d'un à aller voter dans l'espoir de laisser place à des fins de mois moins difficiles. Souvenez-vous, il y a six ans, en pleine campagne présidentielle française. La lutte s'annonce serrée, Nicolas Sarkozy, à l'instar de sa rivale, est prêt à tout pour l'emporter. La formule-utilisée auparavant par d'autres hommes politiques-a été l'un des éléments clés dans la campagne du candidat UMP. Elle a touché le cœur du problème de nombreux citoyens français : la baisse du pouvoir d'achat. L'idée était toute trouvée, il suffisait de défiscaliser les heures supplémentaires et de mieux les payer. Le remède aux problèmes des travailleurs français était sur la table, il leur suffisait de travailler plus pour gagner...chaque chose en son temps. La réponse ne devait venir qu'après l'élection, logique vous me direz. La réponse est arrivée, le bouclier fiscal aussi.

Par cet élément de programme, les différences de repères historiques entre la gauche et le droite française ont sautés aux yeux. L'attaque en règle contre l'héritage social des évènements de mai-juin 1968 a, pour ainsi dire, très mal passé à gauche. Faisant aussi ressortir les clivages politiques entre ses composantes (socialiste, écologiste et communiste), toutes construites, d'une façon ou d'une autre, sur un héritage des mouvements contestataires de l'époque. Mais là n'est pas la question.

Chez nous aussi, les différences politiques sont bien visibles à travers certains thèmes de société. En particulier celui de l'emploi, des conditions de travail et de la défense des acquis syndicaux. À propos des conditions de travail, une motion déposée par le conseiller national libéral genevois Christian Lüscher, un des chantres de la libéralisation à tout prix, a été acceptée par la majorité de droite du parlement et a donc amené à une modification de la loi sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce (loi du 13 mars 1964). L'article 27, alinéa 1 a été modifié comme suit : « Les magasins des stations-service qui sont situés sur les aires des autoroutes ou le long d’axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs et dont les marchandises et les prestations répondent principalement aux besoins des voyageurs peuvent occuper des travailleurs le dimanche et la nuit. ».

Ainsi la modification concerne, apparemment, les stations-service très fréquentés et rendra rendre service à quelques voyageurs-consommateurs, aux dépens du rythme de vie des employés de ces mêmes stations. La liberté de consommer à tout moment n'est pas plus importante que la santé et la vie sociale des employés du commerce de détail. Notre pays est-il prêt à sacrifier le dimanche de congé et à généraliser le travail de nuit pour simplement palier à des facilités d'achats occasionnels ?

En lisant plus attentivement, nous remarquons que la modification ne concerne pas que les autoroutes et ouvre la voie à des libéralisations dans d'autres « cas particuliers ».Elle concernerait aussi, en cas d'échec du référendum lancée par la gauche et les syndicats (traité ci-dessous), les « axes de circulation importants ». La notion reste très vague et pourrait ouvrir la boîte de Pandore à de nouveaux élargissements des horaires d'ouverture, ce qui ne déplairait sûrement pas aux chantres de la libéralisation, bien au contraire.

En somme, la mesure risque de concerner bien plus de stations-service que ne l'affirmait Christian Lüscher lui même (5-6 stations-service concernées selon ses dires télévisés...). La « tactique du salami » utilisée ici est très clair : libéraliser les horaires de travail au fur et à mesure en faisant passer l'amère pilule petit à petit. Il est clair que leur but est d'arriver à une libéralisation plus globale, dans l'optique de toucher l'entier du commerce de détail. Les syndicats ne sont pas dupes et combattrons, avec le soutien de la gauche, chaque atteinte au droit du travail, en premier lieu dans ces domaines où les salaires sont faibles, les CCT peu solides et les conditions de travail difficiles !

Suite à l'acceptation de cette modification par l'assemblée fédérale en décembre de l'année passée, l'outil référendaire a été actionné par la gauche sous la bannière de « l'alliance pour le dimanche », nouvellement formée. L'alliance regroupe principalement le PS, les Verts, le syndicat Unia, Travail Suisse, l'Union Syndicale Suisse, l'association du personnel de la Confédération et la société suisse de médecine du travail (liste complète sur le site de l'alliance pour le dimanche).

Le référendum s'appuie sur une base de départ solide, la population Suisse ayant, dans l'immense majorité des cas, refusé les libéralisations des horaires de travail dans différents cantons. Souvent de manière très claire. Cette année encore, les citoyens suisses vont très probablement refuser cette nouvelle tentative de libéralisation des horaires d'ouverture des magasins.

Cette motion de Christian Lüscher risque d'engendrer de nombreuses conséquences néfastes. Je pense tout d'abord aux travailleurs concernés qui devront travailler de nuit et le dimanche. Revenons aussi sur l'argument, avancé par certains élus de droite, comme quoi seuls les volontaires suivront ces horaires. Il est indéniable que les gérants des stations-service imposeront ces horaires à tout leur personnel en priant les opposants de prendre la porte et, pour palier les licenciements, ils engageront ceux qui veulent travailler dans ces conditions encore plus difficiles. La mesure risque ainsi de laisser place aux licenciements abusifs.

De plus, les conditions de travail dans le commerce de détail sont déjà assez difficiles, à bien des égards : travail stressant, pression quotidienne, salaires en dessous de 4000.- pour un temps plein ainsi qu'une faible protection en cas de licenciement. J'ajouterai que cette mesure risque d'entraîner d'autres secteurs vers des horaires de nuit, tels que la sécurité, le nettoyage ou encore la livraison. Précisons aussi que cela n'augmentera bien sûr pas le pouvoir d'achat des consommateurs et ne servira qu'à favoriser les stations-service « performantes », aux conditions de travail déjà difficiles.

La réflexion doit bien sûr se faire par rapport au modèle de société que nous voulons construire ensemble. La consommation fait partie de notre vie, mais nous ne devons pas en devenir prisonniers et trop dépendants. Une société du tout « tout de suite » et à tout moment n'amènerait que des problèmes, en matière de pollution, de bruit et de conditions de travail. De plus, nous risquons de voir les (derniers) magasins de proximité déserter nos villes, au détriment des temples de la consommation, situés en périphérie des villes et accessibles seulement en voiture.

Évidemment, n'oublions pas les conséquences politiques de ces mesures. La première se cristallise par le référendum en cours (délai référendaire : 7 avril 2013) qui, une fois les signatures récoltés, sera soumis aux citoyen-ne-s, probablement à l'automne. D'un autre côté, suite à ces mesures, des libéralisations plus larges seront proposées par les partis. Cela a déjà été le cas cette année. En effet, les Verts libéraux, tout en critiquant les conséquences environnementales de l'élargissement des horaires d'ouverture des stations-service, ont proposé d'étendre la mesure à tous les commerces et services d'une superficie inférieure à 120 m2 ! Par souci de concurrence déloyale face aux petits commerces disent-ils. En sachant pertinemment, comme le gouvernement l'a mentionné, qu'une grande partie de ces commerces sont déjà exemptés de l'interdiction nocturne et dominicale. Heureusement, cette mesure a été rejetée par le Conseil Fédéral qui a souligné le caractère ciblé de ces mesures (stations-service, tourisme). Le risque principal est de voir des libéralisations exigées pour palier à une « concurrence déloyale » engendrée par de premières libéralisations. Pour contrer cette logique infernale, le référendum en cours, couplée à une campagne d'information générale, sont les seuls moyens de faire entendre la voix de la raison.

Le plus ridicule à mes yeux est le manque de courage et d'honnêteté politique de la part des adeptes du libéralisme économique. En politique, nous nous devons de défendre et de faire avancer nos idées de manière démocratique et critique. Ces élus doivent donc assumer publiquement leur dogmatisme libéral, les décisions se feront ensuite à l'aide des outils démocratiques.

Je terminerai en soulignant l'importance du référendum et de l'après votation, quelque soit l'issue référendaire. En plus du vote, nous devons rester vigilants car de nombreuses mesures risquent d'être acceptées discrètement, tels que l'ouverture plus généralisée au travail du dimanche. D'autres tentatives mesquines pour étendre la modification à tout le commerce de détail risquent d'arriver, et ceci, probablement par la porte arrière...

Certains parlementaires se veulent les grands défenseurs des droits des consommateurs à travers ces mesures. Mobilisons-nous derrière ce référendum pour combattre cette mesure et montrons que les consommateurs ne veulent pas de ces libéralisations, qui ne font que du tort au vivre-ensemble helvétique, déjà menacé par des attaques parlementaires dans le domaine de l'asile. 

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