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22/12/2013

La Suisse doit apprendre des erreurs du passé

Le Conseil Fédéral persiste et signe. Comme prévu, Ueli Maurer se rendra bien aux JO de Sochi en février prochain, tout comme Didier Burkhalter, futur président de la Confédération, pour y représenter la Suisse. Alain Berset devrait s'y rendre également, dans le cadre des Jeux paralympiques.

Dans le même temps, Barack Obama, François Hollande ou encore Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne, ont annoncé qu'ils ne feront pas le déplacement de Sochi. De plus, l'administration américaine a annoncé que Billie Jean King, ancienne joueuse de tennis et militante de la cause homosexuelle, fera partie de la délégation officielle. De vrais signaux politiques sont ainsi envoyés par bon nombre d'États.

En politique, la symbolique est importante et permet de marquer l'Histoire. Au niveau de l'actualité, le fait d'ouvrir les archives suisses quelques jours après le décès de Nelson Mandela aurait eu une portée immense et aurait permis de tourner la page sur cet épisode honteux de notre histoire. Épisode ayant impliqué le sommet de l'administration, de nombreuses banques et des personnalités politiques en devenir, tels que Merz et Blocher, futurs conseillers fédéraux.

Ces décisions symboliques font cruellement défaut à la politique suisse. Cela ne nous aide pas à assumer le rôle qui devrait être le nôtre : un pays modèle, progressiste et qui assume l'héritage des Conventions dont nous sommes porteurs.

En politique, pouvoir débattre de l'Histoire de notre pays m'intéresse tout particulièrement et me semble indispensable. Lors de la campagne pour la fin de l'obligation de servir à l'automne dernier, j'ai souligné, lors de plusieurs débats, le rôle joué par notre pays lors de la 2ème Guerre Mondiale. Un affront généralisé et une fin de non-recevoir face à ce jeune de gauche osant salir l'image de la patrie s'en est suivi. 
Mon grand-père, militant socialiste, s'est retrouvé face aux mêmes non-réponses lorsqu'il servait sous les drapeaux en 1941. La situation de l'époque peut l'expliquer. Cependant, il est inadmissible qu'avec le recul historique actuel, nous ne soyons pas capables de débattre de ces événements. Les partis bourgeois continuent hélas leur travail de sape. 

Dans le domaine fiscal (entendez : secret bancaire et évasion fiscale), les mêmes questions se posent. Prendrons-nous enfin les devants ou allons-nous attendre de nous retrouver devant le fait accompli pour réagir enfin ?

Il ne suffit pas de rejeter la faute sur nos voisins, à l'économie soi-disant mal gérée et confiscatoire, pour éviter ces questionnements fondamentaux. Il nous faut remettre en question notre propre politique fiscale, où la concurrence à la baisse règne. Oser poser la question de l'évasion fiscale, celle de la spéculation sur les matières premières ou celle de l'impact environnemental et social de certaines entreprises installés, fiscalement, sur notre territoire.

À force de faire preuve d'attentisme, la Suisse se brûle de plus en plus dangereusement les doigts et laisse son image se ternir durablement. Le scandale des fonds en déshérence nous l'a bien montré, de même que notre soutien financier et économique à l'Afrique de Sud de l'Apartheid.

En politique, il est nécessaire d'être réactif : négocier, comprendre la position et les attentes des autres, faire des concessions, et anticiper le monde de demain. La politique de l'autruche ne sert qu'à retarder l'échéance du couperet et continue à faire du tort à notre pays.  
 

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Rencontre entre le président sud-africain Pietr Botha et le conseiller fédéral Léon Schlumpf

12/12/2013

Défendre le droit à l'avortement


Le 9 février prochain, nous nous prononcerons sur l'initiative des conservateurs chrétiens et de la droite dure intitulée « financer l'avortement est une affaire privée ». Oui, en Suisse, au 21ème siècle, nous voterons une nouvelle fois sur le droit à l'avortement.

Alors qu'en 2002, presque trois-quarts des votant-e-s ont soutenu le régime des délais et ont balayé l'initiative anti-avortement «pour la mère et l’enfant», les milieux fondamentalistes reviennent sous couvert cette fois de faire baisser les coûts de la santé.

L'argument financier est mensonger : l'ensemble des avortements représentent seulement 0.03% des coûts de l'assurance maladie de base. Par comparaison, la grippe coûte 10 fois plus cher et personne ne demande le non-remboursement des dépenses qui lui sont liées.

Cette initiative s'attaque aussi à un point central de notre système maladie, la solidarité entre assuré-e-s. Même si j'ai la chance de ne pas avoir été malade ces dernières années, mes primes maladies servent néanmoins à couvrir les dépenses d'autres assuré-e-s recourant plus à des soins médicaux. Remettre en question cet aspect là c'est remettre en question le fondement même de la LAMal.

De plus, en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base, cette initiative discriminerait les femmes les plus précarisées en dégageant encore plus les hommes de toute responsabilité financière. Cette question nous concerne toutes et tous, hommes et femmes.

Avec les Jeunes Verts, j'affirme ici clairement nos valeurs féministes et progressistes en vous recommandant de voter clairement NON à cette initiative rétrograde et dangereuse qui devrait plutôt, au vu de ses implications, s'intituler « l'avortement est l'affaire des femmes – qu'elles se débrouillent ! ». 

 

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03/11/2013

Pour en finir avec les dérives salariales

Parmi les trois objets de votation du 24 novembre prochain, l'un d'entre eux suscite particulièrement le débat et mobilise depuis plusieurs mois déjà. L'initiative dite « 1 à 12 » de la Jeunesse Socialiste ne laisse en effet personne indifférent. Entre, d'un côté, la peur d'un projet « communiste » et la fin des dérives salariales de l'autre, les positions sont tranchées.

Le contenu de l'initiative est simple : Dans une même entreprise, aucun patron ne devrait gagner plus, en un mois, que les moins bien payés de ses employé-e-s en une année.

Afin de mieux cerner les enjeux, revenons d'abord sur l'évolution récente des salaires en Suisse. Entre 2000 et 2010, le revenu disponible net des plus hauts salaires a augmenté de 23'700 francs par an alors que, durant la même période, les bas salaires ont stagné. Sachant que le coût de la vie a sensiblement augmenté dans certaines régions, le pouvoir d'achat de ces ménages aux revenus modestes a donc diminué ces dernières années.

Au niveau des écarts salariaux moyens, il était encore de 1:6 en 1984 et de 1:13 en 1998, avant de bondir à 1:43 en 2011. Les salaires des tops-managers ont ainsi augmenté de manière totalement déconnectée de la réalité économique, sous couvert de concurrence internationale et de course aux bonus. Exactement ce qui nous a amené à la crise bancaire de 2009, dont nous subissons encore les conséquences aujourd'hui.

De nombreux exemples soulignent cette déconnexion totale entre certains milieux et l'économie réel. Le cas d'UBS est un des plus parlants : en 2012, la banque a enregistré 2,5 milliards de francs de pertes. Cette gestion catastrophique n'a pas empêché sa direction de s'octroyer la même somme en bonus...

Se pose maintenant la question des mesures politiques concrètes à apporter. Les JS nous proposent de stopper ces pratiques de casino avec un modèle qui pourra évoluer dans le temps. En effet, seule la fourchette salariale étant définie, rien n'empêchera un directeur d'augmenter son salaire en augmentant aussi celui de ses employé-e-s les moins bien rémunérés.

Les opposants à l'initiative s'appuient sur plusieurs arguments économiques. Une réponse à deux arguments abondamment relayés s'impose.

Le premier d'entre eux insiste sur une délocalisation probable de certaines grandes entreprises. A mon avis, elles ont bien trop d'avantages et de bonnes conditions cadres en Suisse pour prendre le risque d'une délocalisation, en plus d'être fortement liées à la marque « suisse ».

De plus, dans le cas des deux grandes banques du pays, le parlement leur a accordé le statut de « too big too fail ». Elles  bénéficient donc d'une garantie de la confédération. Ce soutien public empêchant toute faillite leur permet de continuer à prendre des risques inconsidérés, leurs arrières étant couverts par l'État. Où trouveraient-elles des conditions semblables ?

Le deuxième argument concerne la fuite des tops-managers « sous-payés » (50'000 francs par mois). Il faut noter que ce sont des employé-e-s déjà très mobiles et souvent peu attachés à leur entreprise et à son développement. Notons aussi que l'industrie suisse n'a pas été construite par des tops-managers surdiplomés mais par des ouvriers et des techniciens hautement qualifiés, réellement attachés à leur entreprise.

Intéressons-nous aussi aux salaires les plus bas, directement concernés par cette initiative. Dans de nombreux domaines (vente, construction, hôtellerie), les salaires de moins de 4000 francs mensuels sont nombreux. Ces domaines ne sont pas couverts par des CCT, il s'avère ainsi très compliqué d'y négocier de meilleurs salaires. L'initiative 1:12 fait partie, avec l'initiative pour un salaire minimum, d'un ensemble de mesures visant à (re)valoriser l'économie réelle et toutes celles et ceux qui ont fait et qui font la richesse de notre pays : les ouvriers de l'horlogerie, les techniciens des barrages de retenue ou les employés de vente. En somme, des gens comme vous et moi. 

Ces inégalités grandissantes ont aussi des conséquences directes sur le vivre-ensemble d'une société, l'environnement et la santé des habitants. L'épidémiologiste anglais Richard Wilkinson a montré, à travers ses recherches, que les inégalités de revenus aggravent une grande partie des maux sanitaires et sociaux d’une société (santé, drogue, délinquance). En somme, lorsque les bas-salaires stagnent alors que les riches s'enrichissent davantage, la situation sanitaire se détériore et les problèmes sociaux s'accentuent. Au niveau de la protection de l'environnement, les mêmes observations sont faites : plus un pays est inégalitaire, plus il s'avère difficile d'y développer une politique environnementale crédible et ambitieuse.

Notre société souffre de ces inégalités grandissantes et les Jeunes Verts Suisse s'engagent à fond aux côtés de nos camarades Jeunes Socialistes pour que cette initiative soit acceptée. La campagne d'affichage à coups de millions des opposants ne nous fait pas peur !


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11/10/2013

Un avion de combat parmi nos priorités politiques ?

Il y a deux semaines, le parlement a finalement accepté de financer l'achat de nouveaux avions de combat, en votant le fonds d'acquisition du Gripen. 

3 milliards 126 millions de francs sur 10 ans pour acheter 22 avions suédois (Saab) qui stationneraient aux côtés des 33 F/A-18 que compte actuellement l'armée suisse. Cela afin de protéger l'espace aérien et d'assurer la police du ciel.

L'achat de ces avions, dont l'entretien et le développement coûterait près de 9 milliards, est vivement combattu par référendum afin qu'il soit soumis à la décision de la population, en toute transparence. Les Jeunes Verts, aux côtés des partis de gauche et d'un comité bourgeois formé par les Vert'libéraux, participent avec entrain à cette récolte de signatures et s'engageront dans la campagne politique qui suivra, afin de montrer l'aberration, économique et sécuritaire, que constitue un tel achat. 

En 2010, le Conseil Fédéral lui même ne considérait pas utile et d'actualité l'achat de nouveaux avions de combat et déclarait que la protection de l'espace aérien était pleinement assurée par les F/A-18. 
La version E/F du Gripen, celle que la Suisse veut se procurer, n'existe pas encore et nécessite un investissement conséquent pour son développement. Ainsi, notre pays devra verser un acompte de plus d'un milliard (40% du prix d'achat) afin de participer au développement de l'avion. Somme qui devra être versée à l'avance pour financer un avion qui n'existe, en l'état, que sur papier.

A ce propos, notre pays a déjà fait l'expérience des « avions de papier » avec le Mirage dans les années 1960¹. Rappelez-vous, où consultez les archives de la Confédération, cet avion français avait été préféré à d'autres modèles de par son prix plus avantageux. Au vu des nombreuses améliorations commandées, le Conseil Fédéral a du demander un crédit supplémentaire de 576 millions de francs au parlement. Le budget final dépassant même le prix des autres modèles, jugés trop chers.
L'achat du Gripen risque, comme ce fut le cas avec les Mirages, de nous coûter bien plus que les 3 milliards actuellement avancés par le gouvernement. 
Évitons de retomber dans un gouffre financier ! 

Enfin, consentir à une telle dépense alors que différents domaines nécessitent des investissements conséquents au niveau fédéral est scandaleux. Au moment même où le Conseil des EPF envisage d'augmenter les taxes d'études, où des cantons coupent dans les bourses d'études, où le tournant énergétique nécessite des investissements courageux, où le corridor ferroviaire entre Bâle et Chiasso doit être financé, où les agriculteurs ont besoin de moyens, où Mühleberg doit être rapidement démantelée et où de nombreux projets d'agglomérations attendent un financement. 

Cet achat fait-il réellement partie des priorités politiques de notre pays ?


Signez et faites signer le référendum, afin que ces milliards puissent être investis dans des domaines réellement prioritaires et bénéfiques pour toutes et tous !

Pour signer ---> http://www.jeunesverts.ch/news-des-jvs/signez-maintenant-...

 


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1) http://www.bar.admin.ch/dokumentation/00445/01508/01558/?...

15/09/2013

Vers des commerces ouverts en permanence ?

Le 22 septembre prochain, la révision de la loi sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce est soumise à votation populaire. La modification du député libéral genevois Christian Lüscher concerne les heures d'ouverture des magasins des stations-service situées "sur les aires des autoroutes". Son but est de leur permettre d'employer du personnel le dimanche et la nuit, premier pas vers une ouverture non-stop... 

En s'intéressant aux détails, nous remarquons que la modification ne concerne pas que les autoroutes et ouvre la voie à des libéralisations dans d'autres « cas particuliers ».Elle concernerait ainsi les « axes de circulation importants ». La notion reste très vague et pourrait ouvrir la boîte de Pandore à l'ouverture généralisée de nouveaux magasins de stations-service. 

Les conditions de travail des employés a été relativement peu souligné dans cette campagne, alors que ce sont les premiers concernés, eux et leurs familles. En effet, les conditions de travail dans le commerce de détail sont passablement difficiles : travail stressant, pression quotidienne, salaires de moins de 4000.- pour un temps plein ainsi que l'absence de conventions collectives de travail dignes de ce nom. Cette mesure risque aussi d'entraîner d'autres secteurs vers des horaires de nuit plus importants, tels que les emplois autour de la sécurité, du nettoyage ou encore des livraisons.

De manière plus globale, la réflexion porte sur le modèle de société que nous voulons construire ensemble. Aller vers une société du "tout-tout de suite" ? Perdre le côté humain du commerce de proximité en privilégiant les grands centres commerciaux ? Consommer aux dépens de la santé et de la vie familiale d'une partie de nos concitoyens ?

L'offensive des libéraux sur les horaires d'ouverture des magasins ne fait que commencer et a été déjà été concrétisée au parlement. La motion Lombardi oblige les cantons à prolonger leurs heures d’ouverture des commerces le matin et le soir. Une autre oeuvre à l'introduction du travail du dimanche généralisé dans tout le pays (motion Abate). Et les Verts libéraux demandent déjà que tous les magasins dont la surface de vente est inférieure à 120m2 puissent imiter les magasins des stations-service, en pouvant ouvrir 24 heures sur 24. 

En somme, voter NON à cette libéralisation des horaires d'ouverture le 22 septembre prochain est indispensable et bloquera les autres tentatives de dérégulation en envoyant un signal clair : nous défendrons coûte que coûte le vivre-ensemble et les conditions de travail des employés, face aux intérêts des grands distributeurs et de l'Union Pétrolière, soutenus par leurs lobbyistes libéraux !

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02/09/2013

Syrie : soyons du bon côté de l'Histoire

Je partage ici l'article d'une amie et camarade d'origine syrienne à propos des derniers événements de Syrie. Réfléchissons à notre responsabilité historique...

 


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Vous êtes nombreux à manifester en masse à tous les coins de rues à travers le monde depuis l'annonce d'une possible intervention internationale en Syrie, et quand je vous y vois tous, j'ai envie de hurler...!
Où étiez-vous quand le régime syrien torturait des enfants de 10 ans, pour finir par renvoyer leurs corps en morceaux à leurs parents ? Où étiez-vous quand il a répondu aux manifestations pacifiques et aux demandes de réformes à coups de snipers et de tanks ?
Où étiez-vous quand il a commencé à bombarder volontairement les zones civiles ? Et au lancement du premier missile balistique, d'une puissance telle qu'il a réduit à néant tout un bloc d'immeubles? Avez-vous réagi aux massacres à l'arme blanche, quand les milices du régime exterminaient la population d'un quartier entier, massacres qu'on pourrait qualifier de nettoyages ethniques ?
Et où étiez-vous quand, le 21 août 2013, le régime Assad a gazé la population d'Al Ghouta, lançant une trentaine de missiles, faisant plus de 1500 morts et 10'000 blessés dont plus d'un tiers d'enfants ?


J'étais, moi, dans les rues à dénoncer le régime syrien et l'indifférence de la communauté internationale et je peux vous assurer les syriens s'y trouvaient seuls. Quel droit avez-vous dès lors de protester contre une intervention en Syrie ? N'y avait-il pas déjà une "guerre" en Syrie ? Il fallait vous insurger avant!


On ne veut pas voir d'intervention internationale en Syrie, alors que l'Iran et le Hezbollah y ont mis les pieds depuis des lustres, travaillant main dans la main avec le régime. On critique l'impérialisme américain mais quand il s'agit de l'armement du régime syrien par les russes, on ne pipe mot. De fait, la réponse internationale a été longtemps attendue, en vain.


Une intervention aurait été, à l'époque, très facile à mettre en place, et déjà légitime. Dès le début du soulèvement la réponse du régime aux demandes du peuple a été plus que démesurée. On ne tire pas à balle réelle sur des manifestants, on ne sort pas les tanks. Se débarrasser du régime aurait été à la fois facile et justifié. Quelques mois plus tard, on aurait eu besoin de couloirs humanitaires et d'une zone d'exclusion aérienne. Il aurait fallu armer les rebelles (alias: des déserteurs et des civils) afin qu'ils puissent se défendre contre le régime à armes égales. Cela aurait probablement suffi à mettre fin au bain de sang. Mais ça n'était pas dans les intérêts des Etats-Unis. Ils soutenaient, et soutiennent encore, les intérêts d'Israël, qui eux correspondent a un affaiblissement de la Syrie. C'est à dire ni opposition ni régime, mais bien le conflit. En étudiant les arrivées d'armes a l'opposition, on découvre qu'elles ne se font qu'au compte-goutte, et dépendent de l'évolution de la situation sur le terrain, sans doute pour garder un équilibre vital au prolongement du conflit. (Beaucoup des armes promises et tant attendues ne sont du reste jamais arrivées).


Puis, presque deux ans après le début du conflit, les brigades islamistes ont débarqué, officiellement affiliées a Al-Qaïda. La communauté internationale les a alors utilisées comme excuse pour ne plus intervenir dans les affaires syriennes de peur d'armer les "mauvais rebelles". Il a ensuite été prouvé que ces milices étaient en fait financées par le régime syrien.


Pour en revenir à la-dite intervention à venir, sachez qui ni l'ONU ni les Etats-Unis n'interviendraient s'ils avaient le choix. Personne n'a d'intérêt aujourd'hui à une intervention importante en Syrie, sinon elle aurait déjà eu lieu et le conflit aurait pris fin. La vérité c'est qu'ils ne l'ont pas, ce choix. Parce que, s'ils n'interviennent pas maintenant, alors les conventions de Genève et le Protocole de Genève interdisant l'usage des armes chimiques ne sont que des mots vides de sens auxquels les gouvernements n'ont aucune obligation de se tenir.


Mais ne vous méprenez pas, ces frappes aériennes ne sont pas faites pour aider l'opposition, elles ne changeront en rien le rapport de force actuel. Elles ont pour unique but de punir le vilain garçon qui a poussé le bouchon (la ligne rouge en l’occurrence) trop loin. C'est la raison pour laquelle la liste des cibles avait été communiquée, pour éviter un risque de réponse sur Israël, risque que personne n'oserait prendre. Risque d'ailleurs bien réel puisque le Hezbollah a annoncé en retirant ses troupes que si les frappes modifiaient un tant soit peu l'équilibre de la situation, ils déclareraient la guerre à Israël. On remarquera aussi que le massacre en question a eu lieu il y a déjà deux semaines, et que les acteurs comme l'Angleterre se retirent peu à peu. Alors que les frappes se font attendre la probabilité d'une intervention diminue chaque jour.


Dormez donc sur vos deux oreilles, il n'y aura pas plus de guerre en Syrie qu'il n'y en a déjà , éventuellement quelques frappes sanguinaires de plus. Mais s'il y a une chose dont vous pouvez être sûrs, c'est que, quoi qu'il arrive, la seule victime de l'histoire sera le peuple syrien, et que c'est bien le seul qui n'y a pas son mot à dire.

Leila Sibai
FemmeS pour la Démocratie