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21/01/2017

Regard suisse sur la présidentielle française

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Depuis plusieurs mois, l’actualité politique française est rythmée par la campagne présidentielle : primaires de la droite, puis celles de l’écologie, mobilisation du mouvement « En Marche » autour d’Emmanuel Macron et des insoumis derrière Jean-Luc Mélenchon ou primaires du Parti socialiste et les alliés qu’il lui reste.

Et ce n’est là que le début des hostilités. L’intensité va aller crescendo car la vraie campagne n’a pas encore commencé. Elle promet son lot de rebondissements, de surprises, dans un contexte politique plus qu’incertain. Les éliminations des Sarkozy, Duflot, Juppé tout comme l’abandon de François Hollande illustrent ce moment unique.

Étant installé à Paris pour quelques mois, je vais en profiter pour suivre et commenter la campagne à travers ce blog. Mon but est d’apporter un regard extérieur, d’analyser l’évolution de la campagne, ses dynamiques et de donner autant que possible la parole à des personnes qui ne l’ont pas souvent.

Beaucoup d’entre vous connaissent mon engagement comme militant écologiste et altermondialiste. Ce blog ne se prétend ainsi pas « objectif » ou journalistique. Son contenu évoluera en fonction des envies et de la campagne, je reste ouvert à toutes vos suggestions et me réjouis de les lire.

Enfin, l’idée est aussi d’utiliser les réseaux sociaux pour diffuser et analyser, étant donné que les commentaires et l’échange y sont plus pratiques que sur un blog. Je continuerai aussi à publier directement sur Facebook et Twitter, sur ce thème comme sur d’autres.

Bonne(s) lecture(s) !

14/12/2016

Alep : la Suisse doit agir !

Pendant que les combats font rage dans la ville syrienne d’Alep, des rapports relatifs à des massacres perpétrés dans la population civile sont rendus publics. Les Jeunes Vert-e-s ont organisé à Berne une veillée rassemblant environ 100 participant-e-s afin de demander une acceptation rapide et sans bureaucratie de 50'000 demandeurs d’asile provenant de zones de guerre.

En outre, la Suisse doit user de sa diplomatie pour ouvrir un couloir humanitaire des Nations Unies dans la zone touchée. «C’est seulement si un grand nombre de pays fait pression sur le plan international que les souffrances liées à la malnutrition et aux sans-abris pourront être atténuées.» explique Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Vert-e-s Suisses, pour justifier les exigences du parti.

Le Conseil fédéral a décidé cette semaine d’accueillir un nouveau contingent de 2'000 syrien-ne-s. Les Jeunes Vert-e-s saluent cet engagement humanitaire, mais déplorent cependant le faible nombre articulé. «Un pays riche comme la Suisse est capable d’assurer la protection de 50'000 réfugiés» rajoute Ilias Panchard. De plus, la Suisse dispose de moyens de secours conséquents pour aider en zone sinistrée.

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09/12/2016

Pour en finir avec les débats entre hommes


Dorénavant, je décline les invitations à des débats qui ne comportent pas au moins une femme parmi les intervenant-e-s. Les hommes doivent, eux aussi, s'engager pour garantir la parité en politique !

Annoncée hier sur les réseaux, cette décision simple est le fruit d'une réflexion plus globale sur les questions d'égalité. En plus de sa symbolique, ce type d'annonce peut avoir un impact important sur la parité dans les débats politiques si une majorité d'élus et de personnalités politiques adopte activement la même démarche.

Malgré des avancées générales dans le débat public des questions de parité et, plus globalement de l'égalité hommes-femmes, la situation n'évolue hélas guère ces dernières années.

Le pourcentage d'élues dans les parlements stagne en Suisse. Les partis politiques portent bien sûr une responsabilité majeure dans le choix de leurs candidat-e-s en décidant, très souvent, de ne placer que des hommes aux places éligibles et de ne pas alterner les candidates et candidats sur leurs listes électorales.
À mes yeux, l'alternance homme-femme sur les listes devrait être obligatoire. Cette mesure fait partie des mesures minimales qui doivent maintenant être prises.

 

Revenons maintenant à la composition des débats politiques. Depuis quelques années, je remarque généralement une faible présence de femmes politiques ou d'expertes aux débats auxquels je participe.

Les exemples seraient nombreux, voilà le dernier en date : dans la campagne sur la sortie par étapes du nucléaire, lors d'un débat à l'EPFL, me voilà invité à un débat face à un représentant d'EconomieSuisse et deux chercheurs du campus lausannois, tous deux experts de la question. Quatre intervenants. Aucune femme.

On pourrait penser que la présence de femmes politiques ou d'expertes dépend simplement du thème débattu. À mon avis cela n'explique pas tout. Et n'excuse en rien cette pratique, au contraire. Le problème est tant structurel que culturel, et c'est là où le bât blesse.

En effet, alors que par exemple le nombre de diplômées dans les sciences de base et les domaines dits techniques est en augmentation constante, le nombre de professeures titulaires tarde à suivre la même évolution. De même, le nombre d'élues engagées, et écoutées (médiatisées devrait-on dire) sur ces questions s'avère relativement faible.

Les débats autour des questions militaires ou de l'aménagement du territoire suivent globalement la même tendance. Tant pendant la campagne pour la fin de l'obligation de servir que celle sur l'achat des avions de combat Gripen, je n'ai participé qu'à des débats avec un ou plusieurs intervenants hommes. Pareil sur les questions de service civil, mais bien entendu l'obligation de servir appliquée seulement aux hommes peut expliquer en partie cela.

 

Il est bien sûr difficile de tirer des conclusions globales à partir de quelques dizaines d'interventions publiques « problématiques » de ce point de vue là. Je n'avance ainsi aucun chiffre, ni aucune tendance précise. Cependant, les réactions sur les réseaux sociaux montrent que ce constat est partagé par de nombreuses personnes.

La raison de ce « coup de gueule » est simple : quel message envoyons-nous aux jeunes de ce pays ?

Que les filles seraient faites pour s'occuper des questions sociales, de santé publique et du monde de la culture, pendant que les hommes débattent du sauvetage des banques, des caractéristiques des avions de combat que le pays doit se procurer ou de comment réaliser la transition énergétique ?

Très peu pour moi, cette répartition archaïque n'a aucun sens. Toutes ces questions sont importantes et concernent l'ensemble de la société. Elles doivent être réglées collectivement, selon les visions politiques et intérêts personnels de chacun, et non chapeautées par une conception paternaliste de la politique.

La question est bien sûr plus large et des objectifs doivent non seulement être fixés mais atteints à l'aide de mesures ambitieuses et contraignantes : garantir un temps de parole équitable entre hommes et femmes lors des débats, atteindre l'égalité salariale et la répartition des tâches ménagères tout comme déconstruire collectivement la société machiste dans laquelle nous vivons.

Les occasions étant hélas tellement nombreuses, nous aurons le temps d'y revenir. D'ici là, mobilisons-nous pour qu'un nombre croissant d'hommes se saisissent à bras le corps de ces questions. Face à une inégalité institutionnalisée, l'engagement de toutes et tous s'avère nécessaire.

Il ne s'agit pas de détails mais bel et bien de la société que nous montrons et allons léguer aux plus jeunes : celle du paternalisme en politique, de la violence machiste et des discriminations ou celle de l'égalité hommes-femmes, de la liberté solidaire et des rêves les plus fous. Mon choix est fait.

 

 

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04/12/2016

Nucléaire : une courte défaite, et après ?

 

Après quelques jours à tête plus reposée, j'aimerai revenir brièvement sur la votation à propos de la sortie programmée du nucléaire. La campagne a été longue, intense et pleine d'événements imprévus. Tout ceci dans un contexte énergétique inédit et en pleine transition.

Vous le savez peut être, je faisais partie de l'équipe de campagne et l'ai coordonnée en Suisse romande, avec une équipe du tonnerre composée de Christian van Singer, mon collègue porte-parole de Sortir du nucléaire ainsi que Mathias Schlegel et Regula Guevara, respectivement porte-parole et responsable des bénévoles chez Greenpeace.
Sans oublier bien sûr les personnes qui ont coordonné cette campagne dans les différents cantons, sans qui rien n'aurait été possible. Elles et ils se reconnaîtront, les bons résultats dans les régions francophones leur doivent beaucoup. Nous nous appuierons sur ces majorités pour accélérer la transition énergétique locale vers le 100% renouvelable.

Centrales à l'arrêt et déficitaires, symboles d'un modèle énergétique en fin de vie

La campagne aura fait connaître la situation sécuritaire inquiétante des centrales nucléaires suisses. Apprendre que Beznau I, plus vieille centrale en activité au monde, et Leibstadt, la plus « jeune » et plus puissante centrale du pays, sont à l'arrêt tout l'hiver montre que notre parc nucléaire vieillissant déraille. Le pari irresponsable des exploitants de les faire tourner pendant 60 ans ou plus va très probablement s'avérer intenable.

Le contexte énergétique européen, de surproduction électrique égal à 30 fois la production nucléaire suisse, modifie la donne pour le business model helvétique. L'opération qui consiste à importer du courant bon marché, et sale, afin d'exporter notre hydraulique vers l'étranger et réaliser une marge financière, n'est plus rentable vu le bas niveau historique des prix de l'électricité.

Ce qui se joue maintenant est une lutte entre hydraulique et nucléaire. Ce n'est pas pour rien qu'après avoir essayé de vendre ses centrales nucléaires à des électriciens étrangers puis à la Confédération, Alpiq annonce maintenant être prêt à céder ses participations dans les barrages.

Brader le patrimoine hydraulique alors que, quand elles fonctionnent et produisent du courant, les centrales sont déficitaires ? Il n'en est pas question.
L'engagement des exploitants hydrauliques grisons en faveur de l'initiative et le score plutôt bon obtenu en Valais illustrent bien cet enjeu crucial pour l'approvisionnement électrique du pays.

Les promesses rendent les fous joyeux

Il y aurait beaucoup à dire sur la teneur des débats. Dans l'argumentation des opposant-e-s à l'initiative, deux éléments principaux sont à souligner. Premièrement, tous les opposant-e-s à l'initiative ont affirmé à longueur de débats et interviews que la sortie du nucléaire à terme – sans savoir lequel – était un fait acquis. Deuxièmement, l'attachement, feint ou bien réel, à une production électrique faiblement émettrice en CO2 a été au centre du débat. À nous de rappeler ces promesses à l'avenir et ce dès le vote sur la stratégie énergétique probablement en mai 2016. Cependant, et c'est bien connu, les promesses rendent les fous joyeux. Personne n'est naïf. Nous restons vigilants.

Sécurité à renforcer et transition énergétique par le bas

Un renforcement drastique de la surveillance des centrales est maintenant indispensable. La présence, à confirmer, de l'organe de sécurité des centrales (IFSN) aux prochaines séances de la commission de l'énergie serait encourageante à ce niveau là. Le redémarrage de la centrale de Leibstadt, dont les barres de combustible sont sévèrement rouillés, ne peut se faire que si elle est accompagnée de mesures strictes et d'une transparence totale. Quant à Beznau I, son redémarrage ne peut être autorisé par l'IFSN. La plus vieille centrale en activité au monde, à l'arrêt depuis bientôt deux ans, n'a qu'une seule place digne de ce nom : dans un musée !
Après une campagne axé sur la crédibilité de l'organe de sécurité et le sérieux du suivi des centrales en Suisse, le redémarrage de Beznau I serait une provocation inacceptable.

Enfin, les plébiscites en faveur de l'initiative dans les grandes et moyennes villes souligne une volonté claire. Celle d'une transition énergétique ambitieuse, construite par le bas. Les engagements et réussites d'ores et déjà réalisés par les villes romandes montre que cela est possible.

Nous nous engagerons afin que la transition vers un approvisionnement électrique 100% renouvelable et la nécessaire réduction drastique de la dépendance aux énergies fossiles s'accélère encore ces prochains mois et années.

Alors que le nucléaire décline partout, la transition énergétique est en marche. Sur le marché européen, chaque 18 jours se construit l'équivalent en capacité de production renouvelable de la centrale de Mühleberg. La Suisse a pris du retard vis à vis de la plupart de ses voisins. Ne loupons pas, de manière définitive, le train de la transition vers les renouvelables !

La décision de la commission du Conseil des États d'aller dans le sens, encore timide, d'une moins grande largesse vis à vis des importations de courant sale est positive. La prochaine étape est simple : une taxe sur l'importation de courant sale, nucléaire et charbon, doit être mise en place. Cela aiderait à financer la transition énergétique en Suisse et donnerait un coup de pouce important aux barrages en difficulté. Vu la campagne climat friendly faites par nos opposant-e-s pendant des mois, cela ne devrait être qu'une formalité...

Vous vous en doutez, les prochains temps vont être intenses et décisifs. Gagner le vote probable sur la stratégie énergétique 2050 sera la première étape à ne pas manquer.

Un énorme merci à toutes et tous pour votre engagement dans cette campagne. Nous n'avons pas gagné, malgré les scores positifs dans les régions francophones. La prochaine fois sera la bonne, une nouvelle génération a repris le flambeau !

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19/02/2016

Exportations d'armes: les partis bourgeois jouent avec les vies humaines

La commission de la politique de sécurité décide de voter contre un moratoire sur les exportations de matériel militaire à destination des pays qui sont impliqués dans des conflits armés avec le Yémen. Cependant, les exportations vers l’Arabie saoudite se sont élevées à 5,5 millions de francs en 2015.

Selon la déclaration de la CPS-N, la raison principale pour faire des affaires avec les pays arabes est que le marché intérieur est trop petit pour sécuriser et enduiguer la baisse de fabrication des armes suisses. En outre, les règles actuelles, qui prévoient un examen individuel, sont strictes. Les restrictions de la réglementation suisse seront révélées ce mois lorsque le Conseil fédéral se sera réuni une seconde fois au sujet des livraisons d’armes à destination du Qatar. « Il est contraire à la tradition humanitaire de la Suisse de s’enrichir sur la misère et la guerre » estime Ilias Panchard, Co-président des Jeunes Verts. 

La décision prise hier par la CPS-N montre l’attitude cynique de la Suisse dans les conflits mondiaux. Alors que l’engagement humanitaire, comme le processus d’asile en ambassade, a été aboli, l’exportation de matériel de guerre vers des régions en conflit continue.
Par soucis de rentabilité et d’intérêts économiques, la majorité bourgeoise vend volontiers la violation des droits humains et les décès qui s’ensuivent. « Celui qui sème les armes récolte les réfugiés » dénonce Ilias Panchard.

Les exportations de matériel de guerre vers les pays qui sont impliqués dans un « conflit armé interne ou international » étaient, de part la réglementation sur l’exportation de matériel de guerre, déjà interdites. Par conséquent, les Jeunes Verts Suisses appellent à une interdiction totale des exportations d’armes. Une attention particulière doit être portée sur les exportations d’armes à destination des pays autocratiques qui violent les droits humains, et celles-ci doivent être signalées immédiatement.

01/07/2015

La Suisse prête à extrader un réfugié politique

La Suisse compte un prisonnier politique. Le 15 avril dernier, Mehmet Yesilçali, réfugié politique turc, a été arrêté dans le cadre d'une vague d'arrestations d'opposants politiques en Europe commanditée par la Turquie et exécutée par la justice allemande.

L'État turc, dont la dérive répressive n'est plus à prouver, utilise la justice allemande pour exiger l'extradition de membres de l'opposition démocratique turc en Europe. Ainsi, en l'espace de quelques jours, douze militant-e-s de la Confédération des travailleurs de Turquie (ATIK) ont été arrêtés, en Allemagne, en Grèce, en France et donc Mehmet Yesilçali en Suisse.

Le motif d'arrestation invoqué est le soupçon d'appartenance à une organisation terroriste, sans aucune preuve quant à d'éventuelles actions répréhensibles. ATIK est une confédération syndicale menant des actions politiques légales dans différents pays d'Europe.

L’État allemand exige leur extradition pour des motifs inexistants, au mépris du droit et de la loi. Le ministère de la justice n'apporte aucune preuve à l’appui de ses accusations. Ces méthodes ne peuvent être tolérées.

Bien que cette situation soit connue de la Suisse, le département fédéral de Justice et police a décidé le 19 juin 2015, en violation de la Convention de Genève, sans recourir aux tribunaux helvétiques et contrairement aux pratiques normalement en vigueur, d'extrader Mehmet Yesilçali, actuellement incarcéré en Suisse sans aucun motif valable.

Cette décision est purement politique et contraire à la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit toute condamnation pour des actions ou omissions qui ne constituent pas un acte délictueux au moment où elles ont été commises. Selon la loi, personne ne peut être condamné ou extradé pour des actions qui ne sont pas punissables dans l'État dans lequel elles ont été commises.

D'un point de vue du droit d'asile, comment peut on utiliser les motifs d'asile reconnus pour décider, sans aucune base légale, d'extrader un réfugié politique ? Depuis quand le pays dépositaire des conventions de Genève se met à extrader des opposants politiques ?
C'est une décision arbitraire, lâche en terme de souveraineté politique et inacceptable au niveau juridique !

Mehmet Yesilçali est incarcéré illégalement depuis le 15 avril dans le canton de Fribourg. Son extradition vers l'Allemagne serait le symbole de la criminalisation dont les organisations de migrants sont parfois victimes. Le droit à s'organiser collectivement et démocratiquement doit leur être garanti.

La Suisse ne doit pas céder aux pressions du gouvernement turc et agir indépendamment. Nous ne pouvons être complice de la répression des opposants politiques démocrates turcs. Le département de la justice doit annuler l’extradition de Mehmet Yesilçali et le libérer immédiatement !


Merci de partager ce texte au maximum, la Suisse n'a pas à extrader un opposant politique démocrate.

Site web : http://www.atik-online.net/english/2015/05/freedom-and-political-asylum-to-the-turkish-militants-of-atik/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Libert%C3%A9-pour-mehmet-yesilcali/468813123273303

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