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06/04/2013

Inscrire la protection du climat à l'agenda politique

La semaine passée, les Jeunes Vert-e-s Suisse ont lancé leur pétition pour le climat à Berne. L'action a eu lieu sur la Place Fédérale et a vu une vingtaine de jeunes politiciens déguisés en pingouins et en ours braver le froid pour lancer la récolte de signatures. 

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La pétition demande au Conseil Fédéral, et en particulier à Doris Leuthard, d'entreprendre les démarches pour que le climat suisse soit classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La demande est sérieuse et les signatures seront collectés jusqu'en octobre prochain afin de déposer la pétition lors de la session d'hiver des chambres fédérales. 

A l'aide de cette pétition nous avons pour but d'inscrire la lutte contre les changements climatiques à l'agenda politique, à travers des projets concrets. En effet, notre pays n'est pas menacé par la hausse du niveau des océans, mais de multiples menaces pèsent sur notre environnement, en particulier alpin : fonte des glaciers, inondations, chutes de pierres, coulées de boue, sécheresses estivales et hausse des tempêtes violentes font partie des conséquences prévisibles et déjà visibles actuellement. 

L'Unesco n'inscrivant que des patrimoines nationaux, notre demande ne concerne ainsi que le climat suisse. Cependant, nous avons demandé à nos camarades écologistes d'autres pays d'entreprendre la même démarche afin de créer un mouvement plus global. Les Global Young Greens vont par exemple partager notre démarche avec leurs membres, à travers leur newsletter et leur site internet. Les petits ruisseaux font les grands fleuves !

La protection du climat et de notre environnement passera, à mon avis, par une politique énergétique ambitieuse et d'avenir, un développement des transports publics ainsi qu'une consommation plus locale. Pas mal de pistes sont à méditer, tels que l'économie sociale et solidaire et les circuits courts, domaines que je vous conseille tout particulièrement. 

N'oublions pas le lien vers la dite pétition qui peut être signée indépendamment de l'âge, du domicile ou de la nationalité.     
---> http://www.petitionclimat.ch/

Merci de votre engagement citoyen pour les générations futures !

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Liens vers quelques articles en lien avec la pétition :

26/03/2013

Défendre le droit d'asile : la campagne est lancée !

 63'666 signatures, on l'a fait !
Les modifications de la loi sur l'asile votées par le parlement en septembre de l'année passée seront soumises au peuple le 9 juin prochain. En effet, le référendum contre les durcissements du droit d'asile a abouti avec plus de 63'000 signatures valables déposées à la chancellerie fédérale en janvier. Une première étape rondement menée, à tous les niveaux !

La relative facilité avec laquelle les paraphes ont été réunies indique clairement qu'une partie de la population s'oppose à ces mesures et se rend compte qu'elles ne serviront qu'à précariser ceux qui ont le plus besoin de l'aide de la Suisse, déserteurs et réfugiés politiques en tête. Ceux dont notre pays se veut, à travers ses engagements internationaux et sa tradition humanitaire, le grand défenseur.

Dans cette optique, la deuxième étape a commencé, avec le lancement de la campagne référendaire au niveau national et dans les régions. Les Jeunes Vert-e-s suisse y jouent un rôle important, comme nous l'avons fait tout au long de la récolte de signatures. Au niveau romand, une coordination a d'ores et déjà été créée avec des représentants des différents cantons, partis et organisations, comptant elle aussi une présence verte, jeune et moins jeune.

La question du but de la campagne se pose : Nous voulons convaincre un maximum de citoyens de l'inefficacité de ces mesures de durcissement et des dégâts humains qu'elles vont engendrer. En effet, ces restrictions ne rendent pas la Suisse « moins attractive », mais coupable de graves restrictions en matière d'aide aux réfugiés (Voir le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés1). Le but, plus large, est la mobilisation des opposants à cette révision afin de s'organiser en vue des prochaines échéances dans le domaine du droit d'asile (2ème paquet de révisions, initiative contre la discrimination et camps pour y enfermer les requérants récalcitrants).

Certains, en particulier dans les médias, se demandent comment la campagne sera menée sachant que notre budget risque d'être relativement faible. Nous serons inventifs et très actifs, comme nous l'avons été pendant la récolte de signatures, avec à la clé, une première étape réussi, malgré les doutes de certains. Et, n'oublions pas que nous sommes nombreux, motivés et avons derrière nous un soutien non négligeable (plus de 60'000 signataires) dans différentes régions du pays. Pendant cette campagne, l'engagement de terrain et les idées originales seront nos meilleurs alliés pour convaincre largement.

Ainsi, en terme d'engagement, les jeunes vert-e-s vaudois sont actifs à tous les niveaux de la campagne. Ainsi, nous faisons partie de la coordination vaudoise, de la coordination romande et nous nous rendons aux réunions nationales afin, entre autres, d'y représenter la romandie.

Cette présence aux différents échelons de la campagne est indispensable pour mieux coordonner les actions de terrain, communiquer entre les coordinations et construire ainsi une campagne globale et cohérente des deux côtés de la Sarine, de Genève à Saint-Gall.

Pour la campagne de terrain, nous avons besoin d'aide, en matière d'idées, de présence sur les stands, d'organisation politique et d'engagement en général. Contactez-nous si vous êtes motivés à participer à cette aventure de 3 mois, pour le droit d'asile, que ce soit dans le cadre d'une action ponctuelle ou à plus long terme, vous êtes les bienvenu-e-s !

Il faut voir cette campagne comme le début d'un engagement national plus global dans la défense du droit d'asile, des réfugiés et des requérants d'asile. Peu importe le résultat du 9 juin prochain, nous serons, suite à cette campagne, organisés, motivés et prêts à mener les prochains combats politiques difficiles qui s'annoncent ces prochaines années.

Finalement, attardons-nous quelques instants sur les conséquences possibles et probables de ces durcissements du droit d'asile et, permettons-nous une pensée de solidarité envers les déserteurs érythréens clairement visés par ces durcissements et gravement menacés dans leur pays. Une pensée amicale à toutes celles et ceux qui se battent aux quatre coins du monde pour la démocratie, la liberté et la justice, malgré les risques qu'ils encourent, difficilement imaginables dans notre démocratie parlementaire. Bravo à vous toutes et tous pour votre courage, et sachez qu'en défendant le droit d'asile en Suisse, nous sommes à vos côtés dans la lutte !

(article paru dans OuVERTure en mars 2013, le journal des jeunes vert-e-s romand-e-s)

1http://www.unhcr.ch/droit/droit-dasile-suisse.html?L=1 (2ème prise de position).

 

Pour participer à la campagne : Site de stopexclusion (Rubrique "Dans votre canton")

  

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12/02/2013

On ne joue pas avec la nourriture !

 

Après la crise alimentaire de 2007-2008, une ruée sur les terres arables du continent africain a eu lieu. La superficie acquise annuellement par des groupes étrangers a été multiplié par quinze, passant de 4 millions d'hectares par année entre 2000 et 2008 à plus de 60 millions pendant l'année 2009. Hélas ce phénomène s'installe et s'amplifie durablement. Ainsi, le Sud-Soudan a vendu 600'000 hectares de terres arables à une société texane en 2008, soit la superficie du canton de Berne. Que dis-je, les terres ont été bradés, à 3 centimes l'hectare, on vise le cadeau du siècle. Avec agriculture et exploitation de ressources ( bois, agrocarburants, eau) à la clé, dans un pays venant d'accéder à son indépendance sur fond de conflit quant aux ressources pétrolières.

Les pays concernés par ces ventes de terres arables et ces investissements dans les produits agricoles vont du Soudan, au Guatemala en passant par Madagascar ou le Congo. Ces contrats, malgré les promesses des groupes étrangers, ne servent que très peu les intérêts locaux. En effet, même dans le cas de terrains non-utilisés au préalable pour l'agriculture, ces groupes étrangers emploient très peu de personnel local, usent abondamment de pesticides et ne font guère attention aux réserves aquifères, souvent problématiques dans les pays de ces régions du monde, en particulier au Sahel. De plus, le contrat de « location » parle ici d'un bail long d'un siècle. Tout cela pour que cette « vente » bradée n'en soit juridiquement pas une. Mieux ne vaut pas imaginer, une fois infertiles et abandonnés, l'état des terrains et de la nappe phréatique après une si longue période d'agriculture intensive...

Les effets du changement climatique sont de plus en plus visibles. La Fonte des glaciers, les montées des océans, des températures plus élevées ou encore les dégâts dans la couche atmosphérique. Ces effets, couplées au fait que les réserves mondiales de pétroles et de gaz diminuent rapidement et à la raréfaction des nouveaux gisements, alarment la communauté internationale. Des solutions doivent être trouvées au plus vite afin d'éviter une augmentation trop catastrophique des températures terrestres. Une solution énergétique « évidente » s'est imposée et s'impose encore. Elle ne consiste ni dans un investissement important dans les transports publics, ni dans la diminution de notre dépendance aux produits pétrolifères et encore moins dans une remise en cause de nos modes de consommation. La solution consiste à remplir le réservoir de la voiture familiale avec un produit « écologique », à base de végétaux, nommé « agrocarburant ». Une belle idée, de prime abord...

Encore faut-il savoir quels végétaux sont utilisés dans la fabrication de ces carburants « d'avenir », d'où proviennent-ils et dans quels conditions sont-ils produits. Il faut préciser que, en majorité, des céréales (oui oui, celles destinées à l'alimentation, en temps normal...) sont brûlées pour produire ces carburants « verts ». Quand on sait qu'un plein de bioéthanol (50 litres) nécessite la combustion de 352 kilos de maïs, soit la consommation annuelle moyenne d'un enfant sud-américain, cet odieux green-washing a don d'en dégoûter plus d'un. Les agrocarburants, quand faire le plein devient un véritable acte criminel...

En 2008, suite à des augmentations insoutenables des prix des denrées de base (le prix du blé a par exemple doublé entre février 2007 et février 2008), des émeutes de la faim ont éclaté dans de nombreux pays. Malgré la sécheresse et l'augmentation de la consommation mondiale de viandes, ces augmentations ont, en partie, été la conséquence de spéculations sur les céréales au niveau mondial. Certaines compagnies ont maximisé leurs profits en « influençant » les prix mondiaux des matières alimentaires. De plus, certaines compagnies comme Cargill ont agi et agissent à différents niveaux sur les prix des matières agricoles. En effet, elle possède des entrepôts dans le monde entier et peut ainsi stocker de grandes quantités de riz, blé, maïs et soja lorsque le prix de vente est à la baisse. Dès que les prix augmentent, souvent à cause de la spéculation où Cargill joue aussi un rôle non négligeable, elle peut vendre ses stocks à prix d'or en utilisant son propre réseau de transport et de distribution. Un système tellement bien rodé qu'il peut paraitre irréel, et nous renvoie un parfait exemple du dit processus de la « maximisation du profit ». Pas étonnant dès lors que le chiffre d'affaires de Cargill soit parmi les plus élevés au monde, dépassant largement celui de géants sans aucuns scrupules tels que « The Coca-Cola Company » ou « McDonald's ».

Cette spéculation ayant un impact direct sur la vie de millions de personnes, elle doit cesser au plus vite. Nous devons la faire cesser, par la politique et le militantisme. Dans cette optique politique, je ne peux que vous inciter à signer et faire signer l'initiative « Stop à la spéculation » lancée par la Jeunesse Socialiste Suisse (échéance en mars 2014) qui demande l'interdiction de la spéculation sur les biens alimentaires en Suisse, ainsi qu'un engagement actif de notre pays dans la lutte au niveau mondial contre la spéculation sur les matières premières agricoles et les denrées alimentaires . C'est une étape nécessaire, et le début d'un long combat. Ce combat passera aussi par des approches latérales tels que la réduction massive du gaspillage alimentaire, sur laquelle travaillent actuellement les Jeunes Vert-e-s Suisses (Thème de campagne actuel, voir article ci-dessous, me contacter pour plus d'infos) ou par une coopération au développement axée sur la suffisance alimentaire nationale et une gestion durable des ressources locales.

Il ne serait pas honnête intellectuellement de parler de « géopolitique de la faim » sans s'attarder un instant sur la dette des pays du Sud. Là est, à mon avis, une des clés du problème. Ces pays devant des sommes colossales au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale, ils se retrouvent, malgré une volonté, souvent réelle, d'investir, bloqué par le remboursement de la dette et de ses intérêts. L'exemple du Mali et de la question touareg dans la région est frappant. L'Algérie a, contrairement au Mali, développé la ville de Tamanrasset, construit des infrastructures et investi dans une université. Dans le même temps, le (Sud) Mali, croulant sous les dettes des créanciers , a progressivement abandonné le Nord du pays et, dans le même temps, les touaregs y habitant et leurs revendications sociales. Le FMI et la Banque Mondiale ont une responsabilité dans la crise malienne et la rébellion touarègue actuelle. Le développement de l'Afrique passe ainsi par une annulation, partielle ou complète, de la dette nationale des pays concernés. Une conversion de cette dette en projets de développement ou de coopération économique est aussi envisageable. L'autonomie alimentaire de ces pays passera en grande partie par un débat continental (je parle ici du continent africain) sur l'annulation de la dette, lancée en son temps par Thomas Sankara devant les délégués au congrès de l'Organisation de l'Union Africaine (Addis-Abeba, Juillet 1987).

Pour finir, la faim dans le monde doit être aussi relié à des problématiques plus globales, telles que les échanges commerciaux entre les pays du Nord et du Sud. En effet, est-il normal de continuer à utiliser l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie comme de gigantesques marchés où nous pouvons nous servir « comme à la maison » et produire nos gadgets jetables à bas prix, sans aucune responsabilité écologique et social.
Cessons enfin de cautionner le secret bancaire suisse et mondial alors que les sommes déposées illégalement par les dirigeants africains dans notre pays avoisineraient les 6 milliards de francs, soit 3 fois plus que l'aide au développement engagée par la Suisse dans ces mêmes pays...
Notre richesse ne doit plus se faire sur le dos de centaines de millions de personnes, ça n'a que trop duré !

 

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Gaspillage alimentaire - Jeunes Vert-e-s : Lien ici

Initiative JUSO - Spéculation alimentaire : Lien ICI


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01/12/2012

La Palestine n'est plus au ban des nations, enfin !

 

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Tout d'abord, j'ai une pensée pour Yasser Arafat et j'aurai tellement voulu qu'il puisse vivre ce moment de l'histoire palestinienne à laquelle il a tant contribué par son combat de longue haleine, jusqu'à la mort, shukran Camarade !! 


Hier soir la Palestine a obtenu le statut d'État observateur à l'ONU !


Il aura fallu attendre et lutter pendant trois générations pour cette reconnaissance (partielle) de la part de l'organisation des Nations Unies, il n'est jamais trop tard. 138 pays ont courageusement soutenu la demande de Mahmoud Abbas, président de l'autorité palestinienne. Le score est sans appel, malgré un nombre non négligeable d'abstentions (41), seul 9 pays ayant voté contre la résolution. 

L'émotion était forte, l'ampleur de l'évenement se faisait sentir, malgré la distance nous séparant de New York. Les interventions des ministres des affaires étrangères indonésien et turc ont suscité l'approbation bruyante de la salle. Ahmet Davutoglu, ministre des affaires étrangères turc, a réitéré, avec la verve qu'on lui connait et après sa visite à Gaza sous les bombes, le soutien sans faille de la Turquie à la lutte pour un État palestinien. Lorsqu'il a parlé des célébrations à venir, sa mention de différentes villes palestiniennes a, j'en suis sûr, touché et ému de nombreuses personnes, dans la salle et derrière leur écran. 

C'était un grand jour, une belle soirée, un moment d'émotion pour beaucoup de gens. C'est peu dire ! 

Politiquement parlant, Mahmoud Abbas retrouve et va retrouver une présence politique à l'internationale, qui lui manquait ces derniers temps. Dès à présent, la question des négociations va être remise sur la table et on verra quelles parties sont prêtes à négocier pour de bon. Sur ce point, le gouvernement israélien n'a plus le choix, la décision qu'il redoutait ayant été prise par le concert des Nations. 

Nous verrons donc qui a un semblant de courage politique, au niveau israélien et palestinien. La suite risque d'être compliquée, voire douloureuse, mais vu le morcellement de la Cisjordanie, il est grand temps de s'y (re)mettre dès aujourd'hui...

Quasi chaque intervenant, peu importe sa position, a souligné la nécessité de négociations bilatérales. Cela prouve, une fois de plus, que de nombreux pays sont prêts à faciliter, autant que possible, le processus de paix. J'ajouterai que, pour avoir une chance à terme, ces négociations se doivent de réunir tous les acteurs concernés, du Fatah au gouvernement israélien en passant bien sûr par le Hamas, avec en toile de fond, les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. 

Pour finir, une avancée dans le conflit israélo-palestinien passe aussi par une mobilisation internationale, une meilleure compréhension de l'autre, malgré son opinion radicalement différente.     À mon avis, nous nous devons de nous mobiliser en Suisse pour une société plus juste, fière de son multiculturalisme, qui laisse une place à tout un chacun. La lutte contre le racisme, l'exclusion et les amalgames qui en découlent font bien entendu partie prenante de la lutte pour le dialogue des peuples et la paix au Proche-Orient. 

29/11/2012

Attribution du prix Nobel de la paix à l'UE, au pire moment, et si... ?

Indignez-vous (1).jpgLe prix Nobel de la paix 2012 a été attribué... à l'Union européenne ! 

 

Eh oui, ce n'est pas une blague suédoise, cette année la décision a apparemment surpris tout le monde. D'ordinaire le prix récompense une personnalité, politique ou militante, assez bien connue du grand public et non une alliance supra-nationale. Il est peu dire que la réaction médiatiquen'a pas tardé, la presse n'a pas mâché ses mots : "Bonne idée, mauvais lauréat" (Der Spiegel), "Le prix Nobel de la paix à l'idiotie" (Daily Mail-conservateur anglais). Mais aussi des réactions positifs tels que le titre du quotidien Belge le Soir, "60 ans de paix en dépit des crises". 

Parlons de ce prix qui suscite des réactions émotionnelles dans toute l'Europe en crise, monétaire et politique. Le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». 

En Europe personne ne niera le rôle de pilier qu'à joué l'Union Européenne dans la construction d'une Europe en paix, des balbutiements économiques (libre échange, acier-charbon) jusqu'à la situation d'après 1989. L'Union a pu aider à la reconstruction, participer au développement économique du continent et essayer de construire une zone de "paix" en pleine Guerre des étoiles quasi post-guerre nucléaire.

Il y a deux choses que je ne comprends pas dans cette attribution : l'heureuse lauréate et le moment choisi. 

Premièrement, le prix est attribué à une entité qui subit de nombreux tumultes actuellement et vit une crise de la dette qui risque de plomber toute son économie. J'ai toujours considéré le Nobel de la paix comme un moyen d'aider à faire avancer des causes, à l'instar du cas birman où l'attribution du prix à Aung San Suu Kyi en 1991 a aidé à faire connaître son combat dans le monde entier ! Mais, dans le cas qui nous intéresse, aucun symbole n'est présent (José Manuel Barroso avec un bouquet de fleurs dans les mains, tout le monde retiendra l'image historique...).  

 

A mon avis, ce prix aurait dû être attribué à une personnalité politique ayant travaillé à la construction européenne par le passé. Quelqu'un d'une autre génération, d'une époque où l'idéal européen existait et faisait rêver, quelqu'un comme Jacques Delors, ancien président de la Comission européenne. Delors a grandement participé au développement de l'Union Européenne, type de développement que l'on peut soutenir politiquement ou non. De nombreuses évolutions sont criticables comme le fait que la BCE ne puisse pas prêter directement de l'argent aux états endettés. De même, l'oeuvre de Jacques Delors, soutenue à l'époque par Mitterrand, a aussi montré, à mon avis, les limites de la social-démocratie, si prometteuse fut-elle. Limites qui nous sautent aux yeux en Espagne et en Grèce, après les derniers gouvernements dirigés par des ténors socialistes. 

Oui, l'Europe est criticable et son fonctionnement se doit d'évoluer, mais ce qui frappe, ce n'est pas l'attribution de ce prix à l'UE. Finalement, tout le monde s'en fout royalement !

Ce qui frappe c'est le manque de visionnaires en Europe, de personnalités qui puissent voir plus loin que leur mandat politique et leurs intérêts financiers. Finalement, la question est de savoir qui croit encore au projet européen ?

A quand un référendum européen sur une constitution européenne plus courte ? Cohn-Bendit et Verhofstadt le propose. De même que des taux d'emprunts plus équivalents entre les pays et enfin un vrai budget européen (plus que 1% --> 100 Ma). La politique se doit d'être en avance sur son temps et ne doit jamais se contenter d'attendre que le peuple lui dise quoi faire. Les politiciens doivent proposer des idées plus novatrices, soyez réalistes, exigez l'impossible pardi (pardon Dany, c'était facile je sais) ! 

Peut être que le comité Nobel a ainsi voulu adresser un message aux politiciens européens : la paix en Europe a été construite étapes par étapes, maintenant vous vous devez d'y construire une alliance politique digne de ce nom, et vite, car le fascisme guette en Grèce et le nationalisme monte dans toute l'Europe !

Après avoir agi pour la paix et la prospérité du Continent, il est temps que l'UE agisse pour le rapprochement des peuples en réformant ses institutions et en construisant une véritable alliance politique. La crise actuelle est, à mon avis, l'occasion rêvée pour engager ces réformes. Sans la crise, jamais l'Allemagne ou la Finlande n'aurait, par exemple, accepté que la BCE puisse racheter de la dette souveraine, les discussions auraient duré à n'en plus finir. 

Dans les moments de crises, l'Europe a besoin d'idées novatrices, de nombreux think-thanks se créent et le continent bouge enfin. Mais le temps presse et la participation de femmes et d'hommes politiques qui arrivent à se projeter quinze ans en avance sur leur temps est la clé de voute du futur de l'Europe. En terme de vision à long terme, l'abandon du nucléaire et le désarmement me paraissent quelques-uns des combats à mener, afin de ne pas laisser aux prochaines générations le devoir de reconstruire l'Europe, à nouveau.

J'espère que, d'ici l'attribution du prochain Nobel de la paix, l'Europe aura engagé son virage social et visionnaire, couplé d'une vision énergétique commune sur le long terme et d'une vraie monnaie unique.

Et, qui sait, il pourrait être decerné au peuple syrien pour la lutte pacifique qu'il mène avec un courage hors du commun, une année trop tard...