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18/03/2014

Ecopop ou le retour de Malthus

Thomas Malthus, économiste britannique, développa en son temps une analyse économique incluant les questions démographiques. Il soutient que, contrairement aux ressources qui ne croissent que linéairement, la population, elle, augmente de façon exponentielle. Ainsi, selon lui, les guerres et les épidémies ne jouant plus leur rôle de régulateurs démographiques, il convient de trouver de nouveaux moyens pour contenir l'augmentation de la population. 

À priori, la théorie malthusienne peut paraître cohérente : plus nombreux nous sommes, plus nous aurons besoin de ressources, limitées en nombre. Cependant, Malthus n'a pas tout prévu dans son analyse économique « pessimiste » : la productivité a augmenté, de nouvelles ressources ont été découvertes (charbon, pétrole) et de nouveaux moyens d'échanges ont été créés.

Ainsi, en terme de pauvreté, les prévisions de Malthus ne se vérifient pas non plus. La population est passée de 2 milliards d'habitants en 1960 à 6 milliards à l'aube de l'an 2000 alors que dans le même temps la proportion de personnes souffrant de malnutrition est passé de 66% à 14% (2 milliards en 1960, 800 millions en 2000).

Mais, vous allez me dire, pourquoi citer Malthus alors que l'histoire lui a donné tort ?
Car ses théories de limitation de l'accroissement de la population ont été officiellement appliquées dans certains pays d'Asie, comme la Chine ou le Viêt Nam. Ces essais continuent d'être décriés suite, entre autres, à leur impact négatif sur l'évolution de la proportion de femmes et d'hommes.

Malthus et sa théorie de maitrise de la croissance démographique rencontrent aussi un certain écho et sont portées en Suisse par l'association Ecopop depuis une trentaine d'années. Cette association porte les questions de démographie depuis les échecs des brunes initiatives Schwarzenbach. Leurs idées sont sur le devant de la scène suite au dépôt, en nov.2012, de l'initiative « Halte à la surpopulation- oui à la préservation durable des ressources naturelles », prochainement soumise au vote populaire.

Cette initiative défend deux mesures censées préserver les ressources naturelles. La première, dans le but de limiter l'accroissement de la population, stipule que le solde migratoire annuel ne doit plus dépasser 0.2%. Cela équivaut à diviser par cinq le nombre de personnes venant s'installer en Suisse chaque année, en passant d'environ 70'000 à 15'000 personnes.

Cette mesure prétend protéger les ressources naturelles sans toutefois oser s'attaquer au vrai problème : notre impact sur l'environnement par tête d'habitant bien trop élevé. Si chaque habitant de la Terre consommait comme un suisse moyen, il nous faudrait 3 planètes pour subvenir à nos besoins globaux. Il est question de mode de vie et de politique publique, et non d'immigration.

Si ils sont sincères, les initiants devraient aller au bout de leur raisonnement et oser demander la réduction par deux de la population présente dans notre pays. On voit bien le non-sens de leur approche qui pourtant souligne des problématiques sérieuses.

La deuxième mesure veut financer, à travers la coopération internationale, des programmes de planification familiale. Cette mesure, comme la première d'ailleurs, me choque profondément. Les initiants nous font croire que le manque de ressources serait de la responsabilité des habitants des pays du Sud et de leur démographie trop importante alors que l'impact écologique moyen y est bien plus faible qu'en Suisse.

De plus, étant actif dans la coopération internationale depuis quelques années, je peux vous dire qu'Ecopop se trompe en liant de la sorte démographie et pauvreté. Au contraire, l'accès aux soins, à l'éducation et à un minimum de confort a tendance à faire baisser le taux de fécondité.

Bref, la planification familiale n'a rien d'une solution et le budget de la coopération doit être efficacement utilisé, dans les domaines de l'éducation, de la santé ou de soutien à des projets de petites entreprises.

Selon l'association Ecopop, la solution serait simplement de limiter drastiquement l'immigration en Suisse et de contrôler la natalité des pays du Sud. Sans toucher mot des réformes nécessaires en matière d'aménagement du territoire, au niveau de la fiscalité, des milliers de nouvelles villas individuelles construites chaque année, de l'agriculture ou encore de notre consommation d'énergie encore bien trop élevée. Ces problématiques nécessitent des politiques globales et volontaristes auxquelles les Verts s'attellent depuis 30 ans. Il est bien sûr plus simple de poser un chiffre sur l'immigration et de faire croire que ces problèmes en seraient résolus.

Pour finir, les initiants veulent nous faire croire que leur initiative est une solution écologiste à la problématique des ressources et de notre impact sur l'environnement. Ils se trompent totalement et je réfute ce lien fait entre ce projet nationaliste et les mouvements se réclamant de l'écologie politique.

Historiquement, le mouvement écologiste a toujours été à la pointe de l'engagement pour la solidarité internationale et il trouve en partie son origine dans les mouvements anti-impérialistes de par le monde. Contre la guerre du Vietnam, l'invasion en Afghanistan, la répression à Pékin, la solidarité avec les peuples en lutte ou encore l'engagement pour les droits des réfugiés.

Au niveau suisse, nous nous engageons avec force pour une Suisse ouverte et solidaire, dans les parlements et dans la rue. Pour une Suisse qui ne scinde pas des familles en limitant leur regroupement. Celle qui ne menace pas les droits fondamentaux des centaines de milliers de concitoyens sans passeport à croix blanche. Celle qui se remémore les années Schwarzenbach et fera tout pour empêcher le retour de statut de saisonnier. Celle qui, enfin, reconnait la contribution essentielle et historique des immigrés au bien-être commun, à la qualité de vie et au vivre-ensemble.

Hélas, cette Suisse là est de plus en plus menacée et elle se voit, une nouvelle fois, attaquée. Il est de notre responsabilité, nous écologistes, de nous engager pour que ce projet brunâtre qui mêle malthusianisme et politique néocoloniale soit balayé démocratiquement !


19/11/2013

Ne participons plus à Frontex !

Avec les Jeunes Verts Suisse, nous avons lancé aujourd'hui à 13h une campagne visant à cesser la participation de la Suisse à l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.
Pour ce faire, chacun peut aller sur notre site et y envoyer une lettre à la Conseillère Fédérale Sommaruga et à Mario Gattiker, chef de l'ODM.
 

Pour participer : http://www.jeunesverts.ch/frontex/ 

C'est l'affaire de 2 minutes, partagez le lien dans vos cercles !
 

Pour une politique d'asile responsable et humaniste. 
 

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La lettre : 

Chère Madame Sommaruga
Cher Monsieur Gattiker

Il y a quelques semaines, l'indignation suscitée par le décès tragique de centaines de réfugiés au large de Lampedusa laissait espérer un changement dans la politique d'asile de l'UE et de ses partenaires à travers le continent européen. L'espoir demeurait que les politiciennes et les politiciens de toute l'Europe se battraient finalement ensemble et, face aux tragédies sans fin, décideraient de se prononcer pour un cap libéral. Rien ne s'est passé.
La Suisse en est aussi responsable. La récente suppression des procédures d'asile aux ambassades pousse encore plus de personnes à tenter d'atteindre l'Europe par bateau pour accéder à un meilleur avenir. En plus, la Suisse participe financièrement et au niveau opérationnel au programme Frontex. Cette agence est directement responsable du fait que l'Europe devient de plus en plus clairement une forteresse.

Les méthodes utilisées par Frontex pour lutter contre les embarcations de réfugiés sont plus que douteuses. En 2008, le chef des secours de la police militaire italienne de Rome, Saverio Manozzi, déclarait à Amnesty International : « Lors de rencontres officielles […] Face aux immigrants illégaux, la défense consiste à aller à bord des bateaux afin de saisir les provisions et le carburant pour qu'ils soient obligés de continuer leur route dans ces conditions ou, et c'est mieux, de faire demi-tour. »

Cette politique occulte cependant un élément : La migration est un fait. Peu importe les lois promulguées par la Suisse ou l'UE et ses États Membres – cela ne change pas les conditions difficiles dans certaines parties du monde. Et cela nous concerne tous ! En particulier en Suisse, où nous profitons plus que d'autres pays de la globalisation économique et où, dans notre faste consommation, nous oublions parfois qu'en dehors de ce petit pays des souffrances incroyables sont courantes.
Les migrations ont toujours eu lieu et elles existeront toujours. La question est simplement : comment l'abordons-nous ?

Madame Sommaruga, Monsieur Gattiker, nous vous le demandons instamment : la Suisse ne doit plus participer à l'Europe de l'isolation. Nous avons besoin d'une globalisation qui soit bénéfique à toutes et tous, pas seulement à quelques-uns.

Ainsi, stoppez la participation tant financière qu'opérationnelle de la Suisse à Frontex. Un pays qui se réfère en permanence à sa tradition humanitaire ne peut pas collaborer main dans la main avec de telles agences.

Merci beaucoup pour votre attention et cordiales salutations

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02/09/2013

Syrie : soyons du bon côté de l'Histoire

Je partage ici l'article d'une amie et camarade d'origine syrienne à propos des derniers événements de Syrie. Réfléchissons à notre responsabilité historique...

 


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Vous êtes nombreux à manifester en masse à tous les coins de rues à travers le monde depuis l'annonce d'une possible intervention internationale en Syrie, et quand je vous y vois tous, j'ai envie de hurler...!
Où étiez-vous quand le régime syrien torturait des enfants de 10 ans, pour finir par renvoyer leurs corps en morceaux à leurs parents ? Où étiez-vous quand il a répondu aux manifestations pacifiques et aux demandes de réformes à coups de snipers et de tanks ?
Où étiez-vous quand il a commencé à bombarder volontairement les zones civiles ? Et au lancement du premier missile balistique, d'une puissance telle qu'il a réduit à néant tout un bloc d'immeubles? Avez-vous réagi aux massacres à l'arme blanche, quand les milices du régime exterminaient la population d'un quartier entier, massacres qu'on pourrait qualifier de nettoyages ethniques ?
Et où étiez-vous quand, le 21 août 2013, le régime Assad a gazé la population d'Al Ghouta, lançant une trentaine de missiles, faisant plus de 1500 morts et 10'000 blessés dont plus d'un tiers d'enfants ?


J'étais, moi, dans les rues à dénoncer le régime syrien et l'indifférence de la communauté internationale et je peux vous assurer les syriens s'y trouvaient seuls. Quel droit avez-vous dès lors de protester contre une intervention en Syrie ? N'y avait-il pas déjà une "guerre" en Syrie ? Il fallait vous insurger avant!


On ne veut pas voir d'intervention internationale en Syrie, alors que l'Iran et le Hezbollah y ont mis les pieds depuis des lustres, travaillant main dans la main avec le régime. On critique l'impérialisme américain mais quand il s'agit de l'armement du régime syrien par les russes, on ne pipe mot. De fait, la réponse internationale a été longtemps attendue, en vain.


Une intervention aurait été, à l'époque, très facile à mettre en place, et déjà légitime. Dès le début du soulèvement la réponse du régime aux demandes du peuple a été plus que démesurée. On ne tire pas à balle réelle sur des manifestants, on ne sort pas les tanks. Se débarrasser du régime aurait été à la fois facile et justifié. Quelques mois plus tard, on aurait eu besoin de couloirs humanitaires et d'une zone d'exclusion aérienne. Il aurait fallu armer les rebelles (alias: des déserteurs et des civils) afin qu'ils puissent se défendre contre le régime à armes égales. Cela aurait probablement suffi à mettre fin au bain de sang. Mais ça n'était pas dans les intérêts des Etats-Unis. Ils soutenaient, et soutiennent encore, les intérêts d'Israël, qui eux correspondent a un affaiblissement de la Syrie. C'est à dire ni opposition ni régime, mais bien le conflit. En étudiant les arrivées d'armes a l'opposition, on découvre qu'elles ne se font qu'au compte-goutte, et dépendent de l'évolution de la situation sur le terrain, sans doute pour garder un équilibre vital au prolongement du conflit. (Beaucoup des armes promises et tant attendues ne sont du reste jamais arrivées).


Puis, presque deux ans après le début du conflit, les brigades islamistes ont débarqué, officiellement affiliées a Al-Qaïda. La communauté internationale les a alors utilisées comme excuse pour ne plus intervenir dans les affaires syriennes de peur d'armer les "mauvais rebelles". Il a ensuite été prouvé que ces milices étaient en fait financées par le régime syrien.


Pour en revenir à la-dite intervention à venir, sachez qui ni l'ONU ni les Etats-Unis n'interviendraient s'ils avaient le choix. Personne n'a d'intérêt aujourd'hui à une intervention importante en Syrie, sinon elle aurait déjà eu lieu et le conflit aurait pris fin. La vérité c'est qu'ils ne l'ont pas, ce choix. Parce que, s'ils n'interviennent pas maintenant, alors les conventions de Genève et le Protocole de Genève interdisant l'usage des armes chimiques ne sont que des mots vides de sens auxquels les gouvernements n'ont aucune obligation de se tenir.


Mais ne vous méprenez pas, ces frappes aériennes ne sont pas faites pour aider l'opposition, elles ne changeront en rien le rapport de force actuel. Elles ont pour unique but de punir le vilain garçon qui a poussé le bouchon (la ligne rouge en l’occurrence) trop loin. C'est la raison pour laquelle la liste des cibles avait été communiquée, pour éviter un risque de réponse sur Israël, risque que personne n'oserait prendre. Risque d'ailleurs bien réel puisque le Hezbollah a annoncé en retirant ses troupes que si les frappes modifiaient un tant soit peu l'équilibre de la situation, ils déclareraient la guerre à Israël. On remarquera aussi que le massacre en question a eu lieu il y a déjà deux semaines, et que les acteurs comme l'Angleterre se retirent peu à peu. Alors que les frappes se font attendre la probabilité d'une intervention diminue chaque jour.


Dormez donc sur vos deux oreilles, il n'y aura pas plus de guerre en Syrie qu'il n'y en a déjà , éventuellement quelques frappes sanguinaires de plus. Mais s'il y a une chose dont vous pouvez être sûrs, c'est que, quoi qu'il arrive, la seule victime de l'histoire sera le peuple syrien, et que c'est bien le seul qui n'y a pas son mot à dire.

Leila Sibai
FemmeS pour la Démocratie

20/07/2013

L'UDC et la lutte pour la démocratie

L'histoire est la matière m'ayant toujours le plus intéressé et reste un domaine que j'apprécie énormement étudier, analyser, détailler pour "comprendre" les évenements passés et, dans la mesure du possible, mieux percevoir le présent et construire le futur. 

L'histoire doit être analysée en détail, maniée avec des pincettes, tout en nuance. Ses conséquences et les enjeux qui lui sont liés sont tels qu'ils nous dépassent bien souvent. Hier, le président de la Confédération, l'UDC Ueli Maurer, a été dépassé par l'Histoire. Largement dépassé, une fois de plus. Rien d'étonnant. 
Suite à une question sur le risque que sa visite d'une division blindée chinoise soit reprise à des fins de propagande, alors que l'armée "a tiré sur le peuple et réprimé le mouvement démocratique dans le sang", le président de la Confédération Ueli Maurer a répondu: "je pense que nous pouvons tirer un trait sur cette affaire depuis longtemps". 

La référence, dans la question, aux massacres de la place Tian'anmen est limpide, même pour quelqu'un souvent dépassé par le sens de l'Histoire. La réponse l'est tout autant et montre, une nouvelle fois, le vrai visage de l'UDC. Il ne peut donc pas se plaindre d'avoir été piegé ou de n'avoir pas compris la question, de surcroit, posée en suisse-allemand. 
Ces propos sont inadmissibles, scandaleux et honteux de la part du président de la confédération. Je ne crois pas à une réponse malencontreuse, à une erreur ou à une faute politique. Ueli Maurer pense ce qu'il a dit, pas sûr qu'il soit prêt à l'assumer.

Plus rien ne m'étonne de la part de l'ancien président de l'UDC Suisse. Il a affiché son soutien et son lien amical aux autorités israéliennes à de nombreuses occasions. Il s'est affiché ouvertement comme l'ami de Netanyahu et du génocidaire Ehoud Barak. La signature d'un accord de coopération militaire avec Israël en marge du forum économique mondial en janvier dernier est la dernière en date. 

Un accord signé avec un régime pratiquant l'Apartheid à l'interne (Arabes israéliens) et la colonisation à l'externe. Un régime enlevant et torturant des enfants palestiniens. Un régime bombardant des civils et isolant Gaza depuis plus de 4 longues années. Un régime bloquant les paiements dûes à l'Autorité Palestinienne. 
Rien d'étonnant, hélas, de la part de l'UDC Ueli Maurer. Son parti ayant toujours soutenu les régimes les plus autoritaires. Souvenez-vous du gouvernement segrégationniste d'Afrique du Sud, soutenu ouvertement, face à l'ANC du terroriste Mandela. Blocher, ainsi que son collègue PLR Merz, était dans le coup, pas étonnant que Maurer poursuive son combat politique, en faveur de la xénophobie d'État. 

Certains politiciens devraient sérieusement penser à tirer un trait...sur leur engagement politique !

 

178334983_zoom945.jpgUeli Maurer passe en revue une division blindée de l'armée chinoise
 

 

10/05/2013

Des mesures indignes de la Suisse

Le 2 mai dernier, les Églises chrétiennes ont rejeté les durcissements prévus par les mesures urgentes de la loi sur l'asile. Lors d'une conférence de presse au centre pour requérants d'asile de Köniz, elles ont affirmé leur opposition commune à cette révision, ne pouvant se taire lorsque "l'humanité est en jeu". 
Martin Werlen, 
Abbé d'Einsiedeln et intervenant en tant que représentant de la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses, résume très bien, par ces quelques mots, le climat "de peur" , tout aussi réelle qu'artificiel, qui règne dans notre pays : "
Les requérants d’asile ne sont pas un problème, mais ils ont un problème."

Cette solidarité des Églises s'ajoute aux nombreux autres soutiens, tant politiques qu'institutionnels : les femmes PDC, les Jeunes démocrates-chrétiens vaudois et genevois ainsi que les sections PDC des cantons de Genève et Vaud se sont prononcés contre la révision, à de larges majorités. De plus, bon nombre d'écrivains, médecins et juristes ont exprimé leurs critiques face à ces durcissements du droit d'asile. Ainsi, une liste de soutien "bourgeois" a été créée et rassemble déjà des personnalités importantes.¹  

Les critiques et incompréhensions exprimées concernent des mesures inadamissibles : fin des procédures aux ambassades, non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile et déni des droits de recours. Les deux premières s'attaquant aux réfugiés les plus menacés et, la troisième, bafouant l'équité des procédures juridiques. Même aux seins des partis pro-révision, ces mesures choquent  passablement et sont considérées comme indignes d'un pays comme le nôtre !

Ces soutiens et ces réserves internes sont aussi, à mon avis, l'expression de la Suisse d'Henry Dunant, cette Suisse humaniste, celle des Conventions de Genève, à l'oreille attentive et, historiquement, ouverte sur le monde. Celle qui doit combattre cette révision, se faire entendre le 9 juin prochain et tout faire pour aider à construire, ensemble, un pays solidaire, conscient de ses choix et actif positivement sur la scène internationale. La lutte sera longue, mais ensemble, nous y arriverons. 

Ces prochaines semaines, et ce au moyen d'actions de terrain, de stands et d'interventions lors de conférences, nous allons entrer dans le cœur de la révision afin d'informer la population des drames humains qui risquent de se jouer selon notre décision, dans l'urne

 

 1 : http://www.grundwerte-appell.ch/

toutelarichesse.jpg

02/05/2013

L'équité des procédures est bafouée !


La semaine passée, un comité bourgeois de soutien aux modifications de la loi sur l'asile a lancé la campagne pro-révision. Regroupant des élu-e-s du PLR, du PBD, du PDC ou encore des Verts'libéraux, il a commencé sa campagne par des 
mensonges, donnant ainsi un aperçu de la tactique que les pro-révision utiliseront pendant la campagne. 

Je désire ici apporter quelques précisions, de la substance et, je l'espère, un peu de clarté quant aux enjeux de cette révision. D'autres articles plus détaillés suivront.

Il n'est clairement pas normal qu'un requérant doive attendre plus d'une année avant que sa procédure touche à son terme. Cependant, dans cette révision, la seule accélération concrète et chiffrée des procédures touche au droit de recours. Dans le cadre des procédures tests, il peut être réduit de 30 à 10 jours. Et, sachant qu'une part importante des recours déposés au TAF aboutissent, cette mesure vise à les limiter pour pouvoir refouler plus de requérants, quelque soit la raison de leur venue. L'équité des procédures est ouvertement bafouée.

Martin Landolt (PBD/GL) affirme ensuite que les honnêtes demandeurs d'asile tirent profit de cette révision. Sa déclaration est malhonnête : Il oublie que la suppression de la désertion comme motif d'asile précarise le sort des déserteurs érythréens en ne leur accordant plus qu'un permis provisoire au lieu d'une autorisation de séjour. 
En regard du droit international, notre pays ne pourra, heureusement, pas renvoyer ces déserteurs et décide, malgré les critiques du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), de précariser la situation de ceux qui refusent de tuer.

Enfin, Isabelle Moret (PLR/VD) souligne que « la Suisse était le seul État européen à reconnaitre encore cette voie » de la procédure aux ambassades. Cela n'a rien d'un argument. Cette procédure mais elle concernait un faible pourcentage des réfugiés accueillis, à qui la Suisse a offert sa protection, conformément à sa tradition humanitaire (2572 personnes accueillies depuis 1980). Sans cette procédure, Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de ces personnes menacées...


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