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21/05/2013

Intérêt des jeunes pour la politique, une réflexion à mener !


La Suisse a de nombreuses particularités : sa « neutralité », ses langues et cultures différentes, son sens du travail ou encore son système de démocratie directe. Concernant ce dernier point, qui étonne, fascine ou rend sceptique l
es pays qui nous entourent, j'aimerai souligner brièvement quelques unes de ses forces, et faiblesses. 

Les outils de l'initiative populaire et du référendum permettent de (re)lancer des idées dans le débat public ou de contester une décision du parlement, choses indispensables pour le fonctionnement démocratique (mesures "urgentes" mises à part...). Le défaut principal de notre démocratie directe est qu'elle dépend fortement de la participation de la population aux nombreux scrutins. C'est ici qu'il nous faut trouver un bon équilibre : à force d'être trop sollicité (plusieurs fois sur le même objet p.ex.), une partie de l'électorat se désintéresse de la politique et diminue ainsi la légitimité des décisions populaires. 

Je mettrai ici le point sur un élément qui me tient particulièrement à cœur : la participation et l'engagement des jeunes. Ces dernières années, la participation des 18-29 ans est en constante diminution, tant aux élections qu'aux votations populaires. Cette baisse générale de la participation à la politique m'inquiète par bien des aspects : résultats ne représentant plus l'ensemble de la population, risque de « perte » d'une génération ou le fait que de nombreuses décisions ne prennent pas en compte les intérêts d'une partie de la population.

Je ne vais pas m'attarder ici sur les causes et les conséquences de cette faible participation mais compte plutôt lancer le débat sur ce que nous, jeunes engagés en politique, pouvons faire, ensemble, pour contrecarrer cette tendance générale.

Il convient aussi de souligner le fort engagement d'une multitude de jeunes en politique. Les dernières campagnes, et celles à venir, montrent bien cet engagement, dans le cadre de la campagne contre la révision de la loi sur l'asile, co-lancée par les Jeunes Verts, la campagne 1:12, l'initiative contre la spéculation alimentaire de la jeunesse socialiste ainsi que lors des élections cantonales. De plus, de nombreux jeunes romands, à gauche comme à droite, occupent des postes à responsabilité au sein des partis cantonaux ou nationaux, avec passion et engagement.

Le but de ce court article est de commencer une réflexion quant aux moyens de sensibilisation des jeunes à l'importance de la politique, en les incitant à voter et à s'engager, et ce par de jeunes politicien-ne-s. De nombreuses initiatives existent et font leurs preuves (parlement de jeunes, session fédérale des jeunes), mais je pense qu'un engagement, sous une forme ou une autre, de la part de jeunes qui le vivent de l'intérieur, peut être intéressant et apporter sa pierre à l'édifice.

Se pose la question de la forme : stands communs ? conférence/débats dans les écoles/gymnases ? Campagne romande ? Idées plus originales ? Toutes vos idées sont les bienvenues.

Plus les partis de jeunes intéressés par l'idée seront nombreux, plus nous pourrons réaliser une action efficace, au niveau cantonal et/ou romand.

Le débat est ouvert, à nous de trouver les bons moyens d'entretenir une participation représentative des jeunes, sous peine de voir une génération entière se désintéresser de la politique sur le long terme. 

Au plaisir de vous lire et d'en discuter avec vous toutes et tous. Merci pour votre engagement !
 

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Session fédérale des jeunes

26/03/2013

Défendre le droit d'asile : la campagne est lancée !

 63'666 signatures, on l'a fait !
Les modifications de la loi sur l'asile votées par le parlement en septembre de l'année passée seront soumises au peuple le 9 juin prochain. En effet, le référendum contre les durcissements du droit d'asile a abouti avec plus de 63'000 signatures valables déposées à la chancellerie fédérale en janvier. Une première étape rondement menée, à tous les niveaux !

La relative facilité avec laquelle les paraphes ont été réunies indique clairement qu'une partie de la population s'oppose à ces mesures et se rend compte qu'elles ne serviront qu'à précariser ceux qui ont le plus besoin de l'aide de la Suisse, déserteurs et réfugiés politiques en tête. Ceux dont notre pays se veut, à travers ses engagements internationaux et sa tradition humanitaire, le grand défenseur.

Dans cette optique, la deuxième étape a commencé, avec le lancement de la campagne référendaire au niveau national et dans les régions. Les Jeunes Vert-e-s suisse y jouent un rôle important, comme nous l'avons fait tout au long de la récolte de signatures. Au niveau romand, une coordination a d'ores et déjà été créée avec des représentants des différents cantons, partis et organisations, comptant elle aussi une présence verte, jeune et moins jeune.

La question du but de la campagne se pose : Nous voulons convaincre un maximum de citoyens de l'inefficacité de ces mesures de durcissement et des dégâts humains qu'elles vont engendrer. En effet, ces restrictions ne rendent pas la Suisse « moins attractive », mais coupable de graves restrictions en matière d'aide aux réfugiés (Voir le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés1). Le but, plus large, est la mobilisation des opposants à cette révision afin de s'organiser en vue des prochaines échéances dans le domaine du droit d'asile (2ème paquet de révisions, initiative contre la discrimination et camps pour y enfermer les requérants récalcitrants).

Certains, en particulier dans les médias, se demandent comment la campagne sera menée sachant que notre budget risque d'être relativement faible. Nous serons inventifs et très actifs, comme nous l'avons été pendant la récolte de signatures, avec à la clé, une première étape réussi, malgré les doutes de certains. Et, n'oublions pas que nous sommes nombreux, motivés et avons derrière nous un soutien non négligeable (plus de 60'000 signataires) dans différentes régions du pays. Pendant cette campagne, l'engagement de terrain et les idées originales seront nos meilleurs alliés pour convaincre largement.

Ainsi, en terme d'engagement, les jeunes vert-e-s vaudois sont actifs à tous les niveaux de la campagne. Ainsi, nous faisons partie de la coordination vaudoise, de la coordination romande et nous nous rendons aux réunions nationales afin, entre autres, d'y représenter la romandie.

Cette présence aux différents échelons de la campagne est indispensable pour mieux coordonner les actions de terrain, communiquer entre les coordinations et construire ainsi une campagne globale et cohérente des deux côtés de la Sarine, de Genève à Saint-Gall.

Pour la campagne de terrain, nous avons besoin d'aide, en matière d'idées, de présence sur les stands, d'organisation politique et d'engagement en général. Contactez-nous si vous êtes motivés à participer à cette aventure de 3 mois, pour le droit d'asile, que ce soit dans le cadre d'une action ponctuelle ou à plus long terme, vous êtes les bienvenu-e-s !

Il faut voir cette campagne comme le début d'un engagement national plus global dans la défense du droit d'asile, des réfugiés et des requérants d'asile. Peu importe le résultat du 9 juin prochain, nous serons, suite à cette campagne, organisés, motivés et prêts à mener les prochains combats politiques difficiles qui s'annoncent ces prochaines années.

Finalement, attardons-nous quelques instants sur les conséquences possibles et probables de ces durcissements du droit d'asile et, permettons-nous une pensée de solidarité envers les déserteurs érythréens clairement visés par ces durcissements et gravement menacés dans leur pays. Une pensée amicale à toutes celles et ceux qui se battent aux quatre coins du monde pour la démocratie, la liberté et la justice, malgré les risques qu'ils encourent, difficilement imaginables dans notre démocratie parlementaire. Bravo à vous toutes et tous pour votre courage, et sachez qu'en défendant le droit d'asile en Suisse, nous sommes à vos côtés dans la lutte !

(article paru dans OuVERTure en mars 2013, le journal des jeunes vert-e-s romand-e-s)

1http://www.unhcr.ch/droit/droit-dasile-suisse.html?L=1 (2ème prise de position).

 

Pour participer à la campagne : Site de stopexclusion (Rubrique "Dans votre canton")

  

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07/03/2013

Faire la fête, un projet politique ?

Les établissements genevois menacés de fermeture dès minuit ont obtenu leur dérogation d'ouverture prolongée au-delà de l'heure tant redoutée. Le Service du commerce a en effet estimé qu'ils ont depuis "fourni des garanties concrètes pour lutter contre les nuisances sonores". Parmi ces mesures, l'engagement de chuchoteurs a du être jugée positive par les autorités. 

Pour ma part, j'apprécie que des solutions constructives aient été trouvées, malgré le couac lors de l'annonce aux bistrotiers, alors en pleine discussion avec la Ville au sujet de la lutte contre le bruit. 

Ce problème "résolu", je me pose plutôt des questions sur l'engagement des partis de jeunes et sur les priorités de la jeunesse. En terme d'engagement, il est difficile et inintéressant d'en juger de manière généralisée. Je ne m'aventure pas trop en affirmant qu'on entend peu certains d'entre eux. Cependant, la mobilisation de ces partis a eu lieu contre la fermeture de ces 28 bars du bout du lac. Le thème est, il est vrai, bien plus porteur chez les jeunes que la libéralisation des horaires de travail ou l'élévation de l'âge de la retraite des femmes...

Cette mobilisation, que je respecte, m'a néanmoins fait bien sourire. Le fait que des jeunes se soient mobilisés ne m'étonne pas et me paraît assez normal. Cependant, en tant que jeunes partis politiques, n'avons-nous pas d'autres thèmes à défendre et à proposer à la jeunesse ?

Nous nous plaignons souvent du manque de place accordée à la jeunesse dans la société, dans la politique ou dans les médias. Cela n'est pas étonnant quand on se profile, le plus souvent, sur des thèmes "stéréotypé jeunesse". À quand une manifestation de la jeunesse en soutien aux sans-papiers ? Pour revendiquer un salaire minimal et une réelle égalité salariale hommes/femmes? En opposition à l'augmentation des taxes d'études ?

Le rôle des partis de jeunes est là : développer une vison et un projet global pour la société dans son ensemble, jeunes compris. Toutefois, à quoi bon risquer d'opposer encore plus les jeunes aux vieux, les chômeurs aux actifs professionnellement ou les étudiants aux apprentis. 

Je terminerai ce "coup de gueule" en mentionnant, au risque de paraître moralisateur, quelques uns des défis urgents et luttes qui nous attendent, nous la génération du Game Boy et des plats prêts à consommer.

Nous allons au devant d'une impasse énergétique globale, dont nous nous devons d'entreprendre le tournant dès maintenant. Notre pays accepte d'enfermer des gens innocents, en attente de renvoi forcé et risqué sans que la population ne s'en égosille réellement. On se dirige vers une société où les magasins se doivent d'être ouvrir en permanence, au détriment des employés et de notre environnement. Les multinationales irresponsables et criminelles continuent d'avoir pignon sur rue sans être inquiétées par la justice. L'armement mondial continue d'augmenter, la Suisse refait aussi son arsenal à des coûts exorbitants. Les inégalités augmentent, notre pays comptant plus de 200'000 working poors (500'000 personnes concernées au total).  


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26/01/2013

La politique d'asile à la merci des charognes électoralistes

 En septembre, l'assemblée fédérale a modifié, une fois de plus, la loi fédérale sur l'asile. L'idée de base, partagée par beaucoup, est de mettre en place les outils nécessaires à une politique d'asile plus efficace et plus rapide. En effet, tout le monde est d'accord pour dire qu'il n'est pas souhaitable qu'un requérant doive attendre plus d'une année avant d'être fixé sur son sort et, parfois, sur celui de sa famille. 

Cependant, le parlement considère la loi sur l'asile comme un outil de régulation et de dissuasion, et non comme un cadre clair, efficace et humain. Ce qu'elle devrait être. Les parlementaires ne le conçoivent pas, mais leur travail n'est pas de décider à la place des exécutifs, cantonaux en particulier. Quand un législatif veut faire le travail d'un éxecutif, c'est l'échec assuré. Ce ne sont pas les ministres cantonaux qui me contrediront...

Ainsi, ces décisions, qui ont été suivis par d'autres, vont de l'aberrante suppression de la possibilité de déposer une demande d'asile en ambassade à la non-reconnaissance du statut de déserteur comme motif d'asile en passant par la carte blanche donnée au conseil fédéral pour des "phases de test" dans les trois prochaines années. 

A ces trois mesures assez médiatisées, relayées et discutées, ajoutons celle qui a vu les élu-e-s se chamailler sur un "vulgaire" adjectif, entre "spéciaux" et "spécifiques". Je fais ici référence aux fameux centres pour requérants récalcitrants, crées par le parlement. Selon les élu-e-s, sont définis comme « récalcitrants », les requérants qui "par leur comportement, portent sensiblement atteinte au fonctionnement des centres d’enregistrement". De plus, la liste établie par les parlementaires laisse pantois : ceux qui se querellent, ceux qui boivent trop, ceux qui ne veulent pas être renvoyés, ceux qui dérangent (!) ou encore ceux qui ne veulent pas adopter nos habitudes de vie. La liste est aberrante, subjective, imprécise, laissant ainsi clairement place à l'arbitraire. Cette subjectivité n'a pas sa place dans une loi !

Le découpage de la loi sur l'asile a continué en décembre et continuera probablement lors des prochaines sessions, quelque soit l'issue du référendum soumis au peuple le 9 juin prochain. D'autres décisions inadmissibles ont été prises depuis, telles que la mise en place d'un entretien obligatoire avant toute procédure d'asile ou l'interdiction d'exercer des activités politiques ou militantes soumise aux requérants d'asile. Ces mesures ne serviront qu'à augmenter le nombre de déboutés (d'office), pousser à la criminalité et élargir le fossé séparant déjà les requérants de la société suisse. 

En matière de distanciation des requérants de la population, le canton des Grisons a fait fort : il a mis en place, il y a plus de 3 ans, un centre pour les requérants dits "récalcitrants". Enfin, un centre serait trop dire, il s'agit de cinq containers de 12 mètres carrés posés sur un terrain interdit d'accès aux personnes non autorisées.

Reprenons ici quelques éléments mis en évidence par le Courrier dans ce "Minimalzentrum" de la Waldau, situé à 1300 mètres d'altitude et 20 kilomètres au sud de Vaduz (article ci-dessous). Les requérants y reçoivent une aide d'urgence de 7 francs par jour, ne bénéficie d'aucune surveillance et y sont livrés à eux même. Un résident a déjà mis le feu au centre, avant qu'on daigne y installer un extincteur, et les portes des containers ne peuvent point être fermées, pas même de l'intérieur... 

Suite aux durcissements du parlement, la politique grisonne en matière d'asile risque bien d'être reprise dans d'autres cantons. Ou d'en inspirer plus d'un. C'est, apparemment, le cas du canton de Vaud qui, dans le cadre d'un projet de durcissement de l'aide d'urgence (pas encore assez dure selon certains...), a envoyé ses hauts fonctionnaires dans les Grisons pour y étudier leur « gestion » des requérants dits récalcitrants. Ainsi, selon ces touristes de l'asile, l'intérêt pour ce type de centres existe et est étudié. Ainsi, les contreforts du Jura seraient une piste pour y installer un centre pour requérants déboutés. L'aide d'urgence, des centres éloignés des habitants, du village le plus proche et de tout rapport social, ainsi sera fait le quotidien qui attend les requérants récalcitrants. Dans le respect, évident, des Conventions de Genève, cela va de soi...

 

L'exemple grison vu par le Courrier : Laboratoire de la désintégration

Commande de la brochure de Vivre Ensemble : Commande Brochure

Brochure à consulter ici (en PDF) : Brochure Vivre Ensemble

page facebook contre les centres spéciaux : Enfermez-nous avec !


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24/12/2012

La toxicomanie n'est pas un crime, c'est une maladie !

Un mur, un long mur infranchissable. Séparant deux pays intimement liés, tant au niveau historique que culturel, il empêche, en partie, le passage d'immigrants vers l'eldorado nord-américain. Haut de cinq mètres, large d'une quarantaine de mètres et patrouillé par des "milices" armées, il fait aussi partie intégrale de la lutte contre les trafiquants de drogue misant sur un marché libre de millions de consommateurs potentiels.

L'échec de cette politique répressive saute aux yeux depuis quelques temps déjà, mais un élément "comique" vient renforcer ce constat : des trafiquants de drogue mexicains ont utilisé...un canon à air comprimé (!) pour expédier leurs livraisons de plusieurs kilogrammes plus au Nord malgré le mur et ses coûts exorbitants.

L'anecdote fait sourire et montre surtout le coup d'avance qu'ont et auront toujours les trafiquants, pirates informatiques et autres terroristes en tout genre pour mener leurs actions. Dans le cas du trafic de drogue et de ses implications, intéressons-nous d'abord à la politique des drogues en vigueur dans la plupart des pays depuis plus d'une cinquantaine d'années.

En 1961, les Nations, sous l'impulsion des États-Unis, ont ratifié la "convention unique sur les stupéfiants" prônant une prohibition mondiale des drogues, qu'elles soient dures ou "douces". Deux autres conventions internationales suivront, en 1971 et 1988. Suivra la tristement fameuse "War on drugs" prise à bras le corps par le républicain Richard Nixon dès 1969, en plein massacre vietnamien. Le monde assiste alors à des idées oh combien brillantes et originales comme celle de fouiller chaque voiture en provenance du Mexique, afin de lutter contre le trafic de cannabis. Échec opérationnel, mais réussite politique, l'impact dans l'opinion public étant majoritairement positif. Ainsi, la guerre contre la drogue fut durablement installée dans l'agenda et les priorités états-uniennes, politiques et électorales.   

Les impacts de l'exportation de la méthode états-unienne au Mexique et en Colombie illustrent parfaitement l'inefficacité de cette politique des drogues. Les répercussions directes sont bien visibles actuellement : le Mexique est, dans certaines régions, livrés à une influence grandissante des cartels, alors que le peuple colombien est toujours otage d'un conflit dont les intérêts militaires et financiers dépassent largement ses frontières.

Dans le cas de la Colombie, en pleine négociations avec le mouvement des FARCs, la guerre n'a plus aucun sens dès lors que des enfants de la même famille se retrouvent face à face. L'un guérillero, l'autre paramilitaire. Ouvrons les yeux, les intérêts sont tant politiques (tant les révolutionnaires que J.-M. Santos jouent leur avenir politique) que financiers. L'aspect financier est le nerf de la guerre et il relie la Colombie, le Mexique ou le Pérou à l'Europe et aux États-Unis. N'oublions pas que, malgré le zèle idéologique des Nations Unies, la consommation de drogues n'a cessé d'augmenter. Le trafic et la corruption suivant globalement la même tendance, faut-il continuer à miser sur la même politique, répressive à tout-va ? Chercher d'autres pistes ?

Des alternatives existent déjà et ont été mises en place dans certains pays, sans voir affluer aux frontières des hordes de consommateurs réguliers. L'exemple portugais est, par bien des aspects, fort intéressant. Premièrement, il intervient dans un pays conservateur, sortant tant bien que mal de quarante années de dictature. La consommation de drogues y explose alors et va jusqu'à compter 1% d'héroïnomanes dans la population. Puis, en 1998, la décriminalisation de la consommation de drogues y est décidée, pour des raisons dites "humanistes". Consommer des drogues n'est plus un délit criminel, mais une infraction administrative. Le tribunal convoque alors ceux qui sont soupçonnés d'être des dealers et/ou possèdent une dose supérieure à dix jours de consommation. De plus, des commissions de dissuasion des drogues (CDD)  sont mises en place. Les toxicomanes sont ainsi moins victimes de stigmatisation et ont un meilleur accès aux traitements. En somme, les consommateurs ne sont plus considérés comme des criminels, mais comme des malades...

Pas de jalousie à avoir avec la politique courageuse du gouvernement portugais de l'époque, dans notre pays aussi le vent électrisant du changement se fait sentir : Lôzane bouge !              

Incroyable, je vous le jure, le fameux slogan lausannois des années 80 est de retour ! Sauf que, cette fois ci, la jeunesse n'y est pour rien. Ce qui bouge, ce sont les policiers lausannois multipliant les fouilles et les arrestations. En plein jour et aux heures d'affluence, journalistes à l'appui pour témoigner de l'efficacité des politiques aux affaires. Le parti socialiste se veut pragmatique et montre qu'il peut gérer les affaires avec sérieux, tant au gouvernement qu'à l'exécutif lausannois. Il ferait mieux de consulter une camarade comme Ruth Dreifuss, elle aussi aux affaires en son temps. Elle qui a toujours prôné et mis en place une politique intelligente reposant sur quatre piliers, de la prévention, à la répression et régulation du marché en passant par une thérapie adaptée et une réduction des risques.

La politique des drogues concerne bien des aspects de notre vie, de notre mode de vie en particulier. Que dire du stress toujours plus important, de la peur de l'échec ou de la pression mise sur les employés ?

Ma foi, la politique choisie par Lausanne et d'autres exécutifs fera ou ne fera pas ses preuves. D'ici là, je reste persuadé qu'un local d'injection bien géré couplé à une réelle prévention dans les écoles, à propos des risques liés aux drogues et à l'alcool, vaut mieux que des arrestations mensuelles médiatisées qui ne font qu'affirmer une éphémère implication politique. 

La guerre contre la drogue ayant essué de cuisants revers et amené à la perturbation politique de pays entiers sans faire baisser le trafic, la dépénalisation et la légalisation couplées à une prévention intelligente et à un suivi des consommateurs seront, à mon avis, les seules solutions durables pour enrayer le trafic et lutter contre cet important problème de santé publique. L'Histoire nous le dira. 

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La commission sur les drogues où siège Ruth Dreifuss : http://www.globalcommissionondrugs.org/about/ 

Article sur le "canon à drogues" : http://www.tdg.ch/monde/ameriques/canon-air-comprime-expedie-drogue-etatsunis/story/29450679

 

 

13/12/2012

L'indifférence tue le vivre-ensemble

Ces dernières nuits, les températures négatives sont de mise dans la région. Au matin, le gel est visible sur les trottoirs ou les voitures. Et avec le vent, la température ressentie descend encore de quelques degrés. Une situation normale pour un mois de décembre vous allez me dire, même si notre climat n'est plus vraiment dans la norme ces temps. Je ne suis pas météorologue et ceci n'est pas le sujet de la discussion de pendulaire que j'ai eu dans le train avec l'inconnu de la banquette d'en face. 

Il est difficile de s'imaginer dormir dehors par des températures pareilles, et pourtant, chacun de nous a l'occasion, plus ou moins fréquemment, de croiser des gens qui n'ont pas d'autre choix. Cette "occupation" des trottoirs, des bancs publics, des parcs ou des abords de transport (gare, aéroport) ne suscite, c'est le cas de le dire, pas d'émoi collectif. Au contraire, certains ne trouvent pas normal qu'on aide un peu ces gens dont la santé est menacée, et exigent la fermeture des abris PCi qui accueille une partie des non-logés, aberrant !

Ces "faits d'hiver" passent relativement inaperçus, dans une quasi indifférence. Autant pour moi, pas plus tard que ce matin, un journal genevois a publié un article sur un SDF "découvert" dans un quartier cossu de Genève. Preuve qu'il existe encore des humanistes parmi nous, un habitant du quartier s'est soucié de son sort et lui a apporté de quoi se réchauffer quelque peu, tandis que la majorité des gens ignoraient tout bonnement cette homme et sa situation...

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Alors que, et nous le savons, dans bien des situations, un sourire sincère, un regard non condescendant apporte un peu de réconfort. Un bonjour, un café, une poignée de mains, c'est déjà beaucoup ! En cette période de préparation des fêtes, de grands achats, de consumérisme, ne devrait-on pas partager un peu de notre temps et de notre gentillesse autour de nous ?

Cette indifférence gangrène notre société et menace le vivre-ensemble. Plus nous laisserons les riches être placés face aux pauvres, les verts face aux rouges et les suisses face aux moins-suisses, plus la vie sera difficile pour tout le monde. En particulier pour les moins bien lotis. Il est clair qu'il n'est pas simple de construire une société plus égalitaire, plus tolérante et qui laisserait une chance à chacun, mais ce combat politique n'est-il pas plus intéressant que celui qui consiste en des larmoiements perpétuels et en un rejet de tout ce qui est différent et nouveau ?

Les problèmes économiques étant de plus en plus nombreux, il serait facile de mettre la faute sur les étrangers, les frontaliers, les jeunes, les bénéficiaires de l'AI ou les politiciens. Il est de notre devoir citoyen de ne rejeter personne, de construire ensemble des majorités intéressantes en allant voter et, passons le pas, de partager nos expériences personnelles pour apprendre de l'autre. Pour cela, il faut faire l'effort d'aller vers l'autre, vers l'inconnu. Essayons, la vie devient tout de suite plus belle à vivre, pour nous et les générations futures. Ces générations qui, si nous ne stoppons ce rejet grandissant, devront vivre avec les fractures sociales et environnementales que nous créeons maintenant. À nous de nous opposer à cette indifférence grandissante, par tous les moyens...



L'article mentionné au 3ème paragraphe : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/sdf-decouvert-malagnou-dormant-neige/story/14447621