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10/05/2013

Des mesures indignes de la Suisse

Le 2 mai dernier, les Églises chrétiennes ont rejeté les durcissements prévus par les mesures urgentes de la loi sur l'asile. Lors d'une conférence de presse au centre pour requérants d'asile de Köniz, elles ont affirmé leur opposition commune à cette révision, ne pouvant se taire lorsque "l'humanité est en jeu". 
Martin Werlen, 
Abbé d'Einsiedeln et intervenant en tant que représentant de la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses, résume très bien, par ces quelques mots, le climat "de peur" , tout aussi réelle qu'artificiel, qui règne dans notre pays : "
Les requérants d’asile ne sont pas un problème, mais ils ont un problème."

Cette solidarité des Églises s'ajoute aux nombreux autres soutiens, tant politiques qu'institutionnels : les femmes PDC, les Jeunes démocrates-chrétiens vaudois et genevois ainsi que les sections PDC des cantons de Genève et Vaud se sont prononcés contre la révision, à de larges majorités. De plus, bon nombre d'écrivains, médecins et juristes ont exprimé leurs critiques face à ces durcissements du droit d'asile. Ainsi, une liste de soutien "bourgeois" a été créée et rassemble déjà des personnalités importantes.¹  

Les critiques et incompréhensions exprimées concernent des mesures inadamissibles : fin des procédures aux ambassades, non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile et déni des droits de recours. Les deux premières s'attaquant aux réfugiés les plus menacés et, la troisième, bafouant l'équité des procédures juridiques. Même aux seins des partis pro-révision, ces mesures choquent  passablement et sont considérées comme indignes d'un pays comme le nôtre !

Ces soutiens et ces réserves internes sont aussi, à mon avis, l'expression de la Suisse d'Henry Dunant, cette Suisse humaniste, celle des Conventions de Genève, à l'oreille attentive et, historiquement, ouverte sur le monde. Celle qui doit combattre cette révision, se faire entendre le 9 juin prochain et tout faire pour aider à construire, ensemble, un pays solidaire, conscient de ses choix et actif positivement sur la scène internationale. La lutte sera longue, mais ensemble, nous y arriverons. 

Ces prochaines semaines, et ce au moyen d'actions de terrain, de stands et d'interventions lors de conférences, nous allons entrer dans le cœur de la révision afin d'informer la population des drames humains qui risquent de se jouer selon notre décision, dans l'urne

 

 1 : http://www.grundwerte-appell.ch/

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07/03/2013

Faire la fête, un projet politique ?

Les établissements genevois menacés de fermeture dès minuit ont obtenu leur dérogation d'ouverture prolongée au-delà de l'heure tant redoutée. Le Service du commerce a en effet estimé qu'ils ont depuis "fourni des garanties concrètes pour lutter contre les nuisances sonores". Parmi ces mesures, l'engagement de chuchoteurs a du être jugée positive par les autorités. 

Pour ma part, j'apprécie que des solutions constructives aient été trouvées, malgré le couac lors de l'annonce aux bistrotiers, alors en pleine discussion avec la Ville au sujet de la lutte contre le bruit. 

Ce problème "résolu", je me pose plutôt des questions sur l'engagement des partis de jeunes et sur les priorités de la jeunesse. En terme d'engagement, il est difficile et inintéressant d'en juger de manière généralisée. Je ne m'aventure pas trop en affirmant qu'on entend peu certains d'entre eux. Cependant, la mobilisation de ces partis a eu lieu contre la fermeture de ces 28 bars du bout du lac. Le thème est, il est vrai, bien plus porteur chez les jeunes que la libéralisation des horaires de travail ou l'élévation de l'âge de la retraite des femmes...

Cette mobilisation, que je respecte, m'a néanmoins fait bien sourire. Le fait que des jeunes se soient mobilisés ne m'étonne pas et me paraît assez normal. Cependant, en tant que jeunes partis politiques, n'avons-nous pas d'autres thèmes à défendre et à proposer à la jeunesse ?

Nous nous plaignons souvent du manque de place accordée à la jeunesse dans la société, dans la politique ou dans les médias. Cela n'est pas étonnant quand on se profile, le plus souvent, sur des thèmes "stéréotypé jeunesse". À quand une manifestation de la jeunesse en soutien aux sans-papiers ? Pour revendiquer un salaire minimal et une réelle égalité salariale hommes/femmes? En opposition à l'augmentation des taxes d'études ?

Le rôle des partis de jeunes est là : développer une vison et un projet global pour la société dans son ensemble, jeunes compris. Toutefois, à quoi bon risquer d'opposer encore plus les jeunes aux vieux, les chômeurs aux actifs professionnellement ou les étudiants aux apprentis. 

Je terminerai ce "coup de gueule" en mentionnant, au risque de paraître moralisateur, quelques uns des défis urgents et luttes qui nous attendent, nous la génération du Game Boy et des plats prêts à consommer.

Nous allons au devant d'une impasse énergétique globale, dont nous nous devons d'entreprendre le tournant dès maintenant. Notre pays accepte d'enfermer des gens innocents, en attente de renvoi forcé et risqué sans que la population ne s'en égosille réellement. On se dirige vers une société où les magasins se doivent d'être ouvrir en permanence, au détriment des employés et de notre environnement. Les multinationales irresponsables et criminelles continuent d'avoir pignon sur rue sans être inquiétées par la justice. L'armement mondial continue d'augmenter, la Suisse refait aussi son arsenal à des coûts exorbitants. Les inégalités augmentent, notre pays comptant plus de 200'000 working poors (500'000 personnes concernées au total).  


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13/12/2012

L'indifférence tue le vivre-ensemble

Ces dernières nuits, les températures négatives sont de mise dans la région. Au matin, le gel est visible sur les trottoirs ou les voitures. Et avec le vent, la température ressentie descend encore de quelques degrés. Une situation normale pour un mois de décembre vous allez me dire, même si notre climat n'est plus vraiment dans la norme ces temps. Je ne suis pas météorologue et ceci n'est pas le sujet de la discussion de pendulaire que j'ai eu dans le train avec l'inconnu de la banquette d'en face. 

Il est difficile de s'imaginer dormir dehors par des températures pareilles, et pourtant, chacun de nous a l'occasion, plus ou moins fréquemment, de croiser des gens qui n'ont pas d'autre choix. Cette "occupation" des trottoirs, des bancs publics, des parcs ou des abords de transport (gare, aéroport) ne suscite, c'est le cas de le dire, pas d'émoi collectif. Au contraire, certains ne trouvent pas normal qu'on aide un peu ces gens dont la santé est menacée, et exigent la fermeture des abris PCi qui accueille une partie des non-logés, aberrant !

Ces "faits d'hiver" passent relativement inaperçus, dans une quasi indifférence. Autant pour moi, pas plus tard que ce matin, un journal genevois a publié un article sur un SDF "découvert" dans un quartier cossu de Genève. Preuve qu'il existe encore des humanistes parmi nous, un habitant du quartier s'est soucié de son sort et lui a apporté de quoi se réchauffer quelque peu, tandis que la majorité des gens ignoraient tout bonnement cette homme et sa situation...

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Alors que, et nous le savons, dans bien des situations, un sourire sincère, un regard non condescendant apporte un peu de réconfort. Un bonjour, un café, une poignée de mains, c'est déjà beaucoup ! En cette période de préparation des fêtes, de grands achats, de consumérisme, ne devrait-on pas partager un peu de notre temps et de notre gentillesse autour de nous ?

Cette indifférence gangrène notre société et menace le vivre-ensemble. Plus nous laisserons les riches être placés face aux pauvres, les verts face aux rouges et les suisses face aux moins-suisses, plus la vie sera difficile pour tout le monde. En particulier pour les moins bien lotis. Il est clair qu'il n'est pas simple de construire une société plus égalitaire, plus tolérante et qui laisserait une chance à chacun, mais ce combat politique n'est-il pas plus intéressant que celui qui consiste en des larmoiements perpétuels et en un rejet de tout ce qui est différent et nouveau ?

Les problèmes économiques étant de plus en plus nombreux, il serait facile de mettre la faute sur les étrangers, les frontaliers, les jeunes, les bénéficiaires de l'AI ou les politiciens. Il est de notre devoir citoyen de ne rejeter personne, de construire ensemble des majorités intéressantes en allant voter et, passons le pas, de partager nos expériences personnelles pour apprendre de l'autre. Pour cela, il faut faire l'effort d'aller vers l'autre, vers l'inconnu. Essayons, la vie devient tout de suite plus belle à vivre, pour nous et les générations futures. Ces générations qui, si nous ne stoppons ce rejet grandissant, devront vivre avec les fractures sociales et environnementales que nous créeons maintenant. À nous de nous opposer à cette indifférence grandissante, par tous les moyens...



L'article mentionné au 3ème paragraphe : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/sdf-decouvert-malagnou-dormant-neige/story/14447621