UA-88487629-1

25/09/2014

Ils sont prêts à sacrifier les Alpes

En acceptant l'initiative des Alpes, il y a plus de 20 ans maintenant, le peuple suisse a confié à la Confédération la tâche de mieux protéger l'environnement alpin du trafic de transit. Cette initiative était axée sur deux points : la capacité des routes de transit des régions alpines ne peut plus être augmentée,et deuxièmement, le trafic de marchandises à travers les Alpes suisses doit s’effectuer par rail.

Les dispositions transitoires ont ensuite établi que, dans un délai de dix ans suivant l'adoption de l'initiative, le transit des marchandises doit avoir été transféré de la route au rail. Hélas nous sommes loin du but.  

Plus de 1.2 millions de camions traversent nos Alpes chaque année. Même si ce nombre s'est stabilisé grâce à une taxe sur le trafic des poids lourds, l'objectif de 650'000, inscrit

dans la loi, reste bien éloigné. Les nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA) seront terminées d'ici 2017 avec l'ouverture du tunnel de base du Gothard. Même s'il manque encore les outils  nécessaires à sa pleine réussite, le transfert route-rail est enfin en marche.

Au lieu de s'atteler à relever ces défis, le Conseil fédéral a décidé,en juin 2012, de construire un deuxième tunnel routier au Gothard avec, comme prétexte,la nécessité de disposer d'un tunnel routier pendant la durée des travaux que subira le tunnel actuel.

Au lieu de réfléchir à des solutions innovantes pour réaliser ce transfert tout en réaffectant le tunnel routier (plateforme provisoire, bourse du transit alpin), le Conseil fédéral préfère dépenser plusieurs milliards pour construire un tunnel de remplacement. Il n'y a qu'en Suisse où l'on peut imaginer une « solution » pareille. Le parlement lui emboîte le pas. 

Avec un deuxième tube, le nombre de camions en transit augmenterait sensiblement. Le transfert des marchandises sur le rail serait grandement entravé et des projets indispensables dans les agglomérations risquent d'être repoussés.

Pendant la durée des travaux, une offre de substitution par rail doit être mise en place :  entre Göschenen et Airolo pour les voitures, de Bâle à Chiasso pour les camions en transit à travers la Suisse et entre Erstfeld et Biasca pour les poids lourds en trafic interne. En plus d'éviter un chantier inutile, cela créerait des places de travail aux gares de transbordement à Uri et au Tessin. Nous devons enfin mettre en place des alternatives qui permettent de protéger l'environnement alpin et ses habitants!

Pour finir, les solutions choisies doivent, en premier lieu, respecter la volonté des populations tessinoise et uranaise qui subissent les effets quotidiens du transit routier et qui se sont clairement exprimées, à plusieurs reprises, contre la construction d'un second tube au Gothard. L'avenir des régions alpines se jouera une nouvelle fois dans les urnes.

À vos stylos, le référendum sera lancé le 7 octobre !


--

Article publié dans ouVERTure, le journal romand des Jeunes Verts.

09/05/2014

Le traité transatlantique menace nos acquis sociaux et environnementaux

Exceptionnellement, je me permets de partager ici un communiqué de presse que nous avons publié aux Jeunes Vert-e-s à propos du traité transatlantique. Bien que j'ai plutôt l'habitude de publier des notes personnelles, au vu de l'importance de cette issue, j'y fais une exception.
Bonne lecture et au plaisir d'en débattre!

--
(Lien vers le communiqué

Les négociations TAFTA (Transatlantic Free Trade Area, appelées aussi TTIP), menées dans la plus grande opacité, visent à mettre en place une zone de libre-échange transatlantique, ce qui en ferait la plus grande au monde en réunissant près de 50 % du PIB mondial. Les Jeunes Vert-e-s s'opposent à ce traité de dérégulation néolibérale qui vise à donner encore plus d'outils aux entreprises supranationales face aux normes sociales et environnementales.

Le but du traité est d'aligner les réglementations sociales, techniques, sanitaires et environnementales de part et d'autre de l'océan ainsi que d'éliminer les obstacles aux échanges commerciaux. Ce projet bénéficie hélas d'un soutien confortable au parlement européen et, en dehors des écologistes et de la gauche unitaire, aucun groupe politique ne se prononce véritablement contre le principe même de dérégulation à la base du projet. La position est la même parmi les candidat-e-s à la présidence de la Commission Européenne où seuls José Bové, eurodéputé français, et Ska Keller, candidate des Jeunes Verts européens, mènent campagne sur ce thème dans toute l'Europe.

Au niveau suisse, ce traité pourrait avoir des conséquences tout aussi désastreuses que dans le reste de l'Europe. Les services publics sont directement touchés étant donné la possibilité donnée aux entreprises d'attaquer en justice les États qui entraveraient leur course au profit. Procédure employée par Veolia contre l'État égyptien pour avoir mis en place un salaire minimum qui allait contre l'intérêt de ses actionnaires. Ce traité menacerait ainsi le fonctionnement même de notre système démocratique et judiciaire.

Au niveau de l'alimentation, les risques sont doubles et concerneraient tant la production indigène que l'importation de produits homologués aux États-Unis ou en Europe. Le Cassis-de-Dijon permet ainsi à des produits répondant aux normes européennes d'être commercialisés sur notre marché et ce même si ils ne correspondent pas à nos exigences sociales et environnementales.
Il y a ainsi un risque réel de voir débarquer des produits nord-américains tels que du poulet nettoyé à l'aide de produits chimiques, de la viande de boeuf bourrée d'hormones ou encore des aliments OGM, malgré l'interdiction de ces produits dans notre pays.

« Nous devons enfin reprendre le dessus sur le libre-échange et fixer des règles contraignantes afin d'empêcher les entreprises transnationales et les marchés financiers de décider du contenu de notre assiette, du prix de l'envoi d'une lettre ou de nos conditions de travail ! » considère Ilias Panchard, co-président des Jeunes Vert-e-s.

Deux réponses politiques semblent indispensables : continuer à nous opposer à cet accord de libre-échange transatlantique, tant au niveau européen que suisse, et fixer des exigences plus élevées pour les produits importés et vendus dans notre pays.

L'initiative populaire pour des aliments équitables (Fair Food), lancée prochainement par les Verts, répond à cet objectif en permettant la fixation des règles du jeu équitables et réalistes. Elles permettront aux consommateurs d'acheter des aliments sains, produits dans des conditions écologiquement et socialement responsables ainsi qu'aux paysans de lutter contre cette concurrence déloyale faite sur le dos d'ouvrières et d'ouvriers agricoles exploités pour des salaires de misère. 

 

15/09/2013

Vers des commerces ouverts en permanence ?

Le 22 septembre prochain, la révision de la loi sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce est soumise à votation populaire. La modification du député libéral genevois Christian Lüscher concerne les heures d'ouverture des magasins des stations-service situées "sur les aires des autoroutes". Son but est de leur permettre d'employer du personnel le dimanche et la nuit, premier pas vers une ouverture non-stop... 

En s'intéressant aux détails, nous remarquons que la modification ne concerne pas que les autoroutes et ouvre la voie à des libéralisations dans d'autres « cas particuliers ».Elle concernerait ainsi les « axes de circulation importants ». La notion reste très vague et pourrait ouvrir la boîte de Pandore à l'ouverture généralisée de nouveaux magasins de stations-service. 

Les conditions de travail des employés a été relativement peu souligné dans cette campagne, alors que ce sont les premiers concernés, eux et leurs familles. En effet, les conditions de travail dans le commerce de détail sont passablement difficiles : travail stressant, pression quotidienne, salaires de moins de 4000.- pour un temps plein ainsi que l'absence de conventions collectives de travail dignes de ce nom. Cette mesure risque aussi d'entraîner d'autres secteurs vers des horaires de nuit plus importants, tels que les emplois autour de la sécurité, du nettoyage ou encore des livraisons.

De manière plus globale, la réflexion porte sur le modèle de société que nous voulons construire ensemble. Aller vers une société du "tout-tout de suite" ? Perdre le côté humain du commerce de proximité en privilégiant les grands centres commerciaux ? Consommer aux dépens de la santé et de la vie familiale d'une partie de nos concitoyens ?

L'offensive des libéraux sur les horaires d'ouverture des magasins ne fait que commencer et a été déjà été concrétisée au parlement. La motion Lombardi oblige les cantons à prolonger leurs heures d’ouverture des commerces le matin et le soir. Une autre oeuvre à l'introduction du travail du dimanche généralisé dans tout le pays (motion Abate). Et les Verts libéraux demandent déjà que tous les magasins dont la surface de vente est inférieure à 120m2 puissent imiter les magasins des stations-service, en pouvant ouvrir 24 heures sur 24. 

En somme, voter NON à cette libéralisation des horaires d'ouverture le 22 septembre prochain est indispensable et bloquera les autres tentatives de dérégulation en envoyant un signal clair : nous défendrons coûte que coûte le vivre-ensemble et les conditions de travail des employés, face aux intérêts des grands distributeurs et de l'Union Pétrolière, soutenus par leurs lobbyistes libéraux !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

24/06/2013

Un projet routier en retard sur ton temps

Lettre parue dans le quotidien 24 Heures, en réaction à l'article du jeudi 13 juin 2013 : La lutte solitaire d'Uri (2ème tube au Gothard)


Le 20 février 1994, 19 des 26 cantons et 52% des citoyens suisses ont approuvé l'«initiative populaire fédérale pour la protection régions alpines contre le trafic de transit ». La protection des Alpes est depuis ancré dans la constitution fédérale. Vingt ans plus tard, et malgré des avancées importantes, l'Initiative des Alpes n'a pas encore atteint son objectif majeur : le transfert des marchandises de la route au rail. 

Depuis, de nombreuses consultations populaires ont eu lieu, notamment dans les cantons directement concernés. En 2004, la population tessinoise s'est ainsi exprimée à 56% contre la construction d'un 2ème tube au Gothard. Idem dans le canton d'Uri, à une très large majorité. Leur message est clair : pas de 2ème tube !

Concernant la station de chargement de Rynächt, la position du Canton d'Uri est compréhensible : concentrer le chargement de tous les camions au même endroit serait catastrophique pour la région. Utiliser cette station seulement pour le transit interne et faire transiter sur le rail les camions européens de Bâle à Chiasso semble une bonne alternative.

En 2017, le tunnel de base du Gothard sera mis en exploitation, après plus de 20 ans de travaux titanesques. Il fait partie du projet des nouvelles liaisons ferroviaires alpines et permettra, grace au transfert des marchandises de la route au rail, de réduire le nombre de camions en transit routier. 

Les outils de ce transfert doivent absolument être développés et la construction d'un 2ème tube routier menacerait ce transfert nécessaire et d'avenir. Le cas échéant, un référendum sera lancé afin que la population suisse puisse, une fois encore, refuser ce projet routier en retard sur son temps. 


Ilias Panchard

Secrétaire des Jeunes Verts vaudois et membre de l'Initiative des Alpes
 

130418_Petition_Ross.jpgDépôt de la pétition aux 68'000 signatures contre le 2ème tube 

01/06/2013

Les solutions se construisent avec l'Europe !

Le week-end passé, je me suis rendu à Strasbourg pour participer à un séminaire transfrontalier sur la mobilité organisé par les Jeunes Écologistes d'Alsace. Une quarantaine de Jeunes verts d'Allemagne, de Belgique, du Luxembourg et donc de Suisse ont ainsi pris part aux divers conférences et groupes de travail. La participation de ces organisations politiques de la région nous a permis de porter un regard européen et transfrontalier sur les différentes questions abordées. 

Ce séminaire interrégional nous a permis de nous informer et d'échanger autour de nombreux thèmes tels que la mobilité étudiante, le travail transfrontalier, l'Espace Schengen et l'agence Frontex, les transports de marchandises ou encore la politique migratoire. 

J'aimerai revenir ici sur un thème en particulier, à savoir le transport de marchandises entre le Nord et le Sud de l'Europe, à travers les Alpes.

Nous avons ainsi présenté un workshop autour de l'axe routier/ferroviaire Nord-Sud traversant les Alpes suisses. La liaison routière passant par le tunnel du Gothard étant centrale pour l'Europe, il nous a semblé intéressant de réfléchir aux alternatives avec des écologistes européens, tous concernés par la pollution et les risques dus aux transports par camions. Surtout à un moment où la commission européenne, par la voix de son commissaire en charge des transports, s'est dite favorable, dans une directive datant d'avril 2013, à la présence de « méga-camions » sur les routes européennes. Ces camions de plus de 25 mètres de long et pesant jusqu'à 60 tonnes (maximum 28 tonnes en Suisse)...

Un travail commun entre écologistes européens est centrale pour la Suisse. En effet, si l'Europe autorise le passage de ces camions sur l'axe Nord-Sud, notre pays sera obligé de les accepter sur l'axe Bâle-Milan avec, à la clé, la nécessité de construire un deuxième tunnel au Gothard. A travers cette présentation, nous avons donc pu présenter ce problème et souligner l'opposition claire, des Jeunes Verts et de l'Initiative des Alpes, à la construction d'un deuxième tube au Gothard, à l'aide d'un référendum si nécessaire.

Comme le souligne l'Initiative des Alpes, un 2ème tunnel routier prétériterait le transfert de la route vers le rail et ne servirait, sur le long terme, qu'à augmenter le trafic routier, déjà problématique et néfaste pour la santé, au Tessin et dans le canton d'Uri (dont les populations sont opposés au deuxième tube¹). 
Cela dit, même avec les projets actuels de transfert route-rail, le nombre de camions traversant les Alpes ne risque pas de baisser et pourrait être quasi triplé d'ici 2030. Cette projection laisse songeur et un brin alarmiste.

Lors de ce workshop, nous avons donc réfléchi aux pistes de solutions possibles, au niveau Suisse et européen. Premièrement, il conviendrait d'harmoniser les taxes routières entre les pays car il s'avère que de nombreux camions « allemands » passent sur les routes alsaciennes pour diminuer les coûts de transport. Une meilleure coordination européenne à ce niveau là s'impose donc. Ensuite, la priorité aux transports ferroviaires doit devenir la norme. Pour ce faire, les coûts de transport par camion doivent être ajustés à leur réel coût environnemental et d'entretien des routes. Le transport ferroviaire deviendrait ainsi bien plus compétitif.

Notre réflexion, dont je ne partage ici qu'une ébauche, s'est ensuite porté sur le commerce européen et nos produits de consommation. En effet, est-ce normal que des oeufs allemands soient transportés en Italie pour y être mélangé à des ingrédients locaux avant d'être cuisinés et emballés (le mélange donc) en Pologne, pour le bonheur des consommateurs français ?
Ces transports ont un coût, humain, environnemental et économique. Ce coût doit bien se reporter ailleurs que dans notre environnement commun et notre santé à chacun. 
Sur bon nombre de produits, nous, consommateurs, pouvons changer nos habitudes alimentaires et privilégier du frais et du local. Au niveau des légumes, fruits, pain, boissons, fromage et tant d'autres. 
Ensuite, l'action doit bien entendu porter sur les produits d'assemblage plus complexes. À ce niveau là, de nombreuses initiatives locales favorisant la récupération, l'échange, la réparation ou le prêt se mettent en place et vont dans la bonne direction : moins, plus longtemps et mieux !

Je tiens à remercier tou-te-s les participant-e-s pour leur engagement, leur réflexion, leur enthousiasme et leur motivation à construire un mouvement écologiste global européen !

En espérant que notre pays comprenne l'importance de l'idée européenne et le rôle prépondérant que nous pouvons et devons jouer dans la construction d'une Europe fédérale, démocratique, durable et pacifiste. 
 

391569_10151617762113088_1130875389_n (7).jpg Debriefing et bilan du week-end

1) Uri + Tessin : Lien 

06/04/2013

Inscrire la protection du climat à l'agenda politique

La semaine passée, les Jeunes Vert-e-s Suisse ont lancé leur pétition pour le climat à Berne. L'action a eu lieu sur la Place Fédérale et a vu une vingtaine de jeunes politiciens déguisés en pingouins et en ours braver le froid pour lancer la récolte de signatures. 

181019_434627536625329_1414893094_n.jpg

La pétition demande au Conseil Fédéral, et en particulier à Doris Leuthard, d'entreprendre les démarches pour que le climat suisse soit classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La demande est sérieuse et les signatures seront collectés jusqu'en octobre prochain afin de déposer la pétition lors de la session d'hiver des chambres fédérales. 

A l'aide de cette pétition nous avons pour but d'inscrire la lutte contre les changements climatiques à l'agenda politique, à travers des projets concrets. En effet, notre pays n'est pas menacé par la hausse du niveau des océans, mais de multiples menaces pèsent sur notre environnement, en particulier alpin : fonte des glaciers, inondations, chutes de pierres, coulées de boue, sécheresses estivales et hausse des tempêtes violentes font partie des conséquences prévisibles et déjà visibles actuellement. 

L'Unesco n'inscrivant que des patrimoines nationaux, notre demande ne concerne ainsi que le climat suisse. Cependant, nous avons demandé à nos camarades écologistes d'autres pays d'entreprendre la même démarche afin de créer un mouvement plus global. Les Global Young Greens vont par exemple partager notre démarche avec leurs membres, à travers leur newsletter et leur site internet. Les petits ruisseaux font les grands fleuves !

La protection du climat et de notre environnement passera, à mon avis, par une politique énergétique ambitieuse et d'avenir, un développement des transports publics ainsi qu'une consommation plus locale. Pas mal de pistes sont à méditer, tels que l'économie sociale et solidaire et les circuits courts, domaines que je vous conseille tout particulièrement. 

N'oublions pas le lien vers la dite pétition qui peut être signée indépendamment de l'âge, du domicile ou de la nationalité.     
---> http://www.petitionclimat.ch/

Merci de votre engagement citoyen pour les générations futures !

---

Liens vers quelques articles en lien avec la pétition :