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04/12/2016

Nucléaire : une courte défaite, et après ?

 

Après quelques jours à tête plus reposée, j'aimerai revenir brièvement sur la votation à propos de la sortie programmée du nucléaire. La campagne a été longue, intense et pleine d'événements imprévus. Tout ceci dans un contexte énergétique inédit et en pleine transition.

Vous le savez peut être, je faisais partie de l'équipe de campagne et l'ai coordonnée en Suisse romande, avec une équipe du tonnerre composée de Christian van Singer, mon collègue porte-parole de Sortir du nucléaire ainsi que Mathias Schlegel et Regula Guevara, respectivement porte-parole et responsable des bénévoles chez Greenpeace.
Sans oublier bien sûr les personnes qui ont coordonné cette campagne dans les différents cantons, sans qui rien n'aurait été possible. Elles et ils se reconnaîtront, les bons résultats dans les régions francophones leur doivent beaucoup. Nous nous appuierons sur ces majorités pour accélérer la transition énergétique locale vers le 100% renouvelable.

Centrales à l'arrêt et déficitaires, symboles d'un modèle énergétique en fin de vie

La campagne aura fait connaître la situation sécuritaire inquiétante des centrales nucléaires suisses. Apprendre que Beznau I, plus vieille centrale en activité au monde, et Leibstadt, la plus « jeune » et plus puissante centrale du pays, sont à l'arrêt tout l'hiver montre que notre parc nucléaire vieillissant déraille. Le pari irresponsable des exploitants de les faire tourner pendant 60 ans ou plus va très probablement s'avérer intenable.

Le contexte énergétique européen, de surproduction électrique égal à 30 fois la production nucléaire suisse, modifie la donne pour le business model helvétique. L'opération qui consiste à importer du courant bon marché, et sale, afin d'exporter notre hydraulique vers l'étranger et réaliser une marge financière, n'est plus rentable vu le bas niveau historique des prix de l'électricité.

Ce qui se joue maintenant est une lutte entre hydraulique et nucléaire. Ce n'est pas pour rien qu'après avoir essayé de vendre ses centrales nucléaires à des électriciens étrangers puis à la Confédération, Alpiq annonce maintenant être prêt à céder ses participations dans les barrages.

Brader le patrimoine hydraulique alors que, quand elles fonctionnent et produisent du courant, les centrales sont déficitaires ? Il n'en est pas question.
L'engagement des exploitants hydrauliques grisons en faveur de l'initiative et le score plutôt bon obtenu en Valais illustrent bien cet enjeu crucial pour l'approvisionnement électrique du pays.

Les promesses rendent les fous joyeux

Il y aurait beaucoup à dire sur la teneur des débats. Dans l'argumentation des opposant-e-s à l'initiative, deux éléments principaux sont à souligner. Premièrement, tous les opposant-e-s à l'initiative ont affirmé à longueur de débats et interviews que la sortie du nucléaire à terme – sans savoir lequel – était un fait acquis. Deuxièmement, l'attachement, feint ou bien réel, à une production électrique faiblement émettrice en CO2 a été au centre du débat. À nous de rappeler ces promesses à l'avenir et ce dès le vote sur la stratégie énergétique probablement en mai 2016. Cependant, et c'est bien connu, les promesses rendent les fous joyeux. Personne n'est naïf. Nous restons vigilants.

Sécurité à renforcer et transition énergétique par le bas

Un renforcement drastique de la surveillance des centrales est maintenant indispensable. La présence, à confirmer, de l'organe de sécurité des centrales (IFSN) aux prochaines séances de la commission de l'énergie serait encourageante à ce niveau là. Le redémarrage de la centrale de Leibstadt, dont les barres de combustible sont sévèrement rouillés, ne peut se faire que si elle est accompagnée de mesures strictes et d'une transparence totale. Quant à Beznau I, son redémarrage ne peut être autorisé par l'IFSN. La plus vieille centrale en activité au monde, à l'arrêt depuis bientôt deux ans, n'a qu'une seule place digne de ce nom : dans un musée !
Après une campagne axé sur la crédibilité de l'organe de sécurité et le sérieux du suivi des centrales en Suisse, le redémarrage de Beznau I serait une provocation inacceptable.

Enfin, les plébiscites en faveur de l'initiative dans les grandes et moyennes villes souligne une volonté claire. Celle d'une transition énergétique ambitieuse, construite par le bas. Les engagements et réussites d'ores et déjà réalisés par les villes romandes montre que cela est possible.

Nous nous engagerons afin que la transition vers un approvisionnement électrique 100% renouvelable et la nécessaire réduction drastique de la dépendance aux énergies fossiles s'accélère encore ces prochains mois et années.

Alors que le nucléaire décline partout, la transition énergétique est en marche. Sur le marché européen, chaque 18 jours se construit l'équivalent en capacité de production renouvelable de la centrale de Mühleberg. La Suisse a pris du retard vis à vis de la plupart de ses voisins. Ne loupons pas, de manière définitive, le train de la transition vers les renouvelables !

La décision de la commission du Conseil des États d'aller dans le sens, encore timide, d'une moins grande largesse vis à vis des importations de courant sale est positive. La prochaine étape est simple : une taxe sur l'importation de courant sale, nucléaire et charbon, doit être mise en place. Cela aiderait à financer la transition énergétique en Suisse et donnerait un coup de pouce important aux barrages en difficulté. Vu la campagne climat friendly faites par nos opposant-e-s pendant des mois, cela ne devrait être qu'une formalité...

Vous vous en doutez, les prochains temps vont être intenses et décisifs. Gagner le vote probable sur la stratégie énergétique 2050 sera la première étape à ne pas manquer.

Un énorme merci à toutes et tous pour votre engagement dans cette campagne. Nous n'avons pas gagné, malgré les scores positifs dans les régions francophones. La prochaine fois sera la bonne, une nouvelle génération a repris le flambeau !

Barrigue passoire Beznau.jpg

 

Commentaires

Bonjour Monsieur Panchard ok pour la reprise de flambeau mais on attend la preuve ! quand j'aurai trouvé un jeune pour porter mon sac poubelle au containeur qui a disparu pour être logé bien trop loin de lieu de mon habitat et ne conduisant pas j'attends un ou une jeune comme à notre poque ou nous étions requis pour la moindre petite aide que nous effectuions avec joie et sans recevoir le moindre centime en retour
Alors qu'aujourd'hui la personne qui a besoin d'aider rénumère volontiers
Donc j'attends et ensuite je vous dirai si oui ou non le flambeau que vous voulez reprendre se trouve en bonnes mains
Mais peut-être savez vous déjà ce que des milliers de Suisses aiment à dire à trop aider les autres pour finir plus personne ne nous aide
Et c'est malheureusement la réalité mais peut-être faut il s'être sacrifié pour d'autres et avoir réellement besoin d'aide sans pour savoir ce qu'il e est et ce n'est pas ce genre de tracas qui va inciter les personnes seules à rester à domicile ,elles iront de plus en plus jeunes dans les EMS/je pense aux veuves entre 50 et 60 ans et qui ont joué le rôle de proche aidante
Très bonne journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 05/12/2016

Je reviens car je suis heureuse de constater combien l'aura des Anciens Petits Commerces brille toujours autant au firmament
Repris très souvent par des anciennes employées d'usine comme Suchard ayant ferme et qui grâce à leur dévouement auxquels ceux livrant à domicile se sont associés perpétuent ainsi ce service d'aide sociale connu par le passé et ce sans se faire prier car instinctif
Avec en prime pour qui saurait dire oui sans hésiter et sans le savoir au préalable , une vignette autoroute pour 2017
Ce qui vient de se produire mon sac poubelle pourra à nouveau profiter d'une ballade en voiture !
Je tenais tout de même à montrer aux plus jeunes et à des retraités tout le temps en train de faire la morale aux plus jeunes et qui pour beaucoup même possédant un véhicule ne sont pas serviables pour 4 sous qu'il existe encore des gens qui n'ont pas besoin de réfléchir pour voler au secours de nombreux Suisses dont des assistants sociaux ,soignants et d'autres qui ont œuvré toute leur vie pour aider autrui et qui doivent faire des pieds et des mains pour obtenir en retour un simple portage sac poubelle / dans le temps on disait ordures ce qui de nos jours semble mieux adapté au monde actuel
Alors qu'il y a des armées de bénévoles pour le ramassage des sacs d'habits à recycler pour être vendus le plus souvent ,cherchez l'erreur
Toute belle fin de journée pour Vous Monsieur Panchard et merci de n'avoir pas refoulé mon commentaire

Écrit par : lovejoie | 05/12/2016

Je veux bien envoyer quelqu'un depuis la Chine pour ramasser votre sac poubelle, Lovejoie, mais qui va payer la facture ? La solution serait de créer une ONG financée par les deniers publics et les organisations internationales. C'est le seul modèle d'affaires, à la fois politiquement correct et rentable, ici et maintenant. On en recause à l'occase?

Écrit par : rabbit | 05/12/2016

@Rabbit je vous remercie c'est vrai qu'une vignette d'autoroutes ne suffirait pas /rire
On m'aurait dit ,un jour faudra te faire du souci pour un sac d'ordures ,j'aurais ri au nez de la personne ,comme quoi !!!!
Très belle soirée

Écrit par : lovejoie | 05/12/2016

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