UA-88487629-1

23/06/2014

Asile : inacceptable durcissement

Contribution commune de Jean Ziegler, ancien conseiller national socialiste, et Ilias Panchard, co-président des Jeunes Vert-e-s Suisse.

--

Chaque semaine, de nouveaux drames ont lieu en Méditerranée. Des milliers de migrants, parmi eux des femmes et des enfants, entreprennent cette périlleuse traversée. Nombre d'entre eux n'en sortent pas indemnes, sans que les politiques d'asile des États européens ne changent réellement.
Ces drames, bien trop nombreux, peuvent nous sembler lointains et indépendants de notre volonté. Cependant, la Suisse, à travers sa politique d'asile, y porte aussi sa part de responsabilité et se doit d'agir.

Une véritable politique du chiffre a été mise en place ces dernières années, conduisant inévitablement à des durcissements. Récemment, la création de centres pour requérants récalcitrants, la fin des procédures d'asile aux ambassades et la non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile ont été approuvés par le parlement fin 2012, puis acceptés par le peuple en juin 2013.

Le Conseil fédéral demande maintenant une prolongation de ces mesures – prévues pour 3 ans – à une durée de 7 années. Cette décision ne tient pas compte des nombreuses catastrophes humanitaires qui ont actuellement lieu, en Syrie, en Centrafrique ou en Érythrée, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays.

Supprimer les procédures d'asile aux ambassades n'a servi à rien, si ce n'est contribuer à ce drame en obligeant des personnes menacées à entreprendre, illégalement et pour des milliers de francs, un long périple vers les frontières de l'Europe. Cela alimente le juteux business des passeurs, prospérant sur le dos de personnes en danger de mort, dans la misère et sans aucune perspective dans leur pays d'origine.

Ces réfugiés se retrouvent dans l'obligation de traverser la Méditerranée par des moyens illégaux puisque la Suisse refuse de leur accorder des visas humanitaires afin qu'ils puissent venir déposer, légalement, une demande d'asile dans notre pays.

Les déserteurs, érythréens en particulier, sont eux aussi touchés de plein fouet par ces mesures. En effet, la désertion n'étant plus reconnue d'office comme motif d'asile, en violation complète de la définition même de réfugié, ils se retrouvent dans l'impossibilité de fuir. Ne pas accueillir des déserteurs fuyant un régime tyranniques, dont l'armée est un véritable instrument de persécution, est un scandale.

Ces mesures ne servent qu'à précariser ceux qui
ont le plus besoin de l'aide de la Suisse, déserteurs et réfugiés politiques en tête.
Notre pays doit maintenant envoyer un signal politique fort en réintroduisant les procédures aux ambassades et en reconnaissant à nouveau la désertion comme motif d'asile. Il en va de notre responsabilité face aux drames humains qui se déroulent aux quatre coins du monde.

Commentaires

Bonjour,

Permettez-moi de relever quelques contradictions.

1. "Supprimer les procédures d'asile aux ambassades n'a servi à rien, si ce n'est contribuer à ce drame en obligeant des personnes menacées à entreprendre, illégalement et pour des milliers de francs, un long périple vers les frontières de l'Europe. Cela alimente le juteux business des passeurs, prospérant sur le dos de personnes en danger de mort, dans la misère et sans aucune perspective dans leur pays d'origine."

Les individus qui ont des milliers de francs en leur possession, ne devrait-ils pas mieux utiliser leur "fortune", en créant des emplois dans leurs pays ?
Comment se fait-il qu'ils possèdent de telles sommes alors même qu'ils sont censés être pauvres ?
Si cela est bien illégal, pourquoi dès lors commettre une infraction, pour le moins, si ce n'est devenir criminel, par là suite, je vous l'accorde, en vendant de la drogue aux coins des rues suisses ?


2. "Il en va de notre responsabilité face aux drames humains qui se déroulent aux quatre coins du monde."

C'est donc nous, suisses, qui sommes responsables des drames humains ?
Qu'elle est donc cette supposée responsabilité ?
Ce n'est pas à vous, que je vais apprendre que la Suisse est un pays neutre, qui prêche en faveur de l'ingérence.
Est-ce donc à nous, suisses, d'intervenir dans les affaires des pays ?

Les partis politiques dits de gauche, bloquent, grâce à leur présence et appartenance dans ASLOCA, tout projet de construction de bâtiment locatif.
Vous êtes donc implicitement responsable du manque de place d'accueil, si toutefois nous voudrions intervenir.


Ce qui est à mes yeux inacceptable, c'est la volonté d'adhérer à l'Empire UE, alors même que personne ne prends ses responsabilités et donne un coup de main à l'Italie, principal pays d'accueil des migrants en question.

L'Italie remets un billet de train aux migrants qui désirent partir vers la France, l'Allemagne ou alors l'Angleterre.

Je vous encourage à continuer de faire de pareils constats, mais de grâce, tentez d'y apporter des solutions.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/06/2014

Je reviens à votre texte pour vous démontrer, chiffres officiels à l'appui, que vous avez tort.

"Plus de 2100 requêtes ont été déposées durant le mois de juin à l'Office fédéral des migrations (ODM), soit 400 de plus qu'en mai, a indiqué lundi son directeur Mario Gattiker à SRF.

La plupart des demandes sont faites par des personnes fuyant la Syrie et l'Erythrée, a précisé MarioGattiker lors de l'émission «10 vor 10» de la télévision alémanique. En raison de la situation dramatique dans ces deux pays, le directeur de l'ODM s'est montré clair: ces demandeurs d'asile «resteront dans le pays d'accueil»."

Source : http://www.tdg.ch/suisse/hausse-significative-demandes-asile-suisse/story/16591802

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 01/07/2014

Les commentaires sont fermés.