UA-88487629-1

22/12/2013

La Suisse doit apprendre des erreurs du passé

Le Conseil Fédéral persiste et signe. Comme prévu, Ueli Maurer se rendra bien aux JO de Sochi en février prochain, tout comme Didier Burkhalter, futur président de la Confédération, pour y représenter la Suisse. Alain Berset devrait s'y rendre également, dans le cadre des Jeux paralympiques.

Dans le même temps, Barack Obama, François Hollande ou encore Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne, ont annoncé qu'ils ne feront pas le déplacement de Sochi. De plus, l'administration américaine a annoncé que Billie Jean King, ancienne joueuse de tennis et militante de la cause homosexuelle, fera partie de la délégation officielle. De vrais signaux politiques sont ainsi envoyés par bon nombre d'États.

En politique, la symbolique est importante et permet de marquer l'Histoire. Au niveau de l'actualité, le fait d'ouvrir les archives suisses quelques jours après le décès de Nelson Mandela aurait eu une portée immense et aurait permis de tourner la page sur cet épisode honteux de notre histoire. Épisode ayant impliqué le sommet de l'administration, de nombreuses banques et des personnalités politiques en devenir, tels que Merz et Blocher, futurs conseillers fédéraux.

Ces décisions symboliques font cruellement défaut à la politique suisse. Cela ne nous aide pas à assumer le rôle qui devrait être le nôtre : un pays modèle, progressiste et qui assume l'héritage des Conventions dont nous sommes porteurs.

En politique, pouvoir débattre de l'Histoire de notre pays m'intéresse tout particulièrement et me semble indispensable. Lors de la campagne pour la fin de l'obligation de servir à l'automne dernier, j'ai souligné, lors de plusieurs débats, le rôle joué par notre pays lors de la 2ème Guerre Mondiale. Un affront généralisé et une fin de non-recevoir face à ce jeune de gauche osant salir l'image de la patrie s'en est suivi. 
Mon grand-père, militant socialiste, s'est retrouvé face aux mêmes non-réponses lorsqu'il servait sous les drapeaux en 1941. La situation de l'époque peut l'expliquer. Cependant, il est inadmissible qu'avec le recul historique actuel, nous ne soyons pas capables de débattre de ces événements. Les partis bourgeois continuent hélas leur travail de sape. 

Dans le domaine fiscal (entendez : secret bancaire et évasion fiscale), les mêmes questions se posent. Prendrons-nous enfin les devants ou allons-nous attendre de nous retrouver devant le fait accompli pour réagir enfin ?

Il ne suffit pas de rejeter la faute sur nos voisins, à l'économie soi-disant mal gérée et confiscatoire, pour éviter ces questionnements fondamentaux. Il nous faut remettre en question notre propre politique fiscale, où la concurrence à la baisse règne. Oser poser la question de l'évasion fiscale, celle de la spéculation sur les matières premières ou celle de l'impact environnemental et social de certaines entreprises installés, fiscalement, sur notre territoire.

À force de faire preuve d'attentisme, la Suisse se brûle de plus en plus dangereusement les doigts et laisse son image se ternir durablement. Le scandale des fonds en déshérence nous l'a bien montré, de même que notre soutien financier et économique à l'Afrique de Sud de l'Apartheid.

En politique, il est nécessaire d'être réactif : négocier, comprendre la position et les attentes des autres, faire des concessions, et anticiper le monde de demain. La politique de l'autruche ne sert qu'à retarder l'échéance du couperet et continue à faire du tort à notre pays.  
 

web_Schlumpf Botha--672x359.JPG

Rencontre entre le président sud-africain Pietr Botha et le conseiller fédéral Léon Schlumpf

12/12/2013

Défendre le droit à l'avortement


Le 9 février prochain, nous nous prononcerons sur l'initiative des conservateurs chrétiens et de la droite dure intitulée « financer l'avortement est une affaire privée ». Oui, en Suisse, au 21ème siècle, nous voterons une nouvelle fois sur le droit à l'avortement.

Alors qu'en 2002, presque trois-quarts des votant-e-s ont soutenu le régime des délais et ont balayé l'initiative anti-avortement «pour la mère et l’enfant», les milieux fondamentalistes reviennent sous couvert cette fois de faire baisser les coûts de la santé.

L'argument financier est mensonger : l'ensemble des avortements représentent seulement 0.03% des coûts de l'assurance maladie de base. Par comparaison, la grippe coûte 10 fois plus cher et personne ne demande le non-remboursement des dépenses qui lui sont liées.

Cette initiative s'attaque aussi à un point central de notre système maladie, la solidarité entre assuré-e-s. Même si j'ai la chance de ne pas avoir été malade ces dernières années, mes primes maladies servent néanmoins à couvrir les dépenses d'autres assuré-e-s recourant plus à des soins médicaux. Remettre en question cet aspect là c'est remettre en question le fondement même de la LAMal.

De plus, en radiant les coûts de l’interruption de grossesse de l’assurance de base, cette initiative discriminerait les femmes les plus précarisées en dégageant encore plus les hommes de toute responsabilité financière. Cette question nous concerne toutes et tous, hommes et femmes.

Avec les Jeunes Verts, j'affirme ici clairement nos valeurs féministes et progressistes en vous recommandant de voter clairement NON à cette initiative rétrograde et dangereuse qui devrait plutôt, au vu de ses implications, s'intituler « l'avortement est l'affaire des femmes – qu'elles se débrouillent ! ». 

 

935607_10153583705345022_914955925_n.png