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01/08/2013

Intervention à haut risque pour la Police cantonale valaisanne

Ces derniers mois, Ueli Maurer, Président de la Confédération et Conseiller Fédéral UDC à la tête du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) ne cesse de faire campagne en faveur du service militaire obligatoire obligatoire, en vue des votations du 22 septembre. C'est son droit et cela répond à son engagement politique. Cet engagement me parait donc bien normal. Sauf quand il le fait aux frais du contribuable, mais bon c'est une autre histoire. 

Actuellement, vu son engagement dans la campagne, l'armée a l'air de considérer que la fin de l'obligation de servir est la menace principale à laquelle la Suisse doit faire face. C'est aberrant !

Cette crainte, ridicule et difficilement imaginable de la part de l'institution censée protéger la population, s'est confirmée hier avec l'intervention courageuse de la Police Cantonale Valaisanne alors qu'avec 4 autres militants nous nous préparions à faire une action politique lors de la venue du Président de la Confédération à Port-Valais. 

L'action prévue consistait à soutenir l'initiative pour la fin du service militaire obligatoire. Muni d'une banderole ("On n'a pas tous le temps de jouer à la guerre, OUI le 22.09"), nous comptions jouer à la guerre avec des pistolets à eau pour enfants en nous aspergeant d'eau, et distribuer quelques flyers aux gens présents. Un photographe Keystone couvrant la manifestation comptait prendre en photo notre brève action dont il avait eu écho quelques jours avant. Nous lui avons parlé juste avant l'intervention de la police et il nous a réitéré son intérêt pour notre action pacifique. Action qui n'aurait dérangé personne. 

Vers 21h, juste avant l'arrivée d'Ueli Maurer pour une réception avec les autorités communales, un policier de la Police Cantonale Valaisanne est venu contrôler nos identités et nous poser quelques questions sur le pourquoi de notre présence militante, sans permis de port d'armes qui plus est. Je lui ai expliqué nos intentions et notre engagement dans cette campagne, aux niveaux fédéral et régional. Il comptait nous laisser aller faire notre action tant qu'elle était courte et n'embêtait personne, comme prévue donc. 

Puis le responsable de la police, voyant arriver un danger imminent pour le Président, en a décidé autrement et nous a sommé d'entrer immédiatement dans leur "local de détention" afin de poursuivre l'interrogatoire, pour un contrôle dit "de routine". Contrôle bien comique qui a duré plus de 30 minutes, le temps de nous empêcher de réaliser notre action. Nous avons donc répondu à leurs questions, avec sérieux, malgré la difficulté de retenir nos rires, et donné nos cartes d'identités respectives. 
Après une soi-disant recherche de nos antécédents dans leurs fichiers (et ceux d'Interpol ça va de soi), notre matériel politique, au danger avéré, a été confisqué et mis sous scellé (rapport en photo ci-dessous), à savoir 3 pistolets à eau, 2 drapeaux, une banderole et des flyers de campagne. Je vous laisse juger de la dangerosité de l'attirail. 

Nous représentions un danger à leurs yeux, tandis qu'une femme ivre morte hurlait "on va foutre la merde" devant l'entrée des locaux, et que des gens tiraient des feux d'artifices dans tous les sens au milieu de la foule. Sans oublier la présence de néonazis qui, eux, n'ont pas été embêtés par la police. Deux poids deux mesures.  

Une action du même type que la notre et organisée par les mêmes partis et organisations (Jeunes Socialistes, GSsA et Jeunes Verts) a pourtant été menée le même jour à Bienne et accueillie avec une belle pointe d'humour par le Président de la Confédération (article du 20min en lien ICI)

Nous pensions nous retrouver, nous aussi, jeunes engagé-e-s en politique, face à Ueli Maurer, sa répartie avec une touche d'humour et sa conception correcte du débat démocratique. La police, dans sa grande gestion de la sécurité anti-pistolets à eau, en a décidé autrement. 

Pour finir, concernant nos "armes", saisies donc, dont le danger est avéré, je tiens ici à informer Christian Varone, commandant de la Police Cantonale Valaisanne du fait qu'elles sont sûrement chargées, nous craignons que l'un ou l'une de vos agent-e-s ne se blesse en les manipulant...
 

OUI à l'abrogation du service militaire obligatoire !

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Pour plus d'informations :

Ilias Panchard, Jeunes Vert-e-s Vaudois-es : 079 922 63 31

Sébastien Deriaz, GSsA : 078 758 99 51

Joël Waeger, Jeunesse Socialiste Vaudoise : 079 961 92 60

  

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Nous cinq retenu-e-s par la police Cantonale Valaisanne

 

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Inventaire des objets et valeurs mis sous scellés

Commentaires

Si vos armes sont non létales, il est évident que le ridicule ne tue pas, pas plus que les "Tu n'as qu'a rester bien sage" de la police "politique" de Varone!

Les Canons de Navarone tuent! Non, aux "tu n'as qu'a" de Varone!

Écrit par : Baptiste Kapp | 02/08/2013

En même temps, quand le commandant de la police lui-même n'arrive pas à faire la différence entre une simple pierre et un vestige archéologique... on ne peut que douter des capacités de ses troupes...

Écrit par : florent | 03/08/2013

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