UA-88487629-1

24/06/2013

Un projet routier en retard sur ton temps

Lettre parue dans le quotidien 24 Heures, en réaction à l'article du jeudi 13 juin 2013 : La lutte solitaire d'Uri (2ème tube au Gothard)


Le 20 février 1994, 19 des 26 cantons et 52% des citoyens suisses ont approuvé l'«initiative populaire fédérale pour la protection régions alpines contre le trafic de transit ». La protection des Alpes est depuis ancré dans la constitution fédérale. Vingt ans plus tard, et malgré des avancées importantes, l'Initiative des Alpes n'a pas encore atteint son objectif majeur : le transfert des marchandises de la route au rail. 

Depuis, de nombreuses consultations populaires ont eu lieu, notamment dans les cantons directement concernés. En 2004, la population tessinoise s'est ainsi exprimée à 56% contre la construction d'un 2ème tube au Gothard. Idem dans le canton d'Uri, à une très large majorité. Leur message est clair : pas de 2ème tube !

Concernant la station de chargement de Rynächt, la position du Canton d'Uri est compréhensible : concentrer le chargement de tous les camions au même endroit serait catastrophique pour la région. Utiliser cette station seulement pour le transit interne et faire transiter sur le rail les camions européens de Bâle à Chiasso semble une bonne alternative.

En 2017, le tunnel de base du Gothard sera mis en exploitation, après plus de 20 ans de travaux titanesques. Il fait partie du projet des nouvelles liaisons ferroviaires alpines et permettra, grace au transfert des marchandises de la route au rail, de réduire le nombre de camions en transit routier. 

Les outils de ce transfert doivent absolument être développés et la construction d'un 2ème tube routier menacerait ce transfert nécessaire et d'avenir. Le cas échéant, un référendum sera lancé afin que la population suisse puisse, une fois encore, refuser ce projet routier en retard sur son temps. 


Ilias Panchard

Secrétaire des Jeunes Verts vaudois et membre de l'Initiative des Alpes
 

130418_Petition_Ross.jpgDépôt de la pétition aux 68'000 signatures contre le 2ème tube 

01/06/2013

Les solutions se construisent avec l'Europe !

Le week-end passé, je me suis rendu à Strasbourg pour participer à un séminaire transfrontalier sur la mobilité organisé par les Jeunes Écologistes d'Alsace. Une quarantaine de Jeunes verts d'Allemagne, de Belgique, du Luxembourg et donc de Suisse ont ainsi pris part aux divers conférences et groupes de travail. La participation de ces organisations politiques de la région nous a permis de porter un regard européen et transfrontalier sur les différentes questions abordées. 

Ce séminaire interrégional nous a permis de nous informer et d'échanger autour de nombreux thèmes tels que la mobilité étudiante, le travail transfrontalier, l'Espace Schengen et l'agence Frontex, les transports de marchandises ou encore la politique migratoire. 

J'aimerai revenir ici sur un thème en particulier, à savoir le transport de marchandises entre le Nord et le Sud de l'Europe, à travers les Alpes.

Nous avons ainsi présenté un workshop autour de l'axe routier/ferroviaire Nord-Sud traversant les Alpes suisses. La liaison routière passant par le tunnel du Gothard étant centrale pour l'Europe, il nous a semblé intéressant de réfléchir aux alternatives avec des écologistes européens, tous concernés par la pollution et les risques dus aux transports par camions. Surtout à un moment où la commission européenne, par la voix de son commissaire en charge des transports, s'est dite favorable, dans une directive datant d'avril 2013, à la présence de « méga-camions » sur les routes européennes. Ces camions de plus de 25 mètres de long et pesant jusqu'à 60 tonnes (maximum 28 tonnes en Suisse)...

Un travail commun entre écologistes européens est centrale pour la Suisse. En effet, si l'Europe autorise le passage de ces camions sur l'axe Nord-Sud, notre pays sera obligé de les accepter sur l'axe Bâle-Milan avec, à la clé, la nécessité de construire un deuxième tunnel au Gothard. A travers cette présentation, nous avons donc pu présenter ce problème et souligner l'opposition claire, des Jeunes Verts et de l'Initiative des Alpes, à la construction d'un deuxième tube au Gothard, à l'aide d'un référendum si nécessaire.

Comme le souligne l'Initiative des Alpes, un 2ème tunnel routier prétériterait le transfert de la route vers le rail et ne servirait, sur le long terme, qu'à augmenter le trafic routier, déjà problématique et néfaste pour la santé, au Tessin et dans le canton d'Uri (dont les populations sont opposés au deuxième tube¹). 
Cela dit, même avec les projets actuels de transfert route-rail, le nombre de camions traversant les Alpes ne risque pas de baisser et pourrait être quasi triplé d'ici 2030. Cette projection laisse songeur et un brin alarmiste.

Lors de ce workshop, nous avons donc réfléchi aux pistes de solutions possibles, au niveau Suisse et européen. Premièrement, il conviendrait d'harmoniser les taxes routières entre les pays car il s'avère que de nombreux camions « allemands » passent sur les routes alsaciennes pour diminuer les coûts de transport. Une meilleure coordination européenne à ce niveau là s'impose donc. Ensuite, la priorité aux transports ferroviaires doit devenir la norme. Pour ce faire, les coûts de transport par camion doivent être ajustés à leur réel coût environnemental et d'entretien des routes. Le transport ferroviaire deviendrait ainsi bien plus compétitif.

Notre réflexion, dont je ne partage ici qu'une ébauche, s'est ensuite porté sur le commerce européen et nos produits de consommation. En effet, est-ce normal que des oeufs allemands soient transportés en Italie pour y être mélangé à des ingrédients locaux avant d'être cuisinés et emballés (le mélange donc) en Pologne, pour le bonheur des consommateurs français ?
Ces transports ont un coût, humain, environnemental et économique. Ce coût doit bien se reporter ailleurs que dans notre environnement commun et notre santé à chacun. 
Sur bon nombre de produits, nous, consommateurs, pouvons changer nos habitudes alimentaires et privilégier du frais et du local. Au niveau des légumes, fruits, pain, boissons, fromage et tant d'autres. 
Ensuite, l'action doit bien entendu porter sur les produits d'assemblage plus complexes. À ce niveau là, de nombreuses initiatives locales favorisant la récupération, l'échange, la réparation ou le prêt se mettent en place et vont dans la bonne direction : moins, plus longtemps et mieux !

Je tiens à remercier tou-te-s les participant-e-s pour leur engagement, leur réflexion, leur enthousiasme et leur motivation à construire un mouvement écologiste global européen !

En espérant que notre pays comprenne l'importance de l'idée européenne et le rôle prépondérant que nous pouvons et devons jouer dans la construction d'une Europe fédérale, démocratique, durable et pacifiste. 
 

391569_10151617762113088_1130875389_n (7).jpg Debriefing et bilan du week-end

1) Uri + Tessin : Lien