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13/12/2012

L'indifférence tue le vivre-ensemble

Ces dernières nuits, les températures négatives sont de mise dans la région. Au matin, le gel est visible sur les trottoirs ou les voitures. Et avec le vent, la température ressentie descend encore de quelques degrés. Une situation normale pour un mois de décembre vous allez me dire, même si notre climat n'est plus vraiment dans la norme ces temps. Je ne suis pas météorologue et ceci n'est pas le sujet de la discussion de pendulaire que j'ai eu dans le train avec l'inconnu de la banquette d'en face. 

Il est difficile de s'imaginer dormir dehors par des températures pareilles, et pourtant, chacun de nous a l'occasion, plus ou moins fréquemment, de croiser des gens qui n'ont pas d'autre choix. Cette "occupation" des trottoirs, des bancs publics, des parcs ou des abords de transport (gare, aéroport) ne suscite, c'est le cas de le dire, pas d'émoi collectif. Au contraire, certains ne trouvent pas normal qu'on aide un peu ces gens dont la santé est menacée, et exigent la fermeture des abris PCi qui accueille une partie des non-logés, aberrant !

Ces "faits d'hiver" passent relativement inaperçus, dans une quasi indifférence. Autant pour moi, pas plus tard que ce matin, un journal genevois a publié un article sur un SDF "découvert" dans un quartier cossu de Genève. Preuve qu'il existe encore des humanistes parmi nous, un habitant du quartier s'est soucié de son sort et lui a apporté de quoi se réchauffer quelque peu, tandis que la majorité des gens ignoraient tout bonnement cette homme et sa situation...

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Alors que, et nous le savons, dans bien des situations, un sourire sincère, un regard non condescendant apporte un peu de réconfort. Un bonjour, un café, une poignée de mains, c'est déjà beaucoup ! En cette période de préparation des fêtes, de grands achats, de consumérisme, ne devrait-on pas partager un peu de notre temps et de notre gentillesse autour de nous ?

Cette indifférence gangrène notre société et menace le vivre-ensemble. Plus nous laisserons les riches être placés face aux pauvres, les verts face aux rouges et les suisses face aux moins-suisses, plus la vie sera difficile pour tout le monde. En particulier pour les moins bien lotis. Il est clair qu'il n'est pas simple de construire une société plus égalitaire, plus tolérante et qui laisserait une chance à chacun, mais ce combat politique n'est-il pas plus intéressant que celui qui consiste en des larmoiements perpétuels et en un rejet de tout ce qui est différent et nouveau ?

Les problèmes économiques étant de plus en plus nombreux, il serait facile de mettre la faute sur les étrangers, les frontaliers, les jeunes, les bénéficiaires de l'AI ou les politiciens. Il est de notre devoir citoyen de ne rejeter personne, de construire ensemble des majorités intéressantes en allant voter et, passons le pas, de partager nos expériences personnelles pour apprendre de l'autre. Pour cela, il faut faire l'effort d'aller vers l'autre, vers l'inconnu. Essayons, la vie devient tout de suite plus belle à vivre, pour nous et les générations futures. Ces générations qui, si nous ne stoppons ce rejet grandissant, devront vivre avec les fractures sociales et environnementales que nous créeons maintenant. À nous de nous opposer à cette indifférence grandissante, par tous les moyens...



L'article mentionné au 3ème paragraphe : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/sdf-decouvert-malagnou-dormant-neige/story/14447621

Commentaires

exact,mais alors pourquoi ne pas prendre un démuni chez soi ,le temps de lui offrir un repas chaud ,une douche ,un lit et un dialogue,vous savez un vrai échange entre humains et non entre robots? ce qu'ont fait beaucoup de nos anciens qui cachaient même des réfugiés chez eux.Ou la fameuse assiette du pauvre ,rite respecté jusque dans les années 70 par les plus illusionnés de la vie ,voilà quelques pistes au cas ou!
bonne journée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 15/12/2012

En effet, beaucoup de nos anciens n'hésitaient pas à offrir le gîte (ou leur jardin) et le couvert aux pauvres et aux gens de passage.
Mais je pense aussi que les temps ont changé, les mentalités aussi et je ne suis pas sûr que la majorité des sans-abris accepteraient de venir dormir chez un inconnu. Complètement d'accord pour le repas !
Ces temps, je travaille au contact de sans-abris (économiques ou non), d'où l'envie de partager le fait que, bien souvent, un bonjour, un sourire, une considération "normale" fait déjà la différence.
Merci pour le commentaire !
Bonne continuation,
Ilias

Écrit par : ilias | 18/12/2012

@lias,en effet un simple bonjour un sourire et c'est toute votre journée qui s'éclaire mais pour cela faut pas venir en certains endroits de Suisse.Les gens ont perdu même le sens de la communication verbale.Ils marchent au radar comme des robots rasant presque les murs afin de bien marquer leur différence
Mais on est tellement habitué qu'on se dit,tant pis les vacances et c'est le plus triste leur rendront le sourire et l'envie de vivre
Nos anciens avaient cultivé un art de vivre qu'ils nous ont légué mais force est de reconnaitre qu'en le pratiquant on est considéré presque comme des anormaux par beaucoup de gens venus d'ailleurs et qui ne comprennent pas nos coutumes.Et pourtant ils sont venus dans notre pays depuis très longtemps mais le climat doit leur sembler morose en comparaison de leur soleil natal.Eux vivent en clan et savent se préserver les uns les autres c'est là une énorme différence avec le Suisse d'aujourd'hui perdu dans les pavés de son numérique et qui ne voit même plus le temps passer ni les gens l'entourant,mais c'est la vie comme dirait ma grand-maman ,faut faire avec/rire
Je vous souhaite bon courage et de belles fêtes de fin d'année

Écrit par : lovsmeralda | 18/12/2012

voici un truc simple ,rapide et efficace qui nous conduisit jeunes scoutes et atteintes d'une furieuse envie de vivre malgré la pauvreté!Je vous le donne ensuite vous en ferez ce que bon vous semble.En été et à 9 ans donc très éveillées on pédalait jusqu'au camping ou des militaires rentrés d'Indochines campaient et nous ramassions leur linge lavé pour le repasser.Comme quoi le système débrouille avait d'énormes avantages et on demandait pas aux parents la permission,on y allait tout simplement.Nous avions pour mission d'aider les autres,ce devait être et ce fut!
bonne soirée pour vous Ilias

Écrit par : lovsmeralda | 18/12/2012

Il y a un certain temps que je ne pouvez avais pas eu autant de avec un article de ce niveau ! ! !

Écrit par : paris sportifs | 27/05/2014

J'aime bien votre blog, on vous laisse ce commentaire pour vous encourager à le préserver à jour.

Écrit par : pronostic france honduras | 15/06/2014

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