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29/11/2012

La jeunesse se doit de mener ses propres luttes !

 

 

"Apolitique", "pragmatique""projet de vie bourgeois" : le baromètre de la jeunesse 2012 du Crédit Suisse nous présente une jeunesse qui sait ce qu'elle veut, ne s'intéressant pas vraiment à la politique et qui n'a pas d'élan "révolutionnaire".

En effet, il ressort de ce rapport que les jeunes de Suisse ont, pour la plupart, une vision assez pragmatique. Acheter un logement, épargner et disposer d'un patrimoine personnel font en effet partie des objectifs de la majorité des jeunes interrogés.

 

Ce constat, comme d'autres avant lui, ne provoque apparemment pas (encore) de débat sur la question de la jeunesse et de son engagement dans nos sociétés. Pour ma part, cela me fait vraiment réfléchir quant à son rôle et quant à l'implication des jeunes, en ayant quelques craintes à ces propos.

En terme de participation des jeunes, un aspect m'interpelle : deux groupes distincts ont l'air de se former. Un groupe de personnes qui se désintéresse de la politique, vote peu et ne désirant pas tellement s'engager pour faire évoluer la société, tel que présenté par le baromètre du Crédit Suisse.

L'autre groupe englobe plutôt des gens qui se sentent concernés par les questions de société, qui s'engagent de diverses manières, dans des associations et/ou en politique. Si la formation de ces deux groupes paraît inquiétante en ces temps de crise, alors l'écart grandissant qui les séparent devrait nous faire bondir de notre chaise, littéralement ! 

 

En effet, un désintérêt marqué de la chose publique risque de maintenir, voire d'augmenter le taux d'abstention lors des votations, qu'elles soient communales, cantonales ou fédérales. Or, une démocratie comme la nôtre ne vit que par la participation de ses citoyens. Quand l'abstention atteint des sommets alpins, l'intérêt et l'implication de ceux qui se sont rendus aux urnes, aussi grands soient-ils, fait office de massage cardiaque. Or voulons-nous d'une démocratie directe proche de l'encéphalogramme plat, qui plus est dans un pays de pics montagneux ?

 

Cependant, évitons de tomber dans la consternation ou de partir dans un jugement biaisé. En effet, de nombreux jeunes s'engagent, avec motivation et réussite. Dernier exemple en date, il y a deux semaines, plus de 200 jeunes de toute la Suisse ont participé à une conférence qui traitait des défis futurs de l'ONU et du "bilan" des 10 ans de participation de la Suisse à l'organisation onusienne. Le sujet peut sembler loin de nos considérations quotidiennes ou alors inaccessible pour des non-initiés. Cependant, malgré la complexité, si nous voulons que nos préoccupations soient entendues et discutées, il faut les présenter, les défendre et proposer des pistes de solutions !

 

L'Histoire nous montre aussi que les jeunes se doivent d'intervenir sur la place publique, malgré les risques. Sophie Scholl et les étudiants membre de la Rose blanche se sont opposés au régime nazi, les milliers de jeunes qui ont participé aux contestations estudiantines dans les années 60 (Allemagne, France, États-Unis et Mexique entre autres) ou encore les étudiants chinois qui, en 1989, ont exigé des réformes politiques, malgré la répression. Lors de ces mouvements, il y eut des morts, des blessés et des gens condamnés, mais cela ne doit pas nous pousser à réfréner nos envies de changement, ne serait-ce que par respect pour ceux qui sont tombés. Ainsi, il vaut mieux pour la cause que ceux qui ne sont pas prêts à tout quitter pour lutter optent pour une vie plus bourgeoise, sans écarts flagrants malgré leurs convictions politiques de jeunesse...

 

L'engagement pour un idéal, parfois "au détriment" de sa vie future, n'est bien sûr pas évident, ni sans risques, mais c'est le choix le plus cohérent (avec soi même) et humaniste à mon avis. Je mentionne ici un humanisme de coeur, de terrain, non pas un humanisme d'universitaire à l'abri du danger ! Ne vous inquiétez pas, les problèmes ne manquent pas, il est ainsi facile de trouver une cause qui en vaille la peine.

Notre génération se doit de trouver ses propres repères dans la société d'aujourd'hui. Nos parents se sont opposés à la guerre du Vietnam, à nous de réagir devant le siège de Gaza ou la répression militaire en Syrie. Ils se sont mobilisés contre les essais atomiques puis se sont inquiétés du trou de la couche d'ozone, à nous de nous opposer à la privatisation des réseaux de distribution de l'eau et à la dissémination des OGM. Le pire, moi je vous le dis, c'est que nous sommes au courant de ces problèmes, tous. Pensez aux questions de vos petits-enfants, et surtout à vos réponses, désemparés et évasives. 

 

Pour le moment, ne regardons pas en arrière et concentrons-nous sur les défis présents et à venir. La jeunesse se doit de secouer la société et de mettre le doigt là où ça fait mal afin de la réveiller. Si elle n'apporte pas sa vision de la chose publique et ne prend pas part aux débats, la société se construira sans elle et sur des idées en inadéquation totale avec ses aspirations.

Le plus important est de se rendre compte que la démocratie n'est pas quelque chose de figé et n'est jamais acquise, surtout en Suisse. De plus les décisions politiques ont un impact plus que concret, à nous de choisir la société dans laquelle nous voulons vivre.

En effet, voulons-nous habiter dans un pays où les multinationales qui ne respectent pas les droits humains et environnementaux sont accueillies sur le tapis rouge, alors que, au même moment, à des milliers kilomètres de là, des réfugiés Syriens voient leur demande de séjour refusée, suite aux durcissements successifs de la loi sur l'asile, que nous n'aurions pas (tous) combattus à l'automne 2012... (merci Jo Lang pour cette "perle" !)

 

Pour terminer, dans le cadre d'une association que j'ai co-fondée avec une amie, je parlais avec un journaliste du Courrier. Pour lui expliquer la raison qui nous poussait à créer un projet malgré notre jeune âge, je lui dis simplement : Je n'ai pas besoin d'attendre la crise de la quarantaine pour agir !

Et vous ?

 

 

Ilias Panchard

Vert pastèque

 Baromètre du CS : https://infocus.credit-suisse.com/app/article/index.cfm?f... 

Attribution du prix Nobel de la paix à l'UE, au pire moment, et si... ?

Indignez-vous (1).jpgLe prix Nobel de la paix 2012 a été attribué... à l'Union européenne ! 

 

Eh oui, ce n'est pas une blague suédoise, cette année la décision a apparemment surpris tout le monde. D'ordinaire le prix récompense une personnalité, politique ou militante, assez bien connue du grand public et non une alliance supra-nationale. Il est peu dire que la réaction médiatiquen'a pas tardé, la presse n'a pas mâché ses mots : "Bonne idée, mauvais lauréat" (Der Spiegel), "Le prix Nobel de la paix à l'idiotie" (Daily Mail-conservateur anglais). Mais aussi des réactions positifs tels que le titre du quotidien Belge le Soir, "60 ans de paix en dépit des crises". 

Parlons de ce prix qui suscite des réactions émotionnelles dans toute l'Europe en crise, monétaire et politique. Le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». 

En Europe personne ne niera le rôle de pilier qu'à joué l'Union Européenne dans la construction d'une Europe en paix, des balbutiements économiques (libre échange, acier-charbon) jusqu'à la situation d'après 1989. L'Union a pu aider à la reconstruction, participer au développement économique du continent et essayer de construire une zone de "paix" en pleine Guerre des étoiles quasi post-guerre nucléaire.

Il y a deux choses que je ne comprends pas dans cette attribution : l'heureuse lauréate et le moment choisi. 

Premièrement, le prix est attribué à une entité qui subit de nombreux tumultes actuellement et vit une crise de la dette qui risque de plomber toute son économie. J'ai toujours considéré le Nobel de la paix comme un moyen d'aider à faire avancer des causes, à l'instar du cas birman où l'attribution du prix à Aung San Suu Kyi en 1991 a aidé à faire connaître son combat dans le monde entier ! Mais, dans le cas qui nous intéresse, aucun symbole n'est présent (José Manuel Barroso avec un bouquet de fleurs dans les mains, tout le monde retiendra l'image historique...).  

 

A mon avis, ce prix aurait dû être attribué à une personnalité politique ayant travaillé à la construction européenne par le passé. Quelqu'un d'une autre génération, d'une époque où l'idéal européen existait et faisait rêver, quelqu'un comme Jacques Delors, ancien président de la Comission européenne. Delors a grandement participé au développement de l'Union Européenne, type de développement que l'on peut soutenir politiquement ou non. De nombreuses évolutions sont criticables comme le fait que la BCE ne puisse pas prêter directement de l'argent aux états endettés. De même, l'oeuvre de Jacques Delors, soutenue à l'époque par Mitterrand, a aussi montré, à mon avis, les limites de la social-démocratie, si prometteuse fut-elle. Limites qui nous sautent aux yeux en Espagne et en Grèce, après les derniers gouvernements dirigés par des ténors socialistes. 

Oui, l'Europe est criticable et son fonctionnement se doit d'évoluer, mais ce qui frappe, ce n'est pas l'attribution de ce prix à l'UE. Finalement, tout le monde s'en fout royalement !

Ce qui frappe c'est le manque de visionnaires en Europe, de personnalités qui puissent voir plus loin que leur mandat politique et leurs intérêts financiers. Finalement, la question est de savoir qui croit encore au projet européen ?

A quand un référendum européen sur une constitution européenne plus courte ? Cohn-Bendit et Verhofstadt le propose. De même que des taux d'emprunts plus équivalents entre les pays et enfin un vrai budget européen (plus que 1% --> 100 Ma). La politique se doit d'être en avance sur son temps et ne doit jamais se contenter d'attendre que le peuple lui dise quoi faire. Les politiciens doivent proposer des idées plus novatrices, soyez réalistes, exigez l'impossible pardi (pardon Dany, c'était facile je sais) ! 

Peut être que le comité Nobel a ainsi voulu adresser un message aux politiciens européens : la paix en Europe a été construite étapes par étapes, maintenant vous vous devez d'y construire une alliance politique digne de ce nom, et vite, car le fascisme guette en Grèce et le nationalisme monte dans toute l'Europe !

Après avoir agi pour la paix et la prospérité du Continent, il est temps que l'UE agisse pour le rapprochement des peuples en réformant ses institutions et en construisant une véritable alliance politique. La crise actuelle est, à mon avis, l'occasion rêvée pour engager ces réformes. Sans la crise, jamais l'Allemagne ou la Finlande n'aurait, par exemple, accepté que la BCE puisse racheter de la dette souveraine, les discussions auraient duré à n'en plus finir. 

Dans les moments de crises, l'Europe a besoin d'idées novatrices, de nombreux think-thanks se créent et le continent bouge enfin. Mais le temps presse et la participation de femmes et d'hommes politiques qui arrivent à se projeter quinze ans en avance sur leur temps est la clé de voute du futur de l'Europe. En terme de vision à long terme, l'abandon du nucléaire et le désarmement me paraissent quelques-uns des combats à mener, afin de ne pas laisser aux prochaines générations le devoir de reconstruire l'Europe, à nouveau.

J'espère que, d'ici l'attribution du prochain Nobel de la paix, l'Europe aura engagé son virage social et visionnaire, couplé d'une vision énergétique commune sur le long terme et d'une vraie monnaie unique.

Et, qui sait, il pourrait être decerné au peuple syrien pour la lutte pacifique qu'il mène avec un courage hors du commun, une année trop tard...

Référendum contre la dernière révision de la loi sur l'asile - faire le jeu de la droite dure ?


Fin septembre dernier, les chambres fédérales ont accepté une nouvelle révision de la loi sur l'asile, malgré l'oppositon de la gauche parlementaire. Selon la droite libérale (UDC en tête), la situation est alarmante et le flux migratoire se doit d'être endigué au plus vite.

     Ainsi, le gouvernement pourra tester de nouvelles procédures en matière d'asile, même en dehors du cadre légal. Ce pouvoir sera limité à deux ans, on a

Asyl Referendum !!.jpgeu chaud ! De plus, la désertion ne sera plus reconnu comme un motif pour se voir accorder l'asile. Tout le monde sait que l'Érythrée ne réprime pas durement ses déserteurs... la Suisse et sa belle tradition humanitaire ! La possibilité de déposer une demande d'asile dans une ambassade est aussi enterrée. Une autre particularité suisse qui hélas s'envole. En terme d'hebergement des requérants, la Confédération pourra transformer ses bâtiments en centres pour requérants sans devoir obtenir l'autorisation des cantons ou des communes!

 

      Les partis de gauche, Parti Socialiste et écologistes en tête, se sont battus contre cette révision honteuse, en vain. On pourrait se dire que maintenant qu'elle a été acceptée, nous pouvons vivre avec cette n-ème révision. Le Parti Socialiste est dans cette logique : "Non seulement le PS ne lancera pas le référendum, mais il ne participera pas non plus à une éventuelle récolte de signatures" indique Christian Levrat, président du PS Suisse.

Ainsi, le Parti Socialiste ne soutiendra pas le référendum lancée aujourd'hui par les Verts, la jeunesse socialiste, les jeunes verts, le Forum pour l'intégration des Migrantes et des Migrants, le Parti suisse du travail de Berne, le mouvement de la gauche anticapitaliste, les Juristes démocrates de Suisse et le Centre social protestant de Genève. En somme, le PS ne veut pas faire le jeu de la droite dure et lui offrir une publicité de plus au niveau national. De peur que ce soit "une passe en or pour l'UDC" toujours selon son président, tout juste réellu à l'applaudimètre.

      Mais, en tant que membre d'un parti de gauche, gouvernementale ou non, ne devons-nous pas nous battre contre une loi innacceptable au niveau humain peu importe les considérations tactico-politiciennes ?

 

     La politique est, à mon avis, d'abord question de valeurs et de vision de la société, avant d'être une question de poids et de calcul politique. Hélas, j'ai l'impression que, chez certains politiciens, cette idée de la politique change en même temps que l'accès à des responsabilités politiques.Sachant que cet hiver, les chambres décideront du maintien ou non de l'octroi de l'aide sociale aux requérants, il convient de se demander quelle politique d'asile la gauche veut-elle soutenir, et vite !! 

      Pour ma part, comme militant associatif et membre des Jeunes Verts, je soutiens pleinement le référendum et participerai à la récolte des signatures. Malgré les dernières victoires de la droite dure, je suis convaincu que le référendum, une fois le quorum atteint, a une vraie chance d'être accepté par le peuple. Mais, pour cela, toute la gauche, hormis le parti socialiste apparemment, se doit d'être uni et présente dans la rue avec une présentation concrète des décisions ignobles prises par le parlement à majorité bourgeoise.

       Espérons que les jeunesses des partis politiques de gauche puissent plus influencer les politiques de leurs partis adultes. Cela permettrait peut être d'éviter que la politique nationale du PS et des Verts ne devienne de plus en plus "consensuelle" et ne s'éloigne encore plus des visions de leurs bases militantes respectives. Finalement, ce référendum permettra, j'en suis sûr, de préparer la lutte de terrain contre la nouvelle initiative de l'UDC visant à encore durcir la loi sur l'asile.

      J'espère simplement que le PS n'aura pas, en cas d'acceptation par le peuple, à se sentir en partie coupable de la création de camps d'internement fermés pour les réfugiés prévus dans cette nouvelle initiative dégueulasse... 

À vos stylos camarades !