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01/12/2012

La Palestine n'est plus au ban des nations, enfin !

 

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Tout d'abord, j'ai une pensée pour Yasser Arafat et j'aurai tellement voulu qu'il puisse vivre ce moment de l'histoire palestinienne à laquelle il a tant contribué par son combat de longue haleine, jusqu'à la mort, shukran Camarade !! 


Hier soir la Palestine a obtenu le statut d'État observateur à l'ONU !


Il aura fallu attendre et lutter pendant trois générations pour cette reconnaissance (partielle) de la part de l'organisation des Nations Unies, il n'est jamais trop tard. 138 pays ont courageusement soutenu la demande de Mahmoud Abbas, président de l'autorité palestinienne. Le score est sans appel, malgré un nombre non négligeable d'abstentions (41), seul 9 pays ayant voté contre la résolution. 

L'émotion était forte, l'ampleur de l'évenement se faisait sentir, malgré la distance nous séparant de New York. Les interventions des ministres des affaires étrangères indonésien et turc ont suscité l'approbation bruyante de la salle. Ahmet Davutoglu, ministre des affaires étrangères turc, a réitéré, avec la verve qu'on lui connait et après sa visite à Gaza sous les bombes, le soutien sans faille de la Turquie à la lutte pour un État palestinien. Lorsqu'il a parlé des célébrations à venir, sa mention de différentes villes palestiniennes a, j'en suis sûr, touché et ému de nombreuses personnes, dans la salle et derrière leur écran. 

C'était un grand jour, une belle soirée, un moment d'émotion pour beaucoup de gens. C'est peu dire ! 

Politiquement parlant, Mahmoud Abbas retrouve et va retrouver une présence politique à l'internationale, qui lui manquait ces derniers temps. Dès à présent, la question des négociations va être remise sur la table et on verra quelles parties sont prêtes à négocier pour de bon. Sur ce point, le gouvernement israélien n'a plus le choix, la décision qu'il redoutait ayant été prise par le concert des Nations. 

Nous verrons donc qui a un semblant de courage politique, au niveau israélien et palestinien. La suite risque d'être compliquée, voire douloureuse, mais vu le morcellement de la Cisjordanie, il est grand temps de s'y (re)mettre dès aujourd'hui...

Quasi chaque intervenant, peu importe sa position, a souligné la nécessité de négociations bilatérales. Cela prouve, une fois de plus, que de nombreux pays sont prêts à faciliter, autant que possible, le processus de paix. J'ajouterai que, pour avoir une chance à terme, ces négociations se doivent de réunir tous les acteurs concernés, du Fatah au gouvernement israélien en passant bien sûr par le Hamas, avec en toile de fond, les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. 

Pour finir, une avancée dans le conflit israélo-palestinien passe aussi par une mobilisation internationale, une meilleure compréhension de l'autre, malgré son opinion radicalement différente.     À mon avis, nous nous devons de nous mobiliser en Suisse pour une société plus juste, fière de son multiculturalisme, qui laisse une place à tout un chacun. La lutte contre le racisme, l'exclusion et les amalgames qui en découlent font bien entendu partie prenante de la lutte pour le dialogue des peuples et la paix au Proche-Orient. 

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